Europe - Page 7

  • Téléréalité

    image.jpgEn direct! Des millions de spectateurs scotchées, des heures d'attente, d'approximations, de supputations. Quelques minutes intenses. Et des heures encore d'images, d'histoires, d'émotions, en boucle, des platitudes, un peu d'analyses, le nez dans le guidon, des condoléances, sincères, la gloire des forces spéciales, le sursaut national, fragile, la solidarité des démocraties voisines, téléphonée, le cloisonnement des cerveaux, surtout ne pas diaboliser l'islam. Ce n'est pas une guerre de civilisation. Vraiment?

    Q'auraient été nos longues guerres de religion sous l'œil permanent des caméras de télévision, sous le déluge des tweets, des sms? Objectif?

    Et pendant ce temps, les Palestiniens demeurent sous occupation, l'Arabie Saoudite nourrit le wahhabisme et ses fondamentalismes satellites, la société musulmane tient la femme en dépendance, le monde occidental -ou plutôt les grandes firmes sans frontières? - impose encore son impérialisme dans l'économie, la technologie, la science. Pour combien de temps? Déjà il ne domine plus par sa culture et plus beaucoup par sa politique.

    The show must go on. Mercredi prochain, le numéro de Charlie Hebdo, 10'000 abonnés au bord de la faillite, sera normal, disent les survivants au 20 heures de TF1. "Comme si rien ne s'était passé, à la limite", ajoute le réd en chef de Libération, qui accueille les naufragés.

  • 2015, élections par-ci, par-là: Grèce, France, Genève, Suisse, GB, Espagne...

    Capture d’écran 2015-01-04 à 11.29.21.pngOn ne parlera que des pays où les élections ont encore quelques chances de changer sinon le cours des choses du moins les hommes et les femmes - un peu plus nombreuses en politique qu'à la tête des armées tout de même - qui tiennent le gouvernail démocratique. Par ordre d'entrée en scène, la Grèce, la France, Genève, la Grande-Bretagne, la Suisse et encore la France et l'Espagne, l'Italie peut-être... J'en oublie sans doute.

    Dans tous les cas, les populistes de gauche et de droite vont gagner du terrain. Sauf en Suisse peut-être. Partout, sauf en Suisse, la crise économique est profonde, meurtrière. L'avenir paraît bouché et sans espoir à beaucoup.

    Les dettes accumulées dans les dernières décennies, alourdies par le sauvetage des banques (2,5 milliard de francs pour sauver la Banque cantonale à Genève), privent les Etats des moyens d'action classiques. L'Europe va peut-être davantage injecter des fonds dans le circuit, si l'Allemagne y consent, mais, alors que le remède est discuter, il sera sans doute trop tard pour que l'effet s'en fasse sentir et dissuade les électeurs de sanctionner les partis au pouvoir.

    Partout, également en Suisse, une crise de sens désécurise la population. Elle est plus grave. Pour la conjurer, on s'éclate dans la consommation et ont grossi de rancœur.

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  • La Suisse championne du refoulement

    image.jpgOn a peine à le croire mais puisque c'est la NZZ qui relie l'information, on va lui donner du crédit. La Suisse est championne du refoulement des migrants, selon un document confidentiel de l'Union européenne que la rédaction dit détenir.

    Entre 2009 et 2013, la Suisse a renvoyé dans le premier pays d'accueil dix-sept mille personnes, soit 16% des demandeurs d'asile entrés durant cette période, ce que l'Allemagne n'aurait fait qu'à quinze mille reprises, soit 5%, et la Suède huit mille fois, soit 4%.

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  • Avant, après 14, le monde

    Quand je me contemple je me contente, quand je me compare je m'effraie. Cette version de la maxime de Talleyrand, qu'écrivait à ses parents un mercenaires suisses, n'a pas perdu de son actualité. Durant ce long été 14, qui n'en finit pas d'être arrosé et frais, la vieille Europe a pu revisiter son histoire moderne - la grande guerre de 14 - et mesurer combien l'Etat islamique - qu'on appellerait le diable, si on y croyait - n'est pas exceptionnel dans l'ordre de la mort et de l'horreur. D'autres conflits - la Deuxième guerre mondiale, le Vietnam et d'autres encore - ont multiplié les victimes, que les conflits du tiers-monde (un concept en vogue dans la deuxième moitié du siècle dernier) ou les bombes terroriste contemporaines n'ont pas dépassé en intensité et en destruction.

    Cependant le monde change. Et l'Occident, champion des champs de bataille, des villes bombardées et des victimes par dizaines de millions, est devenu porteur des droits de l'homme et des échanges mondialisés. Aujourd'hui, les conflits sont locaux, de basse intensité, les victimes se comptent en milliers. Les opérations de maintien de la paix mobilisent plus de troupes que les conflits ouverts.

    Un rien peut mettre le feu aux poudres, entend-on ici et là. Vraiment? Croit-on sérieusement que l'OTAN déclarerait la guerre à la Russie si le conflit ukrainien devait s'envenimer? Nous ne sommes sans doute pas à jamais à l'abri des folies qui ont entraîné le monde dans la guerre en 14 et inauguré un siècle barbare, cependant les antagonismes s'affrontent et s'apaisent désormais par d'autres moyens.

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  • Un homme nommé Jésus...

    France 2, la chaîne de télévision publique d'une République laïque gouvernée par des socialistes rediffuse* ce mardi saint, une histoire fondatrice, celle de Jésus. Un juif à la peau tannée, aux cheveux noirs, bouclés et courts, rappelle presque subreptissement l'émission "Secrets d'histoire". Une bonne nouvelle?!

    Certes la France, dont les temples sont vides, mais le peuple assoiffé de certitudes, aime à se souvenir qu'elle fut ou qu'elle est encore la fille aînée de l'église catholique. Certes l'émission, conduite par un Stéphane Bern, médialogue béat mais heureusement discret - cinquième évangéliste? - discute le récit des Évangiles, confronte le merveilleux aux traces archéologiques, au vécu des hommes et des femmes de ce temps si lointain, mais c'est pour mieux justifier une vérité, fondé une réalité historique.

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  • La libre circulation. Et si on la rendait visible et transparente!

    Voilà un mois que les Suisses se sont, nous ressasse-t-on, mis au banc de l'Union européenne. J'étais alors en Inde quand le tremblement de terre démocratique est survenu. La secousse n'a pas fait vibrer le pays continent asiatique, que lézardent régulièrement des incidents communautaires. Un incident communautaire, c'est généralement trois ou quatre morts, une cinquantaine de masures incendiées et un lot de malheureux mal indemnisés dans ce pays où la coexistence entre les cultures prend parfois des allures de guerre de civilisation selon la formule de Huttington.

    Dans la campagne électorale pour conquérir le pouvoir à Dehli, qui est désormais officiellement ouverte et se terminera le 16 mai par le prononcé du résultats de l'élection du parlement, les deux grands partis se renvoient des massacres à la figure, celui de musulmans en 2002 dans lequel le futur premier ministre de l'Inde, chantre de l'hindouisme militant, aurait trempé et celui de la reprise manu militari et meurtrière du temple d'or à Amristar, en 1984, par Indira Gandhi, la grand-mère de Rahul, le dandy philosophe qui affiche depuis deux mois sa belle gueule en noir et blanc sur des panneaux électoraux XXXL.

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  • Le yoyo éco

    Viviane Reding est sûrement l'Européenne la plus adulée en Suisse. Dans le camp de ... l'UDC. La Luxembourgeoise, vice présidente de la Commission européenne à la justice, aux droits fondamentaux et à la citoyenneté, a apporté la semaine passée sans doute 5 ou 10% de voix au moulin des gens qui refusent que la Suisse grandisse. Assez pour que l'initiative contre la libre circulation passe la rampe le 9 février prochain? Peut-être. Dans tous les partis, des dissidents plus ou moins bruyants tombent dans le piège de la régulation étatique, comme si elle pouvait gouverner le monde.

    Hélas le monde va son chemin, mu par des forces que les politiques ne sont plus en mesure de contrôler. Tout juste peuvent-ils retarder les échéances et atténuer, parfois aggraver,  les conséquences fâcheuses des transformations à l’œuvre. Gorbatchev l'avait bien compris qui a précipité la fin de l'Etat tout puissant, mais a failli, lui et ses successeurs, à tempérer la fureur des marchés et de les égoïsmes des opportunistes.

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  • Veille de 14

    IMG_5086.JPGDerrière les boules rouges, scintillantes, suspendues contre la vitrine, gouttes de sang festives, la froidure de décembre, une enseigne verte de Rolex, deux mères Noël servent des latte macchiato, peu de monde dans ce bar proche de la poste du Mont-Blanc, dont le fronton énumère la liste des pays de l'Europe d'avant 1914. Sur un grand écran, défilent des mannequins sapés selon les canons de la mode 2013, le best of des créateurs mondialisés, que des photographes en jupettes roses shootent et mitraillent en cadence. Aussitôt, imagine-t-on, les caméras robotisées crachant leurs images sur les réseaux sans frontières. Ils sont tous beaux, smart, jeunes dans leur pyjamas bariolés.

    À quoi pensaient donc leurs lointains frères d'il y'a un siècle. Songeaient-ils que neuf mois plus tard, le temps d'une gestation, ils allaient, pire de que des bêtes ,s'entretuer et mourir, pire que des rats dans les tranchées et sur des champs de batailles. Cette pensée me hante. Comment peut-on pendant quatre longues années détruire la fine fleur des nations?

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  • Apartheid, murs, plafond de verre et autres frontières

    mur betlhem.jpgLa préférence de l'embauche en faveur des travailleurs locaux, que le Conseil d'Etat a réaffirmée lors de son discours de Saint Pierre *, est-elle un premier pas vers l'apartheid? La question est évidemment provocatrice, mais je ne la crois pas totalement dénuée de tout fondement après avoir lu l'article que François Brutsch, toujours sagace, a tagué dans son blog, Un Swissroll, ainsi que sur sa page Google +.

    Le texte de Thomas W. Hazlett, professeur de droit et d’économie à l’Université George Mason, est traduit et publié sur Contrepoints, un site libéral. Il s'intitule Genèse, évolution et fin de l’apartheid en Afrique du Sud.

    En deux mots, il rappelle que la ségrégation raciale fut d'abord la lutte des mineurs blancs, affiliés via leur syndicat à l'Internationale socialiste, contre des ouvriers noirs que des patrons blancs voulaient engager, à meilleur compte évidemment, mais qui dans cette longue histoire fit des ouvriers noirs, un temps, les alliés objectifs des patrons blancs. Tout comme, sous un autre angle, les Noirs furent, un temps, les alliés des colons néerlandais - les Boers - dans leur lutte contre les Anglais... Le monde est bien compliqué.

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  • Chère Eveline...

    moscovici widmer.jpgLes Grecs sont-ils susceptibles? Pascal Broulis, ministre des Finances du canton de Vaud - 1% de la population française - n'est pas grec, mais du sang grec coule dans ses veines. Tout à l'heure sur Forum, le Vaudois a piqué la mouche et traité avec passablement de condescendance la France et son ministre des Finances Pierre Moscovici.

    L'objet du délit? Une lettre que le ministre français vient d'adresser à sa collègue helvétique. La décision du Vaudois de taxer à la source les travailleurs frontaliers qui passent plus de trois heures à se rendre à leur travail. Au-delà, estime Broulis, on n'est plus frontalier et on abuse du droit. D'où la sanction de retenir l'impôt à la source.

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  • Séralini: l'étrange silence de la presse romande

    souris séralini.jpgSéralini, vous vous souvenez? C'était il y a un peu plus d'un an. Les images ont fait le tour du monde. Le ramdam (buzz) a été exceptionnel. Des souris boursoufflées, remplies de tumeurs. Qu'avaient-elles mangés ces vingt souris? Elles avaient été bourrées au mais OGM Monsanto. Enfin on tenait le coupable! Très vite, des critiques ont élevé la voix à propos d'une étude dont les fondements scientifiques étaient peu solides. La presse s'en est fait l'écho, mais les images des pauvres souris torturées sont restées gravées sur nos rétines.

    Depuis ces critiques n'ont cessé de se multiplier. Dans l'indifférence des médias qui étaient déjà sur d'autres actualités. Le 28 novembre 2013, la revue Food and Chemical Toxicology, qui avait accepté de publier le papier de Séralini et de son équipe, a retiré, fait exceptionnel, l'article de sa collection, après que le chercheur eut refusé de le faire lui-même.

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  • Grillo, Hessel...

    grillo 27 fév 2013.jpgL'indignation est sans conteste préférable à l'indifférence.

    Les Anglais ont été indignés à l'idée de manger du cheval. Tandis qu'un à deux milliards d'êtres humains ne mangent pas à leur faim, qu'un ou deux autres milliards doivent se contenter d'un régime monotone, l'Occident gaspille des milliers de tonnes de produits alimentaires parfaitement sains parcce qu'on y a décelé des traces de cheval. La fraude doit bien sûr est sanctionnée mais de la à transformer les lasagnes en pâtée pour chiens....

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