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  • 2050, Genève, sa croissance zéro, son aéroport, son pont sur le lac, sa dette abyssale

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    Pierre Maudet, officiellement retenu par sa campagne pour l’élection partielle au gouvernement du Canton de Genève du 7 mars, a snobé le débat organisé par la Tribune de Genève et le Club suisse de la presse. Une absence remarquée sur l’écran Zoom où chacun, candidats et journalistes, est dans sa cage télégénique et le public invisible. Il vrai que Pierre Ruetschi, réd en chef de la Julie au moment où le journal des Genevois a sorti l’affaire Maudet en mai 2018 est aujourd’hui le patron du Club suisse de la presse.

    Le télédébat présente l’indéniable avantage de permettre à tous de le voir en direct ou en différé sans bouger de son fauteuil. Combien de Genevois l’ont-ils visionner? Peut-être plus que l’amphi d’Uni Mail peut contenir d’étudiants. Sans doute moins qu’un débat sur Léman Bleu ou la RTS. Mais l’exercice vaut sans doute d’être répété. Une dizaine de débats devrait suffire pour permettre à la technique et à mes collègues de la presse écrite d’être à la hauteur des enjeux.

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  • Genève sans commune mesure

    154C16D2-D2AE-438A-A25A-4BEBB3D5AF1A.jpegL’étude de Pascal Sciarini commandée par Thierry Apothéloz, ci-devant ministre de tutelle des communes genevoises, pour savoir pourquoi un des 924 élus sur cinq jetait l’éponge avant la fin de la législature a fait un flop médiatique. Face au Covid, il faut bien s’appeler Trump ou Biden ou être la neige ou le loup chez nous pour faire la une, même de la presse locale.  La réponse qu’on connaissait depuis longtemps tient en deux mots: impuissance et frustration. Et la réponse du ministre vaut son pesant d’immobilisme: formation et encadrement.

    Pour le ministre socialiste, c’est sans doute trop que de se demander si 45 communes pour un demi-million d’âmes dans un canton confetti, qui n’en a plus (d’âme ni même d’esprit de Genève), ne sont pas de trop - un confetti découpé en 45 morceaux inégaux, vous l’appelez comment? Un nanoconfetti? 

     

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  • Bardonnex: "Un beau mâle"

    gaspard tarueau barrillier.jpg"Un beau mâle." Un cri du coeur. Il sort de la bouche d'une habitante de cette commune naguère agricole, dont le nom est désormais cité presque tous les jours sur les ondes de la RTS pour son bouchon vespéral sur l'autoroute A1. Cette Bardonnésienne a visionné comme beaucoup d'habitants l'épisode Bardonnex de l'émission la Suisse est belle extraite des archives de la télévision romande. Diffusé pour la première fois en avril 1970, le film butine sans but ni scénario de hameau en village. C'est que Bardonnex, souligne le journaliste Pierre Verdan, ne compte pas moins de cinq agglomérations.

    Séquence nostalgie. Altérée par des plans sans originalité. Paresseuse, la caméra s'attarde sur les murs et les champs enneigés, plus que sur les habitants. Invisibles le boulanger, les bistrotiers, l'épicier, le facteur, le vigneron encaveur, les footballeurs et même le maire Delétraz, dont on entend l'interview en off. Heureuses exceptions, les ouvriers de la tuilerie briqueterie de Bardonnex, dont, révèle Le Courrier, l'Etat et un mécène viennent de prolonger la survie de deux ans, et Lucien et son taureau Gaspard, le "beau mâle".

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  • Bonne année, bon blog!

    2021.jpgRetard à l'allumage? Pourquoi le 1er janvier ne conïncide-t-il pas avec le solstice d'hiver? Outre que ce 1er janvier n'a été imposé à tous les quidams en pays catholique qu'en 1622 - Genève, pays protestant, ne s'est mise à l'heure du soleil qu'en 1701 - ce jour de l'an neuf tombe dix jours après le début de l'augmentation de la durée des jours dans l'hémisphère nord.*

    Y aurait-il quelque chose à voir avec la durée des jours? Peut-être. Le jour raccourcit inégalement, rappelle à Noëlle le site étoile-des-enfants.ch.  Ce n'est que le 26 décembre que le jour commence à grappiller à nouveau de la lumière: le matin. 

    Un rapport quelconque avec la naissance de Jésus un jour plus tôt, dans l'instant où le temps est étale? Peut-être. Une semaine plus tard, le divin nouveau-né est circoncis. Et c'est le 1er janvier. Aujourd'hui c'est la 2021e** années  de l'ère commune du calendrier, une année proclamée par l'ONU en septembre 2019 année de la paix et de la confiance.

    Bonne année!

     

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  • Dagobert (Scrooge) Supino

    supino heidi.jpgLa série Tamedia Papers, que le média en ligne genevois Heidi.news consacre à la pale copie d'un citizen kane de Zurich, le ci-devant Pietro Supino, et à son empire, TX Group (tout petit empire en regard des monstres médiatiques que sont bien d'autres éditeurs publics ou privés à l'étranger, mais néanmoins grand en Suisse et cupide nous dit-on), la série donc fait l'objet d'une publication concomitante traduite dans Republik.ch, un jeune média en ligne zurichois, plein de cette fougue, de cette énergie de ces idéaux, que le journalisme, le vrai, le pur, l'indépendant, le tenace peut faire un monde meilleur*. 

    Un petit tour sur Republik.ch me persuade d'une chose que je savais déjà. Le débat citoyen à visage découvert est plus vif en Suisse allemande que de ce côté-ci de la Sarine. 

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  • Heidi David vs Tamedia Goliath

    heidi tamedia coninx.jpgQuel dieu gouverne la main de Heidi.news? Après "Au coeur de la complosphère", une longue immersion d'un jeune Pangolinman* dans une bande de complotistes romands, dont une enseignante genevoise, fans du prof Raoult et du blogueur Michel - une enquête diversement appréciée - et une autre, "La révolution des toilettes", sur l'hygiène et les ressources que sont nos déchets intimes, la jeune pousse de la banlieue est de Genève, prochainement rattachée au journal Le Temps, a envoyé ses fins limiers explorer l'empire Coninx, du nom de la famille zurichoise qui détient et gouverne TX-Group dont le navire amiral Tamdedia est le premier éditeur de journaux en Suisse. 

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  • Harcèlement et jeux d'enfants

    alexis favre covid.jpgMercredi 11 novembre. Ce jour de la Saint-Martin et de l'armistice a vu le soleil percer la grisaille. On suit d'un regard distrait l'émission Infrarouge du sémillant Alexis Favre, au titre bien alarmiste "Covid, le crash sanitaire?". Son point d'orgue nous fait lever le sourcil. Dites-nous Alexis, pourquoi ne pas avoir parlé ce soir des cas de harcèlement à la RTS?

    La question paraît plus que téléphonée. Elle permet au brave Alexis un peu emprunté tout de même d'expliquer que la RTS n'est présentement pas le meilleur média pour débattre de ce sujet, qu'elle n'a rien caché de la situation - sauf que sans l'enquête du journal Le Temps, rien ne serait sans doute sorti - que des enquêtes sont en cours et que, promis juré, Infrarouge ne reculera pas si les résultats de ces enquêtes soulèvent des questions de portée universelle. Voilà! Candide est satisfait?

    Pendant ce temps, Le Temps ronge son os. Ce matin, il revient sur ces "dix jours du scandale sans issue visible" à l'occasion du retrait du chef de l'information, le temps de l'enquête.

     

     

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  • Hodgers, Crittin et le journalisme

    crittin hodgers.jpgChacun dans sa bulle. C'est une des critiques récurrentes que l'on adresse aux réseaux sociaux dont la technologie et le génie sont de nous offrir exactement ce que l'on cherche grâce à la géolocalisation et à la sociolocalisation. Deux facultés automatiques qui manquent cruellement à la presse traditionnelle, elle qui disposait depuis des lustres des données de ses abonnées et les a laissées en friche.

    Déjà, grâce aux algorithmes apprenants (improprement appelés intelligence artificielle), Google, Facebook et compagnie peuvent nous proposer des embryons de réponses toutes faites aux courriels que nous recevons. Ils dépistent nos humeurs en analysant notre voix, notre visage, les mots et tournures de nos écrits. Bref ils en sauront bientôt plus sur nous que nous-mêmes qui avons cette faculté heureuse d'oublier, de nous montrer plus beaux, plus sages, plus intelligents que nous ne sommes. Les bots vont nous renvoyer notre vraie image sans concessions et sans rien oublier de nos faiblesses et de nos lâchetés. Le diable n'est pas pire. 

     

     

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  • La renaissance du Journal de Genève?

    aventinus rachète le temps et Heidi.jpgLes banquiers privés renflouaient déjà le vénérable Journal de Genève jusqu'au jour où leur soutien disparut. Avec lui le plus vieux journal de Genève, dont on peut consulter les archives en ligne. Juste avant la fin du XXe siècle, on maria sa rédaction avec celle du Nouveau Quotidien, créé lui par Edipresse et Ringier, et c'est ainsi qu'advint Le Temps.

    Aujourd'hui Ringier vend Le Temps à la fondation Aventinus, présidée par François Longchamp, l'ancien et premier président durable du Conseil d'Etat genevois (le dernier aussi puisque les Genevois ont corrigé le plagiat vaudois des Constituants genevois en rétablissant le tournus annuel de la présidence). Sur le plan opérationnel, c'est Eric Hoesli, le premier patron du Temps, qui est à la manoeuvre. 

    Et Le Temps, augmenté du dernier né des médias d'ici, Heidi.news, migrera de Lausanne à Genève, deux quartiers jaloux l'un de l'autre de la métropole lémanique*. Pas en toute transparence, note l'ancien rédacteur en chef de feue La Suisse, Philippe Amez-Droz, ce midi sur la RTS (et dans la TdG): aucun chiffre, fait-il remarquer, ne figure dans les communiqués de presse. Que vaut Le Temps?

     

     

     

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  • Quelle est la qualité des médias suisses?

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    Le Temps perd quelques plumes, la Tribune a disparu du palmarès depuis sa quasi fusion avec 24 Heures, la NZZ trône toujours en tête du concours de beauté de la presse suisse publié ce matin. Cependant le renommé quotidien zurichois se fait coiffer au poteau pour la troisième année par l'émission phare de notre chère radio télévision nationale Echo der Zeit, une doyenne née en 1945. Le CQM 2020 valorise, négativement, Watson, un média d'information en ligne dont la version française verra le jour en 2021, mais pas (pas encore?) Heidi.news ni Republik ni Bon pour la Tête ni d'autres acteurs plus spécialisés ou plus confidentiels ou régionaux.

    A l'heure où le Covid remplit les gazettes plus que de raison, les vide de leurs dernières publicités et où les élus fédéraux renvoient leur débat sur l'aide aux médias en novembre, le constat des enquêteurs de l'Association fondatrice pour la Qualité des Médias en Suisse donne du grain à moudre. La qualité diminue, la concentration des titres continue d'augmenter, "un petit nombre de rédactions décide de qui reçoit ou non quelle publicité et sous quelle forme, qui fera scandale et qui sera traité avec bienveillance par les médias".

    Peut-on imaginer un monde sans média? 

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  • De la Tribune à Tataki, il y a un monde ou deux

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    Tataki, la projet "djeune" de notre RTS, vous connaissez? Et Hugo décrypte, ça vous branche? Non? C'est que vous  décrochez d'une ou deux révolutions et je ne vous parle par des bots (les robots) logiciels qui trient, sélectionnent pour vous les informations qui comptent comme Flint et autres... 

    Tataki n'est pas de ma génération mais j'ai bien aimé, cette fin de semaine, montrer une analyse journalistique consacrée à l'influence de Tik Tok sur les artistes actuels, à deux groupes de huit jeunes ados, venus découvrir la fabrication de la Tribune dans le cadre de Passeport Vacances. Deux groupes sympas, le premier plus multiculturel et étonnamment peu branché - question de thune ou de culture peut-être -, un second beaucoup plus réseaux sociaux, dont la moitié connaissait Tataki.

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  • Les hôpitaux suisses se tapent sur le ventre

    bertrand levrat rts.jpg"Wir schaffen das!" avait proclamé la désormais grande chancelière d'Allemagne, présidente de l'Europe pour les six prochains mois, quand, le 31 août 2015, au plus gros de la guerre syrienne, face à la marche des migrants vers le continent salvateur, elle avait ouvert les portes de son pays à un million de réfugiés. Alain Berset, "aussi vite que possible et aussi lent que nécessaire", n'avait pas exploité pareille formule, ni évoquer abusivement la guerre en mobilisant le pays contre le plus petit de ses ennemis mais le plus inquiétant quand ils se multiplient et promet comme il y a un siècle de faucher 50 millions d'humains. Le corona a tué 100 fois moins à ce jour.

    Le principe de précaution, doublé d'une bonne dose de mimétisme, a donc fonctionné à plein. On a fait taire les parlementaires, les cantons, les critiques. Les médias se sont mis aux ordres, certains que leurs bonnes dispositions leur vaudraient à la sortie de la pandémie quelques miettes de la galette fédérales des rois. 

    Ce 1er juillet, les cinq hôpitaux universitaires suisses, qu'on a applaudi quelques semaines, tirent le bilan de l'exercice. Leurs directeurs s'attribuent un 6 sur 6, lit-on dans une dépêche ATS reprise à l'unisson. Wir haben es gemacht! Merci de payer la facture: 356 millions. Vraiment?`

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