Démocratie

  • Imprévoyance. En Suisse aussi?

    les rentiers au soleil plage.jpgLes Suisses sont champions du monde de la prévoyance. Il suffit de voir les rentiers (dont je suis depuis un an). Aucun n'a vu ses rentes baisser (sauf les plus fortunés qui ont vu leurs placements fondre). J'entends déjà la gauche s'égosier: il y a de pauvres aînés (ce qui est vrai), qui ne vivent qu'avec leur AVS, ce qui n'est pas tout à fait vrai car ceux qui n'ont que l'AVS peuvent recevoir des rentes et des prestations complémentaires, à moins d'avoir un petit pécule, quelques actions ou quelques bijoux de famille, vreneli et autres (des biens mobiliers qui ne sont pas toujours déclarés) ou une maison (impossible à cacher au fisc). Une large part de l'industrie bancaire et financière, du tourisme, de la restauration, des voyagistes (et la santé) vit des plus de 65 ans et a hâte qu'ils soient déconfinés. 

    La prévoyance, c'est notre fleuron national. Les Suisses sont en outre bien assurés voire surassurés pour d'autres aléas de la vie. Il y a un domaine où ils sont sans doute les seuls au monde, à l'exception peut-être des Nord-Coréens, à pouvoir survivre à un dérèglement voulu ou non d'une énergie dont l'homme (moins la femme) est devenu le deus ex machina: l'atome. Son antidote est notre chère Protection civile

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  • Covid, malheur aux vaincus (infectés)

    IMG_0527.PNGFaut-il accepter la règle coréenne? C'est, si je comprends bien, celle du contrôle social intégral qui va se mettre en place en Suisse. Par le moyen de l'app, qui traque les contaminés, et l'obligation qui nous sera faite de dénoncer toutes les personnes que nous aurons fréquentées un quart d'heure au moins, à moins de deux mètres, dans les jours passés, afin d'ordonner, sous peine d'amende, au-dites personnes potentiellement porteuses du virus de se faire dépister et de rester confinées dix jours au moins. En toute sécurité pour nos données, croix de bois croix de fer... Police et santé font-elles bon ménage, se demande le député socialiste Sylvain Thévoz? La réponse de Stéphane Guex-Pierre ne manque pas de finesse...

    J'écris "si je comprends bien" - car j'avoue que j'ai un peu décroché depuis quelque temps. Je ne lis que d'un œil, je n'écoute que d'une oreille, et encore, les infos anxiogènes débitées interminablement avec ce ton juste assez alarmiste, ce débit abrutissant du reporter ou du chroniqueur, genre "Tu sais, on ne sait pas grand chose, mais dans le doute, fait gaffe... c'est ta vie qui est en jeu. Et t'en a qu'une, pas comme dans les jeux vidéo... Et puis, sois solidaire, si c'est pas pour toi, fais-le pour ta grand-mère."

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  • Plan-les-Ouates siège confinée. Et son maire que fait-il?

    distillerie saconnex.jpgJ'ai raté l'article de la Tribune sur le premier conseil municipal virtuel de l'histoire de Plan-les-Ouates et de Genève.
     
    On parle beaucoup du parlement fédéral ces jours, mais qu'en est-il des 45 parlements communaux genevois? Mai est le mois d'approbation des comptes 2019. Et le Covid n'arrête pas les mille douze petits et grands projets en cours ou à venir. Plan-les-Ouates, me dit un citoyen de cette commune qui a suivi l'assemblée confinée par internet comme une cinquantaine d'habitants, a ainsi voté un crédit de 2,8 millions de francs pour reconstruire la Distillerie de Saconnex-d'Arve.
     
    Qu'une commune - une des plus riches du canton grâce à Plan-les-Watches - mette autant d'argent dans un hangar en éternit amiantée et sans aucun cachet ni valeur patrimoniale pour produire de la gnôle alors que les besoins sociaux vont exploser est tout de même fort de café, non?! Les municipaux ont-ils pris la mesure de la crise économique qui s'annonce?
     

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  • Le Temps, Heidi, la presse de qualité, comment la financer

    sinclair heidi.jpgC'est la question du jour. Comment financer la presse? On ajoute de qualité désormais pour séparer le bon grain de l'ivraie: le journalisme d'investigation, qui ne s'en laisse pas conter, et le journalisme suiveur comme on suit un vague ami ou un politicien ou un scientifique sur Twitter. Entendez d'un côté - je ne dis pas à gauche ou à droite - des quotidiens du genre Le Temps, la NZZ, Le Monde, Die Welt, El Paìs, La Reppublica, Le Guardian, le New York Times, ceux qui ont encore les moyens de leurs ambitions (ce qui n'est pas le cas du Temps) et le reste qui va du family paper genre la Tribune de Genève au journal de boulevard genre le Blick (Le Matin n'est plus que sur le Net) et au régional genre Le Journal de Morges. Et bien sûr au gratuit genre 20 Minutes, plus fort tirage de Suisse. 

    Or donc le radical François Longchamp, poisson pilote de quelques mécènes via la fondation Aventinus, s'en va acquérir Le Temps, dit la RTS. Le Temps n'en dit rien. Forcément, on se demande si c'est une bonne nouvelle.

    /note augmentée le 3 mai à 9h30/

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  • Casseroles de mai, mai, joli mai...

    casseroles.jpgCasseroles du 1er mai. Premier mai syndical.

    Or donc en ce jour béni dédié aux travailleuses et aux travailleurs, le traditionnel défilé sera remplacé par un concert de casseroles, où il s'agira de crier le primat de la défense des ouvriers et des employés. Ce qui est bien naturel. Il y a parmi eux des gens qui touchent des salaires, élevés voire très élevés, grâce à qui Confédération, cantons et communes peuvent financer les services sociaux, l'éducation, la santé, la culture et toute sorte de services publics, dont on imagine pas se départir d'aucuns. Pourtant la pauvreté annoncée - la baisse du PNB - risque bien de sonner l'heure des choix douloureux. La dernière livraison de The Economist est assez inquiétante à ce propos. 

    Casseroles du 4 mai. Lundi des Verts.*

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  • #covid-19. Qui nous met donc à l'épreuve? Dieu?

    la croix ramadan.jpg"Que son Père le descende de la croix, s'il est bien le fils de Dieu?" Les spectateurs de la crucifixion ne disent rien d'autres que ce que nous disons tous. Qui peut être ce Dieu qui se prétend tout puissant et qui laisse mourir son fils sans rien faire! Ce scandale ébranle bien des chrétiens et en a dérouté plus d'un hors de la foi, dans une indifférence prudente ou un athéisme militant.

    Là où il n'y a pas de Dieu, la question de la mort et de la souffrance n'est pas moins cruciale. Et trouve des réponses variées, entre la soumission totale aux forces universelles et l'existentialisme au jour le jour, en passant par toutes sortes de philosophies ou de conceptions. 

    La pandémie virale fait réfléchir. "Cette crise est un laboratoire vivant", dit Bernard Crettaz que l'Echo Magazine présente comme thanatologue, c'est à dire causeur sur les confins ultimes. Ultimes? 

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  • La pauvreté, les autoroutes, la guerre

    anneesfolles.jpgOn sait que les années folles ont suivi la Grande Guerre et la grippe espagnole, la seconde ayant fauché plus d'humains que la première.

    Comment l'Europe et le monde se sont-ils relevés de la Grande Dépression de 29-33? La réponse tient en trois mots: pauvreté, autoroute, guerre. Ou si vous préférez chômage (sans assurance, donc migration vers les villes et les soupes populaires), New Deal (Keynes et Roosevelt) et réarmement. Le tous au temps des passions politiques, des fronts, fasciste et populaire, du national-socialisme, du communiste, (eugénisme et homme nouveau), du personnalisme chrétien aussi mais en sourdine (Barth, Maritain, Mounier, Teilhard...)

    Comment allons-nous nous relever de la Grande pandémie 19-20? 

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  • Un monde meilleur? Que faire à Genève?

    demain sera meilleur.jpgDans mon village, deux familles ont affiché leur confiance sur leur maison. "Demain sera meilleur*, "Tout ira bien". Les banderoles sont ornées de mains d'enfants.  L'espoir est grand dans une partie de la population. A gauche surtout. Un monde nouveau serait à portée de main.

    J'écoute ce matin l'économiste François Bourguignon, auteur de la Mondialisation de l'inégalité, sur Les Matin de France Culture. Le discours de l'ancien chef économiste à la Banque mondiale n'est pas du tout optimiste. Les Etats sont en train de gravement s'endetter ce qui ne manquera pas d'augmenter la contrainte sur les dépenses publiques - ailleurs que dans la santé - et de pousser à la hausse des impôts. La dette n'est pas une panacée. Même si la France réintroduit l'impôt sur les grandes fortunes, son produit sera loin de suffire. 

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