Gestion publique

  • A Bardonnex, cinq questions pour un débat électoral

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    Les Verts du cru, sans doute occupés par la critiquable Critical Mass du jour, ont boudé la cérémonie du 1er Août à Compesières, sauf le premier d'entre eux, devenu premier citoyen de la commune de Bardonnex. Élu président du Conseil municipal, Nicolas Vernain a lu le Pacte de 1291. Cette exposition n'a pas plu à tout le monde. L'ancien conseiller municipal PDC Nicolas Vernain, devenu Bardonnex Alternative, conteste en effet au PDC local la place d'adjoint que la mort subite et malheureuse de son titulaire élu au premier tour, Daniel Fischer, a laissée vacante. Les Bardonnésiens sont appelés aux urnes le 27 septembre.

    L'occasion d'un débat sur les affaires communales? Il ne faut hélas pas trop compter sur les partis pour donner la voix au peuple. Ils gèrent en petits comités. De retour du feu de joie dans la plaine de Charrot pour un dernier verre au hangar de Compesières, je hèle deux radicaux que j'aime bien: "Dites-moi, vous pourriez organiser un débat public comme parti non impliqué dans la prochaine élection?" 

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  • «Quel type de développement voulons-nous pour Genève?

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    C'est notre gouvernement, malmené à tort par des députés dispersés et opportunistes et qui n'assument pas le fait que le contrôle des comptes ne consiste pas à augmenter les dépenses là où ça fait vibrer la corde de leurs électeurs, mais, par exemple, à comparer avec d'autres semblables si nos rapport coûts bénéfices de nos politiques publiques pourraient être améliorés..., c'est notre gouvernement donc, me rappelle Heidi.news, qui invite depuis le 20 juillet les Genevois à répondre à la question: «Quel type de développement voulons-nous pour Genève?

    Il y a un an, le même gouvernement demandait Quelle Genève en 2050? Pour quel résultat?

    Notre démocratie populaire n'est plus comme jadis tempérée par des partis et des députés soucieux de garder l'Etat dans un rôle subsidiaire, laissant aux génies des humains, des familles, des entreprises, des associations, des syndicats, des fondations, des communes, des voisinages le soins de créer le bien commun. L'Etat est de retour au contraire, dit-on en ce temps peureux. Il faut s'en inquiéter.

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  • Fortune: on me demande mon avis

    impot fisc hydre proprietaires.jpgOn ne m'a pas demandé mon avis pour construire le CEVA sur un tracé conçu au XIXe siècle. On ne m'a pas demandé mon avis sur l'opportunité d'une gare souterraine à Cornavin pour sauver quelques immeubles et faire taire une association de quartier. On ne m'a pas demandé mon avis sur la rénovation du Musée d'Art et d'Histoire. On ne m'a pas demandé mon avis sur la construction d'une nouvelle école communale à Bardonnex. On ne m'a pas demandé si j'étais d'accord qu'un tram roule un jour (peut-être) jusqu'à Saint-Julien, Ferney ou Saint-Genis...

    Mais on me consulte sur la hausse d'impôt (100 millions) qui devrait frapper les propriétaires qui profitent d'une double niche fiscale: un abattement fiscal sur la fortune et une évaluation parfois très basse de leur bien par rapport à la valeur du marché. 

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  • Les hôpitaux suisses se tapent sur le ventre

    bertrand levrat rts.jpg"Wir schaffen das!" avait proclamé la désormais grande chancelière d'Allemagne, présidente de l'Europe pour les six prochains mois, quand, le 31 août 2015, au plus gros de la guerre syrienne, face à la marche des migrants vers le continent salvateur, elle avait ouvert les portes de son pays à un million de réfugiés. Alain Berset, "aussi vite que possible et aussi lent que nécessaire", n'avait pas exploité pareille formule, ni évoquer abusivement la guerre en mobilisant le pays contre le plus petit de ses ennemis mais le plus inquiétant quand ils se multiplient et promet comme il y a un siècle de faucher 50 millions d'humains. Le corona a tué 100 fois moins à ce jour.

    Le principe de précaution, doublé d'une bonne dose de mimétisme, a donc fonctionné à plein. On a fait taire les parlementaires, les cantons, les critiques. Les médias se sont mis aux ordres, certains que leurs bonnes dispositions leur vaudraient à la sortie de la pandémie quelques miettes de la galette fédérales des rois. 

    Ce 1er juillet, les cinq hôpitaux universitaires suisses, qu'on a applaudi quelques semaines, tirent le bilan de l'exercice. Leurs directeurs s'attribuent un 6 sur 6, lit-on dans une dépêche ATS reprise à l'unisson. Wir haben es gemacht! Merci de payer la facture: 356 millions. Vraiment?`

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  • Moins de 11% de Genevois infectés

    covid 11 % hug unige.jpgLa vie est étrange. A peine plus d'un Genevois sur dix a été infecté par le coronavirus, écrivent les HUG et l'université dans un article publié ce 12 juin dans "dans la prestigieuse revue The Lancet". C'est 7% dans le canton de Vaud. Et guère plus ailleurs. Dans leur échantillon représentatif de 2766 Genevois, ils n'ont trouvé qu'un enfant sur 123 à avoir été infecté. La question me taraude depuis le début de cette pandémie: n'a-t-on donc pas surréagi en mettant l'emploi en berne?

    Mais pouvait-on échapper à ce qui s'apparente à un accident et à ses conséquences? Une collision frontale peut tuer et ruiner deux familles. La pandémie est une forme de fatalité, un choc, la chute d'un astéroïde. Nos gouvernants ont gérée l'accident comme ils ont pu, copiant plus ou moins ce qui se faisait chez les voisins, rajoutant ici une couche de précaution, comme l'arrêt des chantiers à Genève, ou prenant le risque, comme en Suède, de ne pas fermer les écoles.

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  • La queue des pauvres de Genève

    Si t'es pas sur les réseaux et si tu n'y fais pas le buzz, t'existe pas. Grâce au ramdam de la caravane de la solidarité, combattu puis largement soutenu par la Ville de Genève, on a donc appris - comme si on ne le savait pas - qu'il y a ici cinq, dix, douze, quinze mille démunis à Genève, capables de faire la queue des heures durant pour toucher un sac de nourriture, afficher leur existence, révéler leur état de santé. Bref, des images d'ailleurs, que nous livrent parfois les actualités télévisuelles à l'heure du déjeuner ou du dîner. 

    Comment est-ce possible dans une ville si riche? Comment se fait-il qu'on y trouve encore des pauvres? La question mobilise moins les jeunes d'ici que la réchauffement climatique. Est-ce que régler le réchauffement climatique - via l'instauration d'un régime de sobriété heureuse - promet de régler aussi la pauvreté?

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  • Des hôpitaux pleins de malades imaginaires?

    HUG urgences nuit.JPGEvidemment ce titre va m'attirer les foudres de toutes parts. Le temps présent - traversés de peurs et de rumeurs - fourmillent d'imprécateurs et de croyants prêts à les suivre et à faire le ramdam (traduction de buzz) sur les réseaux sociaux.

    Or donc, depuis deux mois, nos cliniques et nos hôpitaux sont vides ou presque - les HUG ont réalisé leur 1000e greffe du foie le 6 mai -, nos urgences clairsemées, les cabinets médicaux délaissés, hormis par les victimes du covid 19 évidemment. Et encore, bon nombre d'entre elles ont traversé l'épreuve, parfois longue, douloureuse et violente, à domicile. 

    Mais où sont donc passés les malades? Fréquentant quotidiennement les HUG comme visiteur au chevet d'une patiente non virale, j'y croise à nouveau un peu plus de gens.

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  • Imprévoyance. En Suisse aussi?

    les rentiers au soleil plage.jpgLes Suisses sont champions du monde de la prévoyance. Il suffit de voir les rentiers (dont je suis depuis un an). Aucun n'a vu ses rentes baisser (sauf les plus fortunés qui ont vu leurs placements fondre). J'entends déjà la gauche s'égosier: il y a de pauvres aînés (ce qui est vrai), qui ne vivent qu'avec leur AVS, ce qui n'est pas tout à fait vrai car ceux qui n'ont que l'AVS peuvent recevoir des rentes et des prestations complémentaires, à moins d'avoir un petit pécule, quelques actions ou quelques bijoux de famille, vreneli et autres (des biens mobiliers qui ne sont pas toujours déclarés) ou une maison (impossible à cacher au fisc). Une large part de l'industrie bancaire et financière, du tourisme, de la restauration, des voyagistes (et la santé) vit des plus de 65 ans et a hâte qu'ils soient déconfinés. 

    La prévoyance, c'est notre fleuron national. Les Suisses sont en outre bien assurés voire surassurés pour d'autres aléas de la vie. Il y a un domaine où ils sont sans doute les seuls au monde, à l'exception peut-être des Nord-Coréens, à pouvoir survivre à un dérèglement voulu ou non d'une énergie dont l'homme (moins la femme) est devenu le deus ex machina: l'atome. Son antidote est notre chère Protection civile

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  • Covid, malheur aux vaincus (infectés)

    IMG_0527.PNGFaut-il accepter la règle coréenne? C'est, si je comprends bien, celle du contrôle social intégral qui va se mettre en place en Suisse. Par le moyen de l'app, qui traque les contaminés, et l'obligation qui nous sera faite de dénoncer toutes les personnes que nous aurons fréquentées un quart d'heure au moins, à moins de deux mètres, dans les jours passés, afin d'ordonner, sous peine d'amende, au-dites personnes potentiellement porteuses du virus de se faire dépister et de rester confinées dix jours au moins. En toute sécurité pour nos données, croix de bois croix de fer... Police et santé font-elles bon ménage, se demande le député socialiste Sylvain Thévoz? La réponse de Stéphane Guex-Pierre ne manque pas de finesse...

    J'écris "si je comprends bien" - car j'avoue que j'ai un peu décroché depuis quelque temps. Je ne lis que d'un œil, je n'écoute que d'une oreille, et encore, les infos anxiogènes débitées interminablement avec ce ton juste assez alarmiste, ce débit abrutissant du reporter ou du chroniqueur, genre "Tu sais, on ne sait pas grand chose, mais dans le doute, fait gaffe... c'est ta vie qui est en jeu. Et t'en a qu'une, pas comme dans les jeux vidéo... Et puis, sois solidaire, si c'est pas pour toi, fais-le pour ta grand-mère."

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  • Plan-les-Ouates siège confinée. Et son maire que fait-il?

    distillerie saconnex.jpgJ'ai raté l'article de la Tribune sur le premier conseil municipal virtuel de l'histoire de Plan-les-Ouates et de Genève.
     
    On parle beaucoup du parlement fédéral ces jours, mais qu'en est-il des 45 parlements communaux genevois? Mai est le mois d'approbation des comptes 2019. Et le Covid n'arrête pas les mille douze petits et grands projets en cours ou à venir. Plan-les-Ouates, me dit un citoyen de cette commune qui a suivi l'assemblée confinée par internet comme une cinquantaine d'habitants, a ainsi voté un crédit de 2,8 millions de francs pour reconstruire la Distillerie de Saconnex-d'Arve.
     
    Qu'une commune - une des plus riches du canton grâce à Plan-les-Watches - mette autant d'argent dans un hangar en éternit amiantée et sans aucun cachet ni valeur patrimoniale pour produire de la gnôle alors que les besoins sociaux vont exploser est tout de même fort de café, non?! Les municipaux ont-ils pris la mesure de la crise économique qui s'annonce?
     

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  • #covid-19. Qui nous met donc à l'épreuve? Dieu?

    la croix ramadan.jpg"Que son Père le descende de la croix, s'il est bien le fils de Dieu?" Les spectateurs de la crucifixion ne disent rien d'autres que ce que nous disons tous. Qui peut être ce Dieu qui se prétend tout puissant et qui laisse mourir son fils sans rien faire! Ce scandale ébranle bien des chrétiens et en a dérouté plus d'un hors de la foi, dans une indifférence prudente ou un athéisme militant.

    Là où il n'y a pas de Dieu, la question de la mort et de la souffrance n'est pas moins cruciale. Et trouve des réponses variées, entre la soumission totale aux forces universelles et l'existentialisme au jour le jour, en passant par toutes sortes de philosophies ou de conceptions. 

    La pandémie virale fait réfléchir. "Cette crise est un laboratoire vivant", dit Bernard Crettaz que l'Echo Magazine présente comme thanatologue, c'est à dire causeur sur les confins ultimes. Ultimes? 

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  • Un monde meilleur? Que faire à Genève?

    demain sera meilleur.jpgDans mon village, deux familles ont affiché leur confiance sur leur maison. "Demain sera meilleur*, "Tout ira bien". Les banderoles sont ornées de mains d'enfants.  L'espoir est grand dans une partie de la population. A gauche surtout. Un monde nouveau serait à portée de main.

    J'écoute ce matin l'économiste François Bourguignon, auteur de la Mondialisation de l'inégalité, sur Les Matin de France Culture. Le discours de l'ancien chef économiste à la Banque mondiale n'est pas du tout optimiste. Les Etats sont en train de gravement s'endetter ce qui ne manquera pas d'augmenter la contrainte sur les dépenses publiques - ailleurs que dans la santé - et de pousser à la hausse des impôts. La dette n'est pas une panacée. Même si la France réintroduit l'impôt sur les grandes fortunes, son produit sera loin de suffire. 

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