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  • La Tribune en 2017

    game of thrones.jpgAT&T (132 mia, 300'000 emplois) vient de racheter Time Warner (28 mia, 28'000 emplois) pour 86 milliards de dollars. Time Warner, c'est CNN, Time Magazine, The Voice, Game of Thrones entre autres. Entre nous, ça ne me dit rien ces milliards, sauf que le budget annuel de la Confédération atteint 67 milliards de francs).

    C'est un peu comme si Swisscom (11 mia, 21'000 emplois) avalait la SSR (1,6 mia, 6000 emplois). ça ne se fera pas car ces deux entreprises sont en mains publics et bardées de règlements.

    Ce que je retiens à ce stade c'est qu'aux Etats-Unis, les détenteurs des tuyaux achètent des entreprises de contenu pour les remplir, un peu comme jadis les imprimeurs ont édité des journaux pour faire tourner leur rotative.

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  • Facebook est le Gutenberg du XXIe siècle

    gutenberg zuckerberg.jpgGutenberg a tué les copistes du Moyen Âge et favorisé la réforme protestante en réduisant le coût de production de la bible, en favorisant la diffusion des thèses de Luther, dont on commémorera en 2017 le 500e anniversaire.  En 1814, l'installation au Times de Londres d'une rotative à vapeur inaugura deux siècles de journaux imprimés à toujours plus grande vitesse, très bon marché, soutenant la diffusion de l'information (pas toujours citoyenne) des idées et des opinions (pas toujours républicaines), l'émergence de la démocratie, l'émancipation citoyenne.

    Nous vivons une troisième révolution technologique.

    L'Internet et ses millions de sites, Facebook et ses avatars ont "volé" aux éditeurs des journaux deux de leurs atouts: la lucrative réclame (emploi, immobilier, voitures et petites annonces) et la diffusion - désormais gratuit et instantanée - des idées et des opinions. La transformation s'est passée sous nos yeux.

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  • Les journalistes tombent de leur chaire

    immo journaux.jpgFrédéric Gonseth, cinéaste, président de Médias Pour Tous, énumère dans Culture en jeu six fausses idées en vogue sur les médias suisses, menacés, à son avis et au choix, de disparition, de rachat par l'étranger ou de tomber sous la coupe de forces conservatrices. Le Courrier a retweeté, pardon reproduit ces textes dans ses éditions imprimée et web de ce lundi. Un séminaire doit penser l'avenir des médias le 14 novembre à Soleure.

    Jusqu'en l'an 2000, les médias ont vécu - bien voire très bien - grâce aux annonces immo et emploi. Une vraie mine d'or. Que la désintermédiatisation, la relation soudain directe entre l'offre et la demande grâce à une nouvelle technologie, l'Internet, a fait disparaître tout simplement en moins de dix ans. Le filon s'est épuisé, volatilisé.

    Puis sont nés l'iPad et Facebook.

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  • Athée et pourtant croyante, Sophie

    spritz.jpgSophie ne manque pas d'aplomb. Elle a répondu sans faillir dimanche soir aux questions un peu convenues de la RTS. A l'heure de Forum, notre radio publique occupe l'antenne en mettant sur le grill une brochette de jeunes politiciens.

    Mieux la secrétaire du PDC genevois a servi un joli spritz estival en ne tournant pas autour du pot. On a donc appris que Sophie était athée, une franchise qui a choqué Olivier. La secrétaire du PDC a aussi affirmé qu'une famille n'était plus seulement le fruit d'un homme et d'une femme et que le parti genevois n'avait rien à redire au mariage gay. 

    Bref, le PDC aurait abandonné la dictature du Vatican comme les socialistes ont renvoyé à l'histoire la dictature du prolétariat. Il serait temps que les libéraux renoncent officiellement à la dictature des marchés.

    Les socialistes n'ont plus besoin de croire en Marx. De même, on peut être démocrate-chrétien sans croire en Dieu. Pour tout le monde, l'argent fait foi.

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  • #tasvulactu bis: pas de RBI pour les NEM

    700 migrants, réfugiés, voyageurs, déportés, transnationaux, pauvres, expulsés, apatrides, exploités, aventuriers, quêteurs de liberté et de prospérité... (cochez ce qui convient) ont donc succombé à trois ou quatre naufrages cette semaine entre la Libye et l'Italie. Le 19:30 en a fait son dossier ce qui nous a permis de voir et revoir le chavirage d'un bateau basculant son humaine cargaison dans la Méditerranée. Heureusement un jeune homme, bien sous tout rapport, a mis en place une ligne téléphonique d'alerte. Le même 19:30 lui donne longuement la parole en ne manquant pas de poser LA question: l'Europe est-elle responsable?

    Sans doute, vu que, en Suisse, il y a peu de risque que les naufragés accostent directement et que ceux qui parviendront chez nous seront classés dans la catégorie des NEM (non entrée en matière). La suite du bulletin de l RTS Une nous en donne la preuve. Le gouvernement de gauche du Canton de Vaud expulse deux fois moins que le gouvernement de droite d'Argovie, un bon élève, souligne la journaliste. Minoritaire, le ministre PLR vaudois ment en disant que Vaud est le meilleur canton dans le domaine de l'asile. 

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  • Puisque The Economiste le dit

    image.jpegCombien vaut la lumière? Ça dépend qui la mesure, quand et où?  C'est ainsi que démarre le sujet phare de The Economist  daté du 30 avril qui pour une fois constate que les économistes ont de piètres instruments. Et quand ils mesurent le fameux PNB, ils se troumpent et nous trompent toujours plus. La critique de soi est sans doute le début de la sagesse, ce qui distingue la science de la religion, toutes deux pouvant être aveuglées par des évidences ou des croyances. Le drame de l'économie est de relever des deux.

     

    Ainsi poursuit l'hebdo anglais, chacun sait que la vitesse de la lumière est une constante en tout temps et toutes circonstances, cependant son prix varie. Il a été multiplié par trois ou quatre entre la chandelle et la lampe tungstène en terme de PNB mais divisé par cent quand on ramène ce prix au lumen. Chacun peut expérimenter le problème. Une ampoule led coûte dix à trente fois plus qu'un bulbe à incandescence et génère plus de PNB qui ne mesure ni la durée d'utilisation ni le bilan énergétique des deux. 

     

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  • Facebook va-t-il devenir l'unique réseau où circuleront toutes les informations?

    circuit breake.jpgDans mes sélection sur Flipboard, je tombe, 24 h après la publication de mon précédent post, sur un article de The Verge qui relate un projet de publier le blog de sa rédaction directement dans Facebook: Circuit Breaker.

    Avec Instant articles, Facebook invite ce printemps les journaux à publier l'intégralité de leurs articles directement sur sa plate-forme en leur promettant de partager les recettes publicitaires. A quoi bon entretenir une escouade d'informaticiens pour maintenir un site si Facebook le fait gratuitement (La Tribune et bien d'autres médias ou FAI - fournisseurs d'accès internet - offrent gratuitement l'hébergement des blogs).

    Mais le projet de Facebook est d'une toute autre dimension.

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  • Comment vous n'êtes pas sur F, T, L, G, P, Y?

    image.jpegCe graphique en dit long sur la révolution des médias. Je l'ai trouvé sur le blog du communicant 2.0, qui l'a lui-même tiré du site Search Engine Journal. Selon cette statistique, les branchés passeraient 41 minutes sur Facebook en moyenne par jour.

    Facebook comme Google, Twitter ou Pinterest, LinkedIn YouTube et les autres, tous d'origine américaine, l'empire de l'ouest (les autres gros, très gros sont chinois et restent encore largement cantonné dans l'empire du milieu), ne produisent rien. Mais ce rien est tout. Les commerçants non plus ne produisent rien et sont florissants que les paysans.

    Les réseaux sociaux n'ont ni rédaction ni rédacteurs, tout juste des filtres et des juristes qui bannissent les contenus jugés par la loi et par eux inconvenants, mais captent toujours plus la publicité. Les vieux médias - journaux, radios, télés - ont encore tous des rédactions d'information (enfin presque tous, 20 Minutes, le quotidien le plus diffusé en Suisse, n'a qu'une mini rédaction comparé aux grands journaux).

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  • La fin des journalistes?

    yann guégan.jpgUn collègue m'a signalé un blog de Yann Guégan intitulé: L’urgence pour les rédactions ? Arrêter d’embaucher des journalistes ! Sa collecte printanière au colloque de Perugia. Un billet bien fouillé et plein de références (combien de références dans les papiers que nous mettons en ligne en moyenne, lui ai-je demandé).

    Je ne connais pas Yann Guégan, mais j'en ai croisé quelques-uns dans ma carrière de ces consultants qui ont le verbe facile, la souris agile, le surf buzzique. Ils vous en mettent plein les yeux et instillent une petite musique qui vous fait penser que vous et vos collègues êtes passablement largué, que votre entreprise est au bord de la centrifugeuse loin de ces modes d'expression tous plus smart les unes que les autres, censés capter l'audience, autant dire le graal. De la qualité de l'info citoyenne, il n'est que rarement question.

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  • L'Université de Genève manque d'ambitions

    image.jpegQuand on n'est pas trop bien noté, on a tendance à critiquer le thermomètre. L'Université de Genève n'échappe pas à ce travers. Dans la Tribune de ce jour, elle ne trouve aucun autre argument crédible que "c'est la faute au compteur" pour expliquer le fait qu'elle émarge à la 131e place du classement des 800 universités considérées par The Times Times Higher Education, cinquième en Suisse derrière l'intouchable EPFZ mais aussi derrière l'EPFL, Bâle, Zurich et Berne. 

    Pire, Pablo Achard refuse de se fixer le but d'atteindre le top 50! "Non, répond il. Nous n’avons pas les budgets pour cela. En outre, ces classements restent partiels et partiaux. Nous préférons mener une politique à long terme et renforcer nos points forts plutôt que de courir après des critères volatils.»

    Typique d'une université de seconde zone. 

     

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  • Les coûts du CEVA crassement sous-évalués

    ceva finance 31 dec 2015.jpgUne cuiller pour papa, une cuiller pour maman, une cuiller pour tonton Jules, on connaît la chanson. Pour faire avaler une soupe à gosse, il faut y aller méthodiquement et louche après louche.

    Il en va de même des grands projets, dont on ne nous dit jamais le vrai prix au départ. Voyez le CEVA, nous avons voté une seule fois sur ce projet devisé à 1,5 milliard de francs. Il ne s'agissait pas du crédit initial (loi 8719) de 400,8 millions, qui lui fut adopté en juin 2002 par le seul Grand Conseil (et encore ce vote ne concernait que la part genevoise de la facture soit 44% du tout, celle acquittée par la Confédération résultait d'un contrat signé par les CFF et le Canton en... 1912), non, les Genevois ont voté sur une première rallonge de 106,9 millions (loi 10444), ce qui représentait tout de même une hausse des coûts de 25% par rapport au crédit initial voté sept ans plus tôt. Les 8 millions qui mettent ces jours en colère le populaire conseiller d'Etat Barthassat ne sont donc que des clopinettes. Dénoncer les CFF et donc Berne de ce dépassement relève de la tartufferie.

    Mais là n'est pas l'essentiel et sans doute pas le dernier dépassement, ni le dernier rabotage (cf les tuiles de verre de Nouvel) d'un projet qu'on a amputé dès le début d'un élément essentiel: les parkings d'échange à proximité immédiate des gares et les lignes de bus devant rabattre la foule des pendulaires sur le RER lémanique. Pas un franc des 1,5 milliard n'est destiné à cet usage.

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  • 500'000 Genevois!

    image.jpegCe dessin m'interpelle. Ce "On est trop" est trop. Certes, il reflète sans doute l'avis d'une majorité de Genevois. Entre les Verts clairs que nous sommes tous peu ou prou, nostalgique d'un paradis perdu où deux goulus nus dominaient les plantes et les bêtes, pas assez pour polluer ni réchauffer la planète ni même se faire la guerre encore que l'histoire de la pomme fut sans doute leur première discorde... entre les Verts clairs donc et les Verts foncés, devenus le premier parti de Suisse et peut-être bien d'Europe, quoique non majoritaire mais capable tout de même de faire et de défaire les gouvernements... entre les Verts clairs donc et les Verts foncés, nous voilà tous à bêler pour une halte à la croissance, voire une décroissance. 

    Ce qui pour les uns est une sagesse me paraît assez égoïste. Depuis les Savoyards du Grand Genève (mes ancêtres), les Valaisans, les Bernois ou autres Fribourgeois, en passant par les Italiens, les Ibériques, les Yougoslaves et autres Balkaniques et tous ceux qui en rêvent, les migrants qui ont choisi Genève ne l'ont pas tous faits de leur plein gré.

    Certes, diront les bonnes âmes, yaka installer les usines et les bureaux, les hôpitaux et les universités, les cantines scolaires et les EMS dans ces contrées périphériques et leurs populations y demeureront, desserrant la cité de ses banlieues qui l'enferment comme des pelures d'oignon.

    Le monde n'est qu'une longue histoire de barbares qui empoisonnent le bourgeois.

    Pour le reste, trois choses m'étonnent:

    1) comment peut-on être 500'000 en 2016 alors que l'OCSTAT évalue la population résidente à 490'000 à la fin 2015?

    2) en fait il y a belle lurette que Genève héberge bien plus de 600'000 personnes de jour et plus de 500'000 la nuit compte tenu des clandestins, des travailleurs nomades et des visiteurs de toutes sortes.

    3) Geneve et sa région bénéficient d'équipements culturels, hospitaliers, de formation digne d'une métropole d'un million d'habitants.