Virus couronné

  • Que les services d'urgence ne soient pas débordés

    r covid indicateurs.jpgSuite à ma dernière note, j''ai trouvé une synthèse des indicateurs de la covid. Ils sont entièrement construits sur un objectif qu'on nous a ressassé d'ailleurs dès l'irruption du virus en mars dernier: que les services d'urgences des hôpitaux chargés d'accueillir et de soigner les patients les plus gravement atteints ne soient pas débordés.

    Mais quelle guerre est-elle engagée et conduite avec le présupposé que les services infirmiers ne devront pas être débordés et qu'on triera pas les blessés: ceux que l'on soignera et ceux à qui on administrera au mieux de la morphine et à qui on tiendra la main et qu'on embrassera avec tendresse jusqu'à leur dernier souffle? 

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  • Cote d'alerte: mais qui gouverne?

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    Ainsi donc la France pourrait être mise par la Suisse sur liste rouge des pays à quarantaine. Aussitôt, on rassure les Genevois: les quelques milliers de travailleurs frontaliers qui les soignent dans leurs cliniques et hôpitaux pourront passer la frontière. Donc: nécessité fait loi.

    Au fait qui a fixé la cote d'alerte rouge à 60 personnes dépistées positives au corona virus pour 100'000 habitants *? Pourquoi pas 50 comme en France ou 70 ou 100? Nulle part je n'ai trouvé de réponse récente **. Sait-on que le taux d'incidence est à Genève de 99, comme le montre la carte publiée par la Tribune de Genève ***?

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  • Genève en rouge

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    Le Conseil d'Etat doit être en train de mettre la dernière main au budget 2021 (8,7 milliards de francs découpés en 13 politiques publiques et 50 programmes*). Il sera en rouge vif à n'en pas douter, car la pandémie frappe durement les entreprises et l'emploi dans le canton: le pib devrait reculer de 6,5% en 2020, estimait fin juin le groupe de perspective économique. Combien parmi les 45 communes (budget cumulé de 2,3 milliards de francs) profiteront de la pandémie et du nouveau régime fiscal des entreprises pour demander des dérogations à l'obligation de présenter des budgets équilibré? 

    Une autre cote d'alerte rouge préoccupe le gouvernement genevois actuellement. Avec Zurich, Genève est au cœur de l'augmentation des cas de covid en Suisse. Rapporté au nombre d'habitants, notre canton est le "champion" (si l'on peut dire) suisse toutes catégories. Les statistiques compilées par www.corona-data.ch (ou par Google) sont éloquentes.

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  • Les hôpitaux suisses se tapent sur le ventre

    bertrand levrat rts.jpg"Wir schaffen das!" avait proclamé la désormais grande chancelière d'Allemagne, présidente de l'Europe pour les six prochains mois, quand, le 31 août 2015, au plus gros de la guerre syrienne, face à la marche des migrants vers le continent salvateur, elle avait ouvert les portes de son pays à un million de réfugiés. Alain Berset, "aussi vite que possible et aussi lent que nécessaire", n'avait pas exploité pareille formule, ni évoquer abusivement la guerre en mobilisant le pays contre le plus petit de ses ennemis mais le plus inquiétant quand ils se multiplient et promet comme il y a un siècle de faucher 50 millions d'humains. Le corona a tué 100 fois moins à ce jour.

    Le principe de précaution, doublé d'une bonne dose de mimétisme, a donc fonctionné à plein. On a fait taire les parlementaires, les cantons, les critiques. Les médias se sont mis aux ordres, certains que leurs bonnes dispositions leur vaudraient à la sortie de la pandémie quelques miettes de la galette fédérales des rois. 

    Ce 1er juillet, les cinq hôpitaux universitaires suisses, qu'on a applaudi quelques semaines, tirent le bilan de l'exercice. Leurs directeurs s'attribuent un 6 sur 6, lit-on dans une dépêche ATS reprise à l'unisson. Wir haben es gemacht! Merci de payer la facture: 356 millions. Vraiment?`

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  • Moins de 11% de Genevois infectés

    covid 11 % hug unige.jpgLa vie est étrange. A peine plus d'un Genevois sur dix a été infecté par le coronavirus, écrivent les HUG et l'université dans un article publié ce 12 juin dans "dans la prestigieuse revue The Lancet". C'est 7% dans le canton de Vaud. Et guère plus ailleurs. Dans leur échantillon représentatif de 2766 Genevois, ils n'ont trouvé qu'un enfant sur 123 à avoir été infecté. La question me taraude depuis le début de cette pandémie: n'a-t-on donc pas surréagi en mettant l'emploi en berne?

    Mais pouvait-on échapper à ce qui s'apparente à un accident et à ses conséquences? Une collision frontale peut tuer et ruiner deux familles. La pandémie est une forme de fatalité, un choc, la chute d'un astéroïde. Nos gouvernants ont gérée l'accident comme ils ont pu, copiant plus ou moins ce qui se faisait chez les voisins, rajoutant ici une couche de précaution, comme l'arrêt des chantiers à Genève, ou prenant le risque, comme en Suède, de ne pas fermer les écoles.

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  • Des hôpitaux pleins de malades imaginaires?

    HUG urgences nuit.JPGEvidemment ce titre va m'attirer les foudres de toutes parts. Le temps présent - traversés de peurs et de rumeurs - fourmillent d'imprécateurs et de croyants prêts à les suivre et à faire le ramdam (traduction de buzz) sur les réseaux sociaux.

    Or donc, depuis deux mois, nos cliniques et nos hôpitaux sont vides ou presque - les HUG ont réalisé leur 1000e greffe du foie le 6 mai -, nos urgences clairsemées, les cabinets médicaux délaissés, hormis par les victimes du covid 19 évidemment. Et encore, bon nombre d'entre elles ont traversé l'épreuve, parfois longue, douloureuse et violente, à domicile. 

    Mais où sont donc passés les malades? Fréquentant quotidiennement les HUG comme visiteur au chevet d'une patiente non virale, j'y croise à nouveau un peu plus de gens.

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  • La mort, le mal, Dieu

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    Quelle est l'audience de France Inter le samedi matin? Je n'en sais rien mais je me dis que un ou deux millions d'auditeurs ont entendu Véronique Fournier. Je ne connaissais pas non plus cette médecin de santé publique, cardiologue, responsable de l’unité fonctionnelle d'éthique clinique à l’hôpital Cochin. Elle n'a pas sa langue dans sa poche et dit avec des arguments de santé publique pourquoi il n'y a pas beaucoup de sens d'intuber un octogénaire ou un nonagénaire atteint du coronavirus. Choquant? Ecoutez-la!* 

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  • Covid, malheur aux vaincus (infectés)

    IMG_0527.PNGFaut-il accepter la règle coréenne? C'est, si je comprends bien, celle du contrôle social intégral qui va se mettre en place en Suisse. Par le moyen de l'app, qui traque les contaminés, et l'obligation qui nous sera faite de dénoncer toutes les personnes que nous aurons fréquentées un quart d'heure au moins, à moins de deux mètres, dans les jours passés, afin d'ordonner, sous peine d'amende, au-dites personnes potentiellement porteuses du virus de se faire dépister et de rester confinées dix jours au moins. En toute sécurité pour nos données, croix de bois croix de fer... Police et santé font-elles bon ménage, se demande le député socialiste Sylvain Thévoz? La réponse de Stéphane Guex-Pierre ne manque pas de finesse...

    J'écris "si je comprends bien" - car j'avoue que j'ai un peu décroché depuis quelque temps. Je ne lis que d'un œil, je n'écoute que d'une oreille, et encore, les infos anxiogènes débitées interminablement avec ce ton juste assez alarmiste, ce débit abrutissant du reporter ou du chroniqueur, genre "Tu sais, on ne sait pas grand chose, mais dans le doute, fait gaffe... c'est ta vie qui est en jeu. Et t'en a qu'une, pas comme dans les jeux vidéo... Et puis, sois solidaire, si c'est pas pour toi, fais-le pour ta grand-mère."

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  • #covid-19. Qui nous met donc à l'épreuve? Dieu?

    la croix ramadan.jpg"Que son Père le descende de la croix, s'il est bien le fils de Dieu?" Les spectateurs de la crucifixion ne disent rien d'autres que ce que nous disons tous. Qui peut être ce Dieu qui se prétend tout puissant et qui laisse mourir son fils sans rien faire! Ce scandale ébranle bien des chrétiens et en a dérouté plus d'un hors de la foi, dans une indifférence prudente ou un athéisme militant.

    Là où il n'y a pas de Dieu, la question de la mort et de la souffrance n'est pas moins cruciale. Et trouve des réponses variées, entre la soumission totale aux forces universelles et l'existentialisme au jour le jour, en passant par toutes sortes de philosophies ou de conceptions. 

    La pandémie virale fait réfléchir. "Cette crise est un laboratoire vivant", dit Bernard Crettaz que l'Echo Magazine présente comme thanatologue, c'est à dire causeur sur les confins ultimes. Ultimes? 

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  • La pauvreté, les autoroutes, la guerre

    anneesfolles.jpgOn sait que les années folles ont suivi la Grande Guerre et la grippe espagnole, la seconde ayant fauché plus d'humains que la première.

    Comment l'Europe et le monde se sont-ils relevés de la Grande Dépression de 29-33? La réponse tient en trois mots: pauvreté, autoroute, guerre. Ou si vous préférez chômage (sans assurance, donc migration vers les villes et les soupes populaires), New Deal (Keynes et Roosevelt) et réarmement. Le tous au temps des passions politiques, des fronts, fasciste et populaire, du national-socialisme, du communiste, (eugénisme et homme nouveau), du personnalisme chrétien aussi mais en sourdine (Barth, Maritain, Mounier, Teilhard...)

    Comment allons-nous nous relever de la Grande pandémie 19-20? 

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  • Un monde meilleur? Que faire à Genève?

    demain sera meilleur.jpgDans mon village, deux familles ont affiché leur confiance sur leur maison. "Demain sera meilleur*, "Tout ira bien". Les banderoles sont ornées de mains d'enfants.  L'espoir est grand dans une partie de la population. A gauche surtout. Un monde nouveau serait à portée de main.

    J'écoute ce matin l'économiste François Bourguignon, auteur de la Mondialisation de l'inégalité, sur Les Matin de France Culture. Le discours de l'ancien chef économiste à la Banque mondiale n'est pas du tout optimiste. Les Etats sont en train de gravement s'endetter ce qui ne manquera pas d'augmenter la contrainte sur les dépenses publiques - ailleurs que dans la santé - et de pousser à la hausse des impôts. La dette n'est pas une panacée. Même si la France réintroduit l'impôt sur les grandes fortunes, son produit sera loin de suffire. 

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  • François Scheng à La Mure

    A 21h, tous les soirs, comme beaucoup nous avons pris l'habitude de manifester notre gratitude. Aux soignants qui sont au front. A tous les travailleurs anonymes aussi.

    J'apprends que tous les soignants ne le sont pas, au front. Loin s'en faut.

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