Dans quel état j'erre

  • Islam de France: bonne pour tous!

    l'islam pourquoi c'est compliqué.jpgL'inceste est un crime condamné dans la Bible déjà, rappelle Maurice-Ruben Hayoun dans son blog. Et dans toutes les lois. Mais qui se soucie encore de la Bible dans notre société laïque avancée? La loi, c'est la coercition. Il est interdit d'interdire a proclamé la génération de Mai 68. C'est aussi le procès de cette utopie que fait "La familia grande", analyse Jean-Michel Olivier dans son blog. Le temps de la moraline est venu. Le temps est à la dénonciation des crimes anciens: colonies, esclavage, exploitation des pauvres, des femmes, des enfants, des bêtes, de la nature, du climat. Il n'est pas fini le procès de l'homme blanc. On efface tout et on recommence! Cancel culture.

    La mémoire a pourtant cette faculté d'occulter les mauvais souvenirs et de raviver les petits bonheurs des temps passés. C'est sans doute la raison qui nourrit la nostalgie des autrefois chéris, dont on a gommé les vicissitudes, à tort ou à raison. Il y a bien sûr des exceptions. Un cri soudain peut libérer et guérir de douleurs enfouies et indicibles.

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  • Des années de vie perdues

    77377374-6B22-4597-B0D6-D9D8137EA6F6.jpegDans l’actualité de cette semaine normalement hivernale, n’en déplaise à ceux que trois flocons ou quelques degrés sous zéro émeuvent, je retiens cette nouvelle de la surmortalité, en Suisse: onze années de vie perdues en moyenne selon une étude écossaise en cours de validation, citée par Le Temps.

    Où s’en sont allés ces vivants perdus? Au paradis? Onze ans de vie c’est un sacré pactole pour les EMS, semble me dire l’affiche du Matin Dimanche... annonçant un article publié dans La Tribune samedi soir.

     

     

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  • Demain, tous santons!

    santons de provence.jpgDemain, le film de Cyril Dion, - un lustre déjà - donne à voir un monde ensoleillé, bio, serein, délivré des conflits et des maladies. Il ne parle pas de la mort. Comme la publicité. Il nous parle de gens heureux, riches, sains et même solidaires, du monde dont on rêve et dont les utopistes ont fait et font leur beurre. La pandémie 2020, dit-on, nous met au défi de nous arracher du monde d'hier, de la compétition, de la concurrence, du profit et d'en bâtir un meilleur.

    Quand le vaccin aura donné au monde présent l'immunité de groupe, soit d'ici quelques mois, un an ou deux, sûr que chacun voudra vivre comme Demain. Cependant, les avions redécolleront, les autos s'encolonneront, la consommation régnera sur la terre. Comme au ciel? 

    Joyeux Noël!

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  • L'évêque Morerod ne manque pas de culot

    morerod charles.jpg"S’il y a un évêque qui n’a pas la langue dans sa poche, c’est Mgr Charles Morerod, en charge de Fribourg, Vaud et Genève..." Jacques Pilet consacre son édito publié dans Bon pour la tête ce vendredi aux propos du prélat dans la NZZ du dimanche 13 décembre, propos répercutés par cath.ch, puis - toute vérité n'étant pas bonne à dire, celle-ci a blessé - quelque peu édulcorés dans un communiqué à l'adresse des agents pastoraux.  Sa langue qui n'est pas de bois a redit que, tout compte fait, 170 prêtres devraient suffire amplement dans son diocèse contre les 345 actuels.

    Mieux vaut - on fait bien des kilomètres pour aller dans les centres commerciaux -  des cérémonies bien achalandées que des messes qui ne rassemblent qu'une poignée de fidèles taiseux. Je confirme. Les messes de Saint-Julien-en Genevois ou de Notre Dame de Genève sont plus motivantes. Certes, le Christ a bien dit qu'il est présent au milieu de ceux qui se réunissent en son nom, comme le constate le blogueur théologien et député socialiste Sylvain Thévoz, mais il n'a pas dit qu'un prêtre doit nécessairement être présent.

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  • Cœur à cœur me sort par les oreilles

    coeur à coeur.jpgLe saviez-vous? Today is the Giving Tuesday. C'est une newsletter de l'Eglise catholique  de Genève qui me l'apprend. Le courriel précise: Cette journée internationale, créée en 2012, a pour objectif simple d’encourager les gens à faire du bien. La plus simple manière est de faire un don*. Dans le calendrier, le 1er décembre, c'est aussi la saint Eloi, ministre des finances du roi Dagobert I, celui de la chanson, orfèvre de métier, leur patron, celui des maréchaux-ferrant et, dans l'armée, du matériel.

    Créé en 2012 pour récolter les miettes du Black Friday, le Giving Tuesday a forcément son site Internet, powered by Swissfundraising, qui a lancé la version suisse de cette Journée internationale de quête.  

    Notre chère RTS n'en parle pas car elle a sa propre opération Coeur à coeur, dont elle nous rebat les oreilles avec ses promos maison insupportable. 

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  • "Nous avons fait le choix d’espérer"

    yves combeau.jpgLa covid a plongé l'Occident dans la peur. La peur de mourir. Certes le fléau fauche des vies, surtout des vies de gens qui ont déjà bien vécu et qui parviennent à des âges où la mort est une échéance... naturelle. Ailleurs, la mort est encore fréquente à tout âge, notamment à la naissance, quand ce n'est pas la mère qui est emportée. Nous en Suisse - qui consacrons presque 12% de notre richesse à la maladie, bien plus qu'à notre alimentation, avons réduit presque à néant le risque de mortalité. A force de connaissance, de savoir faire, de technologie, de soins et d'hygiène. C'est l'accident - fatalité ou risques pris - qui vient d'ailleurs en tête des causes d'hospitalisation (StatistiqueSuisse). 

    En comparaison, les francs que nous consacrons à la promotion de la santé, notamment à nous nourrir sainement, sont une piètre fraction des dépenses de traitement, de réparation et de maintien en vie (au début comme à la fin): plus de 80 milliards par an.

    Et pourtant la mort survient. De plus en plus souvent au terme d'une lutte douloureuse, angoissante, ponctuée de rémissions plus ou moins longues, plus ou moins heureuses.

     

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  • Harcèlement et jeux d'enfants

    alexis favre covid.jpgMercredi 11 novembre. Ce jour de la Saint-Martin et de l'armistice a vu le soleil percer la grisaille. On suit d'un regard distrait l'émission Infrarouge du sémillant Alexis Favre, au titre bien alarmiste "Covid, le crash sanitaire?". Son point d'orgue nous fait lever le sourcil. Dites-nous Alexis, pourquoi ne pas avoir parlé ce soir des cas de harcèlement à la RTS?

    La question paraît plus que téléphonée. Elle permet au brave Alexis un peu emprunté tout de même d'expliquer que la RTS n'est présentement pas le meilleur média pour débattre de ce sujet, qu'elle n'a rien caché de la situation - sauf que sans l'enquête du journal Le Temps, rien ne serait sans doute sorti - que des enquêtes sont en cours et que, promis juré, Infrarouge ne reculera pas si les résultats de ces enquêtes soulèvent des questions de portée universelle. Voilà! Candide est satisfait?

    Pendant ce temps, Le Temps ronge son os. Ce matin, il revient sur ces "dix jours du scandale sans issue visible" à l'occasion du retrait du chef de l'information, le temps de l'enquête.

     

     

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  • Liberté d'expression, la France boycottée

    sofiane hanouna paty.jpg

    Liberté où est ta victoire? La France fille aînée de l'Eglise est désormais, depuis peu, le chevalier de la laïcité de combat qui fait de la caricature des religions la pierre angulaire de la liberté d'expression. Et bien évidemment des pays, où l'islam est religion d'Etat, s'offusquent, appellent au boycott de la France. Des croyants (ou qui croient l'être) se vengent, menacent cette Marianne impudique, prétentieuse, applaudissent ces parents bosniaques qui ont tondu leur fille parce qu'elle fréquentait un chrétien. La République vient d'excommunier cinq membres de cette famille, comme Rome excommuniait dans ses pires heures, comme tous les fondamentalistes croyants ou athées bannissent, tuent, condamnent au silence, au Goulag, aux camps de redressement.

    Je ne reconnais pas la France des Lumières dans ce combat de coqs où la cervelle du gallinacée semble avoir pris place dans la tête de trop d'humains de ce pays voisin que j'aime. 

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  • La France, ses saints et ses martyrs

    hommage à samuel paty.jpgEvidemment, l'assassinat d'un enseignant est un acte innommable. Le meurtre de tout homme l'est. Tuer un humain est un blasphème, nous explique le prof Michel Grandjean dans une tribune publiée par la Tribune de Genève, car l'humain est à l'image de Dieu et "blasphémer, c’est porter atteinte à l’honneur de Dieu". Le blasphémateur est donc l'assassin et non le caricaturiste ou l'enseignant ou le journaliste qui montre la caricature. Tout meurtrier est blasphémateur.

    La démonstration est subtile. Trop sans doute pour renverser le point de vue ordinaire de bon nombre des croyants (et pas seulement en Dieu): est blasphémateur celui qui s'en prend au sacré, c'est à dire à ce que des hommes ont cru, compris, déclaré comme sacré d'une révélation. Le fait est que Jésus, dont les chrétiens se réclament, n'a laissé aucune trace écrite. Dieu, YHWH ou Allah non plus. Bouddha si mais c'était un homme. 

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  • "Fratelli tutti" et le PDC

    fratelli tutti.jpg"Fratelli tutti". "Nous sommes tous frères", rappelle le pape François dans sa troisième newsletter aux évêques publiée le 4 octobre, fête de la saint François d'Assise. La nouvelle n'en est pas vraiment une dans le monde chrétien, puisque nous sommes tous également enfants de Dieu, malgré nos différences de genre ou de couleur, nos cultures et nos histoires, nos querelles et nos exclusions. 

    "Fratelli tutti" - Wikipedia lui consacre déjà une notice intéressante et le site français sur la doctrine sociale de l'église une longue analyse* - traite de l’amitié entre les humains. La pierre d'angle de l'encyclique est cette histoire bien connue du bon samaritain, cet étranger honni qui sauve un juif agressé par des brigands que ses coreligionnaires ignorent et abandonnent agonisant au bord du chemin. Fratelli tutti est un grand texte, long, dense, foisonnant, qui intègre nombre d'allocutions et de discours de l'évêque de Rome et clôt le triptyque des encycliques de François: Lumen Fidei (relation avec Dieu) et la célèbre Laudato Si’ (relation avec la terre).

    Le programme politique du pape est clair**. Est-ce la raison qui incite le parti démocrate-chrétien suisse à chercher son salut et une renaissance en se rebaptisant Le Centre/Die Mitte/Allianza del Center?

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  • Noces de diamant à Compesières

    IMG_1751.JPEGFêter ses noces d'or est banal. Il n'est plus rare de voir des couples passer le cap de 60 ans de vie commune: des noces de diamant. Les Municipalités invitent les jubilaires à un bon repas (que reçoivent les mal-portants, les placés en EMS, les veufs?).

    Quel est le sens de cette sympathique attention? Une prime à la fidélité, à la longévité, à la patience réciproque, , à la fécondité, à l'amour? Une mienne amie m'a raconté avoir reçu cette invitation l'an dernier. La Mairie n'avait pas noté que son époux était décédé prématurément...

     

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  • Un sermon à Compesières

    IMG_1751.JPEGOn est au Liban. Au début des années 80. La guerre fait rage. Des miliciens pénètrent dans la maison. Massacrent une famille. Sauf la jeune fille, infirmière, qui s'est cachée. Elle assiste à la tuerie, voit le visage des assassins. Quelque temps plus tard, un des miliciens saute sur une bombe. A l'hôpital, la jeune soignante le reconnaît. Il est à sa merci. Elle demande à Dieu la force de ne pas se venger. La force de pardonner?

    Peut importe que le renoncement à la vengeance et le pardon ne soient pas la même chose, le curé de Carouge qui dessert désormais aussi la paroisse de Compesières, ne s'arrête pas à ce détail. Il raconte cette histoire vraie pour illustrer l'évangile du jour: il faut accorder son pardon non pas sept fois comme le prescrit la loi juive mais septante-sept fois sept fois.  

    Masqués, les 35 paroissiens ne pipent mot. Un sermon ne souffre pas la discussion. 

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