Affaires fédérales

  • Fortune: on me demande mon avis

    impot fisc hydre proprietaires.jpgOn ne m'a pas demandé mon avis pour construire le CEVA sur un tracé conçu au XIXe siècle. On ne m'a pas demandé mon avis sur l'opportunité d'une gare souterraine à Cornavin pour sauver quelques immeubles et faire taire une association de quartier. On ne m'a pas demandé mon avis sur la rénovation du Musée d'Art et d'Histoire. On ne m'a pas demandé mon avis sur la construction d'une nouvelle école communale à Bardonnex. On ne m'a pas demandé si j'étais d'accord qu'un tram roule un jour (peut-être) jusqu'à Saint-Julien, Ferney ou Saint-Genis...

    Mais on me consulte sur la hausse d'impôt (100 millions) qui devrait frapper les propriétaires qui profitent d'une double niche fiscale: un abattement fiscal sur la fortune et une évaluation parfois très basse de leur bien par rapport à la valeur du marché. 

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  • La croix et le C de PDC

    avenir centre suisse.jpgImagine-t-on les Suisses renoncer à leur drapeau carré, frappé d'une croix blanche*? C'est le seul pays à ma connaissance qui affiche franchement le symbole qui est depuis près de deux millénaires et l'est encore pour quelque 2,4 milliards de chrétiens le symbole qui les rattache à la foi en Dieu, en la résurrection d'un homme, son fils, mort sur une croix, car sa bonne nouvelle menaçait l'ordre établi.

    Que n'a-t-on pas fait au nom du Christ! La conquête des peuples, ce qui a enrichi les commerçants, y compris ceux qui commerçaient des frères humains. Sans que l'Eglise ni ses clercs, sauf rares exceptions, n'y trouvent rien à redire. Le mariage du glaives et du goupillon n'a que rarement libéré les enfants de Dieu de l'oppression du plus fort, établit la justice, la paix et la fraternité sur terre. 

    Le goulag ou l'enfer sont les anges déchus des idéologies et des bonnes paroles. Délivre-nous du mal et ne nous laisse pas entrer en tentation...

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  • Les hôpitaux suisses se tapent sur le ventre

    bertrand levrat rts.jpg"Wir schaffen das!" avait proclamé la désormais grande chancelière d'Allemagne, présidente de l'Europe pour les six prochains mois, quand, le 31 août 2015, au plus gros de la guerre syrienne, face à la marche des migrants vers le continent salvateur, elle avait ouvert les portes de son pays à un million de réfugiés. Alain Berset, "aussi vite que possible et aussi lent que nécessaire", n'avait pas exploité pareille formule, ni évoquer abusivement la guerre en mobilisant le pays contre le plus petit de ses ennemis mais le plus inquiétant quand ils se multiplient et promet comme il y a un siècle de faucher 50 millions d'humains. Le corona a tué 100 fois moins à ce jour.

    Le principe de précaution, doublé d'une bonne dose de mimétisme, a donc fonctionné à plein. On a fait taire les parlementaires, les cantons, les critiques. Les médias se sont mis aux ordres, certains que leurs bonnes dispositions leur vaudraient à la sortie de la pandémie quelques miettes de la galette fédérales des rois. 

    Ce 1er juillet, les cinq hôpitaux universitaires suisses, qu'on a applaudi quelques semaines, tirent le bilan de l'exercice. Leurs directeurs s'attribuent un 6 sur 6, lit-on dans une dépêche ATS reprise à l'unisson. Wir haben es gemacht! Merci de payer la facture: 356 millions. Vraiment?`

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  • Le prix de l'esclavage et du colonialisme

    Mule.jpgLes vacances approchent. Forcément on en parle. Tant pis pour ceux qui ne pourront pas en prendre. Mais, mais, mais... Gare au Covid-19, martèlent les pub et les animateurs de notre radio télévision publique, la deuxième vague menace. Ici et là, on reconfine, prenez garde. Le discours tourne en boucle. La majeure partie du bon peuple prend ses libertés et déambule démasqué. En famille et entre amis, la tentation de la poignée de main, de l'embrassade est forte. 

    Hier, sous le soleil de juin, j'ai vu deux classes d'école emprunter à pied le chemin des Côtes-de-Landecy en direction de la tour d'eau centenaire, qui sert aujourd'hui davantage à accueillir les relais de nos smartphones - bientôt la 5 G - que de réguler la pression du réseau des eaux publiques. ça fait des années que je n'avais pas vu une course d'école pédestre. Le monde d'après est bon pour les mollets mais ne fait pas le beurre des caristes et des vendeurs de souvenirs. Les enfants ont pu emplir leur poumon des effluves cuivrées et soufrées de la bouille bordelaise, le traitement "bio" contre deux champignons importés au XIXe siècle des Amériques, sans lequel aucun vin ne serait possible. 

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  • Moins de 11% de Genevois infectés

    covid 11 % hug unige.jpgLa vie est étrange. A peine plus d'un Genevois sur dix a été infecté par le coronavirus, écrivent les HUG et l'université dans un article publié ce 12 juin dans "dans la prestigieuse revue The Lancet". C'est 7% dans le canton de Vaud. Et guère plus ailleurs. Dans leur échantillon représentatif de 2766 Genevois, ils n'ont trouvé qu'un enfant sur 123 à avoir été infecté. La question me taraude depuis le début de cette pandémie: n'a-t-on donc pas surréagi en mettant l'emploi en berne?

    Mais pouvait-on échapper à ce qui s'apparente à un accident et à ses conséquences? Une collision frontale peut tuer et ruiner deux familles. La pandémie est une forme de fatalité, un choc, la chute d'un astéroïde. Nos gouvernants ont gérée l'accident comme ils ont pu, copiant plus ou moins ce qui se faisait chez les voisins, rajoutant ici une couche de précaution, comme l'arrêt des chantiers à Genève, ou prenant le risque, comme en Suède, de ne pas fermer les écoles.

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  • La queue des pauvres de Genève

    Si t'es pas sur les réseaux et si tu n'y fais pas le buzz, t'existe pas. Grâce au ramdam de la caravane de la solidarité, combattu puis largement soutenu par la Ville de Genève, on a donc appris - comme si on ne le savait pas - qu'il y a ici cinq, dix, douze, quinze mille démunis à Genève, capables de faire la queue des heures durant pour toucher un sac de nourriture, afficher leur existence, révéler leur état de santé. Bref, des images d'ailleurs, que nous livrent parfois les actualités télévisuelles à l'heure du déjeuner ou du dîner. 

    Comment est-ce possible dans une ville si riche? Comment se fait-il qu'on y trouve encore des pauvres? La question mobilise moins les jeunes d'ici que la réchauffement climatique. Est-ce que régler le réchauffement climatique - via l'instauration d'un régime de sobriété heureuse - promet de régler aussi la pauvreté?

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  • C'est mieux i

    mieux logo mabut thibaut.jpgLe 1er juin, c'est la fête nationale genevoise (elle marque l'entrée du canton dans la Confédération suisse en 1814), après ou avant le 12 décembre (victoire chanceuse des Genevois contre la tentative du duc de Savoie de prendre la ville par la force en 1602), après ou avant le 10 août 1535, date officielle mais non fêtée de l'adoption de la réforme protestante qui allait tant marqué la culture, la géographie, l'économie et la politique de Genève, avant ou après le 24 mai 1847, date (non fêtée non plus) de la constitution fazyste, celle de la République radicale qui a fait le canton prospère, moderne et laïque, avant ou après le 15 septembre 1872, date (parfaitement ignorée) de l'Arbitrage de l'Alabama. qui contribua à mettre Genève sur son orbite de ville internationale et siège secondaire de l'ONU, qui fait toujours (mais pour combien de temps?) sa fierté et sa fortune...

    "Depuis le 1er juin, nous sommes entrés dans le mois des fiertés", m'apprend mon neveu, dont je ne suis pas peu fier, sur sa chaîne "Mieux i", relayée par les grands réseaux américains Intagram et Facebook

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  • Des hôpitaux pleins de malades imaginaires?

    HUG urgences nuit.JPGEvidemment ce titre va m'attirer les foudres de toutes parts. Le temps présent - traversés de peurs et de rumeurs - fourmillent d'imprécateurs et de croyants prêts à les suivre et à faire le ramdam (traduction de buzz) sur les réseaux sociaux.

    Or donc, depuis deux mois, nos cliniques et nos hôpitaux sont vides ou presque - les HUG ont réalisé leur 1000e greffe du foie le 6 mai -, nos urgences clairsemées, les cabinets médicaux délaissés, hormis par les victimes du covid 19 évidemment. Et encore, bon nombre d'entre elles ont traversé l'épreuve, parfois longue, douloureuse et violente, à domicile. 

    Mais où sont donc passés les malades? Fréquentant quotidiennement les HUG comme visiteur au chevet d'une patiente non virale, j'y croise à nouveau un peu plus de gens.

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  • Imprévoyance. En Suisse aussi?

    les rentiers au soleil plage.jpgLes Suisses sont champions du monde de la prévoyance. Il suffit de voir les rentiers (dont je suis depuis un an). Aucun n'a vu ses rentes baisser (sauf les plus fortunés qui ont vu leurs placements fondre). J'entends déjà la gauche s'égosier: il y a de pauvres aînés (ce qui est vrai), qui ne vivent qu'avec leur AVS, ce qui n'est pas tout à fait vrai car ceux qui n'ont que l'AVS peuvent recevoir des rentes et des prestations complémentaires, à moins d'avoir un petit pécule, quelques actions ou quelques bijoux de famille, vreneli et autres (des biens mobiliers qui ne sont pas toujours déclarés) ou une maison (impossible à cacher au fisc). Une large part de l'industrie bancaire et financière, du tourisme, de la restauration, des voyagistes (et la santé) vit des plus de 65 ans et a hâte qu'ils soient déconfinés. 

    La prévoyance, c'est notre fleuron national. Les Suisses sont en outre bien assurés voire surassurés pour d'autres aléas de la vie. Il y a un domaine où ils sont sans doute les seuls au monde, à l'exception peut-être des Nord-Coréens, à pouvoir survivre à un dérèglement voulu ou non d'une énergie dont l'homme (moins la femme) est devenu le deus ex machina: l'atome. Son antidote est notre chère Protection civile

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  • Covid, malheur aux vaincus (infectés)

    IMG_0527.PNGFaut-il accepter la règle coréenne? C'est, si je comprends bien, celle du contrôle social intégral qui va se mettre en place en Suisse. Par le moyen de l'app, qui traque les contaminés, et l'obligation qui nous sera faite de dénoncer toutes les personnes que nous aurons fréquentées un quart d'heure au moins, à moins de deux mètres, dans les jours passés, afin d'ordonner, sous peine d'amende, au-dites personnes potentiellement porteuses du virus de se faire dépister et de rester confinées dix jours au moins. En toute sécurité pour nos données, croix de bois croix de fer... Police et santé font-elles bon ménage, se demande le député socialiste Sylvain Thévoz? La réponse de Stéphane Guex-Pierre ne manque pas de finesse...

    J'écris "si je comprends bien" - car j'avoue que j'ai un peu décroché depuis quelque temps. Je ne lis que d'un œil, je n'écoute que d'une oreille, et encore, les infos anxiogènes débitées interminablement avec ce ton juste assez alarmiste, ce débit abrutissant du reporter ou du chroniqueur, genre "Tu sais, on ne sait pas grand chose, mais dans le doute, fait gaffe... c'est ta vie qui est en jeu. Et t'en a qu'une, pas comme dans les jeux vidéo... Et puis, sois solidaire, si c'est pas pour toi, fais-le pour ta grand-mère."

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  • Le Temps, Heidi, la presse de qualité, comment la financer

    sinclair heidi.jpgC'est la question du jour. Comment financer la presse? On ajoute de qualité désormais pour séparer le bon grain de l'ivraie: le journalisme d'investigation, qui ne s'en laisse pas conter, et le journalisme suiveur comme on suit un vague ami ou un politicien ou un scientifique sur Twitter. Entendez d'un côté - je ne dis pas à gauche ou à droite - des quotidiens du genre Le Temps, la NZZ, Le Monde, Die Welt, El Paìs, La Reppublica, Le Guardian, le New York Times, ceux qui ont encore les moyens de leurs ambitions (ce qui n'est pas le cas du Temps) et le reste qui va du family paper genre la Tribune de Genève au journal de boulevard genre le Blick (Le Matin n'est plus que sur le Net) et au régional genre Le Journal de Morges. Et bien sûr au gratuit genre 20 Minutes, plus fort tirage de Suisse. 

    Or donc le radical François Longchamp, poisson pilote de quelques mécènes via la fondation Aventinus, s'en va acquérir Le Temps, dit la RTS. Le Temps n'en dit rien. Forcément, on se demande si c'est une bonne nouvelle.

    /note augmentée le 3 mai à 9h30/

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  • Allons-nous regretter le monde d'avant?

    the economist 90%.jpgLes crises sont forcément douloureuses et les convalescences ne le sont parfois pas moins. La lecture de l'article de tête du magazine The Economist, daté de ce samedi 2 mai, fait froid dans le dos. Le journal estime que nous allons devoir vivre pendant un certain temps avec 90% des capacités du jour d'avant. Ce 90% cache évidemment d'énormes différences entre les gagnants, tel Netflix, Tesla, la vente par correspondance, et les perdants, tel le tourisme, les transports et les fournisseurs de toutes sortes de biens et de services qui soudain nous paraissent secondaires et dont le report d'achat va accentuer la crise due au confinement et précipiter les faillites et les licenciements. 

    L'Etat pompier ne pourra pas verser des salaires, des indemnités et tenir à bout de bras des milliers d'entreprises sans clients très longtemps. 

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