Démocratie

  • 2050, Genève, sa croissance zéro, son aéroport, son pont sur le lac, sa dette abyssale

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    Pierre Maudet, officiellement retenu par sa campagne pour l’élection partielle au gouvernement du Canton de Genève du 7 mars, a snobé le débat organisé par la Tribune de Genève et le Club suisse de la presse. Une absence remarquée sur l’écran Zoom où chacun, candidats et journalistes, est dans sa cage télégénique et le public invisible. Il vrai que Pierre Ruetschi, réd en chef de la Julie au moment où le journal des Genevois a sorti l’affaire Maudet en mai 2018 est aujourd’hui le patron du Club suisse de la presse.

    Le télédébat présente l’indéniable avantage de permettre à tous de le voir en direct ou en différé sans bouger de son fauteuil. Combien de Genevois l’ont-ils visionner? Peut-être plus que l’amphi d’Uni Mail peut contenir d’étudiants. Sans doute moins qu’un débat sur Léman Bleu ou la RTS. Mais l’exercice vaut sans doute d’être répété. Une dizaine de débats devrait suffire pour permettre à la technique et à mes collègues de la presse écrite d’être à la hauteur des enjeux.

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  • Laschet, un Carolingien du Benelux

    01EA6A6C-25DA-4362-8943-1E90280C1E33.jpegLaschet, ça vous dit quelque chose ? Notre bulle cognitive est d’abord celle de la langue, de la proximité, du cercle professionnel et associatif et du temps énorme que mangent la lecture, les podcast et toutes les occasions de distraction à notre portée. De temps en temps, je fais une excursion ailleurs. La traduction automatique a fait des progrès formidables et fait la nique au mythe de la tour de Babel.

    Que pensent les Russes, que pensent les Chinois, les Coréens, les Indiens? Sans aller jusqu’à ces contrées lointaines, je lis dans ma proximité européenne un article que Die Zeit consacre au possible - quoique pas certain - successeur de Merkel, Armin Laschet, le seul homme politique outre-Rhin, remarque Die Zeit, qui n’a pas commenté la condamnation de l’opposant Navalny.

    Le nouveau patron de la CDU serait selon l’hebdomadaire hambourgeois dans cet article titre Les yeux dans les yeux, un Carolingien du Benelux. Laschet est né à Aix-la-Chapelle, un Lotharongien donc de cette région rhénane qui s’étend de la Flandre à la Lombardie.

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  • Maudet Fischer, pauvre débat

    fischer maudet.jpgPauvres politiques. Plus encore en ces temps de pandémie où la mort rôde, qu'en temps ordinaire - mais le temps n'est pas ordinaire, puisque le réchauffement climatique nous promet une mort infernale - on réclame des surhommes (pardon des surhumains) : dictateurs éclairés mais néanmoins démocrates et à l'écoute, pères de la nations, solides et généreux, mères de la patrie, pragmatiques et consolatrices? Sommes-nous donc tous des enfants, des oisillons, des victimes? 

    Je lis dans le Temps du 31 janvier le compte rendu du face-à-face Fischer-Maudet. Pour l'avoir pratiqué, je sais combien l'exercice est périlleux et frustrant. D'autant qu'il ne s'agit pas d'élire un dictateur le 7 mars, mais un membre d'un gouvernement, qui est lui-même soumis au contrôle d'un parlement de milice, à l'arsenal touffu des lois en vigueur et à des administrations en place mais pas toujours aux ordres (et non soumises à réélection) pour faire avancer la galère genevoise dans une bonne direction.

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  • Pas pingre, la Suisse... suspicieuse

    2AB051AD-D062-4010-80B0-608DD063293D.jpeg« Le problème est plus profond. Les partis qui représentent les entrepreneurs n’ont jamais voulu que la Suisse dispose d’une statistique et d’une visibilité sur l’état de santé et sur le fonctionnement du tissu économique. En France, les entreprises ont l’obligation de transmettre à une centrale leurs comptes d’exploitation et leur bilan. Ils ne sont pas accessibles au grand public, mais à disposition des autorités. Il suffit d’avoir le numéro d’une entreprise pour connaître son état sur les dix dernières années. »

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  • Genève sans commune mesure

    154C16D2-D2AE-438A-A25A-4BEBB3D5AF1A.jpegL’étude de Pascal Sciarini commandée par Thierry Apothéloz, ci-devant ministre de tutelle des communes genevoises, pour savoir pourquoi un des 924 élus sur cinq jetait l’éponge avant la fin de la législature a fait un flop médiatique. Face au Covid, il faut bien s’appeler Trump ou Biden ou être la neige ou le loup chez nous pour faire la une, même de la presse locale.  La réponse qu’on connaissait depuis longtemps tient en deux mots: impuissance et frustration. Et la réponse du ministre vaut son pesant d’immobilisme: formation et encadrement.

    Pour le ministre socialiste, c’est sans doute trop que de se demander si 45 communes pour un demi-million d’âmes dans un canton confetti, qui n’en a plus (d’âme ni même d’esprit de Genève), ne sont pas de trop - un confetti découpé en 45 morceaux inégaux, vous l’appelez comment? Un nanoconfetti? 

     

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  • Twitter censure Trump. A tort

    BA6B1891-2C35-40AF-B9BF-DF910080D92A.jpegOn dira que la pression était forte, mais la décision de Twitter (88 millions d’abonnés au fil Trump) et de Facebook (35 millions d’amis) de couper le fil privé du président Des Etats-Unis est problématique. Déjà des experts qui croient que le monde sera meilleur parce que les hébergeurs seraient des éditeurs claironnent leur victoire, ajoutant que les réseaux sociaux ont trop tardé à policer les autoroutes de la communication. Que dirait-on si un opérateur téléphonique coupait semblablement le fil ou si un concessionnaire d’autoroute interdisait l’asphalte aux chauffards?

    L’interdiction et le bannissement sont évidemment possibles, parfois souhaitables voire nécessaires. A condition qu’ils soient prononcés par des autorités publiques. Tel n’est pas le cas. Couper le sifflet à Trump, c’est contraire à l’ordre libéral et démocratique. La Chine et la Russie ne s’y sont pas trompées, qui s’esbaudissent et se rengorgent. 

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  • L'Allemagne reconfine, la Suisse tremble sur ses skis

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    On a donc pu se dorer la pilule cet été sur les plages d'Europe et les Français peuvent s'envoler sous les tropiques pour passer les fêtes de fin d'année et commencer 2021 avec un moral d'acier. Mais voilà que l'Allemagne reconfine, que les soignants crient leur souffrance, que notre système de santé - un des meilleurs du monde, du moins par son prix - craque (enfin pourrait craquer si). Syndicats infirmiers, directeurs d'hôpitaux, tous à l'unisson font pression, montent au front. Et le 19:30 est aux ordres. Tout en émotions. Sans recul, sans analyse. 

    Les médias en rajoutent, c'est leur rôle et leur malheur.

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  • Saupoudrage social à Bardonnex

    main avec billets francs suisses.jpgCe même 1er décembre consacré en 2012 Giving Thuesday, je consulte l'ordre du jour du Conseil municipal de ma commune de Bardonnex. Et j'en extrait un rapport sur l'attribution de l'aide sociale en Suisse en 2020. Les six commissaires avaient 32'000 francs à distribuer (soit 0,5% d'un budget de 6,5 millions de francs).

    La commission a reçu 86 demandes, elle en a conservé 79 dont 44 ont reçu une réponse négative, 22 une subvention de 1000 francs et 20 une subvention de 500 francs (Voir la liste des bénéficiaires).

     

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  • Balle au centre?

    multinationales responsables resultats.jpgÀ une large et surprenante majorité de ses délégués dispersés en 13 "cantons" - Covid oblige -, le PDC suisse devient donc le Centre, die Mitte, Alleanza del centro, rien qui ne puisse transcender les frontières linguistiques si importantes d'un point de vue marketing - voyez Sale, Black Friday, click and collect et consorts. Et si le peuple accepte Swisscom, Swisspass, Swissness et même Swiss quoique l'ex-compagnie nationale soit allemande..., il n'est pas prêt de tolérer SwissCenter pour désigner la fusion entre le PBD et le PDC*.

    Les socialistes sont de ce point de vue mieux servis, quoique les partis socialistes n'existent plus ou presque ni en Italie ni en France. Et que la sociale démocratie allemande a depuis belle lurette jeté le marxisme-léninisme, la référence historique, aux oubliettes. Et, à ma connaissance, seul le PLR genevois a tenté un temps La Droite. Quant à Ensemble à gauche, tout le monde sait que le mot ensemble est une infox.

     

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  • Hodgers, Crittin et le journalisme

    crittin hodgers.jpgChacun dans sa bulle. C'est une des critiques récurrentes que l'on adresse aux réseaux sociaux dont la technologie et le génie sont de nous offrir exactement ce que l'on cherche grâce à la géolocalisation et à la sociolocalisation. Deux facultés automatiques qui manquent cruellement à la presse traditionnelle, elle qui disposait depuis des lustres des données de ses abonnées et les a laissées en friche.

    Déjà, grâce aux algorithmes apprenants (improprement appelés intelligence artificielle), Google, Facebook et compagnie peuvent nous proposer des embryons de réponses toutes faites aux courriels que nous recevons. Ils dépistent nos humeurs en analysant notre voix, notre visage, les mots et tournures de nos écrits. Bref ils en sauront bientôt plus sur nous que nous-mêmes qui avons cette faculté heureuse d'oublier, de nous montrer plus beaux, plus sages, plus intelligents que nous ne sommes. Les bots vont nous renvoyer notre vraie image sans concessions et sans rien oublier de nos faiblesses et de nos lâchetés. Le diable n'est pas pire. 

     

     

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  • La renaissance du Journal de Genève?

    aventinus rachète le temps et Heidi.jpgLes banquiers privés renflouaient déjà le vénérable Journal de Genève jusqu'au jour où leur soutien disparut. Avec lui le plus vieux journal de Genève, dont on peut consulter les archives en ligne. Juste avant la fin du XXe siècle, on maria sa rédaction avec celle du Nouveau Quotidien, créé lui par Edipresse et Ringier, et c'est ainsi qu'advint Le Temps.

    Aujourd'hui Ringier vend Le Temps à la fondation Aventinus, présidée par François Longchamp, l'ancien et premier président durable du Conseil d'Etat genevois (le dernier aussi puisque les Genevois ont corrigé le plagiat vaudois des Constituants genevois en rétablissant le tournus annuel de la présidence). Sur le plan opérationnel, c'est Eric Hoesli, le premier patron du Temps, qui est à la manoeuvre. 

    Et Le Temps, augmenté du dernier né des médias d'ici, Heidi.news, migrera de Lausanne à Genève, deux quartiers jaloux l'un de l'autre de la métropole lémanique*. Pas en toute transparence, note l'ancien rédacteur en chef de feue La Suisse, Philippe Amez-Droz, ce midi sur la RTS (et dans la TdG): aucun chiffre, fait-il remarquer, ne figure dans les communiqués de presse. Que vaut Le Temps?

     

     

     

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  • Maudit Maudet, maudit canton

    maudit maudet février 2013.jpgQuand l'alors ténor du PLR, encore enfant prodige de la politique genevoise, prétendait rappeler à la police qui était le commandant et aux tagueurs qui était Monsieur Propre et aux Roms qu'ils étaient bannis des ponts dortoirs et des rues marchandes, on voyait ici et là fleurir ce tag: "Maudit Maudet" (TdG 6 février 2013). Le jeune homme n'avait pas encore été saisi par l'hubris du pouvoir. 

    Voilà donc Maudet le maudit parti. Pour mieux revenir dit-il. Car l'homme à la mâchoire carrée appartient à ce quarteron d'idéologues, où l'on compte Décaillet et Blocher, qui clament que le peuple, seulement le peuple, a raison, toujours raison. C'est donc au peuple de trancher le nœud gordien que l'intelligence (de Maudet), la Justice (de Genève) ou la magnanimité (du Conseil d'Etat) n'ont pas su dénouer. 

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