Médias

  • Le prix de l'esclavage et du colonialisme

    Mule.jpgLes vacances approchent. Forcément on en parle. Tant pis pour ceux qui ne pourront pas en prendre. Mais, mais, mais... Gare au Covid-19, martèlent les pub et les animateurs de notre radio télévision publique, la deuxième vague menace. Ici et là, on reconfine, prenez garde. Le discours tourne en boucle. La majeure partie du bon peuple prend ses libertés et déambule démasqué. En famille et entre amis, la tentation de la poignée de main, de l'embrassade est forte. 

    Hier, sous le soleil de juin, j'ai vu deux classes d'école emprunter à pied le chemin des Côtes-de-Landecy en direction de la tour d'eau centenaire, qui sert aujourd'hui davantage à accueillir les relais de nos smartphones - bientôt la 5 G - que de réguler la pression du réseau des eaux publiques. ça fait des années que je n'avais pas vu une course d'école pédestre. Le monde d'après est bon pour les mollets mais ne fait pas le beurre des caristes et des vendeurs de souvenirs. Les enfants ont pu emplir leur poumon des effluves cuivrées et soufrées de la bouille bordelaise, le traitement "bio" contre deux champignons importés au XIXe siècle des Amériques, sans lequel aucun vin ne serait possible. 

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  • Moins de 11% de Genevois infectés

    covid 11 % hug unige.jpgLa vie est étrange. A peine plus d'un Genevois sur dix a été infecté par le coronavirus, écrivent les HUG et l'université dans un article publié ce 12 juin dans "dans la prestigieuse revue The Lancet". C'est 7% dans le canton de Vaud. Et guère plus ailleurs. Dans leur échantillon représentatif de 2766 Genevois, ils n'ont trouvé qu'un enfant sur 123 à avoir été infecté. La question me taraude depuis le début de cette pandémie: n'a-t-on donc pas surréagi en mettant l'emploi en berne?

    Mais pouvait-on échapper à ce qui s'apparente à un accident et à ses conséquences? Une collision frontale peut tuer et ruiner deux familles. La pandémie est une forme de fatalité, un choc, la chute d'un astéroïde. Nos gouvernants ont gérée l'accident comme ils ont pu, copiant plus ou moins ce qui se faisait chez les voisins, rajoutant ici une couche de précaution, comme l'arrêt des chantiers à Genève, ou prenant le risque, comme en Suède, de ne pas fermer les écoles.

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  • La queue des pauvres de Genève

    Si t'es pas sur les réseaux et si tu n'y fais pas le buzz, t'existe pas. Grâce au ramdam de la caravane de la solidarité, combattu puis largement soutenu par la Ville de Genève, on a donc appris - comme si on ne le savait pas - qu'il y a ici cinq, dix, douze, quinze mille démunis à Genève, capables de faire la queue des heures durant pour toucher un sac de nourriture, afficher leur existence, révéler leur état de santé. Bref, des images d'ailleurs, que nous livrent parfois les actualités télévisuelles à l'heure du déjeuner ou du dîner. 

    Comment est-ce possible dans une ville si riche? Comment se fait-il qu'on y trouve encore des pauvres? La question mobilise moins les jeunes d'ici que la réchauffement climatique. Est-ce que régler le réchauffement climatique - via l'instauration d'un régime de sobriété heureuse - promet de régler aussi la pauvreté?

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  • Le Temps, Heidi, la presse de qualité, comment la financer

    sinclair heidi.jpgC'est la question du jour. Comment financer la presse? On ajoute de qualité désormais pour séparer le bon grain de l'ivraie: le journalisme d'investigation, qui ne s'en laisse pas conter, et le journalisme suiveur comme on suit un vague ami ou un politicien ou un scientifique sur Twitter. Entendez d'un côté - je ne dis pas à gauche ou à droite - des quotidiens du genre Le Temps, la NZZ, Le Monde, Die Welt, El Paìs, La Reppublica, Le Guardian, le New York Times, ceux qui ont encore les moyens de leurs ambitions (ce qui n'est pas le cas du Temps) et le reste qui va du family paper genre la Tribune de Genève au journal de boulevard genre le Blick (Le Matin n'est plus que sur le Net) et au régional genre Le Journal de Morges. Et bien sûr au gratuit genre 20 Minutes, plus fort tirage de Suisse. 

    Or donc le radical François Longchamp, poisson pilote de quelques mécènes via la fondation Aventinus, s'en va acquérir Le Temps, dit la RTS. Le Temps n'en dit rien. Forcément, on se demande si c'est une bonne nouvelle.

    /note augmentée le 3 mai à 9h30/

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  • #Watson_news: C'est quoi une plateforme d'information?

    watson news.jpgDans ce mode obnubilé par un virus de 125 nanomètres à effets XXXXXL, la nouvelle de la création de Watson Romandie, un nouveau site d'information, dans ce petit coin du monde qu'est la Suisse romande n'a pas outre mesure défrayé la chronique.

    Or donc Watson, qui se targue d'être devenu en quelques années le troisième site d'information le plus vu de la toile nationale, va débarquer en janvier 2021 sur ce qui désormais nous lie aux autres et peut-être à nous mêmes: nos smartphones. Des engins non européens, conçus en Californie ou en Corée et construits en Chine et à Taiwan. Déjà, ils nous tracent. Bientôt, quoi que fasse notre EPFL, ils désignerons nos semblables à éviter: les séropositifs du covid, les sidéens, les grippés, les sales, les pas d'ici, les pas de mes amis. Demain, nos ghettos seront électroniques. Sur ce point c'est sûr, le monde d'après ne sera pas comme celui d'avant.

    Une amie me demande ce que je pense de "QuoiDeNeuf"?

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  • Papa et le petit Corona, on frise le blasphème

    paradis sur terre globe.jpgComme vous j'imagine, je n'échappe pas au partage de ces vidéos ou ces textes qui promettent la fin du monde ou le paradis sur terre.

    Ici plus qu'ailleurs ou le loisir n'existe pas, l'humain confiné a le temps de réfléchir, de ruminer, de tourner en rond. Certain balance vite entre la collapsologie - la peur de la fin du monde est proche - et "Demain" du nom du film de Cyril Dion, qui a connu un joli succès, tout entier construit sur cette croyance naïve que le paradis est à portée de main. *

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  • Appauvrissement, enrichissement viral

    cas covid19 au 24 mars.jpgLe virus est dans les corps et dans les têtes. Il est traqué de toutes parts, étudié, décortiqué, séquencé. Ses victimes sont prises en charge par une armée de soignants. Leur nombre s'affiche sur de multiples tableaux de bord, celui de l'OMS, de Worldometer, de l'université Johns Hopkins. D'autres liens figurent dans un article synthétique fort intéressant publié par le Journal du Geek le 25 mars. La France a aussi son tableau de bord.

    En Suisse, le site www.corona-data.ch, réalisé par un informaticien bernois Daniel Probst (@skepteis) dame le pion à l'OFSP*. Qu'attend le duo fédéral Koch-Berset pour l'intégrer sous mandat durant la pandémie, histoire de faire cesser la controverse sur la qualité de l'information officielle et d'engranger déjà un petit côté positif de la pandémie?

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  • Qu'il est difficile d'être un média en temps de pandémie

    corona virus compteur.jpgAu moins en 2008, on savait qui était le coupable, ces gnomes branchés sur les centres financiers, l'oeil balayant les écrans ou tournent les cours et les indices, le doigt agile achète ou vend d'un clic des millions de papiers, son cerveau rumine la folie de son prochain bonus, tandis qu'ailleurs dans des fermes ultra sécurisées d'autres intelligences dites artificielles achètent et vendent à la vitesse de la lumière. Et soudain le krach et la ruine de millions de gens aux Etats-Unis, l'onde de choc de l'explosion atteint bientôt le monde entier. Il faudra bien dix ans pour s'en relever et bien des banques traînent encore les boulets de ce temps là.

    En 2020, l'ennemi est inconnu, invisible à l'oeil nu, intraçable, sans remède. Il ne se loge pas dans les ordinateurs. Il n'est le fruit de l'avidité, de l'envie d'être riche ou simplement de profiter d'une aubaine. 

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