Europe - Page 6

  • Les Genevois sont aussi endettés que les Grecs...

    Capture d’écran 2015-07-06 à 18.08.53.pngLes Genevois sont aussi endettés que les Grecs... Deux divisions pour s'en convaincre. Du côté des genevois, en ne prenant que la dette du canton, 13 milliards comme chacun sait, il convient de la diviser par le nombre de ses habitants, 485'000, ça nous fait donc - 26'804 francs exactement. Côté grec, on divise 320 milliards d'euros par 11 millions d'habitants et l'on obtient 29'091 euros. Et si l'on ajoute la moitié de la diaspora grecque pour éviter de compter les enfants qui ne parlent plus grecs, soit trois millions de migrants, et que l'on divise la fameuse dette par 14 millions, on obtient une dette par habitant de 22'857 euros. Si on compte, côté genevois 20'000 expatriés, on arrive à 25'573 francs...

    Tout n'est pas comparable évidemment, mais ça interpelle tout de même.

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  • Kalengos: info ou intox?

    image.jpgTrès intéressante l’interview du prof Afksendiyos Kalangos. Qu'en pensent les grands pontes de l'hôpital? Je ne suis pas assez introduit au boulevard de la Cluse et je n'ai pas le temps d'enquêter mais tout de même l'interview publiée la semaine passée dans la Tribune devrait réveiller - s'il est endormi - le lanterneau politico-médicalo-universitaire du canton. 

    Le patron de la Chirurgie cardiovasculaire dit deux choses préoccupantes.

    1) il a été mobbé durant tout son séjour à Genève par des jaloux,

    2) En le forçant au départ, Genève rate la mise en orbite internationale de son hôpital universitaire et risque donc sa possible marginalisation par les universités d'autres pays plus enclines à exporter leur savoir-faire.

    Info ou intox?

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  • Longchamp va-t-il mobiliser la caserne des Vernets?

    no bunker.pngLes images des réfugiés repoussés par les policiers français à Vintimille, diffusées par le 19.30 ou le 20 heures à l'heure du souper, sont évidemment insupportables. Elles montrent soudain à nos portes le vécu quotidien des migrants chassés de chez eux ou qui, tels les barbares qui ont fait l'Europe entre le IVe et le Xe siècle et d'autres avant eux, ont cherché une terre fertile pour y vivre heureux.

    A Genève, Solidarités et quelques associations surfent sur la vague, refusent qu'on loge provisoirement dans des abris des requérants déboutés qui sont donc sensés quitter la Suisse pour retourner dans le premier pays européen qui a enregistré leur arrivée ou à la case départ.

    Que fait la police?

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  • La Turquie, une leçon pour le monde musulman

    turquie.pngLe pire n'est jamais certain. Réjouissons-nous donc ce soir. Une lueur d'espoir nous vient de Turquie! La démocratie formelle fonctionne. Elle sanctionne le parti du président Erdogan tout en lui accordant une forte majorité. Et l'émergence au parlement d'Ankara d'un parti kurde, qui il y a peu était dénoncé comme le bras politique des indépendantistes armés, est elle aussi porteuse d'espoir.

    Il faut maintenant que la Turquie avance sur la voie du fédéralisme. Qu'elle prenne modèle non sur la France, qui l'a inspirée et qui est, hélas, toujours incapable de faire confiance à ses régions, mais sur la Suisse (dont elle a pris le code civile) et, mieux encore, sur l'Allemagne, dont elle fut l'alliée dans les heures noires, et avec laquelle elle entretient des relations étroites, que ce soit par la diaspora turque en Allemagne - près 4,5 millions de migrants, dont près de 3 millions naturalisés et acclimatés à la démocratie parlementaire et fédéraliste - ou les touristes allemands qui déferlent sur les plages turques par millions chaque année.

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  • Je ne connaissais pas Tina

    Liberation a consacré vendredi quatre pages aux dix ans du non. Le non de la majorité des Français à la Constitution européenne. Le non de la droite nationale, qui ne croit pas qu'un peuple européen puisse devenir leur identité, alors que le peuple français a bien supplanté les identités des provinces. Le non d'une certaine gauche, pourtant internationaliste, qui bataillait contre une Europe trop libérale, trop marchande, trop peu durable. Les deux non se sont additionnés. Les deux non souffrent aujourd'hui car le libéralisme n'a pas été freiné et les anciennes colonies dominent désormais leurs maîtres.

    La compétition n'est pas vraiment internationale, car ce ne sont pas vraiment les nations qui se mesurent  - elles toutes endettées ou presque et n'ont plus les moyens de leurs ambitions - la compétition est plus individuelle. Elle oppose le consommateur qui veut en avoir pour son argent sans trop se preoccuper de savoir si ses achats menacent l'emploi de son voisin, voire son propre emploi. 

    Et Tina?

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  • Musulmans, catholiques, même combat?

    image.jpgIls ont été justes insupportables Romaine Jean et son commentateur en voix off, qui nous ont raconté, ce soir sur la télé publique, la méchante Suisse qui a eu le culot de voter contre les minarets. Leur ton est mielleux, pétri de cette morgue et de cette condescendance des intellectuels, qui ne comprennent juste pas que si l'initiative a gagné, c'est que la question a concerné bien au-delà des rangs brocheriens.

    Je connais nombre de femmes qui n'avaient jamais voté pour l'UDC et ne voteront jamais pour ce parti, qui ont voté pour l'initiative contre les minarets. C'est un fait. Il n'a pas été analysé. Leur vote n'était pas un vote de peur. C'était un vote de révolte. 

    J'ai voté contre l'initiative de l'UDC et voterait encore contre aujourd'hui, mais il ne faut pas être angélique. Toutes les religions, toutes les convictions, toutes les idéologies nourrissent des fondamentalismes. L'islam est aujourd'hui pris en otage par des fondamentalistes. C'est un fait. Dommageable pour tous. 

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  • Charlie, Charlots

    IMG_6836.JPGDimanche, les dressoirs, que la tenancière du kiosque-bar-PMU Le France, en bas Collonge, garnit de journaux à la vente, étaient toujours plein de Charlie Hebdo. Où sont donc les "Je suis Charlie" défenseurs de la liberté d'expression à tout crin? Où est passé l'Esprit-du-11-janvier?

    Jean-Noël Cuénod s'en inquiète aussi. Mais mon éminent confrère, rédacteur en chef de La Cité, un canard qui cherche aussi désespérément les amoureux du papier et des longs articles, pense qu'il est là et qu'il brasse la société comme Mai 68 a changé la France. Lentement mais sûrement. Un marqueur peut-être, mais un marqueur ne change pas la société, elle révèle ce qui s'y passe comme le thermomètre qui ne fait pas le changement climatique. Ce qui change le monde depuis 50 ans, c'est la technologie et la démographie. J'y reviendrai.

    Dans le dernier numéro de Charlie, il y a un grand papier que la gauche (mais aussi la droite) doit lire impérativement. Il s'intitule: "La gauche se meurt, non parce qu'elle a échoué, mais parce qu'elle a réussi."

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  • Deux villes suisses dans le top ten

    image.jpgL'information c'est l'angle que l'on donne à un papier. J'aurais pu titrer ce billet:  Top ten des bonnes cités: Geneve, 8e, n'a toujours pas retrouvé sa troisième place perdue en 2011. J'aurais pu aussi choisir: Vienne est toujours la ville où l'ont vit le mieux. On aurait pu encore titrer: Aucune ville françaises dans les dix meilleures villes du monde.

    Les internautes adorent les palmarès, les papiers sur les bonnes pratiques ou les "comment faire", les papiers didactiques (Parmi mes articles les plus lus, il y a deux abécédaires, l'un sur le budget de Genève l'autre sur la grève des Transports publics, deux points qui doivent dégrader la position de Genève).

    On peut toujours discuter le baromètre ou casser le thermomètre, la mesure indique toujours quelque chose. En l'occurrence, c'est Mercer International qui a publié le 4 mars son inventaire des villes par ordre de qualité de vie. Vienne sort en tête, suivie de Zurich, comme en 2014. Wikipedia a aussitôt mis sa note à jour, mais il faut acquérir l'étude pour savoir pourquoi.

    Quelles autorités ou qu'elles institutions l'achètent à Genève? Que fait la ville pour retrouver le podium?

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  • Marignan: François nous a trompés

    C'est France 3, dans L'Ombre d'un doute, qui nous le raconte ce soir. François 1er  n'a remporté la tuerie de Marignan non pas grâce à la cavalerie lourde des chevaliers français, mais du fait de la retraite des mercenairs suisses mal payés par le duc de Milan, quand les Vénitiens, alliés des Français, arrivèrent sur le champ de bataille au petit matin du 14 septembre 1515, alors que les corps à corps avaient déchiré les hommes et les âmes une partie de la nuit, une exception à l'époque - on ne se battait guère plus de cinq heures et durant le jour - laissant sur le champ de bataille 16'000 morts, le double des plus terribles batailles de l'époque. C'est le marketing, le récit du vainqueur, qui fit l'histoire qu'on nous raconta en Suisse aussi.

    Quand on lit la notice de Marignan publiée sur Wikipedia, on mesure combien l'affaire est plus complexe encore, que les Suisses étaient divisés, qu'il y'a un avant et un après Marignan, bref que l'Histoire n'a pas grand chose à voir avec l'histoire telle qu'on me l'a enseignée ou telle que je l'ai retenue. Et je me souviens que cette discipline me passionnait. Ça me laisse songeur. Quelle histoire enseigne-t-on aujourd'hui? Est-il même possible de l'enseigner?

    Dans cette émission quelques autres vérités viennent écorner le portrait du roi comme ce massacre de quelque 3000 vaudois vivant autour du Lubéron en 1545. L'Etat islamique n'a hélas rien inventé. Mais combien de Français le savent? 

    http://www.france3.fr/emissions/l-ombre-d-un-doute/diffusions/09-03-2015_304415

    http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Marignan

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  • QE populaire

    image.jpgQue feriez-vous si la Banque nationale vous donnait 500 francs? Vous en consommeriez une partie rapidement sans doute. Et si les quelque 275 millions d’Européens (adultes) recevaient comme vous un billet de 500 euros? Nulle doute que la consommation augmenterait un peu entraînant un effet sur la croissance du PNB. De 1,4% a calculé l'économiste anglais John Muellbauer, l'an dernier, qui a sérieusement proposé ce QE populaire à la BCE.

    La BCE a étudié la question et s'est finalement convaincue que la distribution d'euros n'était pas son job, mais celui de l'Etat. De fait, explique le Figaro sur une pleine page aujourd'hui, QE bancaire ou QE populaire, l'effet attendu est le même: un peu de croissance, une baisse de la valeur de l'euro face aux autres monnaies, des emprunts et des dettes moins chères, mais aussi pour les rentiers, des bas de laine qui rapportent moins, et ce propos de Soros rapporté par le Figaro: "Mon principal souci est que le QE va encore élargir l'écart entre les riches et les pauvres".

    Foin donc de frugalité - n'en déplaise aux Verts - et de Carême - n'en déplaise aux jeunes musulmans qui sont solidaires des chrétiens - la machine économique doit redémarrer pour donner du boulot aux gens. Consommez donc braves gens, consommez!

  • Stepczynski: pas urgent de rembourser la dette grecque! Et la genevoise?

    L'excellent chroniqueur économique de la Tribune était ce matin sur la La Premzière de la RTS. Sur la dette grecque, le journaliste s'aligne sur la position de Joschka Fischer l'emblématique ex-ministre Verts de Affaires étrangères allemand. Le remboursement de la dette n'est pas urgent. Il faut réformer les pays du sud, casser les monopoles et les protections que les professions ont construit pour échapper a la concurrence. Il fait de la croissance pour sortir les Grecs mais pas seulement de l'ornière déprimante de crise et de son cortège de chômeurs. Quelques remarques:

    Que disent nos Verts genevois de cet appel à la croissance du Vert allemand? Que disent les corporations à Geneve qui comme en Grèce ou en France dressent des murailles de normes ou de lois pour écarter les concurrents? Normes techniques dans le bâtiments, normes sociales et environnementales, statuts particuliers des notaires, des fonctionnaires, contingentements divers ou passage obligé par un sas hospitalier chez les médecins, recours multiples qui ralentissent ou bloquent même l'urbanisation,...

    L'endettement des Grecs est le même que l'endettement des Genevois: 30'000 euros/francs par habitant. Il est vrai que l'administration genevoise fonctionne bien et que les impôts rentrent. Stepczynski serait-il d'accord avec la gauche pour lever le frein à l'endettement genevois?

    http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/l-invite-du-journal/6495747-marian-stepczynski-economiste-et-journaliste.html

  • France: le jour d'après

    assassin creed.pngQue faire des quelque millions de marcheurs et des dizaines de millions de téléspectateurs qui ont retrouvé, l'espace d'un dimanche, un état de communion républicain jamais vu depuis la Libération? La France se réveille en ce 12 janvier, interrogeant les raisons d'une mobilisation populaire aussi puissante, d'un partage cathartique aussi profond.

    L'assassinat des dessinateurs de Charlie, de policiers et de consommateurs juifs dans une superette casher a agi comme un électrochoc. La France l'attendait comme tous ceux, dont je suis, qui aiment ce pays plus que tout autre et qui se désolaient de voir la République - car la France incarne plus que tout autre l'idée de la République - se déliter.

    Sur France Culture ce matin, Régis Debré et Caroline Fourest ont tenté une première analyse. Que faire, a demandé le chroniqueur Brice Couturier, pour que le soufflé ne retombe pas? Leurs réponses ne m'ont pas convaincu.

    "Cesser de parler de gouvernance, un mot copié collé du monde des affaires, et parler davantage de gouvernement", a dit le médialogue: Arrêter de bourrer les discours politiques des chiffres balancés par Bruxelles. Et puis oser enfin évoquer le fait religieux dans les écoles et l'interroger rationnellement. Il faut plus de prof de philo aussi.

    Dans la même veine, Caroline Fourest a suggéré d'augmenter le nombre de profs de dessin. Et d'apprendre aux élèves qu'une caricature qui s'en prend au bon dieu ou à ses saints, ça n'est pas du racisme envers une communauté. Il faut armer les profs à répondre aux élèves dont la culture est faite de slogans répétés en boucle.

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