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  • «Nous n’étions pas des victimes, nous étions des résistants»

    24B5931C-2F54-45B4-9738-250C8F65B6BD.jpeg« On disait toujours : « Je ne suis pas une victime, je suis un résistant. Je ne suis pas un martyr, je suis un combattant. » Ça aide énormément et dans toutes les situations. En ce moment, j’ai des problèmes de santé. Si je me jette par terre en pleurant, je meurs dans les quinze jours ! J’ai encore des choses à dire et à faire, j’ai envie de les terminer. »

    « Si je me jette par terre en pleurant, je meurs dans les quinze jours! » La femme qui dit ça a 97 ans, elle est aveugle et ne peut plus écrire. Sa détermination me frappe en ce temps présent, où les victimes sont au premier plan, objet de toues les attentions et de tous les discours. 

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  • 100, sang, sans

    AE99232F-4210-492F-8BAC-0E5DC188E8BF.jpeg100, c’est le centième numéro de l’hebdomadaire du quotidien La Croix. Je le lis toujours avec grand intérêt. Il se dénote semaine après semaine des news magazines et offre à ses lecteurs des articles et des rencontres qu’on ne trouve nulle part ailleurs ou si peu (La Vie, Aleteia, L’Homme Nouveau et d’autres blogs et revues spécialisées)

    Sang, c’est le sang des martyrs, des victimes, des malheureux que le sort (quoi d’autre: leur karma, Dieu, la Nature?) a fait naître au coeur des tragédies de ce monde. Ils sont nombreux, très nombreux, trop nombreux. Que faire? Question éternelle. 

    Sans, ce n’est pas (pas encore?) le mot d’ordre des manifestants du climat. Sans CO2 certes, mais pas sans chauffage. Que dirait-on d’un propriétaire qui afficherait ces jours à l’entrée de son immeuble: « En raison du réchauffement climatique, le chauffage sera enclenché le 15 novembre et coupé le 31 mars. Ou, à choix, maintenu à 18 degrés durant la saison froide? » Que voteraient les locataires?

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  • La marmotte de Lausanne (#GIEC)

    D91915A2-3D26-4BCF-900D-DD6D281CCB8A.jpegIl y a 15 mille ans, Lausanne jouissait du climat que l’on trouve aujourd’hui à 2000 mètres d’altitude. Comment le sait-on? Parce qu’on a trouvé un squelette d’une marmotte non loin de la gare du chef-lieu vaudois. Heureusement que la terre s’est réchauffée depuis. Sans cause humaine apparente.

    Ma chère RTS, dont le métier est d’égrener les nouvelles du chapelet de l’actualité, nous sert donc cet anachronisme, sans commentaire ni explications, juste après avoir annoncé l’enfer ici-bas - nouveau rapport du GIEC oblige - que nous promet donc le réchauffement climatique, notre faute à nous. Pas un incendie, inondation, glissement de terrain qui n’ait pour cause désormais notre gourmandise que dis-je notre accaparement irresponsable des ressources combustibles enfouies sous nos pieds, sans raison ni objet, depuis des millions d’années. 

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  • Un journal suisse romand disparaît

    C6AD0528-F13D-483A-A372-DE4F34281C4A.jpegÉdito, le magazine suisse des médias comme il se sous-titre, qui est l’organe du syndicat des médias et de la communication, consacre son édition no 2 de cette année, diffusée en juin, au journalisme local, tandis que les Chambres votent 178 millions dans le cadre de la révision de la loi sur les médias* et que le Conseil des Etats met le journalisme d’investigation sous la menace d’un recours accru à l’interdiction anticipée de publication par voie judiciaire**, tout cela sur fond de polémique sur la neutralité perdue des journalistes.

    Thèse principal, le journalisme local est mort sauf exception. Au banc des accusés, les grands éditeurs qui ont rapatrié les rubriques non locales au centre, soit à Zürich et à Lausanne, et qui désormais dictent à leur rédaction locale de rédiger des papiers pouvant être lus sur une vaste portion du territoire national. Autant dire que les compte-rendus des conseils communaux ou municipaux et même des Grands Conseils des petits cantons, qui n’intéressent qu’un lectorat local, risquent de passer à la trappe. Rebref, c’est la démocratie qui est en danger.

    Ce choix de la focale - l’audience - détermine en effet en bonne partie le choix des news dans un canard. Seuls les nouvelles les plus sexys, capables de soulever la paupière de lecteurs devenus paresseux et adipeux trouveront place dans les pages des quotidiens par ailleurs toujours plus minces. 

    Ambiance plombée donc pour Édito, qui affiche en couverture le monde d’avant: des liasses de journaux fraîchement sortis de presse. Et voilà que j’apprends la mort de Domaine public. Le magazine des socio-démocrates suisses meurt au combat après 58 ans de bons et loyaux services. 

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  • La photo que Blick en français a manquée

    1D50B4D7-1A29-48BF-86D7-706E04795B95.jpegLibéré, délivré… chante la reine des neiges. En ce 1er juin, jour commémoratif de l’adhésion de Genève à la Suisse en 1814, le Conseil fédéral a fait enlever les blocs de béton qui ont obstrué la frontière genevoise durant le confinement du printemps 2020. La cammionneuse et son grutier commis à l’opération devant chez moi ont débarqué ce soir à 20h. «C’est notre dernier bloc qu’on enlève, dit-elle soulagée. Mais les Genevois les reverront ces prochains jours en ville pour la visite au sommet Poutine Biden.»

    Ce jour est aussi la première édition en français du Blick, le journal de boulevard que jadis les employés de banque zurichois cachaient dans la NZZ pour découvrir dans le secret de leur bureau la pin-up de la page 3. Le Blick s’est assagi. Il est vrai que les pin-up sont largement disponibles sur le net dans des postures qui n’ont pas encore suscité de manifestations féministes. 

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  • L’info à la RTS: sans goût et sans histoire

    443C2E25-1859-4381-8E6C-A15F13FBFBDC.jpegA suivre notre chère RTS, que nous n’avons pas la liberté de quitter, contrairement aux autres journaux imprimés ou en ligne, le monde va mal. Ses journalistes - heureusement pas tous - nous le répètent en boucle. Certains y mettent le ton, qui souvent fait la chanson. Féminicide, discriminations de genre, sans abris menacés de se retrouver à la rue, catastrophes climatiques imminentes, pesticides, Covid, Gaza, dont Mise au point nous livre ce soir un reportage unilatéral. Et bien sûr cet abandon de l’accord cadre avec l’UE, une catastrophe forcément. Une décision incompréhensible  du Conseil fédéral que l’on somme de présenter un plan B. Au fait, avez-vous vu le cours du franc vaciller?

    Egrenée au quotidien, l’information prend des tonalités de fin du monde ou de fin d’un monde. La nostalgie d’un passé mythifié et d’un avenir redouté est-elle la mesure de nos reporters?

    C’est peut-être qu’ils oublient ou qu’ils ne savent pas ce qu’était ce fameux passé. Mais en le cachant, ne fabriquent-ils pas des news biaisées, excessivement alarmistes, attrape-nigauds?  

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  • France 2 et les nomadjunkies de Madère

    2FA5B1EA-C6CD-49CD-A88C-853DEEA48C64.jpegCinq à six millions de Français regardent la grand messe du 20 Heures sur France 2. Un plus le dimanche. Un peu moins que TF1. À elles deux, les deux chaînes de télévision captent l’attention d’un Français sur cinq. Plutôt bien au temps des réseaux sociaux et de la fatigue de l’info, un effet collatéral de la pandémie. 

    Sur la chaîne publique, le séduisant Laurent Delahousse sait emballer son audience, donner du crédit à sa petite sélection d’infos, avec ce clin d’œil, cette touche d’émotion, ce brin d’exotisme qui font son charme.  Mais la séquence sur Madère ce soir au 20 Heures de France 2 m’a fait sortir de mes gonds. 

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  • Plantu à Médialogue

    4E87C79E-2FA7-45E5-AE1E-294B3441F024.jpeg«Je suis un dessinateur qui se prend pour un journaliste dans un monde médiatisé qui devient de plus en plus une caricature.»

    LE Plantu du journal LEMonde est sur Médialogue. Un petit bonheur mais aussi quelques questions, notamment celle-ci: le fou du roi peut-il devenir roi?

     

     

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  • Petits problèmes locaux

    B3743E49-AA78-40E5-BBF0-581CF8F82997.jpegJ’avais l’envie de parler de Thierry Apothéloz dont La défense de la gestion genevoise de l’assurance invalidité était pitoyable hier soir au 19:30; le journal télé de la RTS reprenait une étude critique d’Avenir suisse intitulée Réinsérer plutôt qu’exclure. J’avais envie de me désoler de l’Instruction publique genevoise dont la dernière miniréformette est ajournée d’un an, faute, souligne la Tribune de Genève,  d’obtenir du corps enseignant l’adhésion suffisante à sa mise en oeuvre... J’avais envie encore de réfléchir à cette montée de la délinquance violente chez les jeunes qui encombre la justice et que le procureur général a choisi de mettre en avant dans son rapport d’activités annuel. 

    Puis, en butinant sur le web, je suis tombé sur ce reportage diffusé par Arte il y a quelques jours et qui montre de terribles images de famine dans le sud de Madagascar, où l’on meurt faute de pluie mais surtout parce que des pillards et des bandits écument la campagne. Une catastrophe humanitaire assourdie par la cacophonie de nos petits problèmes locaux. 

    Et je me suis arrêté là.

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  • Un poisson d’avril

    C7695406-0F72-43EE-A0A3-A9EB5267FED9.jpegJ’ai trouvé dans momes.net une origine du poisson d’avril. La coutume de donner des cadeaux bizarres, de faire des farces ou d’annoncer de fausses nouvelles ce jour-là remonterait à 1564 quand le bon roi de France Charles IX - mais était-il bon? - décida que le début de l’année serait dorénavant fixée au 1er janvier. Le royaume célébrait alors le nouvel an à différentes dates. Les mécontents auraient pris l’habitude de marquer le 1er avril en offrant de faux cadeaux. De quoi est-on mécontent au XXIe siècle pour que perdure cette tradition?  

    Ce que ne dit pas momes.ch, c’est que 1564, c’est aussi  la publication des édits tridentins de la contre-réforme catholique et les années autour sont pleines de fureurs, de passions et de massacres. C’est en Europe, l’heure des guerres civiles entre les frères séparés catholiques et protestants. 

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  • 2050, Genève, sa croissance zéro, son aéroport, son pont sur le lac, sa dette abyssale

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    Pierre Maudet, officiellement retenu par sa campagne pour l’élection partielle au gouvernement du Canton de Genève du 7 mars, a snobé le débat organisé par la Tribune de Genève et le Club suisse de la presse. Une absence remarquée sur l’écran Zoom où chacun, candidats et journalistes, est dans sa cage télégénique et le public invisible. Il vrai que Pierre Ruetschi, réd en chef de la Julie au moment où le journal des Genevois a sorti l’affaire Maudet en mai 2018 est aujourd’hui le patron du Club suisse de la presse.

    Le télédébat présente l’indéniable avantage de permettre à tous de le voir en direct ou en différé sans bouger de son fauteuil. Combien de Genevois l’ont-ils visionner? Peut-être plus que l’amphi d’Uni Mail peut contenir d’étudiants. Sans doute moins qu’un débat sur Léman Bleu ou la RTS. Mais l’exercice vaut sans doute d’être répété. Une dizaine de débats devrait suffire pour permettre à la technique et à mes collègues de la presse écrite d’être à la hauteur des enjeux.

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  • Genève sans commune mesure

    154C16D2-D2AE-438A-A25A-4BEBB3D5AF1A.jpegL’étude de Pascal Sciarini commandée par Thierry Apothéloz, ci-devant ministre de tutelle des communes genevoises, pour savoir pourquoi un des 924 élus sur cinq jetait l’éponge avant la fin de la législature a fait un flop médiatique. Face au Covid, il faut bien s’appeler Trump ou Biden ou être la neige ou le loup chez nous pour faire la une, même de la presse locale.  La réponse qu’on connaissait depuis longtemps tient en deux mots: impuissance et frustration. Et la réponse du ministre vaut son pesant d’immobilisme: formation et encadrement.

    Pour le ministre socialiste, c’est sans doute trop que de se demander si 45 communes pour un demi-million d’âmes dans un canton confetti, qui n’en a plus (d’âme ni même d’esprit de Genève), ne sont pas de trop - un confetti découpé en 45 morceaux inégaux, vous l’appelez comment? Un nanoconfetti? 

     

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