France

  • Faut-il démanteler l’Eglise catholique? Non, l’institution s’effondre


    Plus de 300’000 personnes abusées par des clercs et des laïcs salariés de l’Eglise de France et aucun catholique ne semble ému ou préoccupé de ce côté-ci de la frontière *. Est-ce de l’indifférence à l’heure où l’Eglise catholique suisse lance la même enquête? Est-ce le résultat de ce culte du secret, dans lequel l’Eglise s’est enfermée, et du linge salle qu’on lave en famille - ou plutôt qu’on laisse traîner, qu’on recouvre d’une pudique aube blanche ou encore qu’on tient enfoui, étranglé par ce col romain, signe de la discipline qu’on voue à ce boys club, que serait l’Eglise catholique, selon le terme du sociologue français Josselin Tricou, réfugié à l’EPFL, qui était mardi sur le plateau d’Infrarouge et qui déclare au journal Le Temps: «L’église est un boys club, mais aussi une gérontocratie »

    «Abus, faut-il démanteler l’église? » a demandé un brin provocateur Alexis Favre, producteur d’Infrarouge cette semaine.

    Inutile, elle s’effondre d’elle-même.

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  • Tout un monde meurtri par les abus

    58205700-D113-4E65-AC82-A6B8F2EFDDEC.jpeg« Laissez venir à moi les petits enfants! » Cette parole du Christ rapporté par son compagnon Marc figurait dans la lecture de dimanche dernier. A Veyrier, seule la version courte de l’Evangile a été lue. Cette phrase a donc été escamotée. Souci de concision sans doute. Elle résonne évidemment étrangement ces jours, alors que l’Eglise catholique de France confesse publiquement ses dérives, celles d’avoir activement caché, absous, nié, minimisé les actes intolérables perpétrés par quelque 3% de ses prêtres, selon la CIASE, à l’encontre de leurs frères et soeurs humains. 

    L’amour des enfants - dont l’innocence et l’ingénuité sont un passeport pour la vie éternelle - n’a en soi rien à voir avec les  agressions, la mort virtuelle qu’ont subies près de 330’000 personnes en France (pas toutes des enfants), victimes solitaires de prêtres, de fonctionnaire, de bénévoles au service de l’Eglise, impunis pour la plupart. 

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  • «Nous n’étions pas des victimes, nous étions des résistants»

    24B5931C-2F54-45B4-9738-250C8F65B6BD.jpeg« On disait toujours : « Je ne suis pas une victime, je suis un résistant. Je ne suis pas un martyr, je suis un combattant. » Ça aide énormément et dans toutes les situations. En ce moment, j’ai des problèmes de santé. Si je me jette par terre en pleurant, je meurs dans les quinze jours ! J’ai encore des choses à dire et à faire, j’ai envie de les terminer. »

    « Si je me jette par terre en pleurant, je meurs dans les quinze jours! » La femme qui dit ça a 97 ans, elle est aveugle et ne peut plus écrire. Sa détermination me frappe en ce temps présent, où les victimes sont au premier plan, objet de toues les attentions et de tous les discours. 

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  • 100, sang, sans

    AE99232F-4210-492F-8BAC-0E5DC188E8BF.jpeg100, c’est le centième numéro de l’hebdomadaire du quotidien La Croix. Je le lis toujours avec grand intérêt. Il se dénote semaine après semaine des news magazines et offre à ses lecteurs des articles et des rencontres qu’on ne trouve nulle part ailleurs ou si peu (La Vie, Aleteia, L’Homme Nouveau et d’autres blogs et revues spécialisées)

    Sang, c’est le sang des martyrs, des victimes, des malheureux que le sort (quoi d’autre: leur karma, Dieu, la Nature?) a fait naître au coeur des tragédies de ce monde. Ils sont nombreux, très nombreux, trop nombreux. Que faire? Question éternelle. 

    Sans, ce n’est pas (pas encore?) le mot d’ordre des manifestants du climat. Sans CO2 certes, mais pas sans chauffage. Que dirait-on d’un propriétaire qui afficherait ces jours à l’entrée de son immeuble: « En raison du réchauffement climatique, le chauffage sera enclenché le 15 novembre et coupé le 31 mars. Ou, à choix, maintenu à 18 degrés durant la saison froide? » Que voteraient les locataires?

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  • France 2 et les nomadjunkies de Madère

    2FA5B1EA-C6CD-49CD-A88C-853DEEA48C64.jpegCinq à six millions de Français regardent la grand messe du 20 Heures sur France 2. Un plus le dimanche. Un peu moins que TF1. À elles deux, les deux chaînes de télévision captent l’attention d’un Français sur cinq. Plutôt bien au temps des réseaux sociaux et de la fatigue de l’info, un effet collatéral de la pandémie. 

    Sur la chaîne publique, le séduisant Laurent Delahousse sait emballer son audience, donner du crédit à sa petite sélection d’infos, avec ce clin d’œil, cette touche d’émotion, ce brin d’exotisme qui font son charme.  Mais la séquence sur Madère ce soir au 20 Heures de France 2 m’a fait sortir de mes gonds. 

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  • L’autoroute honnie et les protestants

    417A1261-B69F-4424-B1F6-94A7B3CC429A.jpeg«Quand Genève finance l’autoroute qu’elle combat». Ce titre barre la page événement de La Tribune de Genève du 19 avril. Le journal local consacre un éditorial bien dans l’air du temps à ce «projet d’un autre siècle». Les Verts qui fournissent la matière à la rédaction applaudissent évidemment des deux mains. Peu importe qu’au passage, on mêle sans vergogne la ville de Genève, dont la majorité rose verte s’émeut du ruban bitumineux au point de le combattre par voie judiciaire, et le canton, qui collecte la manne fiscale des travailleurs habitant au-delà d’une frontière anachronique, dont une petite partie est reversée aux autorités voisines, Genève, ville et canton, restant largement bénéficiaire de l’accord de 1973.

    Ainsi donc, Genève, le canton, devrait dicter aux Savoyards comment dépenser le produit de la rétrocession fiscale transfrontalière, fruit du travail de ses ressortissants *. Belle hégémonie d’un petit chef lieu, la ville et son organe, dont la richesse, l’oubie-t-elle, qui lui permet de financer de généreuses politiques culturelles et sociales, provient d’un ensemble de facteurs historiques, économiques, culturelles et géographiques, dont nos élus urbains sont de bien dédaigneux hléritiers.

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  • Plantu à Médialogue

    4E87C79E-2FA7-45E5-AE1E-294B3441F024.jpeg«Je suis un dessinateur qui se prend pour un journaliste dans un monde médiatisé qui devient de plus en plus une caricature.»

    LE Plantu du journal LEMonde est sur Médialogue. Un petit bonheur mais aussi quelques questions, notamment celle-ci: le fou du roi peut-il devenir roi?

     

     

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  • Giscard, un autre monde

    le monde en 1980.jpgLa France qui a toujours chéri les grands hommes (très peu de femmes dans le panthéon de cette nation qui entonne à tout bout de champ sa devise Liberté, égalité, fraternité) va donc tresser quelques couronnes à Giscard d'Estaing qu'un étrange destin et un lâchage - celui de Chirac, son premier ministre avant Barre - a privé d'un deuxième septennat. Mitterrand, figure alors tutélaire d'un parti socialiste au sommet de sa forme, lui a ravi l'Elysée en 1981, en faisant alliance avec les communistes, lesquels avaient abandonné la dictature du prolétariat en 1976.

    Un autre siècle.

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  • Liberté d'expression, la France boycottée

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    Liberté où est ta victoire? La France fille aînée de l'Eglise est désormais, depuis peu, le chevalier de la laïcité de combat qui fait de la caricature des religions la pierre angulaire de la liberté d'expression. Et bien évidemment des pays, où l'islam est religion d'Etat, s'offusquent, appellent au boycott de la France. Des croyants (ou qui croient l'être) se vengent, menacent cette Marianne impudique, prétentieuse, applaudissent ces parents bosniaques qui ont tondu leur fille parce qu'elle fréquentait un chrétien. La République vient d'excommunier cinq membres de cette famille, comme Rome excommuniait dans ses pires heures, comme tous les fondamentalistes croyants ou athées bannissent, tuent, condamnent au silence, au Goulag, aux camps de redressement.

    Je ne reconnais pas la France des Lumières dans ce combat de coqs où la cervelle du gallinacée semble avoir pris place dans la tête de trop d'humains de ce pays voisin que j'aime. 

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  • La France, ses saints et ses martyrs

    hommage à samuel paty.jpgEvidemment, l'assassinat d'un enseignant est un acte innommable. Le meurtre de tout homme l'est. Tuer un humain est un blasphème, nous explique le prof Michel Grandjean dans une tribune publiée par la Tribune de Genève, car l'humain est à l'image de Dieu et "blasphémer, c’est porter atteinte à l’honneur de Dieu". Le blasphémateur est donc l'assassin et non le caricaturiste ou l'enseignant ou le journaliste qui montre la caricature. Tout meurtrier est blasphémateur.

    La démonstration est subtile. Trop sans doute pour renverser le point de vue ordinaire de bon nombre des croyants (et pas seulement en Dieu): est blasphémateur celui qui s'en prend au sacré, c'est à dire à ce que des hommes ont cru, compris, déclaré comme sacré d'une révélation. Le fait est que Jésus, dont les chrétiens se réclament, n'a laissé aucune trace écrite. Dieu, YHWH ou Allah non plus. Bouddha si mais c'était un homme. 

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  • Serre moi fort, mon chou!

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    A Montréal, les serres maraîchères poussent sur les toits (Lire aussi: Mohamed va-t-il sauver la zone agricole genevoise?). La dernière en date couvre 1,5 ha et produira des tonnes de tomates et d'aubergines. A Genève, la production des serres, un des fleurons du savoir faire de nos maraîchers, ne compte pas au titre des surfaces d'assolement (SDA) et sont exclus du label bio, car les plantes y prospèrent hors sol. Nos Verts du cru et leurs affidés ont-ils la tête à l'envers?

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  • Frontaliers, on vous aime!

    HUG urgences nuit.JPGMais que serait le système sanitaire genevois sans ce qu'on appelle hélas des frontaliers mais qui ne sont en fait que des travailleurs pendulaires, des navetteurs, des commuters? Un peu plus d'un soignant sur deux aux HUG habite hors du canton de Genève. 39% habitent en France, dit le rapport d'activités 2018.

    Notre territoire cantonal est minuscule, deux fois plus petit que Lyon Métropole, six fois plus petit que Zurich. Rien d'étonnant donc à ce que ces travailleurs viennent de toute la région, du Grand Genève comme on disait naguère au temps des Babel, des Ducret, des Wellhauser, des Haegi, des Cramer où nos gouvernants avaient une once de politique régionale dans leur boîte à crayons. 

    Travailleurs pendulaires, on vous aime!  [Billet augmenté à 13h]


    A lire aussi: Chers pendulaires, navetteurs, commuters, Pendler... frontaliers


     

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