Pays, paysans - Page 6

  • Vous avez dit catastrophes naturelles?

    Bondo.jpgLe Tages Anzeiger publie depuis ce mercredi une série de grandes interviews pour passer le Nouvel An, traditionnellement riche en bulles, en voeux et en lumière mais chiche en news. Période de vaches maigres pour la presse qui recycle ses bonnes émissions, tire plus ou moins habilement des bilans ou des plans sur la comète.

    Ce qui frappe dans l'offre du Tagi, c'est que les neuf interviewés sont inconnus de ce côté-ci de la Sarine. Rien de nouveau sous le ciel helvétique me direz-vous, chaque canton cuit sa cuisine dans son chaudron. Mais en ces temps où le citoyen cherche des raisons de voter non à No Billag le 4 mars prochain et donc oui à sa chère SSR, on se dit qu'elle a vraiment raté une de ses missions clés: l'entre-connaissance des Suisses et de leurs cultures.

    Ce jeudi, c'est le tour du "plus important connaisseur des Alpes" (dixit le quotidien zurichois), Werner Bätzing, un Allemand, le second de la série après Campino. Campino est, comme chacun sait, le chanteur du groupe punk Die Toten Hosen, qui s'est découvert un amour pour Merkel...

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  • Je ne suis pas un climato-sceptique mais...

    carte lac hallwill.pngCombien le lac de Genève produit-il de méthane par an? Ce gaz à effet de serre est 28 fois plus "efficace" que le CO2, rappelle ce matin l'Uni de Genève, qui signale que les lacs et cours d'eau produisent 20% de l'ensemble du méthane que la terre rejette dans l'atmosphère, ce que l'on ne savait pas jusqu'ici.

    On peut penser que les lacs et les cours d'eaux intertropicaux sont plus méthanogènes que nos torrents de montagne. Pas sûr. Selon l'institut Forel, "le lac de Hallwil (au nord de Lucerne), d’une superficie d’une dizaine de kilomètres carrés, génère chaque année autant de méthane qu’un troupeau de 240 vaches."

    Question les modèles climatiques intègrent-ils ces données?

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  • L'alimentation, l'agriculture suisse et le prix de tout ça

    moutarde phacelia.png

    J'avais intitulé mon travail de diplôme (master) d'agronomie à l'EPFZ: "Les jardiniers du paysage". C'était dans les années 70, juste après les deux chocs pétroliers, la crise horlogère et les remous créés par l'étude futuriste, qui s'est révélée très largement fausse, "Halte à la croissance" du club de Rome.

    A l'époque on se préoccupait sérieusement du seul fléau réel qui menace le monde, la croissance démographique. Des politiques volontaristes et plutôt mal conduites de l'enfant unique en Chine à la vasectomie obligatoire des mâles en Inde et à la régulation des naissances ailleurs (sauf dans les pays catholiques et communistes où la prospérité naît des naissances, ce qui a permis tout récemment à Jacques Attali d’affirmer l'Université de Genève que la France est le pays le plus puissant d'Europe).

    Depuis la chute du Mur de Berlin, 12 ans après mon travail de diplôme, la Berne fédérale - c'est à dire le Vorort devenu EconomieSuisse qui dicte la politique économique de ce pays - a décidé de rendre l'agriculture suisse eurocompatible.

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  • Tous saints: de 1 à 10

    bosh enfers.jpgEn ce jour férié dans les pays catholiques, alors que la chrétienté commémore le 500e anniversaire de la protestation d'un curé  rebelle, un certain Martin Luther, choqué par la vente par Rome des indulgences (ces laisser-passer pour le paradis qui permettaient aux chrétiens d'alors, terrorisés à l'idée de griller pour l'éternité dans les enfers à la Jérôme Bosh), en ce jour de la Toussaint donc, qui voit les vivants - j'en suis - déambuler dans les cimetières un pot de chrysanthème à la main et se remémorer leurs morts, je m'interroge sur l'état de mon curseur de sainteté.

    Où suis-je? De 1 à 10, comme l'échelle de la douleur, commune désormais dans nos hôpitaux, où nous mourrons tous ou presque désormais, car la mort comme la naissance est de nos jours affaire - très bonnes affaires pour eux - des spécialistes, des experts des médecins, qui ne savent pourtant ni juger du début ni de la fin des choses...

    De 1 à 10, où suis-je? Dans quel état j'erre?

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  • Le choc des cultures ou l'agriculture 4.0

    IMG_3625.PNGLe paysan écologiste Fernand Cuche face à l'agriculture 4.0, c'est le choc auquel les téléspectateurs d'Infrarouge ont assisté ce soir. Les salades que produit Combagroup à Yverdon selon la technique aéroponique (aeroponics), dont on peut faire varier le goût à la demande en modifiant la couleur de la lumière ou la composition du brouillard nutritif, qui recycle la chaleur des villes et n'utilise pas un gramme de terre, démontre que la sécurité alimentaire est une équation technologique.

    Infrarouge aurait pu montrer aussi la fabrication de blancs de poulet et de mayonnaise artificiels, les hamburgers d'insectes et d'autres techniques de production alimentaire qui n'ont plus rien à voir avec l'agriculture.

    La votation du 24 septembre sur la sécurité alimentaire a paru soudain anachronique et destinée surtout à protéger les exploitations traditionnelles agricoles telles que celles que nous montrent les spots publicitaires à la télé. Les Suisses vont sans doute voter oui à ce mythe qui ne devrait plus être rangé au rayon de la politique agricole ou de la production alimentaire, mais à celui du tourisme, de la sauvegarde des chefs d'œuvre en péril ou de Demain, c'était mieux avant. 

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  • Les Genevois n'ont pas l'audace des Danois

    incinerateur copenhague.pngEn lisant le dernier Sciences et Vie, je suis incidemment tombé sur cette image. Il s'agit de la future piste de ski de Copenhague que la star internationale de l'architecture du pays a conçu sur le toit de la nouvelle usine d'incinération de la capitale danoise. La chose avait déjà trouvé quelques échos quand le projet a été lancé en 2010.

    L'usine, qui est au cœur de l'Amager Resource Center, a été ouverte cette année, la piste de ski, le mur de grimpe géant et d'autres équipements devraient suivre en 2018 *.

    Un petit tour sur le site internet de BIG, l'acronyme de Bjarke Ingels Group (qui porte bien son nom et a un bureau à New York et à Londres), en dit long sur l'audace du maître des lieux et des autorités danoises qui lui ont donné leur feu vert. 

    A Genève, ça fait pas mal de temps que l'Etat et les SIG planchent en catimini sur Cheneviers IV, qui devrait voir le jour en 2023(?). Pas de piste de ski ni de geste architectural en vue (pourtant le Rhône et le lac de Verbois aurait pu allumer le feu de l'imagination). Guère de débat public non plus sur cette usine perdue au bord du Rhône, sans connexion ferroviaire.

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  • De la libération des lapins au méchant glyphosate

    lapin-clapier.jpgOn meurt de faim, rarement de gloutonnerie et encore moins de malbouffe (sino, les Occidentaux ne vivraient pas si vieux que ça en devient un problème de société). L'air du temps (l'ère du Verseau?) est à la libération des lapins de leur clapier-prison et au régime vegan, l'une et l'autre lutte ayant partie liée nous a appris récemment Julie dans la Julie. Ainsi va l'humeur du monde d'ici qui a peur de mourir ayant perdu la foi en la vie éternelle. 

    Le veganisme est une religion qui ne fait de mal à personne, sauf éventuellement à ses adeptes (et à leurs proches, car l'exclusive force ceux-ci soit à adopter le même régime soit à cesser de fréquenter ceux-là) et temporairement à la filière animale.

    Une mode ou une tendance durable, s'interroge un des mes confrères fine gueule?

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  • Place des Volontaire: densifions la ville, verdissons les toits!

    usine volontaire.JPGJe suis sur la terrasse du Volontaire, le bistrot temporaire de la coopérative La Ciguë. L'Usine sur ma droite, quatre niveaux sur rez, la rue de la Coulouvrenière en enfilade que ferme à l'horizon un bâtiment bas (au passé industriel sans doute aussi). De l'autre côté du fleuve, le vaste ensemble des rives du Rhône, qui a remplacé les taudis d’antan, donne une touche de modernité à la colline de Saint Jean naissante, où il s'adosse. Sur six à douze étages.

    Pourquoi, me dis-je in petto, ne pas construire deux niveaux ou trois niveaux de plus sur la ci-devant Usine, tout en verre et un toit plat par dessus, engazonné et ouvert aux adeptes de la nature en ville?

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