Médias - Page 2

  • Toute vérité n’est pas bonne à dire

    992DB15E-AE30-482B-9773-55DBD67FD3B2.jpegIl y a 15 ans, Twitter lançait son premier gazouilli. Il y a 16 ans, Facebook collectait ses premiers amis. Ils sont plus de deux milliards aujourd’hui, à bavarder gentiment mais aussi à cracher leur venin dans leur bulle respective. Il y a 14 ans, la Tribune de Genève lançait, conjointement avec 24 Heures, son forum des blogs. J’en fus le besogneux animateur, tout à la fois promoteur convaincu de cette nouvelle liberté d’expression et superviseur très retenu des billets ou commentaires, quelques fois nauséabonds, fort peu nombreux quoi qu'on en dise mais c'est comme les accidents sur le canal de Suez, les faits divers retiennent l'attention et inspirent même les belles âmes sur le monde qui va.

    Ainsi en est-il des journaux qu'à force d'annoncer les seules nouvelles qui font du chiffres, ils finissent pas donner à voir un «fake monde», un monde de problèmes plutôt qu'un monde de solutions.  Un navire géant qui se met en travers du canal de Suez fait plus parler de lui que les milliers qui le traversent sans encombre. Ainsi va l’actualité. Le petit jardin des blogs de la Tribune n'a pas échappé à ce travers quoiqu'on y trouve aussi des poèmes.

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  • Genève sans commune mesure

    154C16D2-D2AE-438A-A25A-4BEBB3D5AF1A.jpegL’étude de Pascal Sciarini commandée par Thierry Apothéloz, ci-devant ministre de tutelle des communes genevoises, pour savoir pourquoi un des 924 élus sur cinq jetait l’éponge avant la fin de la législature a fait un flop médiatique. Face au Covid, il faut bien s’appeler Trump ou Biden ou être la neige ou le loup chez nous pour faire la une, même de la presse locale.  La réponse qu’on connaissait depuis longtemps tient en deux mots: impuissance et frustration. Et la réponse du ministre vaut son pesant d’immobilisme: formation et encadrement.

    Pour le ministre socialiste, c’est sans doute trop que de se demander si 45 communes pour un demi-million d’âmes dans un canton confetti, qui n’en a plus (d’âme ni même d’esprit de Genève), ne sont pas de trop - un confetti découpé en 45 morceaux inégaux, vous l’appelez comment? Un nanoconfetti? 

     

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  • Twitter censure Trump. A tort

    BA6B1891-2C35-40AF-B9BF-DF910080D92A.jpegOn dira que la pression était forte, mais la décision de Twitter (88 millions d’abonnés au fil Trump) et de Facebook (35 millions d’amis) de couper le fil privé du président Des Etats-Unis est problématique. Déjà des experts qui croient que le monde sera meilleur parce que les hébergeurs seraient des éditeurs claironnent leur victoire, ajoutant que les réseaux sociaux ont trop tardé à policer les autoroutes de la communication. Que dirait-on si un opérateur téléphonique coupait semblablement le fil ou si un concessionnaire d’autoroute interdisait l’asphalte aux chauffards?

    L’interdiction et le bannissement sont évidemment possibles, parfois souhaitables voire nécessaires. A condition qu’ils soient prononcés par des autorités publiques. Tel n’est pas le cas. Couper le sifflet à Trump, c’est contraire à l’ordre libéral et démocratique. La Chine et la Russie ne s’y sont pas trompées, qui s’esbaudissent et se rengorgent. 

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  • Bonne année, bon blog!

    2021.jpgRetard à l'allumage? Pourquoi le 1er janvier ne conïncide-t-il pas avec le solstice d'hiver? Outre que ce 1er janvier n'a été imposé à tous les quidams en pays catholique qu'en 1622 - Genève, pays protestant, ne s'est mise à l'heure du soleil qu'en 1701 - ce jour de l'an neuf tombe dix jours après le début de l'augmentation de la durée des jours dans l'hémisphère nord.*

    Y aurait-il quelque chose à voir avec la durée des jours? Peut-être. Le jour raccourcit inégalement, rappelle à Noëlle le site étoile-des-enfants.ch.  Ce n'est que le 26 décembre que le jour commence à grappiller à nouveau de la lumière: le matin. 

    Un rapport quelconque avec la naissance de Jésus un jour plus tôt, dans l'instant où le temps est étale? Peut-être. Une semaine plus tard, le divin nouveau-né est circoncis. Et c'est le 1er janvier. Aujourd'hui c'est la 2021e** années  de l'ère commune du calendrier, une année proclamée par l'ONU en septembre 2019 année de la paix et de la confiance.

    Bonne année!

     

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  • Dagobert (Scrooge) Supino

    supino heidi.jpgLa série Tamedia Papers, que le média en ligne genevois Heidi.news consacre à la pale copie d'un citizen kane de Zurich, le ci-devant Pietro Supino, et à son empire, TX Group (tout petit empire en regard des monstres médiatiques que sont bien d'autres éditeurs publics ou privés à l'étranger, mais néanmoins grand en Suisse et cupide nous dit-on), la série donc fait l'objet d'une publication concomitante traduite dans Republik.ch, un jeune média en ligne zurichois, plein de cette fougue, de cette énergie de ces idéaux, que le journalisme, le vrai, le pur, l'indépendant, le tenace peut faire un monde meilleur*. 

    Un petit tour sur Republik.ch me persuade d'une chose que je savais déjà. Le débat citoyen à visage découvert est plus vif en Suisse allemande que de ce côté-ci de la Sarine. 

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  • Heidi David vs Tamedia Goliath

    heidi tamedia coninx.jpgQuel dieu gouverne la main de Heidi.news? Après "Au coeur de la complosphère", une longue immersion d'un jeune Pangolinman* dans une bande de complotistes romands, dont une enseignante genevoise, fans du prof Raoult et du blogueur Michel - une enquête diversement appréciée - et une autre, "La révolution des toilettes", sur l'hygiène et les ressources que sont nos déchets intimes, la jeune pousse de la banlieue est de Genève, prochainement rattachée au journal Le Temps, a envoyé ses fins limiers explorer l'empire Coninx, du nom de la famille zurichoise qui détient et gouverne TX-Group dont le navire amiral Tamdedia est le premier éditeur de journaux en Suisse. 

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  • Cœur à cœur me sort par les oreilles

    coeur à coeur.jpgLe saviez-vous? Today is the Giving Tuesday. C'est une newsletter de l'Eglise catholique  de Genève qui me l'apprend. Le courriel précise: Cette journée internationale, créée en 2012, a pour objectif simple d’encourager les gens à faire du bien. La plus simple manière est de faire un don*. Dans le calendrier, le 1er décembre, c'est aussi la saint Eloi, ministre des finances du roi Dagobert I, celui de la chanson, orfèvre de métier, leur patron, celui des maréchaux-ferrant et, dans l'armée, du matériel.

    Créé en 2012 pour récolter les miettes du Black Friday, le Giving Tuesday a forcément son site Internet, powered by Swissfundraising, qui a lancé la version suisse de cette Journée internationale de quête.  

    Notre chère RTS n'en parle pas car elle a sa propre opération Coeur à coeur, dont elle nous rebat les oreilles avec ses promos maison insupportable. 

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  • "Nous avons fait le choix d’espérer"

    yves combeau.jpgLa covid a plongé l'Occident dans la peur. La peur de mourir. Certes le fléau fauche des vies, surtout des vies de gens qui ont déjà bien vécu et qui parviennent à des âges où la mort est une échéance... naturelle. Ailleurs, la mort est encore fréquente à tout âge, notamment à la naissance, quand ce n'est pas la mère qui est emportée. Nous en Suisse - qui consacrons presque 12% de notre richesse à la maladie, bien plus qu'à notre alimentation, avons réduit presque à néant le risque de mortalité. A force de connaissance, de savoir faire, de technologie, de soins et d'hygiène. C'est l'accident - fatalité ou risques pris - qui vient d'ailleurs en tête des causes d'hospitalisation (StatistiqueSuisse). 

    En comparaison, les francs que nous consacrons à la promotion de la santé, notamment à nous nourrir sainement, sont une piètre fraction des dépenses de traitement, de réparation et de maintien en vie (au début comme à la fin): plus de 80 milliards par an.

    Et pourtant la mort survient. De plus en plus souvent au terme d'une lutte douloureuse, angoissante, ponctuée de rémissions plus ou moins longues, plus ou moins heureuses.

     

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  • Harcèlement et jeux d'enfants

    alexis favre covid.jpgMercredi 11 novembre. Ce jour de la Saint-Martin et de l'armistice a vu le soleil percer la grisaille. On suit d'un regard distrait l'émission Infrarouge du sémillant Alexis Favre, au titre bien alarmiste "Covid, le crash sanitaire?". Son point d'orgue nous fait lever le sourcil. Dites-nous Alexis, pourquoi ne pas avoir parlé ce soir des cas de harcèlement à la RTS?

    La question paraît plus que téléphonée. Elle permet au brave Alexis un peu emprunté tout de même d'expliquer que la RTS n'est présentement pas le meilleur média pour débattre de ce sujet, qu'elle n'a rien caché de la situation - sauf que sans l'enquête du journal Le Temps, rien ne serait sans doute sorti - que des enquêtes sont en cours et que, promis juré, Infrarouge ne reculera pas si les résultats de ces enquêtes soulèvent des questions de portée universelle. Voilà! Candide est satisfait?

    Pendant ce temps, Le Temps ronge son os. Ce matin, il revient sur ces "dix jours du scandale sans issue visible" à l'occasion du retrait du chef de l'information, le temps de l'enquête.

     

     

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  • Hodgers, Crittin et le journalisme

    crittin hodgers.jpgChacun dans sa bulle. C'est une des critiques récurrentes que l'on adresse aux réseaux sociaux dont la technologie et le génie sont de nous offrir exactement ce que l'on cherche grâce à la géolocalisation et à la sociolocalisation. Deux facultés automatiques qui manquent cruellement à la presse traditionnelle, elle qui disposait depuis des lustres des données de ses abonnées et les a laissées en friche.

    Déjà, grâce aux algorithmes apprenants (improprement appelés intelligence artificielle), Google, Facebook et compagnie peuvent nous proposer des embryons de réponses toutes faites aux courriels que nous recevons. Ils dépistent nos humeurs en analysant notre voix, notre visage, les mots et tournures de nos écrits. Bref ils en sauront bientôt plus sur nous que nous-mêmes qui avons cette faculté heureuse d'oublier, de nous montrer plus beaux, plus sages, plus intelligents que nous ne sommes. Les bots vont nous renvoyer notre vraie image sans concessions et sans rien oublier de nos faiblesses et de nos lâchetés. Le diable n'est pas pire. 

     

     

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  • La renaissance du Journal de Genève?

    aventinus rachète le temps et Heidi.jpgLes banquiers privés renflouaient déjà le vénérable Journal de Genève jusqu'au jour où leur soutien disparut. Avec lui le plus vieux journal de Genève, dont on peut consulter les archives en ligne. Juste avant la fin du XXe siècle, on maria sa rédaction avec celle du Nouveau Quotidien, créé lui par Edipresse et Ringier, et c'est ainsi qu'advint Le Temps.

    Aujourd'hui Ringier vend Le Temps à la fondation Aventinus, présidée par François Longchamp, l'ancien et premier président durable du Conseil d'Etat genevois (le dernier aussi puisque les Genevois ont corrigé le plagiat vaudois des Constituants genevois en rétablissant le tournus annuel de la présidence). Sur le plan opérationnel, c'est Eric Hoesli, le premier patron du Temps, qui est à la manoeuvre. 

    Et Le Temps, augmenté du dernier né des médias d'ici, Heidi.news, migrera de Lausanne à Genève, deux quartiers jaloux l'un de l'autre de la métropole lémanique*. Pas en toute transparence, note l'ancien rédacteur en chef de feue La Suisse, Philippe Amez-Droz, ce midi sur la RTS (et dans la TdG): aucun chiffre, fait-il remarquer, ne figure dans les communiqués de presse. Que vaut Le Temps?

     

     

     

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  • Et maintenant la pluie. Vivement 21!

    bruno peki humoriste.jpg«De toute façon, le Covid est en train de bousiller ma jeunesse, alors autant bosser!» Bruno Peki, 21 ans, humoriste dans la Lettre de ce 2 octobre d'Heidi.news série "Sortir de la crise".

    Quand j'entends ce genre de plainte d'un beau jeune homme blond, bien mis, intelligent sans doute, et plein d'humour dit-on, je pense aux millions de jeunes de son âge, projetés en 1940 dans le plus effroyable conflit que la terre a porté et qui fut déclenché au cœur de l'Europe, au cœur de ce continent où tout l'art reflète les envies de l'homme libre et l'amour d'un Dieu cloué sur une croix et ressuscité. Et je me dis que la Covid, avec son million de morts, la plupart très âgés et souvent affectés d'autres morbidités, reste sans commune mesure avec d'autres tragédies. 

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