Gestion publique

  • Les Verts rient jaune et les jaunes ont gagné

    Je n’aurais pas parié sur un rejet aussi net des deux initiatives antiphytos données encore gagnantes au début mai. 60% de rejet, c’est une claque magistrale, n’en déplaise aux commentateurs dominants de la presse qu’on sent assomés par le vote populaire. La bonne nouvelle, c’est que le simple bon sens d’une règle vieille comme el monde - c’est la dose qui fait le poison - a prévalu face à une mesure d’interdiction dont les électeurs se sont vite rendus compte qu’elle serait contre-productive. 

    L’échec de la loi sur le CO2 est plus troublant compte tenu du large soutien dont elle bénéficiait. Mais ce n’est pas la première fois qu’une large coalition échoue (de peu) dans les urnes vaincue par le carte des non qui seraient bien incapables de se mettre d’accord sur un projet. 

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  • L’orchidée pyramidale de la pente à luger de Charrot

    57126408-A78F-4B80-8CC4-084FFA6822CB.jpegQuelle chance d’habiter au pied du Salève et de se balader sur le chemins des vignes, entre Landecy et Bardonnex. A toute heure, la lumière est magnifique, la façade des varappes majestueuse, le ciel parfois tragique quand des trains de cumulus lâchent leurs averses le long de la masse sombre du et que le soleil sombre à l’ouest et allume le feu. 

    Sur le coteau on voit le jet d’eau et le lac au loin. Au bas du coteau on suit le vallon de l’Arande qui marque la frontière. C’est la saison des orchidées des champs. Un marqueur de la diversité écologique. 

     

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  • Pas d’église à Praille Acacias Vernets

    1. 42C7D2A4-3B8F-47E9-87A2-3A4EC820D5BA.jpegA quoi sert une église? Cette question nous interpelle. Jusque dans la construction d’un nouveau quartier au coeur de Genève. On a pu lire à l’occasion de la présentation d’un nouveau quartier à Praille Acacias, ce commentaire dans La Tribune de Genève, où  Christian Bernet se désole de n’y voir «pas de salle communale, pas d’église, pas de mairie, pas de locaux pour la fanfare».

    De fait, les églises à Genève n’ont pas, à ma connaissance, réclamé un morceau de terrain pour y bâtir une maison des amis de Dieu.

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  • #frontaliers: La solution de Soral est à Bardonnex

    34F6366F-5D94-44CA-91B1-CF8A0ABDE0F4.jpeg50 millions pour soulager les Soraliens des 12’000 voitures qui traversent ce paisible village. Est-ce trop? Est-ce juste? On s’interroge alors qu’il n’y a pas si longtemps, le Grand conseil a enterré une nouvelle route dite L1 et L2 entre le carrefour du Bachet-de-Pesay et la douane de Pierre-Grand qui promettait de réduire la circulation des pendulaires dans pas moins de six villages au sud du Canton. Il est vrai que pour aucun de ces villages comme pour Soral ou Chancy le dispendieux CEVA (près de 2 milliards pour 40’000 voyageurs par jour soit 20’000 voitures à deux passagers) est bien inutile. 

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  • L’autoroute honnie et les protestants

    417A1261-B69F-4424-B1F6-94A7B3CC429A.jpeg«Quand Genève finance l’autoroute qu’elle combat». Ce titre barre la page événement de La Tribune de Genève du 19 avril. Le journal local consacre un éditorial bien dans l’air du temps à ce «projet d’un autre siècle». Les Verts qui fournissent la matière à la rédaction applaudissent évidemment des deux mains. Peu importe qu’au passage, on mêle sans vergogne la ville de Genève, dont la majorité rose verte s’émeut du ruban bitumineux au point de le combattre par voie judiciaire, et le canton, qui collecte la manne fiscale des travailleurs habitant au-delà d’une frontière anachronique, dont une petite partie est reversée aux autorités voisines, Genève, ville et canton, restant largement bénéficiaire de l’accord de 1973.

    Ainsi donc, Genève, le canton, devrait dicter aux Savoyards comment dépenser le produit de la rétrocession fiscale transfrontalière, fruit du travail de ses ressortissants *. Belle hégémonie d’un petit chef lieu, la ville et son organe, dont la richesse, l’oubie-t-elle, qui lui permet de financer de généreuses politiques culturelles et sociales, provient d’un ensemble de facteurs historiques, économiques, culturelles et géographiques, dont nos élus urbains sont de bien dédaigneux hléritiers.

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  • Petits problèmes locaux

    B3743E49-AA78-40E5-BBF0-581CF8F82997.jpegJ’avais l’envie de parler de Thierry Apothéloz dont La défense de la gestion genevoise de l’assurance invalidité était pitoyable hier soir au 19:30; le journal télé de la RTS reprenait une étude critique d’Avenir suisse intitulée Réinsérer plutôt qu’exclure. J’avais envie de me désoler de l’Instruction publique genevoise dont la dernière miniréformette est ajournée d’un an, faute, souligne la Tribune de Genève,  d’obtenir du corps enseignant l’adhésion suffisante à sa mise en oeuvre... J’avais envie encore de réfléchir à cette montée de la délinquance violente chez les jeunes qui encombre la justice et que le procureur général a choisi de mettre en avant dans son rapport d’activités annuel. 

    Puis, en butinant sur le web, je suis tombé sur ce reportage diffusé par Arte il y a quelques jours et qui montre de terribles images de famine dans le sud de Madagascar, où l’on meurt faute de pluie mais surtout parce que des pillards et des bandits écument la campagne. Une catastrophe humanitaire assourdie par la cacophonie de nos petits problèmes locaux. 

    Et je me suis arrêté là.

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  • «Comportement bah ouais» et poubelles genevoises

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    «Comportement bah ouais /J’ai dit comportement bah ouais /J’suis dans mon comportement bah ouais.» Je ne connaissant cette chanson qui a lancé en 2017 la nouvelle vedette française, Aya Nakamura, jusqu’à la lecture d’un papier ce matin dans Libération dans lequel Guillaume Lachenal rappelle que les injonctions répétées en boucle sur les gestes barrières, la distance social et le port du masque sont des vœux pieux, certes nécessaires, mais insuffisantes dans certaines circonstances pour endiguer et vaincre le virus.

    La preuve à Genève, où la magistrate chargée de la plus noble des tâches, celle de la salubrité publique, annonce dans la Tribune qu’elle va installer plus de poubelles, doubler les tournées de voirie aux endroits stratégiques pour que la ville soit propre durant cette longue fin de semaine, vestige d’une tradition, où jadis les chrétiens, alors très majoritaires, s’interrogeaient sur la mort du Christ et se réjouissait de sa résurrection. Joyeuses Pâques! 

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  • Fischer plutôt que Maudet

    0273E550-325D-4940-92B0-BDA96BFD4AE7.jpegNon pas que Pierre Maudet fut un mauvais conseiller d’Etat. Loin s’en faut, il fut même parmi les meilleurs de sa génération et le sera peut-être encore un jour. Mais son mode de management au sein de l’administration autant que ses mensonges et sa condamnation récente ne sauraient - j’ose l’espérer - lui valoir un retour au gouvernement paré des lauriers du suffrage universel. L’hubris qui l’a fait chuter ne pourrait qu’augmenter. 

    Exit Aellen, il ne reste plus qu'à voter Fabienne Fischer le 28 mars prochain. Le choix pour Le Centre et pour le PLR est évident. Le prix a payé pour ces deux partis en déroute est un basculement de la majorité gouvernementale à gauche. Mais n’est-ce pas au fond le calcul secret et risqué de quelques caciques de la droite libérale genevoise?

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  • Thoiry enterre la ligne ferroviaire Nyon Bellegarde

    B39C4DF8-1D3B-48AC-B635-CD74DD926107.pngIl y a belle lurette qu’on ne circule plus en train de Divonne à Bellegarde. La ligne qui serpente dans le Pays de Gex fait pourtant toujours partie des rêves des urbains qui veulent bannir les voitures de leur espace de vie sans égard pour les travailleurs et les chalands qui peuplent leur région.

    Le train, un moyen de transports collectifs du XIXe siècle, reste un must quel que soit son coût et son inaptitude à desservir les localités petites et moyennes. Ainsi Alprail milite toujours pour la réhabilitation de la ligne du Pays de Gex et son raccordement au réseau suisse, via Nyon (raccordement existant de 1905 à 1962) et l’aéroport. 

     

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  • Geneve, version Calvin mais sans la Providence

    097FE2F9-0854-4EA2-85D3-B6849E95E20C.jpegGenève adore les études prospectives. Toutes ces études ont fini dans un tiroir. Sans grands effets. Il en ira sans doute de  même de la dernière perle artificielle pondue par des futurologues lausannois mis au boulot par le ministre vert du minuscule territoire genevois, Antonio Hodgers, qui n’a pas voulu être jusqu’en 2023 ou 2028 le président durable de notre bonne République.

    En 2050 donc, GVA (Geneva Voltaire Airport) sera transformé en champ de patates et en parc éolien, lis-je dans mon journal préféré, qui chronique « Neutralité carbone ». Comme les médias français qui cette semaine ont exposé le scénario le plus extrême, qui prédit une hausse de la température de 4 degrés en 2100 dans l’Hexagone, la Tribune expose le scénario le plus apocalyptique, le seul foi d’experts à atteindre l’objectif fixé.

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  • Maudet Fischer, pauvre débat

    fischer maudet.jpgPauvres politiques. Plus encore en ces temps de pandémie où la mort rôde, qu'en temps ordinaire - mais le temps n'est pas ordinaire, puisque le réchauffement climatique nous promet une mort infernale - on réclame des surhommes (pardon des surhumains) : dictateurs éclairés mais néanmoins démocrates et à l'écoute, pères de la nations, solides et généreux, mères de la patrie, pragmatiques et consolatrices? Sommes-nous donc tous des enfants, des oisillons, des victimes? 

    Je lis dans le Temps du 31 janvier le compte rendu du face-à-face Fischer-Maudet. Pour l'avoir pratiqué, je sais combien l'exercice est périlleux et frustrant. D'autant qu'il ne s'agit pas d'élire un dictateur le 7 mars, mais un membre d'un gouvernement, qui est lui-même soumis au contrôle d'un parlement de milice, à l'arsenal touffu des lois en vigueur et à des administrations en place mais pas toujours aux ordres (et non soumises à réélection) pour faire avancer la galère genevoise dans une bonne direction.

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  • Pas pingre, la Suisse... suspicieuse

    2AB051AD-D062-4010-80B0-608DD063293D.jpeg« Le problème est plus profond. Les partis qui représentent les entrepreneurs n’ont jamais voulu que la Suisse dispose d’une statistique et d’une visibilité sur l’état de santé et sur le fonctionnement du tissu économique. En France, les entreprises ont l’obligation de transmettre à une centrale leurs comptes d’exploitation et leur bilan. Ils ne sont pas accessibles au grand public, mais à disposition des autorités. Il suffit d’avoir le numéro d’une entreprise pour connaître son état sur les dix dernières années. »

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