Pays, paysans - Page 11

  • La guerre des graines et la liberté des paysans

    image.jpgFrance 5 a diffusé ce soir La guerre des grains un document genre "Le monde selon Monsanto", très dans l'esprit "Les multinationales affament le monde, ne pensent qu à leurs profits, tuent la biodiversité, manipulent les élus pour qu'ils votent des lois à leur avantage".
    L'émission montre donc les résistants à ce monde infernal, telle une agricultrice bien dans ses bottes qui a décidé de resemer ses propres graines de mais ou ce paysan qui marche dans un champ de blé caressant des épis de toutes hauteurs, où, nous dit-on, prospère une centaine de variétés de froment dont une qui serait aussi vieille que l'humanité et dont la diversité est une garantie pour le paysan et donc pour la planète d'échapper à la perte de sa récolte en raison des maladies. On se demande ce qui a bien pu provoquer les famine d'antan. Le paysan tirerait son épingle de la botte de foin en se faisant boulanger - on le voit pétrir la pâte à la main - puis commerçant.

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  • Fooormidable!

    "Fooormidable!", chante Stromae. Tout le monde dit "Fooormidable!" Fooormidable la renaturation de l'Aire! 70 millions pour creuser une nouvelle rivière sur un peu plus de 4 kilomètres. Manque pas d'air les Genevois, 15 millions le kilomètre!Qui dit mieux! En  prime, on conserve le vieux canal du temps des passion en l'obstruant des deux tiers. A l'époque, rappelle l'ancien président du Conseil d'Etat, Jacques Vernet, 88 printemps le 17 mars dernier, l'Etat avait cassé sa tirelire pour ouvrir des chantiers populaires, histoire de ne pas laisser les chômeurs dans un complet dénuement.

    Autre temps, autre calcul, autres priorités!

    Au fait, combien de cycles d'orientation, on peut rénover avec 70 millions de francs? Les Verts et tous ceux qui votent avec eux n'ont-ils pas détourné de précieux investissements des écoles?

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  • Du lait genevois... Qui est le dindon?

    Buvez local! Les vignerons genevois ont transformé l'essai et donné du corps au slogan de l'autarcie et de l'authenticité, les deux mamelles de la bienpensance actuelle. Leur blanc qui était juste bon naguère, à quelques notables exceptions près, à couper le vin valaisan et le vaudois ou à être servi en décis sans étiquette, s'impose depuis un ou deux lustres sur la table des meilleurs restaurants du cru. 

    L'autre nectar de la nature, qui vous bâtit un Suisse aux bras noueux et aux tibias d'acier, va désormais afficher ses origines. Enfin les Genevois vont pouvoir boire du lait genevois. Rien de bien révolutionnaire. Depuis quelques années déjà, une brique familiale de 3 litres  est commercialisée dans les commerces spécialisés sous le label GRTA. Ira-t-on demain en pèlerinage sous le pis des vaches comme on va aujourd'hui s'abreuver au guillon des caves ouvertes? 

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  • 500 mètres de ville en plus: trop tôt, trop tard!

    500 mètres de ville en plus s'invite - maladroitement - dans le débat du 9 février sur la densification des zones de développement, ces zones que les urbanistes des années 30 à 50 ont dessinées autour de la vile de Genève et de quelques villages, prévoyant d'un avenir et d'une croissance qu'on ne craignait pas alors.

    500 mètres de ville en plus a toujours milité pour un pont routier et ferroviaire au-dessus de la rade, un projet très actuel. Il pourrait devenir un contre-projet à l'initiative UDC qui elle veut un tunnel entre le quai Wilson et le Port-Noir. Il s'inscrit un peu en amont de cet axe, bien plus près de la Ville que la traversée du lac entre le Vengeron et Collonge-Bellerive, que le TCS soutient désormais, lui qui a longtemps milité pour le tunnel ressuscité par l'UDC. Le Grand Conseil genevois doit décider s'il lui oppose un contreprojet auquel cas la commission aura encore un an pour en définir les contours.

    Pas sûr que le pont de fer de 500mdv+ contribue à la sérénité des débats... Une fois encore, la coalition des non, des décroissants, des muséophiles va l'emporter, au grand bonheur de tous les mikados qui peuplent notre parlement et qui ne représentent plus que 60% des habitants de Genève - les autres sont privés des droits civiques - et moins de 50% de ceux qui y travaillent...

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  • La mort de Martine à la ferme

    temps presents.jpgL'Union suisse des paysans*, la Migros, la Coop, Lidl, toutes ses entreprises qui nous veulent du bien répètent en boucle la même image de la paysannerie suisse, celle de Heidi, de Barry et de Jean, de Martine à la ferme. Point d'odeur, point de bruit de cloche ou de rugissement des machines, au contraire: des pépiements d'oiseaux, de vertes prairies, des potagers gras et généreux, des animaux propres comme des peluches, des poules qui ont le sourire aux dents comme disait ma grand-mère Camille.

    Patatras! Voilà qu'une bande de journalistes s'en va traîner ses baskets et ses caméras dans les arrières-cours et ramènent un reportage qui fait froid dans le dos. Oui, chers téléspectateurs, la pub vous ment, voilà la vérité: Martine à la ferme se meurt!

    Que la pub mente, on le savait, encore que, s'agissant de la paysannerie, la nostalgie du jardin du paradis nous incite volontiers à croire que la vie à la campagne en est l'antichambre et que les grandes surfaces en sont la salle d'attente.

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  • Promenons-nous dans les bois...

    Quand elle enclenche son feu bleu et sa sirène, la police peut ignorer les lois de la circulation, brûlés les feux rouges et griller les stops. Point de discussion ni de votation ni de juge pour ralentir l'action des forces de l'ordre.

    Quand l'Etat prend enfin ses responsabilités et se décide à construire une nouvelle prison, point de feu bleu ni de sirène, il suffit d'un avocat avisé mobilisé par des riverains courroucé pour bloquer le projet. Un juge à sifflé un arrêt de jeu. La construction de la nouvelle prison détruirait un petit bois. Un crime sans doute qui vaut bien de stopper le chantier quelques mois et plus peut-être. Sacré bois!

    Sacré Suisses, qui à la fin du XIXe siècle ont sanctuarisé leurs forêts qu'ils avaient presque rasées pour se fournir en bois d'œuvre et en combustible. Depuis la forêt n'a cessé de croître. Laisser un terrain à l'abandon et en dix ans, il devient forêt protégée par la loi qui interdit de l'abattre sans reconstituer le bois dans la même région. Une loi absurde. Une loi qui bloque aujourd'hui la construction d'une prison.

    En appliquant le droit à la lette le juge ne sert pas l'intérêt commun.

  • Séralini: l'étrange silence de la presse romande

    souris séralini.jpgSéralini, vous vous souvenez? C'était il y a un peu plus d'un an. Les images ont fait le tour du monde. Le ramdam (buzz) a été exceptionnel. Des souris boursoufflées, remplies de tumeurs. Qu'avaient-elles mangés ces vingt souris? Elles avaient été bourrées au mais OGM Monsanto. Enfin on tenait le coupable! Très vite, des critiques ont élevé la voix à propos d'une étude dont les fondements scientifiques étaient peu solides. La presse s'en est fait l'écho, mais les images des pauvres souris torturées sont restées gravées sur nos rétines.

    Depuis ces critiques n'ont cessé de se multiplier. Dans l'indifférence des médias qui étaient déjà sur d'autres actualités. Le 28 novembre 2013, la revue Food and Chemical Toxicology, qui avait accepté de publier le papier de Séralini et de son équipe, a retiré, fait exceptionnel, l'article de sa collection, après que le chercheur eut refusé de le faire lui-même.

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  • La citrouille de l'Hôtel de Ville

    IMG_4912.JPGUne belle grosse courge, en habit vert, bien joufflue, posée sur un trépied, trônait hier soir au milieu de la Cour de l'Hôtel de Ville, dépassant juste les têtes des Genevois, pas très nombreux, qui avaient répondu à l'apéritif impromptu de départ des cinq conseillers d'Etat sortants: des hauts fonctionnaires, des députés, des journalistes essentiellement, les proches des élus qui ne le sont plus, quelques badauds perdus... Et emmitouflés, mais heureusement épargnée par la bise et la neige qu'on annonçait.

    Pourquoi diable avait-on placé cette courge là? Les gens interrogés sont restés sans réponse? Un député avança, sous couvert d'anonymat, qu'un malicieux avait sans doute exposé cette courge là pour signifier à l'assistance qu'il ne faut pas l'avoir trop grosse...

    La courge est-elle en voie de se substituer au jet d'eau pour illustrer Genève? Qu'on en juge!

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  • Qui est de Flue today?

    flue.jpgComment se partager le butin du Téméraire? De quoi vivre quand on a que ses muscles et son courage pour tout capital? Comment partager le pouvoir? Comment ne pas être corrompu ou corrupteur? Ce sont des questions qui émergent de l'épisode deux de la série Les Suisses, que je viens de visionner.

    Bien meilleur que le premier à mon goût. Plus de crasse, plus de sang, plus de sens aussi. Parce que les enjeux de cette fin de XVe siècle nous sautent à la figure et ne sont au fond pas si différents que ceux qu'affrontent la Suisse et l'Europe aujourd'hui. La prospérité, le pouvoir, la bonne gouvernance.

    A l'époque, confessent les historiens, dont les interventions s'insèrent mieux dans la reconstitution des événements, Nicolas de Flue, un saint vivant, attesté par Rome, a offert aux Suisses un compromis, les épargnant d'une guerre civile entre les artisans et commerçants des villes et les paysans chasseurs des campagnes. Tous libres mais pas tous égaux, car l'égalité ne saurait être réelle quand les uns habitent dans des maisons de pierre et font parfois commerce de chair humaine, quand les autres crèvent la dalle et ont peu d'autres choix que de s'engager dans les armées étrangères. Mercenaires.

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  • Zut, la science devient incroyable!

    the economist science oct 2013.jpgDans une note récente, j'évoquais le mot prêté au patron de presse Pierre Lazareff, directeur de feu France Soir! qui n'hésitait pas à dire qu'une information fausse faisait deux informations, la fausse et sa rectification. Un jour plus tard, l'hebdomadaire britannique The Eonomist, que je télécharge deux jours avant sa parution en kiosque, fait sa une sur la science qui ment et qui ment de plus en plus, en pensée, en parole, par action et par omission, comme on disait autrefois (n'est-ce pas Anastase!).

    Le mal ne frappe pas que les sciences molles dont les résultats sont difficilement reproductibles mais aussi les sciences dures comme les biosciences, assure The Economist dont le long article, désormais publié sur le net sous le titre How science goes wrong, cite plusieurs sources. Amgen, par exemple, a constaté que seulement 6 de 53 découvertes sur le cancer étaient en fait reproductibles. Or que vaut une science, donc une connaissance, que l'on ne peut pas expérimenter?

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  • Le coup de pouce des patrons genevois aux Verts

    Même avec le retour probable de sa frange anticapitaliste, la gauche ne rêve plus de remporter la majorité au Grand Conseil qu'elle détient en vile de Genève et dans quelques autres communes, la faute aux Verts qui pourraient perdre quelques plumes le 6 octobre prochain.

    Certes le canton n'est pas à l'abri d'un tremblement de terre politique suivi d'un tsunami qui pourraient emporter le PDC et plus sûrement l'UDC, deux partis menacés de passer sous la barre du quorum haut placé à 7%. Encore que le meurtre d'Adeline et le cafouillage institutionnel du trinôme prison-santé-justice, que ce drame révèle au grand jour, risquent de donner un petit coup de pouce aux extrêmes. Pas de quoi pour autant justifier un report des élections comme le suggère le PLR Thomas Barth.

    Combien de plumes vertes en moins: 2, 4, 6, le 6 octobre?

    Les Verts mûrissent, votent tantôt à gauche en matière sociale, tantôt à droite en matière fiscale. Quelques-uns sont séduits par les Verts'lib à qui l'on donnera au mieux 5% des voix. Les Verts sont aussi handicapés par des messages contradictoire sur le réchauffement climatique, la ras le bol des Genevois face au catéchisme de la nouvelle bien bienpensance et l'énervement croissant face à une mobilité de plus en plus immobile, sans compter les derniers coups opportunistes de leur conseillère d'Etat en perdition: le retour du tram 18 et la diffusion d'un tract promettant la grande traversée du lac vers 2030.

    Justement la traversée, leur ennemi public numéro un, voilà que les patrons ressortent des cartons les deux projets - le pont et le préfinancement privé public - pour lesquels Philippe Joye s'est battu pendant dix ans face au désert moutinien et à la naïveté mullerienne.

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  • Penser l'information plutôt que la réalité... Diable!

    pomme.jpgLa physique fondamentale, de Démocrite au boson de Higgs, nous donne-t-elle à voir la réalité vraie de la matière? Dans une série d'article rédigés à l'occasion de son centième anniversaire, la revue Science et Vie répond non. Le réel est insaisissable, car l'observateur influence ce qu'il regarde.

    Chacun sait qu'un amoureux qui regarde son amoureuse ne voit que ce qu'il veut voir, idem pour l'amoureuse, l'amour transformant un instant l'apparence de l'un pour l'autre. Et que l'amour prend des accents diaboliques dès lors que l'un ou l'autre viendrait à psychanalyser cette relation ou son objet. En physique, c'est la même chose.

    Que reste-t-il à dire et à gloser?

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