Vu du Salève: Genève... - Page 2

  • La marmotte de Lausanne (#GIEC)

    D91915A2-3D26-4BCF-900D-DD6D281CCB8A.jpegIl y a 15 mille ans, Lausanne jouissait du climat que l’on trouve aujourd’hui à 2000 mètres d’altitude. Comment le sait-on? Parce qu’on a trouvé un squelette d’une marmotte non loin de la gare du chef-lieu vaudois. Heureusement que la terre s’est réchauffée depuis. Sans cause humaine apparente.

    Ma chère RTS, dont le métier est d’égrener les nouvelles du chapelet de l’actualité, nous sert donc cet anachronisme, sans commentaire ni explications, juste après avoir annoncé l’enfer ici-bas - nouveau rapport du GIEC oblige - que nous promet donc le réchauffement climatique, notre faute à nous. Pas un incendie, inondation, glissement de terrain qui n’ait pour cause désormais notre gourmandise que dis-je notre accaparement irresponsable des ressources combustibles enfouies sous nos pieds, sans raison ni objet, depuis des millions d’années. 

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  • Le rapport 2020 de l'Eglise catholique

    E8DA032A-76F1-4815-827C-AD79DC750220.jpegSoudain quelque chose m'a frappé à la lecture du rapport annuel de l'Eglise catholique de Genève. Mais où sont les catholiques, me suis-je dit? Combien sont-ils? Qui sont-ils? Quel est l'état de leur foi, de leur adhésion au fondamentaux de cette religion, la première du monde en terme d'efffectifs, issue de l'épopée du peuple juif il y a quelque 2000 ans? Des évangéliste américains - forcément - ont lancé le compte à rebours de la fête des 2000 ans de la résurrection du fondateur du christianisme. ça promet... de belles controverses.

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  • Dieu nous bénira du haut des cieux (bis)

    839520D9-BCC8-489A-AC75-0E37AAD772E9.jpegA Tokyo, le cantique suisse a résonné dans sa version instrumentale. Combien d’habitants, Suisses ou non, de ce pays - un trou au milieu de l’Europe - ont entonné ce soir l’hymne national? La première strophe évoque le Ciel, où chacun peut loger qui le Dieu fort, qui une énergie ou une pensée, une âme attendrie, cette élévation des accents émus de nos cœurs pieux, que la loi de la gravité se charge de contrecarrer. Les Suisses, qui chôment le jour de la fête national depuis une génération seulement, ne gardent-ils pas, eux au moins, les pieds sur terre?

    La troisième strophe entonnée comme de coutume le 31 juillet à Compesières - ma commune a pris l’habitude de fêter avant les autres à la demande de l’amicale des sapeurs pompiers - pressent le Dieu fort, celui de la tradition judéo-chrétienne, qui est aussi invoqué dans le préambule de la Constitution suisse. « Dans l’orage et la détresse, il est notre forteresse. » Le fut-il dans la détresse virale qui bouleverse notre quotidien?

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  • Panic et chardons à Bardonnex

    172D4E30-8E3B-4655-93BE-C528CC070984.jpegC’était la panique dans les campagnes il y a une semaine. Les pluies persistantes et parfois diluviennes promettaient des moissons d’enfer. Mon journal préféré s’inquiétait même d’un pain hallucinogène.

    Dans le même ordre d’idée, on m’a demandé tantôt si le prix de l’eau au robinet allait baisser vu que celle qui tombe du ciel est gratuite… Bonne question mais il faut déchanter.  Le prix de l’eau dépend plus de sa dépollution avant son retour à mère nature que de sa collecte. Aucun espoir donc d’une baisse des tarifs de la part du monopole public. 

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  • Kneubühl confiné «volontaire»

    3C59B7F8-DC0B-430B-BC38-BC193AE14411.jpegLe discours est rodé. Chaque disparition d’un journal lance les lamentations sur l’amoindrissement de la variété des opinions. Pourtant, l’abondance des médias est là. Avec les chaînes d’info et les réseaux sociaux, c’est même l’indigestion qui menace. 24h sur 24.

    Voyez ces deux PLR qui renoncent, Petra Gössi et Nicolas Jutzet. Ils prennent du recul. Sagement. Avant d’être broyés par le bal médiatique qui transforme la politique en un jeu de mouches dans un pot de vinaigre. 

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  • De quoi meurt-on?

    BD6E2527-2481-4AB1-8CA9-1F0C5A04CEE6.jpegEn cet été exceptionnellement mais pas extraordinairement pluvieux qui menace de pourrir les blés sur pied, alors que le coronavirus mutant se fait encore menaçant et nous rappelle que nous sommes de simples mortels, un philosophe parcourt la France en lutte pour la simplicité.

    Il a un nom de roi mage, Gaspard Koenig, et vient de publier sa première lettre de la simplicité

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  • «Les religions ne sont pas éternelles.» Mais la religion l’est

    8D2524D4-BDF4-44BC-B478-59979730EACA.jpeg«Les religions ne sont pas éternelles», dit l’historien genevois des religions Michel Grandjean dans la Tribune de vendredi en point d’orgue à une série d’été sur le thème le passé est leur métier. Certes, mais la religion l’est, éternelle. Les philosophies, les sciences, les arts ne sont pas non plus éternels. Ils changent, évoluent, tiennent pour fausses ou naïves les vérités d’hier et feraient bien d’être parfois un peu plus humbles quand ils affirment leurs vérités aujourd’hui. *

    Une bien stimulante interview, comme celles de cette série. Mais pourquoi donc Michel Grandjean, dont le portrait est tiré dans l’austère Uni-Bastions, à deux pas du Mur des Réformateurs, se sert-il si souvent d’exemples catholiques pour soutenir sa thèse? Pour dire que Rome est toujours en retard d’une Réforme. Et que dit-il des «Nones»*?

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  • Boire et manger en 2035

    DEBC865C-79FA-4AC4-8968-89FE7C77E05B.jpeg« Si l’étiquette comporte plus de six ingrédients, il y a plus de trois chances sur quatre qu’il s’agisse d’un aliment ultratransformé » Cette affirmation légende une photo prétexte illustrant un article, publié cette semaine par mon journal préféré, dont le sujet est une mise en cause de cette tendance de l’industrie alimentaire de recomposer les aliments en fonction du goût supposé des consommateurs et du profit. Le titre donne le ton: « Méfiez-vous du cracking alimentaire » L’alerte très en vogue cite le livre publié en 2017 par Anthony Fardet, un proclamé expert de la chose. 

    Personne n’est évidemment obligé d’acheter ces aliments industriels, mais il est de bon ton de s’en méfier. C’est comme le hamburger, symbole de la malbouffe, alors qu’il fait partie d’une chaîne alimentaire efficace (les vaches laitières finissent en hamburger) et accessible à tous. 

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  • 59 soldats allemands tués en Afghanistan

    A4AB8F57-0D11-4B0E-AC3B-20775A025B11.jpeg59 soldats allemands tués en Afghanistan. Et personne n’en parle? C’est que cette demi-hécatombe est le bilan de l’intervention de la Bundeswehr dans ce pays malheureux, lis-je dans le quotidien La Croix du jour. Une autre donnée m’interpelle. L’intervention de la deuxième force de la coalition de l’Otan après les Etats-Unis aurait coûté toujours selon le journal 12 milliards d’euros pour un contingent de 120’000 hommes.

    C’est plus que le double des 6 milliards de francs que la Suisse va verser pour acheter 35 F-35 Foudre II.

    Ces chiffres me laissent songeur. Et pour quel bilan? 

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  • L’évêque de Genève et le diable

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    Les catholiques de Genève Sud avaient rendez-vous ce dimanche sur le pré pour une messe bon enfant et importante. Un peu plus de 250 fidèles ont assisté à la cérémonie présidée par Pascal Desthieux, bras droit de l’évêque de Genève, Charles Morerod, établi à Annecy depuis son expulsion au XVIe siècle, puis à Fribourg depuis 1819. 250 fidèles, c’est plus qu’on en attendait mais moins que trois pour cent des baptisés de la région.

    Le point d’orgue fut l’inauguration officielle de la nouvelle unité pastorale qui réunit désormais sous l’administration de l’abbé Elie Maomou, débarqué de Guinée Conakry il y a deux ans, les paroisses de Carouge et des Acacias et celles de Veyrier, Troinex et Compesières.

    Au menu, le diable, cité dans le Livre de la sagesse, première lecture du jour. Mais le malin se fit discret et resta confiné dans le Livre, rédigé 30 ans avant notre ère si j’en crois les clés de lecture du magazine Prions.

     

     

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  • Trop de concurrence, trop de journaux

    E5EFD1D0-3E81-41B2-9BA3-D073FD6E823C.jpegLire est un travail, avait écrit Ignacio Ramonet, dans un éditorial du Monde Diplomatique*. Lire prend du temps et de l’énergie. C’est en effet un travail si, de surcroît, la lecture appelle des réflexions, suscite des questions, invite à les noter dans un carnet, à les partager sur les réseaux, au café, au téléphone, dans un blog, comme naguère dans une correspondance épistolaire. Ce temps qui fuit n’est alors plus disponible pour la lecture des journaux classiques. C’est là, associé au prix devenu prohibitif des abonnements en comparaison avec les nombreux jukebox musicaux  et cinématographiques, sans parler des jeux vidéos, une des principales raisons sans doute de la lente mais inexorable disparition de la presse quotidienne. A quelques notables et heureuses exceptions-près.

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  • Un journal suisse romand disparaît

    C6AD0528-F13D-483A-A372-DE4F34281C4A.jpegÉdito, le magazine suisse des médias comme il se sous-titre, qui est l’organe du syndicat des médias et de la communication, consacre son édition no 2 de cette année, diffusée en juin, au journalisme local, tandis que les Chambres votent 178 millions dans le cadre de la révision de la loi sur les médias* et que le Conseil des Etats met le journalisme d’investigation sous la menace d’un recours accru à l’interdiction anticipée de publication par voie judiciaire**, tout cela sur fond de polémique sur la neutralité perdue des journalistes.

    Thèse principal, le journalisme local est mort sauf exception. Au banc des accusés, les grands éditeurs qui ont rapatrié les rubriques non locales au centre, soit à Zürich et à Lausanne, et qui désormais dictent à leur rédaction locale de rédiger des papiers pouvant être lus sur une vaste portion du territoire national. Autant dire que les compte-rendus des conseils communaux ou municipaux et même des Grands Conseils des petits cantons, qui n’intéressent qu’un lectorat local, risquent de passer à la trappe. Rebref, c’est la démocratie qui est en danger.

    Ce choix de la focale - l’audience - détermine en effet en bonne partie le choix des news dans un canard. Seuls les nouvelles les plus sexys, capables de soulever la paupière de lecteurs devenus paresseux et adipeux trouveront place dans les pages des quotidiens par ailleurs toujours plus minces. 

    Ambiance plombée donc pour Édito, qui affiche en couverture le monde d’avant: des liasses de journaux fraîchement sortis de presse. Et voilà que j’apprends la mort de Domaine public. Le magazine des socio-démocrates suisses meurt au combat après 58 ans de bons et loyaux services. 

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