Vu du Salève: Genève... - Page 5

  • Aurélie

    A cette heure (ce mercredi 25 mars, 10h30, jour de l'annonciation), à la chapelle mortuaire de Courrendlin, cinq cœurs serrés, enveloppés du silence des absents, disent un dernier adieu à Aurélie. Aurélie est ma nièce et a été emportée par un cancer du cerveau. le crabe l'a prise en 2011, lui a laissé sept ans de répit, l'a torturée 18 mois et a vaincu sa résistance courageuse et admirable le 22 mars, malgré les opérations, les rayons, les chimios. Elle avait 36 ans. Je pense à cette heure à tout ceux qui meurent de quelle que cause qui soit. Ils nous rendent humbles et égrènent en nous des chapelets de souvenirs qu'aucune série télé ne pourra égaler. 

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  • "Un monde malade"

    yanomani wik.jpgAlors que les églises et les temples sont vides et que les clercs ne sont plus reproduits (c'est surtout vrai en Europe où la cure d'âme est devenue psychothérapie remboursée par la sécurité sociale), France 2 diffuse le dimanche matin, Les chemins de la foi, islam, orthodoxie, judaïsme, bouddhisme, protestantisme, catholicisme, à chacun sa tranche horaire en fonction approximative du poids démographique et culturel de ces traditions.

    Il est 11h, quatre dominicains et autant de laïcs chantent la messe dans l'intimité d'un studio aux allures d'appartement aménagé et la fragilité des voix a capela. Coronna virus oblige, on est loin des cathédrales élancées au-dessus de nos vieilles cités et des orgues orgueilleuses. A plusieurs reprises, le célébrant parle d'un "monde malade".

    Notre monde est-il malade? L'est-il plus qu'autrefois?

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  • Combien de grippés aurait-on sauvé?

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    Malgré la vaccination, très recommandée aux personnes à risques dont les vieux, la grippe fait selon l'OMS de 290 à 650'000 morts par année. Combien de victimes de la grippe auraient pu rester en vie si les gestes barrières - et, en cas de maladie, l'auto-isolement et l'auto-quarantaine - étaient monnaie commune depuis longtemps? Ces réflexes responsable sont suffisants à ralentir la propagation du virus sars-cov2, a encore une fois martelé ce midi le Conseil d'Etat genevois, dont la conférence de presse était retransmise en direct sur Léman Bleu - une première qui ne sera sans doute pas une dernière. Et le Conseil fédéral, cet après-midi. Avec raison.

    Les épidémiologistes nous le diront peut-être un jour. Dès l'hiver prochain, sûr que les mesures de confinement des personnes à risques qui présentent des symptômes grippaux seront appliquées strictement, de gré ou de force. 

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  • Confiner: dans quel sens vous l'entendez?

    confine di stato.jpgConfiner a deux sens: enfermer et toucher à une limite. Confiner est le mot de 2020. Dans son premier sens, il dit ce que sera peut-être la Suisse demain, de gré ou de force: confinée, enfermée, comme d'autres nations européenne avant elle. Dans son second sens, il dit que la lutte contre le virus atteint ses limites: limite sanitaire, limite économique, limite éthique, limite politique, limite logique.

    60% des Suisses sont pour le confinement, annonce Alexis Favre hier soir sur RTS1, qui n'a donné la parole qu'au camp du confinement. Dont acte. Et pour combien de temps? Être confiné dans un studio sans balcon n'a pas la même résonance que de l'être dans un six pièces ou un maison. Même avec le chant du voisin. Et quoi? On attend l'été que le virus couronné ait le bonne idée comme son compère le grippal de disparaître. Et l'hiver prochain, on fait quoi? On recommence?

    [Note mise à jour à midi]

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  • Frontaliers, on vous aime!

    HUG urgences nuit.JPGMais que serait le système sanitaire genevois sans ce qu'on appelle hélas des frontaliers mais qui ne sont en fait que des travailleurs pendulaires, des navetteurs, des commuters? Un peu plus d'un soignant sur deux aux HUG habite hors du canton de Genève. 39% habitent en France, dit le rapport d'activités 2018.

    Notre territoire cantonal est minuscule, deux fois plus petit que Lyon Métropole, six fois plus petit que Zurich. Rien d'étonnant donc à ce que ces travailleurs viennent de toute la région, du Grand Genève comme on disait naguère au temps des Babel, des Ducret, des Wellhauser, des Haegi, des Cramer où nos gouvernants avaient une once de politique régionale dans leur boîte à crayons. 

    Travailleurs pendulaires, on vous aime!  [Billet augmenté à 13h]


    A lire aussi: Chers pendulaires, navetteurs, commuters, Pendler... frontaliers


     

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  • La confiance est le meilleur antivirus

    conseil federal 16 mars 2020.jpg

    Comme toutes les crises, celle du coronavirus révèle nos peurs enfouies, ancestrales et même reptiliennes qu'on savait existantes mais qu'avaient gommées des couches de vernis civilisationnel.  Elle met à rude épreuve nos capacités de résilience. Et montre combien nous sommes inégaux face à l'adversité, le choc, le risque. C'est bien connu, la peur est contagieuse. 

    Comment endiguer simultanément un virus, dont les effets ne sont pas (encore?) cataclysmiques, et la peur sans précipiter le monde dans une récession majeure? C'est l'équation impossible que nos autorités doivent résoudre. Pour décrire la situation actuelle, je vous propose l'analogie d'une course de Formule 1. 

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  • Le retour en force de Bardonnex Alternative

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    Affiches électorales à la Croix-de-Rozon (devant la future école?)

     

    A Bardonnex, le parti rose vert avait disparu des écrans radar en 2015 faute de combattants, laissant la commune aux mains d'un PDC Entente, qui eut de la peine à trouver assez de gens pour occuper ses 12 sièges sur 17 au Conseil municipal, le PLR, déjà pas au mieux de sa forme, en décrochant cinq. 

    Retour sur terre en 2020. 

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  • Whatever it takes

    pétition école.jpg"Whatever it takes!" "Wir schaffen das!" Vous vous souvenez? "Quoi qu'il en coûte", fut l'injonction de Mario Draghi en 26 juillet 2012 pour sauver l'euro des spéculateurs qui, comme des rapaces, tournaient autour de la monnaie unique. "Nous y arriverons", avait lancé Angela Merkel le 31 août 2015 quand près d'un million de réfugiés arrivaient en Allemagne surtout et en Europe un peu.

    Le sauvetage de l'euro est toujours en cours et l'intégration des migrants n'est pas simple. Avaient-ils l'Italien président de la Banque centrale européenne et la chancelière allemande d'autres choix?

    Depuis le Brexit a ouvert une brèche aux rapaces, Lagarde, qui a succédé à Draghi, déçoit (en fait, elle n'a plus les moyens seules de mettre l'économie sous perfusion), Trump détruit le système international, Vladimir est assis sur le trône de Russie pour 16 ans encore, comme Xi, l'empereur de Chine. Et moi, et moi, et moi?

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