Affaires municipales - Page 9

  • 36 millions pour des prunes (à l'alcool)

    poire à l'alcool.jpgÇa fait combien de décennies pour ne pas dire de siècles et même de millénaires qu'on conserve des fruits et toute sorte d'autres choses dans l'alcool? Qui n'a pas dégusté des cerises à l'eau de vie? Qui ne s'est pas étonné de voir une poire plus grosse que le goulot nager dans la williamine? Qui  n'a pas admiré le bateau en bois habilement glissé dans la bouteille de gnôle? Qui n'a pas eu un haut le coeur en voyant un cerveau ou un crapaud conservé dans l'alcool ou le formol?

    Et bien voilà que Genève veut/doit dépenser 36 millions pour sécuriser les conserver du Museum, nous dit ce matin mon journal préféré. On se pince et on se dit que le principe de précaution et les règlements concoctés en chambre n'ont pas fini de creuser la dette des collectivités publiques et de priver les pauvres de leurs subsides, les élèves des professeurs et les malades des soignants. Car ces 36 millions devront bien être pris quelque-part.

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  • Barthassat et lui-même, Maudet et Köppel: com, com

    barthassat maudet 2.jpgDans le creux informationnel du mois de juillet, tous les médias en ont parlé. Barthassat est le premier membre d'un gouvernement suisse à répondre en direct sur Facebook aux questions savamment filtrées par un de ses sherpas chargés de com. Le contenu que le ministre de l'Environnement et des Transports relaie sur sa page du grand réseau au milliard et demi d'amis, où il a téléchargé 17'500 photos, et sur deux pages dédiées est sans importance. Bien rodée, la langue de bois tourne en boucle. Dans la com, c'est la forme qui compte.

    Maudet se fait, lui, bien plus discret. Très en vue lors de son accession au Conseil d'Etat en juin 2012, le "politstar émergeant de la Suisse de l'ouest" (comme l'écrit cette semaine le réd en chef de la Weltwoche), qui allait faire marcher droit la maréchaussée, s'est cassé les dents sur les rigidités syndicales d'un corps de fonctionnaires, qui sait, mieux que tout autre, faire entendre ses humeurs ronchonneuses. Il travaille à son rythme. Il défile dans la rue à la moindre déconvenue. Il dispose d'un syndicat puissant qui a cousu son statut du personnel à sa guise ou presque. Il a des relais nombreux au Grand Conseil. Peu de travailleurs peuvent en dire autant.

    Or donc, Maudet ne se répand pas sur les réseaux sociaux. Son blog "En action" (ça sonne comme "En marche" de Macron) est coi depuis le 10 février dernier. Sur Twitter, @Pierre_maudet est vide, #maudet ne renvoie qu'à quelques articles de presse. Même atonie sur Facebook. On apprend cependant, dans la Weltwoche de cette semaine, que le ministre de l'Economie et de la Sécurité entretient tout de même ses réseaux. 

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  • Au bar PMU "Le France", Salvan, Munich et François Lavergnat

    image.jpegJadis, la frontière entre la commune de Compesières, qui devint genevoise et suisse en 1816 (trois jours de fête durant le prochain Jeûne Genevois) et celle de Collonge-sous-Salève, qui, elle, demeura savoyarde, partie du royaume de Piémont Sardaigne, avant de devenir française en 1860 et frontalière depuis que Geneve draine près de 100'000 travailleurs d'un même bassin d'emploi, mais non résidents dans le canton...  Jadis donc, la frontière passait le long de la route d'Annecy.

     

    Deux tiers du village de La Croix-de-Rozon étaient donc sur le territoire de Collonge. Aucune maison n'existait en 1816. Il est devenu de part la volonté du Grand Conseil genevois qui déclassa quelques hectares (bien moins que dans d'autres lieux) le plus gros village de la commune de Bardonnex, elle-même née du divorce de Compesières d'avec Perly en 1821 et du divorce d'avec Plan-les-Ouates en 1851...

     

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  • Promenons-nous dans les champs... Bardonnex, Urba-Plan & Cie

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    On peut voir le verre à moitié vide ou à moitié plein. En ouvrant à la consultation des habitants de Bardonnex, du 1er juillet au 2 août, le Plan directeur des chemins pour piétons et le schéma directeur du réseau cyclable - un pavé de 80 pages, dont 40 au moins ne sont que des copier coller d'études similaires - le maire compte soit sur les loisirs de ses concitoyens pour collecter leurs avis, soit sur leur somnolence estivale pour passer l'affaire comme chat sur braise. Quelques remarques donc:

    Combien coûte cette étude aux deniers publics à l'heure où l'on ne cesse de nous dire que l'argent manque (ce qui est faux mais bon)? 10'000 fr? Plus? L'information ne figure nulle part.

    Quel est le cahier des charges qui a guidé les ingénieurs du bureau Urba-plan? D'où viennent les propositions qui figurent dans le rapport? De la mairie, du Conseil municipal ou du cerveau des experts?

    Combien coûte la mise en œuvre de ces propositions? Existe-t-il des plans B? Urba-Plan est assez malain pour réserver le chiffrage a une deuxième étude, n'en doutons pas.

    On regrettera aussi de graves lacunes dans l'exposé de l'existant. 

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  • Schaffhouse vote pour moins de communes

    image.jpegLes Schaffhousois de la ville ont voté dimanche majoritairement pour réduire le nombre des communes dans le canton. Ce sont les seuls. Toutes les autres communes ont refusé la proposition d'un maire PLR qui ne manquait pas d'audace et leur proposait même de supprimer complètement les communes. Sans surprise, cette alternative n'a pas fait le poids. 

    Il faudra donc remettre l'ouvrage sur le métier. Rares en effet son les réformes qui passent la rampe du peuple qui se range volontiers derrière l'adage: vaut mieux un tiens que deux tu l'auras. Ainsi Kanaan n'est pas de Gaule. Il ne démissionne pas parce que son MAH version Nouvel a été balayé. Le ministre s'incline devant la majorité des 46% des votants qu ont bien voulu voter et rappelle qu'il a fallu deux votes avant d'ériger le nouveau MEG.

    A Genève, les articles  le président Longchamp a renvoyé au Grand Conseil, la semaine passée, la loi sur les fusions de communes. Elle est passée inaperçue. Et l'incitation est un susucre.

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  • Genevois, c'est le moment d'avoir de l'audace?

    mah projet patrimoine suisse.jpgTrois choses sur le Musée d'art et d’histoire:

    C'était un scandale que seuls les citoyens de la Ville de Genève et les étrangers titulaires du droit de vote communal votent sur le plus grand musée de Suisse (pas le meilleur ni le plus beau), d'autant que selon la péréquation financière actuelle, les habitants des autres communes paient plus de 20 millions d'impôt net à la Ville.

    C'est une leçon à retenir et pas seulement pour la Ville de l'obsolescence de notre système démocratique qui fait voter les citoyens sur un paquet ficelé plus de 20 ans après les premières études de rénovation. Il va falloir apprendre à utiliser les réseaux sociaux pour inventer la démocratie du XXIe siècle.

    Ce vote négatif est en effet, comme le dit le comité référendaire, une chance extraordinaire pour Genève. la chance de basculer dans le XXIe siècle de l'architecture et de la muséographique qui ne saurait se confondre avec la préservation du patrimoine en général et du MAH en particulier dont la pompe sied mal à un temps où l'Etat doit se faire modeste.

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  • Canton sans commune: Ah, si Genève pouvait s'inspirer de Schaffhouse!

    schahouse carte.pngIl y avait eu le précédent de l'initative des jeunes à Glaris. Bientôt dix ans déjà. Un dimanche du mois de mai 2006, la Landsgemeinde avait décide à la surprise du pays, sidéré de tant d'audace dans cette vallée alpestre enclavée, de réduire le nombre des communes de vingt-cinq à trois.

    Dimanche 28 février, Schaffhouse, minuscule presqu'île suisse en terre allemande, vote pour la suppression de toutes ses communes. C'est, nous dit Le Temps, l'idée un peu folle d'un maire PLR. Comme quoi il ne faut jamais désespérer du grand vieux parti qui s’enorgueillit aujourd'hui encore d'avoir fait la Suisse moderne.

    Vous me connaissez, je ne peux que rêver d'un semblable rendez-vous démocratique à Genève, autre presqu'île suisse en territoire français, dont les 45 communes, fort hétérogènes, sont un héritage anachronique et coûteux du XIXe siècle.

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  • MAH: 165'000 citoyens et + privés du droit de vote

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     C'est proprement un scandale! Le Musée d'art et d'histoire n'est l'affaire que de 82'000 électeurs (plus les électeurs étrangers, établis en Suisse depuis plus de 8 ans, dont une majorité risque bien de s'abstenir le 28 février prochain. Et pourtant, comme beaucoup de Genevois, je paie mes impôts en ville de Genève aussi. Je suis donc concerné par l'avenir du MAH. Le Canton vient de décider d'investir dans la nouvelle comédie. Pourquoi ne finance-t-il la rénovation du plus grand musée de Suisse?

    Faut-il en déduire que le MAH n'est qu'un musée municipal, une bâtisse sans grâce du XIXe siècle, juste bonne à diviser le pouvoir, qui ne mérite pas de survivre et encore moins d'être rénové à grands frais mais qu'il faut, selon les opposants au projet Nouvel-Jucker-Gandur-Kanaan, conserver sans le défigurer? 

    On mesure dans cette votation combien l'héritage des frontières communales du XIXe siècle est obsolète et archaïque. Un véritable déni de démocratie donc, dont sont responsables tous les politiciens du Canton incapables depuis une ou deux générations de donner à Genève les habits institutionnels neufs.

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  • Les Bardonnésiens paieront 208'000 francs d'impôts de plus en 2016

    image.jpegLes Bardonesiens paieront donc 208'000 francs d'impôts de plus en 2016. C'est écrit noir sur blanc dans le procès-verbal de la séance du Conseil municipal du 17 novembre mis en ligne sur le site de la commune juste avant Noël, bien trop tard pour que des citoyens ne lancent un référendum contre cette hausse d'impôt sans fondement.

    Pour mémoire, les budgets juste équilibrés de ses dernières années ont toujours menti. Par pessimisme! Les comptes ont en effet toujours fait apparaître des excédents de revenus de plusieurs dizaines et même centaines de milliers de francs, de quoi constituer une réserve de plusieurs millions de francs au bilan. 

    Pourquoi ne pas puiser dans ce trésor de guerre sans intérêt avant de lever de nouveaux impôts? Les réserves accumulées permettent de tirer 200'000 francs pendant 15 ans...

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  • Genève et le bon sens...

    grand theatre.jpgLes Genevois - la majorité encore à la Mairie de la Ville en particulier et ses soutiens, mais pas qu'eux - adorent donner des leçons de droit-de-l'hommisme au monde entier. Après les déprédations de samedi dernier, les voilà cois. Enfin pas vraiment. C'est la faute à la police, entend-on dire, à gauche comme à droite, qui n'aurait pas arrêté les fauteurs de troubles, comme on trie l'ivraie du bon grain, et laissé les braves manifestants de la Culture poursuivre leur dénonciation des "forces réactionnaires qui comptent leurs sous". ça ne manque pas de piquant venant de milieux qui ne cessent de critiquer les budgets de la sécurité et tiennent les policiers pour de dangereux empêcheurs de manifester. C'est une des expressions du bon sens genevois.

    La manifestation de samedi aurait-elle eu lieu si le Grand Conseil avait amendé et voté le budget 2016 du Canton? Et si, en Ville de Genève, la droite n'avait pas profité du budget pour manifester soudain un sens de l'économie qu'elle ne montre guère lorsqu'il s'agit de voter les lois? Il faut en effet rappeler que le budget n'est que l'expression financière des lois votées par les parlements. Si donc le budget déplaît au parlement, c'est à lui-même qu'il doit s'en prendre et non se défausser, comme l'a fait la majorité d'occasion Gauche-MCG. L’imbroglio est sans doute une autre manifestation du bon sens genevois.

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  • Bardonnex augmente les impôts

    IMG_9351.jpgPourquoi ma commune de Bardonnex, qui, à ma connaissance, n'a pas un franc de dette et détient même un bas de laine de quelques millions placés sans doute à zéro pour cent ou pas loin, augmente-t-elle les impôts de deux centimes en 2016? Le journal de la commune distribué ce jour n'en dit mot. L'information tient en une ligne, comme si elle était honteuse.

    Elle découle d'une décision prise par le Conseil municipal le 17 novembre. Ce même 17 novembre le Conseil a adopté le budget 2016 équilibré comme le veut la loi, qui prévoit des dépenses de 5,68 millions. A quoi serviront ces millions? Aucun détail n'est fourni. On sait juste que le maire et ses adjoints et les conseillers ont augmenté leurs jetons de présence. Quels sont les montants? Mystère.

    Et n'espérez pas en savoir davantage sur le nouveau site internet de la commune. Sous des abords chatoyants, Bardonnex.ch n'est tout simplement pas à jour. Le dernier rapport administratif date de 2004. Les derniers comptes de 2011. Et encore ceux-ci tiennent en trois lignes. On en tire tout de même une information clé. Alors que de 2009 à 2011, les budgets annonçaient des bénéfices de l'ordre de 10'000 francs par exercice, les comptes ont eux bouclé avec des excédents de revenus moyens de 300'000 francs par an. Le tout avec un taux d'impôt de 40 et 41 centimes.

    C'est un article paru ce lundi dans la Tribune de Genève qui m'a mis la puce à l'oreille à propos de la hausse des impôts de Bardonnex.

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  • Avully ouvre son presbytère vide à une famille de réfugiés. Que fait Bardonnex?

    compesieresavant 1900.jpgLa cure de Compesières est promise à devenir une extension de la Mairie de Bardonnex.

    Outre que l'emprise de cet espace vital me paraît discutable compte tenu du rôle de plus en plus congru que jouent les communes à Genève et que son acquisition par la municipalité viole la lettre constitutionnelle (article 218), sinon l'esprit de l'inaliénabilité (sans doute contestable) des biens curiaux (les biens des églises que la République radicale avait nationalisés avant de les leur restituer en 1907), on pourrait imaginer une destination plus ouverte au public du château de Compesières, comme celle d'accueillir le musée des Suisse à l'étranger qui doit quitter le domaine de Penthes et de créer, à Compesières, le musée des migrations (celles des Suisses en terres étrangères et celles des étrangers en Suisse).

    Un tel projet aurait de quoi séduire un mécène. Tout près de l'ancienne commanderie propriété de l'internationale des chevaliers de Malte jusqu’à la révolution française (lesquels y tiennent encore un musée), vit un riche étranger, dont j'ai lu dans la revue des 300 plus riches de Suisse que Bilan vient de publier, qu'il a renoncé à son statut de réfugié fiscal pour devenir un bon et loyal contribuable genevois et de l'ancienne commune de Compesières.

    Cette introduction pour dire que la cure de Compesières pourrait facilement accueillir une ou deux familles de réfugiés durant quelques mois, sans mettre en péril le projet du maire. Le maire d'Avully vient, nous apprend la Tribune de ce jour, d'ouvrir l'ancien presbytère à une famille de requérants.