Santé

  • Kneubühl confiné «volontaire»

    3C59B7F8-DC0B-430B-BC38-BC193AE14411.jpegLe discours est rodé. Chaque disparition d’un journal lance les lamentations sur l’amoindrissement de la variété des opinions. Pourtant, l’abondance des médias est là. Avec les chaînes d’info et les réseaux sociaux, c’est même l’indigestion qui menace. 24h sur 24.

    Voyez ces deux PLR qui renoncent, Petra Gössi et Nicolas Jutzet. Ils prennent du recul. Sagement. Avant d’être broyés par le bal médiatique qui transforme la politique en un jeu de mouches dans un pot de vinaigre. 

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  • Boire et manger en 2035

    DEBC865C-79FA-4AC4-8968-89FE7C77E05B.jpeg« Si l’étiquette comporte plus de six ingrédients, il y a plus de trois chances sur quatre qu’il s’agisse d’un aliment ultratransformé » Cette affirmation légende une photo prétexte illustrant un article, publié cette semaine par mon journal préféré, dont le sujet est une mise en cause de cette tendance de l’industrie alimentaire de recomposer les aliments en fonction du goût supposé des consommateurs et du profit. Le titre donne le ton: « Méfiez-vous du cracking alimentaire » L’alerte très en vogue cite le livre publié en 2017 par Anthony Fardet, un proclamé expert de la chose. 

    Personne n’est évidemment obligé d’acheter ces aliments industriels, mais il est de bon ton de s’en méfier. C’est comme le hamburger, symbole de la malbouffe, alors qu’il fait partie d’une chaîne alimentaire efficace (les vaches laitières finissent en hamburger) et accessible à tous. 

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  • L’info à la RTS: sans goût et sans histoire

    443C2E25-1859-4381-8E6C-A15F13FBFBDC.jpegA suivre notre chère RTS, que nous n’avons pas la liberté de quitter, contrairement aux autres journaux imprimés ou en ligne, le monde va mal. Ses journalistes - heureusement pas tous - nous le répètent en boucle. Certains y mettent le ton, qui souvent fait la chanson. Féminicide, discriminations de genre, sans abris menacés de se retrouver à la rue, catastrophes climatiques imminentes, pesticides, Covid, Gaza, dont Mise au point nous livre ce soir un reportage unilatéral. Et bien sûr cet abandon de l’accord cadre avec l’UE, une catastrophe forcément. Une décision incompréhensible  du Conseil fédéral que l’on somme de présenter un plan B. Au fait, avez-vous vu le cours du franc vaciller?

    Egrenée au quotidien, l’information prend des tonalités de fin du monde ou de fin d’un monde. La nostalgie d’un passé mythifié et d’un avenir redouté est-elle la mesure de nos reporters?

    C’est peut-être qu’ils oublient ou qu’ils ne savent pas ce qu’était ce fameux passé. Mais en le cachant, ne fabriquent-ils pas des news biaisées, excessivement alarmistes, attrape-nigauds?  

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  • Jules-le-Rouge était-il un empoisonneur?

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    John Genecand, paysan à Bardonnex, a été porté en terre lundi dernier à Compesières par ses amis. Il était un petit peu connu pour ses volailles qu’il présentait au marché concours annuel de Carouge. Il fut un paysan consciencieux. Dans l’hommage rendu, sa soeur et ses neveux ont noté le soin qu’il a mis à semer son blé, à planter ses légumes bien droit, à désherber ses cultures maraîchères à la ratissoire. Comme tous les paysans nés avant guerre, il a rempli le mandat que la population suisse avait confié à l’agriculture: nourrir le pays en produisant du bon lait, de la bonne farine, de belles pommes de terre, de beaux fruits sans taches ni pourriture, des carottes bien droites et des salades bien vertes. 

    Les champs de John étaient propres, sans folle avoine, sans vulpin, sans chardons, sans gratterons. Sans bleuets ni pavots non plus. Telle était la campagne de la seconde moitié du XXe siècle, la campagne de nos pères et grands-pères, celle mon père Jules, dit Jules-le-Rouge. Étaient-ils des empoisonneurs, ces paysans nourriciers?

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  • «Comportement bah ouais» et poubelles genevoises

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    «Comportement bah ouais /J’ai dit comportement bah ouais /J’suis dans mon comportement bah ouais.» Je ne connaissant cette chanson qui a lancé en 2017 la nouvelle vedette française, Aya Nakamura, jusqu’à la lecture d’un papier ce matin dans Libération dans lequel Guillaume Lachenal rappelle que les injonctions répétées en boucle sur les gestes barrières, la distance social et le port du masque sont des vœux pieux, certes nécessaires, mais insuffisantes dans certaines circonstances pour endiguer et vaincre le virus.

    La preuve à Genève, où la magistrate chargée de la plus noble des tâches, celle de la salubrité publique, annonce dans la Tribune qu’elle va installer plus de poubelles, doubler les tournées de voirie aux endroits stratégiques pour que la ville soit propre durant cette longue fin de semaine, vestige d’une tradition, où jadis les chrétiens, alors très majoritaires, s’interrogeaient sur la mort du Christ et se réjouissait de sa résurrection. Joyeuses Pâques! 

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  • Soyeux morveux

    C774FDAC-F481-4583-BEE4-671C432AEF4E.jpegMouche-toi! Arrête de renifler! La morve, c’est ce liquide qui coule du nez des enfants.  Peu ragoûtante mais essentielle, la morve contribue à capturer les microbes dans notre nez, là où l’on se loge ce virus couronné qui tient le monde en respect depuis un an.

    Eh bien des chercheurs ont découvert que le masque, obligatoire dès que le présentiel se fait dense, n’avait pas qu’une fonction de filtre mais qu’il contribue aussi à tenir notre nez humide, ce qui est bon pour la morve et son action contre les microbes. . 

     

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  • Des années de vie perdues

    77377374-6B22-4597-B0D6-D9D8137EA6F6.jpegDans l’actualité de cette semaine normalement hivernale, n’en déplaise à ceux que trois flocons ou quelques degrés sous zéro émeuvent, je retiens cette nouvelle de la surmortalité, en Suisse: onze années de vie perdues en moyenne selon une étude écossaise en cours de validation, citée par Le Temps.

    Où s’en sont allés ces vivants perdus? Au paradis? Onze ans de vie c’est un sacré pactole pour les EMS, semble me dire l’affiche du Matin Dimanche... annonçant un article publié dans La Tribune samedi soir.

     

     

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  • L'Allemagne reconfine, la Suisse tremble sur ses skis

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    On a donc pu se dorer la pilule cet été sur les plages d'Europe et les Français peuvent s'envoler sous les tropiques pour passer les fêtes de fin d'année et commencer 2021 avec un moral d'acier. Mais voilà que l'Allemagne reconfine, que les soignants crient leur souffrance, que notre système de santé - un des meilleurs du monde, du moins par son prix - craque (enfin pourrait craquer si). Syndicats infirmiers, directeurs d'hôpitaux, tous à l'unisson font pression, montent au front. Et le 19:30 est aux ordres. Tout en émotions. Sans recul, sans analyse. 

    Les médias en rajoutent, c'est leur rôle et leur malheur.

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  • "Nous avons fait le choix d’espérer"

    yves combeau.jpgLa covid a plongé l'Occident dans la peur. La peur de mourir. Certes le fléau fauche des vies, surtout des vies de gens qui ont déjà bien vécu et qui parviennent à des âges où la mort est une échéance... naturelle. Ailleurs, la mort est encore fréquente à tout âge, notamment à la naissance, quand ce n'est pas la mère qui est emportée. Nous en Suisse - qui consacrons presque 12% de notre richesse à la maladie, bien plus qu'à notre alimentation, avons réduit presque à néant le risque de mortalité. A force de connaissance, de savoir faire, de technologie, de soins et d'hygiène. C'est l'accident - fatalité ou risques pris - qui vient d'ailleurs en tête des causes d'hospitalisation (StatistiqueSuisse). 

    En comparaison, les francs que nous consacrons à la promotion de la santé, notamment à nous nourrir sainement, sont une piètre fraction des dépenses de traitement, de réparation et de maintien en vie (au début comme à la fin): plus de 80 milliards par an.

    Et pourtant la mort survient. De plus en plus souvent au terme d'une lutte douloureuse, angoissante, ponctuée de rémissions plus ou moins longues, plus ou moins heureuses.

     

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  • Harcèlement et jeux d'enfants

    alexis favre covid.jpgMercredi 11 novembre. Ce jour de la Saint-Martin et de l'armistice a vu le soleil percer la grisaille. On suit d'un regard distrait l'émission Infrarouge du sémillant Alexis Favre, au titre bien alarmiste "Covid, le crash sanitaire?". Son point d'orgue nous fait lever le sourcil. Dites-nous Alexis, pourquoi ne pas avoir parlé ce soir des cas de harcèlement à la RTS?

    La question paraît plus que téléphonée. Elle permet au brave Alexis un peu emprunté tout de même d'expliquer que la RTS n'est présentement pas le meilleur média pour débattre de ce sujet, qu'elle n'a rien caché de la situation - sauf que sans l'enquête du journal Le Temps, rien ne serait sans doute sorti - que des enquêtes sont en cours et que, promis juré, Infrarouge ne reculera pas si les résultats de ces enquêtes soulèvent des questions de portée universelle. Voilà! Candide est satisfait?

    Pendant ce temps, Le Temps ronge son os. Ce matin, il revient sur ces "dix jours du scandale sans issue visible" à l'occasion du retrait du chef de l'information, le temps de l'enquête.

     

     

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  • Lit, tri, cri

    le cri.jpgLit, tri cri. Ces trois mots suffisent ces jours à qualifier la pandémie qui nous prend la tête depuis bientôt dix mois. Ainsi les lits manquent en Suisse romande pour traiter les personnes les plus gravement atteintes par le Sars-cov2, un virus de la famille de la grippe quoique plus virulent, plus infectieux, plus mortel aussi nous dit-on, encore que la statistique ne reflète toujours pas vraiment  l'hécatombe annoncée. Il est vrai qu'en ce début de troisième millénaire, nous - les riches et les Occidentaux - en sommes venus à détester l'idée de la mort et que mieux vaudrait jamais que tard. 

    Cette semaine France 5 nous a donné à voir la découverte de la tombe de Toutânkhamon par l'égyptologue Carter. Une sacrée aventure qui nous laisse sans voix tant en raison de la magnificence de cet ensevelissement hâtif et précipité qui nous stupéfie, que de cette étrange croyance d'un voyage vers un au-delà éternel et heureux, forcément heureux qui ne semble plus trop ravir nos contemporains que seul l'enfer du réchauffement climatique effraie. 

     

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  • Que les services d'urgence ne soient pas débordés

    r covid indicateurs.jpgSuite à ma dernière note, j''ai trouvé une synthèse des indicateurs de la covid. Ils sont entièrement construits sur un objectif qu'on nous a ressassé d'ailleurs dès l'irruption du virus en mars dernier: que les services d'urgences des hôpitaux chargés d'accueillir et de soigner les patients les plus gravement atteints ne soient pas débordés.

    Mais quelle guerre est-elle engagée et conduite avec le présupposé que les services infirmiers ne devront pas être débordés et qu'on triera pas les blessés: ceux que l'on soignera et ceux à qui on administrera au mieux de la morphine et à qui on tiendra la main et qu'on embrassera avec tendresse jusqu'à leur dernier souffle? 

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