Vu du Salève: Genève... - Page 3

  • Biden et Poutine boudent la Genève internationale

    Capture d’écran 2021-06-15 à 18.57.18.pngMais pourquoi viennent-ils à Genève? Certes l'histoire a favorisé ce petit bout de terre béni des dieux, que Jules César lui-même a fait entrer dans la grande histoire. Certes, la genevoise reine Clotilde n'est pas pour rien dans le baptême de son mari Clovis, le roi des Francs. Certes l'internationale calviniste n'a pas eu son pareil pour essaimer dans les lieux de pouvoirs, aux Etats-Unis notamment, et quelques pédagogues s'en sont allés jusqu'à Moscou.

    Et puis Rousseau n'est-il pas enfant de Genève et des écologistes et Voltaire, mort à Ferney, n'est-il pas le héraut de la sainte trinité des Lumières: la tolérance, la liberté et l'égalité? Poutine a-t-il lu le philosophe? Qui, au passage, pourrait donner son nom à notre aéroport GVA en panne d'image: Genève Voltaire Aéroport, ça sonnerait autrement mieux que Cointrin.

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  • La démission de Marx a été refusée

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    La démission de Marx a été refusée. Marx, Reinhard, le cardinal de Munich, pas l’auteur du Capital et maître à penser des communistes. Empêtrée dans le scandale des abus sexuels, l’église d’Allemagne peine à trouver un nouveau souffle. Elle n’est pas la seule. Face à l'aveuglement de son église, Marx avait jeté l'éponge le 4 juin.

    C’est que ce scandale des abus et de l’emprise sur des êtres dépendants n’est pas l’égarement de quelques-uns, admet le pape François et les plus clairvoyants de ses ministres, mais bien l’égarement de l’église en tant qu’institution, un égarement systémique. C’est l’égarement d’une église, la plus grande de la chrétienté, celle de Rome, qui ne sait pas comment sortir de l’emprise que son propre clergé exerce sur elle, qui ne sait pas faire confiance et redonner leur place aux laïcs, dont bon nombre a fini par se détourner de l’institution. C’est l’égarement d’une église apeurée, qui s’accroche à ses doctrines empilées au fil des siècles et que trop de clercs, du haut en bas de la hiérarchie, tiennent pour éternelles comme des reliques, dans un déni spectaculaire du monde des vivants. 

    C’est dans ce temps de doutes et de renaissance - en cours sûrement mais dont l'issue reste mystérieuse -, que j’ai accepté ce dimanche de reprendre la présidence du Conseil de ma paroisse de Compesières

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  • Les Verts rient jaune et les jaunes ont gagné

    Je n’aurais pas parié sur un rejet aussi net des deux initiatives antiphytos données encore gagnantes au début mai. 60% de rejet, c’est une claque magistrale, n’en déplaise aux commentateurs dominants de la presse qu’on sent assomés par le vote populaire. La bonne nouvelle, c’est que le simple bon sens d’une règle vieille comme el monde - c’est la dose qui fait le poison - a prévalu face à une mesure d’interdiction dont les électeurs se sont vite rendus compte qu’elle serait contre-productive. 

    L’échec de la loi sur le CO2 est plus troublant compte tenu du large soutien dont elle bénéficiait. Mais ce n’est pas la première fois qu’une large coalition échoue (de peu) dans les urnes vaincue par le carte des non qui seraient bien incapables de se mettre d’accord sur un projet. 

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  • L’orchidée pyramidale de la pente à luger de Charrot

    57126408-A78F-4B80-8CC4-084FFA6822CB.jpegQuelle chance d’habiter au pied du Salève et de se balader sur le chemins des vignes, entre Landecy et Bardonnex. A toute heure, la lumière est magnifique, la façade des varappes majestueuse, le ciel parfois tragique quand des trains de cumulus lâchent leurs averses le long de la masse sombre du et que le soleil sombre à l’ouest et allume le feu. 

    Sur le coteau on voit le jet d’eau et le lac au loin. Au bas du coteau on suit le vallon de l’Arande qui marque la frontière. C’est la saison des orchidées des champs. Un marqueur de la diversité écologique. 

     

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  • Pas d’église à Praille Acacias Vernets

    1. 42C7D2A4-3B8F-47E9-87A2-3A4EC820D5BA.jpegA quoi sert une église? Cette question nous interpelle. Jusque dans la construction d’un nouveau quartier au coeur de Genève. On a pu lire à l’occasion de la présentation d’un nouveau quartier à Praille Acacias, ce commentaire dans La Tribune de Genève, où  Christian Bernet se désole de n’y voir «pas de salle communale, pas d’église, pas de mairie, pas de locaux pour la fanfare».

    De fait, les églises à Genève n’ont pas, à ma connaissance, réclamé un morceau de terrain pour y bâtir une maison des amis de Dieu.

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  • #frontaliers: La solution de Soral est à Bardonnex

    34F6366F-5D94-44CA-91B1-CF8A0ABDE0F4.jpeg50 millions pour soulager les Soraliens des 12’000 voitures qui traversent ce paisible village. Est-ce trop? Est-ce juste? On s’interroge alors qu’il n’y a pas si longtemps, le Grand conseil a enterré une nouvelle route dite L1 et L2 entre le carrefour du Bachet-de-Pesay et la douane de Pierre-Grand qui promettait de réduire la circulation des pendulaires dans pas moins de six villages au sud du Canton. Il est vrai que pour aucun de ces villages comme pour Soral ou Chancy le dispendieux CEVA (près de 2 milliards pour 40’000 voyageurs par jour soit 20’000 voitures à deux passagers) est bien inutile. 

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  • La photo que Blick en français a manquée

    1D50B4D7-1A29-48BF-86D7-706E04795B95.jpegLibéré, délivré… chante la reine des neiges. En ce 1er juin, jour commémoratif de l’adhésion de Genève à la Suisse en 1814, le Conseil fédéral a fait enlever les blocs de béton qui ont obstrué la frontière genevoise durant le confinement du printemps 2020. La cammionneuse et son grutier commis à l’opération devant chez moi ont débarqué ce soir à 20h. «C’est notre dernier bloc qu’on enlève, dit-elle soulagée. Mais les Genevois les reverront ces prochains jours en ville pour la visite au sommet Poutine Biden.»

    Ce jour est aussi la première édition en français du Blick, le journal de boulevard que jadis les employés de banque zurichois cachaient dans la NZZ pour découvrir dans le secret de leur bureau la pin-up de la page 3. Le Blick s’est assagi. Il est vrai que les pin-up sont largement disponibles sur le net dans des postures qui n’ont pas encore suscité de manifestations féministes. 

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  • C’est notre faute, c’est «Hd» kill dit

    D6BBE879-5205-4D49-9CC1-82E281174330.jpegLa pandémie sera en août un passé simple, estime notre ministre suisse de la santé. Sans doute l’hiver favorisera-t-il ici et là quelques foyers épidémiques. De quoi échauffer les gazettes. Mais il y a fort à parier que l’agenda politique sera revenu au monde d’avant, soit au réchauffement climatique. «H, pour haute définition de son petit nom Heidi, est déjà sur les charbons ardents. Le joueur pur (entendez pure player) de la médiasphère genevoise, bientôt inclus dans Le Temps, lance ce jour son «tableau de bord pour suivre les indicateurs du climat en data». 

    La chose, à suivre ici, se décline en quatre temps:  1) Le climat se dérègle, 2) C’est notre faute, 3) De nouvelles menaces, 4) Les actions à mettre en place. 

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  • L’info à la RTS: sans goût et sans histoire

    443C2E25-1859-4381-8E6C-A15F13FBFBDC.jpegA suivre notre chère RTS, que nous n’avons pas la liberté de quitter, contrairement aux autres journaux imprimés ou en ligne, le monde va mal. Ses journalistes - heureusement pas tous - nous le répètent en boucle. Certains y mettent le ton, qui souvent fait la chanson. Féminicide, discriminations de genre, sans abris menacés de se retrouver à la rue, catastrophes climatiques imminentes, pesticides, Covid, Gaza, dont Mise au point nous livre ce soir un reportage unilatéral. Et bien sûr cet abandon de l’accord cadre avec l’UE, une catastrophe forcément. Une décision incompréhensible  du Conseil fédéral que l’on somme de présenter un plan B. Au fait, avez-vous vu le cours du franc vaciller?

    Egrenée au quotidien, l’information prend des tonalités de fin du monde ou de fin d’un monde. La nostalgie d’un passé mythifié et d’un avenir redouté est-elle la mesure de nos reporters?

    C’est peut-être qu’ils oublient ou qu’ils ne savent pas ce qu’était ce fameux passé. Mais en le cachant, ne fabriquent-ils pas des news biaisées, excessivement alarmistes, attrape-nigauds?  

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  • Jules-le-Rouge était-il un empoisonneur?

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    John Genecand, paysan à Bardonnex, a été porté en terre lundi dernier à Compesières par ses amis. Il était un petit peu connu pour ses volailles qu’il présentait au marché concours annuel de Carouge. Il fut un paysan consciencieux. Dans l’hommage rendu, sa soeur et ses neveux ont noté le soin qu’il a mis à semer son blé, à planter ses légumes bien droit, à désherber ses cultures maraîchères à la ratissoire. Comme tous les paysans nés avant guerre, il a rempli le mandat que la population suisse avait confié à l’agriculture: nourrir le pays en produisant du bon lait, de la bonne farine, de belles pommes de terre, de beaux fruits sans taches ni pourriture, des carottes bien droites et des salades bien vertes. 

    Les champs de John étaient propres, sans folle avoine, sans vulpin, sans chardons, sans gratterons. Sans bleuets ni pavots non plus. Telle était la campagne de la seconde moitié du XXe siècle, la campagne de nos pères et grands-pères, celle mon père Jules, dit Jules-le-Rouge. Étaient-ils des empoisonneurs, ces paysans nourriciers?

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  • Grève pour l’avenir, grève des égoïstes?

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    Les médias ne sont pas objectifs, dit le reporter de Mieux!* qui affiche la couleur - dans un « break transparence » - avant de faire la tournée à vélo des grévistes genevoisExs du 21 mai. La grève pour l’avenir au succès mitigé fut ponctuée à la nuit tombée d’une une extinction des feux publics, médiatique et politiquement correcte dans le Grand Genève, que le ciel sans doute un peu rancunier a malheureusement noyé sous des trombes d’eau. Mais «Post ténèbres lux», comme on dit à Genève.

    J’ai donc lu le Manifeste de la grève pour l’avenir

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  • Comment réinventer Compesières

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    Compesières, c’est une image d’Epinal, un château du XVIe, une église de 1830, une école 1900, une ferme agrandie en 1930. Le site se meurt lentement. Sa mort va s’accélérer avec le projet saugrenue de la Mairie de construire la  nouvelle école à 300 mètres du site historique, faute d’avoir trouvé un architecte capable de bâtir une école du XXIe siècle au coeur de ce curieux hameau (à défaut de la construire, là où habitent deux tiers des habitants)…

    La ferme, elle, est désaffectée depuis plus de 30 ans. Le pouvoir politique municipal, qui siège dans le château, voit chaque année ses compétences rognées par le Canton. Et l’école, elle n’est plus en rénovation et peine à prendre le virage des technologies de l’information.

    Compesières, c’est encore l’église Saint Sylvestre. Elle se meurt aussi. 

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