Virus couronné

  • Des hôpitaux pleins de malades imaginaires?

    HUG urgences nuit.JPGEvidemment ce titre va m'attirer les foudres de toutes parts. Le temps présent - traversés de peurs et de rumeurs - fourmillent d'imprécateurs et de croyants prêts à les suivre et à faire le ramdam (traduction de buzz) sur les réseaux sociaux.

    Or donc, depuis deux mois, nos cliniques et nos hôpitaux sont vides ou presque - les HUG ont réalisé leur 1000e greffe du foie le 6 mai -, nos urgences clairsemées, les cabinets médicaux délaissés, hormis par les victimes du covid 19 évidemment. Et encore, bon nombre d'entre elles ont traversé l'épreuve, parfois longue, douloureuse et violente, à domicile. 

    Mais où sont donc passés les malades? Fréquentant quotidiennement les HUG comme visiteur au chevet d'une patiente non virale, j'y croise à nouveau un peu plus de gens.

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  • La mort, le mal, Dieu

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    Quelle est l'audience de France Inter le samedi matin? Je n'en sais rien mais je me dis que un ou deux millions d'auditeurs ont entendu Véronique Fournier. Je ne connaissais pas non plus cette médecin de santé publique, cardiologue, responsable de l’unité fonctionnelle d'éthique clinique à l’hôpital Cochin. Elle n'a pas sa langue dans sa poche et dit avec des arguments de santé publique pourquoi il n'y a pas beaucoup de sens d'intuber un octogénaire ou un nonagénaire atteint du coronavirus. Choquant? Ecoutez-la!* 

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  • Covid, malheur aux vaincus (infectés)

    IMG_0527.PNGFaut-il accepter la règle coréenne? C'est, si je comprends bien, celle du contrôle social intégral qui va se mettre en place en Suisse. Par le moyen de l'app, qui traque les contaminés, et l'obligation qui nous sera faite de dénoncer toutes les personnes que nous aurons fréquentées un quart d'heure au moins, à moins de deux mètres, dans les jours passés, afin d'ordonner, sous peine d'amende, au-dites personnes potentiellement porteuses du virus de se faire dépister et de rester confinées dix jours au moins. En toute sécurité pour nos données, croix de bois croix de fer... Police et santé font-elles bon ménage, se demande le député socialiste Sylvain Thévoz? La réponse de Stéphane Guex-Pierre ne manque pas de finesse...

    J'écris "si je comprends bien" - car j'avoue que j'ai un peu décroché depuis quelque temps. Je ne lis que d'un œil, je n'écoute que d'une oreille, et encore, les infos anxiogènes débitées interminablement avec ce ton juste assez alarmiste, ce débit abrutissant du reporter ou du chroniqueur, genre "Tu sais, on ne sait pas grand chose, mais dans le doute, fait gaffe... c'est ta vie qui est en jeu. Et t'en a qu'une, pas comme dans les jeux vidéo... Et puis, sois solidaire, si c'est pas pour toi, fais-le pour ta grand-mère."

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  • #covid-19. Qui nous met donc à l'épreuve? Dieu?

    la croix ramadan.jpg"Que son Père le descende de la croix, s'il est bien le fils de Dieu?" Les spectateurs de la crucifixion ne disent rien d'autres que ce que nous disons tous. Qui peut être ce Dieu qui se prétend tout puissant et qui laisse mourir son fils sans rien faire! Ce scandale ébranle bien des chrétiens et en a dérouté plus d'un hors de la foi, dans une indifférence prudente ou un athéisme militant.

    Là où il n'y a pas de Dieu, la question de la mort et de la souffrance n'est pas moins cruciale. Et trouve des réponses variées, entre la soumission totale aux forces universelles et l'existentialisme au jour le jour, en passant par toutes sortes de philosophies ou de conceptions. 

    La pandémie virale fait réfléchir. "Cette crise est un laboratoire vivant", dit Bernard Crettaz que l'Echo Magazine présente comme thanatologue, c'est à dire causeur sur les confins ultimes. Ultimes? 

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  • La pauvreté, les autoroutes, la guerre

    anneesfolles.jpgOn sait que les années folles ont suivi la Grande Guerre et la grippe espagnole, la seconde ayant fauché plus d'humains que la première.

    Comment l'Europe et le monde se sont-ils relevés de la Grande Dépression de 29-33? La réponse tient en trois mots: pauvreté, autoroute, guerre. Ou si vous préférez chômage (sans assurance, donc migration vers les villes et les soupes populaires), New Deal (Keynes et Roosevelt) et réarmement. Le tous au temps des passions politiques, des fronts, fasciste et populaire, du national-socialisme, du communiste, (eugénisme et homme nouveau), du personnalisme chrétien aussi mais en sourdine (Barth, Maritain, Mounier, Teilhard...)

    Comment allons-nous nous relever de la Grande pandémie 19-20? 

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  • Un monde meilleur? Que faire à Genève?

    demain sera meilleur.jpgDans mon village, deux familles ont affiché leur confiance sur leur maison. "Demain sera meilleur*, "Tout ira bien". Les banderoles sont ornées de mains d'enfants.  L'espoir est grand dans une partie de la population. A gauche surtout. Un monde nouveau serait à portée de main.

    J'écoute ce matin l'économiste François Bourguignon, auteur de la Mondialisation de l'inégalité, sur Les Matin de France Culture. Le discours de l'ancien chef économiste à la Banque mondiale n'est pas du tout optimiste. Les Etats sont en train de gravement s'endetter ce qui ne manquera pas d'augmenter la contrainte sur les dépenses publiques - ailleurs que dans la santé - et de pousser à la hausse des impôts. La dette n'est pas une panacée. Même si la France réintroduit l'impôt sur les grandes fortunes, son produit sera loin de suffire. 

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  • François Scheng à La Mure

    A 21h, tous les soirs, comme beaucoup nous avons pris l'habitude de manifester notre gratitude. Aux soignants qui sont au front. A tous les travailleurs anonymes aussi.

    J'apprends que tous les soignants ne le sont pas, au front. Loin s'en faut.

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  • Zundel et les migrants travailleurs

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    Que viennent chercher les migrants chez nous? La sécurité sans doute mais surtout du travail pour vivre, pour éduquer leurs enfants. Les discours encore dominants qu'on entend par médias interposés, à l'heure où "l'économie fait pression pour redémarrer", m'interpellent. Quelle est donc cette société qui rechigne à sortir, travailler sous prétexte qu'un risque existe d'être infecté? Ceux qui n'ont pas cessé d’œuvrer pour nous soigner, nous alimenter, nous informer depuis plus d'un mois sont-ils donc fous ou téméraires? 

    Certes, des milliers de gens meurent du virus et c'est tragique. Certes il a fallu le confinement pour éviter que les systèmes de santé ne s'effondrent et donner du temps pour doubler tripler les capacités de soins, sensibiliser les gens. C'est donc bien mieux armer qu'on peut affronter le risque et remettre la machine en marche. 

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