Affaires fédérales

  • Des hôpitaux pleins de malades imaginaires?

    HUG urgences nuit.JPGEvidemment ce titre va m'attirer les foudres de toutes parts. Le temps présent - traversés de peurs et de rumeurs - fourmillent d'imprécateurs et de croyants prêts à les suivre et à faire le ramdam (traduction de buzz) sur les réseaux sociaux.

    Or donc, depuis deux mois, nos cliniques et nos hôpitaux sont vides ou presque - les HUG ont réalisé leur 1000e greffe du foie le 6 mai -, nos urgences clairsemées, les cabinets médicaux délaissés, hormis par les victimes du covid 19 évidemment. Et encore, bon nombre d'entre elles ont traversé l'épreuve, parfois longue, douloureuse et violente, à domicile. 

    Mais où sont donc passés les malades? Fréquentant quotidiennement les HUG comme visiteur au chevet d'une patiente non virale, j'y croise à nouveau un peu plus de gens.

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  • Imprévoyance. En Suisse aussi?

    les rentiers au soleil plage.jpgLes Suisses sont champions du monde de la prévoyance. Il suffit de voir les rentiers (dont je suis depuis un an). Aucun n'a vu ses rentes baisser (sauf les plus fortunés qui ont vu leurs placements fondre). J'entends déjà la gauche s'égosier: il y a de pauvres aînés (ce qui est vrai), qui ne vivent qu'avec leur AVS, ce qui n'est pas tout à fait vrai car ceux qui n'ont que l'AVS peuvent recevoir des rentes et des prestations complémentaires, à moins d'avoir un petit pécule, quelques actions ou quelques bijoux de famille, vreneli et autres (des biens mobiliers qui ne sont pas toujours déclarés) ou une maison (impossible à cacher au fisc). Une large part de l'industrie bancaire et financière, du tourisme, de la restauration, des voyagistes (et la santé) vit des plus de 65 ans et a hâte qu'ils soient déconfinés. 

    La prévoyance, c'est notre fleuron national. Les Suisses sont en outre bien assurés voire surassurés pour d'autres aléas de la vie. Il y a un domaine où ils sont sans doute les seuls au monde, à l'exception peut-être des Nord-Coréens, à pouvoir survivre à un dérèglement voulu ou non d'une énergie dont l'homme (moins la femme) est devenu le deus ex machina: l'atome. Son antidote est notre chère Protection civile

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  • Covid, malheur aux vaincus (infectés)

    IMG_0527.PNGFaut-il accepter la règle coréenne? C'est, si je comprends bien, celle du contrôle social intégral qui va se mettre en place en Suisse. Par le moyen de l'app, qui traque les contaminés, et l'obligation qui nous sera faite de dénoncer toutes les personnes que nous aurons fréquentées un quart d'heure au moins, à moins de deux mètres, dans les jours passés, afin d'ordonner, sous peine d'amende, au-dites personnes potentiellement porteuses du virus de se faire dépister et de rester confinées dix jours au moins. En toute sécurité pour nos données, croix de bois croix de fer... Police et santé font-elles bon ménage, se demande le député socialiste Sylvain Thévoz? La réponse de Stéphane Guex-Pierre ne manque pas de finesse...

    J'écris "si je comprends bien" - car j'avoue que j'ai un peu décroché depuis quelque temps. Je ne lis que d'un œil, je n'écoute que d'une oreille, et encore, les infos anxiogènes débitées interminablement avec ce ton juste assez alarmiste, ce débit abrutissant du reporter ou du chroniqueur, genre "Tu sais, on ne sait pas grand chose, mais dans le doute, fait gaffe... c'est ta vie qui est en jeu. Et t'en a qu'une, pas comme dans les jeux vidéo... Et puis, sois solidaire, si c'est pas pour toi, fais-le pour ta grand-mère."

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  • Le Temps, Heidi, la presse de qualité, comment la financer

    sinclair heidi.jpgC'est la question du jour. Comment financer la presse? On ajoute de qualité désormais pour séparer le bon grain de l'ivraie: le journalisme d'investigation, qui ne s'en laisse pas conter, et le journalisme suiveur comme on suit un vague ami ou un politicien ou un scientifique sur Twitter. Entendez d'un côté - je ne dis pas à gauche ou à droite - des quotidiens du genre Le Temps, la NZZ, Le Monde, Die Welt, El Paìs, La Reppublica, Le Guardian, le New York Times, ceux qui ont encore les moyens de leurs ambitions (ce qui n'est pas le cas du Temps) et le reste qui va du family paper genre la Tribune de Genève au journal de boulevard genre le Blick (Le Matin n'est plus que sur le Net) et au régional genre Le Journal de Morges. Et bien sûr au gratuit genre 20 Minutes, plus fort tirage de Suisse. 

    Or donc le radical François Longchamp, poisson pilote de quelques mécènes via la fondation Aventinus, s'en va acquérir Le Temps, dit la RTS. Le Temps n'en dit rien. Forcément, on se demande si c'est une bonne nouvelle.

    /note augmentée le 3 mai à 9h30/

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  • Allons-nous regretter le monde d'avant?

    the economist 90%.jpgLes crises sont forcément douloureuses et les convalescences ne le sont parfois pas moins. La lecture de l'article de tête du magazine The Economist, daté de ce samedi 2 mai, fait froid dans le dos. Le journal estime que nous allons devoir vivre pendant un certain temps avec 90% des capacités du jour d'avant. Ce 90% cache évidemment d'énormes différences entre les gagnants, tel Netflix, Tesla, la vente par correspondance, et les perdants, tel le tourisme, les transports et les fournisseurs de toutes sortes de biens et de services qui soudain nous paraissent secondaires et dont le report d'achat va accentuer la crise due au confinement et précipiter les faillites et les licenciements. 

    L'Etat pompier ne pourra pas verser des salaires, des indemnités et tenir à bout de bras des milliers d'entreprises sans clients très longtemps. 

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  • Casseroles de mai, mai, joli mai...

    casseroles.jpgCasseroles du 1er mai. Premier mai syndical.

    Or donc en ce jour béni dédié aux travailleuses et aux travailleurs, le traditionnel défilé sera remplacé par un concert de casseroles, où il s'agira de crier le primat de la défense des ouvriers et des employés. Ce qui est bien naturel. Il y a parmi eux des gens qui touchent des salaires, élevés voire très élevés, grâce à qui Confédération, cantons et communes peuvent financer les services sociaux, l'éducation, la santé, la culture et toute sorte de services publics, dont on imagine pas se départir d'aucuns. Pourtant la pauvreté annoncée - la baisse du PNB - risque bien de sonner l'heure des choix douloureux. La dernière livraison de The Economist est assez inquiétante à ce propos. 

    Casseroles du 4 mai. Lundi des Verts.*

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  • Un monde meilleur? Que faire à Genève?

    demain sera meilleur.jpgDans mon village, deux familles ont affiché leur confiance sur leur maison. "Demain sera meilleur*, "Tout ira bien". Les banderoles sont ornées de mains d'enfants.  L'espoir est grand dans une partie de la population. A gauche surtout. Un monde nouveau serait à portée de main.

    J'écoute ce matin l'économiste François Bourguignon, auteur de la Mondialisation de l'inégalité, sur Les Matin de France Culture. Le discours de l'ancien chef économiste à la Banque mondiale n'est pas du tout optimiste. Les Etats sont en train de gravement s'endetter ce qui ne manquera pas d'augmenter la contrainte sur les dépenses publiques - ailleurs que dans la santé - et de pousser à la hausse des impôts. La dette n'est pas une panacée. Même si la France réintroduit l'impôt sur les grandes fortunes, son produit sera loin de suffire. 

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  • Zundel et les migrants travailleurs

    zundel emmaus.jpg

    Que viennent chercher les migrants chez nous? La sécurité sans doute mais surtout du travail pour vivre, pour éduquer leurs enfants. Les discours encore dominants qu'on entend par médias interposés, à l'heure où "l'économie fait pression pour redémarrer", m'interpellent. Quelle est donc cette société qui rechigne à sortir, travailler sous prétexte qu'un risque existe d'être infecté? Ceux qui n'ont pas cessé d’œuvrer pour nous soigner, nous alimenter, nous informer depuis plus d'un mois sont-ils donc fous ou téméraires? 

    Certes, des milliers de gens meurent du virus et c'est tragique. Certes il a fallu le confinement pour éviter que les systèmes de santé ne s'effondrent et donner du temps pour doubler tripler les capacités de soins, sensibiliser les gens. C'est donc bien mieux armer qu'on peut affronter le risque et remettre la machine en marche. 

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