Economie - Page 3

  • Fin d'un monde, fin du monde: propos de bistro?

    incendies californie.jpgBistro ce matin avec un ex député divers droites mais indépendant, qui fréquentait et fréquente volontiers les esprits de tous bords, sans préjugés ni qu'en dira-t-on, devenu dubitatif sur le monde qui va et qui vient et qui n'avait pas encore lu l'excellente interview parue ce lundi dans la galaxie Tamedia (dont la Tribune*) à propos de la lutte contre le blanchiment d'argent et l'art de la cosmétique comptable, son bain quotidien. Le privilège de l'âge sans doute.

    On glose sur la république des médecins, qui semble régner en maître du haut de leur savoir - lequel s'avère bien incertain et bien moins péremptoire quand on les fréquente de près. Dans les médias, ils assènent leur vérité, leur mode de gouvernance à des politiques, coincés entre ces experts, la peur de mourir de leurs administrés (l'opinion publique), le principe de précaution pascalien (mieux vaut croire en la médecine que pas) et une navigation pragmatique, à vue, dans une mer pleine d'écueils où les boussoles ne servent à rien.

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  • Les fonctionnaires genevois: ni sobriété ni partage

    2 pour cent 2%.jpgCalculons: que signifie dans une année de travail une semaine de vacances supplémentaire (que propose le gouvernement genevois à ses quelque 48'000 employés contre une baisse des salaires de 2%)? 1 divisé par 48, ça donne 0,02. Une semaine de vacances c'est donc une diminution de 2% du temps de travail. On peut imaginer que l'Etat devra embaucher pour compenser ces 2% de travail perdu. Et qu'en acceptant le projet, les fonctionnaires (dont la retraite est généreuse garantie) participeront (modestement) au partage du travail dans un temps où la pandémie va multiplier les chômeurs. Evidemment les syndicats de la fonction publique hurlent. Belle démonstration de solidarité. 

    Quelles économies pour l'Etat?  

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  • Que les services d'urgence ne soient pas débordés

    r covid indicateurs.jpgSuite à ma dernière note, j''ai trouvé une synthèse des indicateurs de la covid. Ils sont entièrement construits sur un objectif qu'on nous a ressassé d'ailleurs dès l'irruption du virus en mars dernier: que les services d'urgences des hôpitaux chargés d'accueillir et de soigner les patients les plus gravement atteints ne soient pas débordés.

    Mais quelle guerre est-elle engagée et conduite avec le présupposé que les services infirmiers ne devront pas être débordés et qu'on triera pas les blessés: ceux que l'on soignera et ceux à qui on administrera au mieux de la morphine et à qui on tiendra la main et qu'on embrassera avec tendresse jusqu'à leur dernier souffle? 

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  • «Quel type de développement voulons-nous pour Genève?

    participe Genève 2020.jpg

    C'est notre gouvernement, malmené à tort par des députés dispersés et opportunistes et qui n'assument pas le fait que le contrôle des comptes ne consiste pas à augmenter les dépenses là où ça fait vibrer la corde de leurs électeurs, mais, par exemple, à comparer avec d'autres semblables si nos rapport coûts bénéfices de nos politiques publiques pourraient être améliorés..., c'est notre gouvernement donc, me rappelle Heidi.news, qui invite depuis le 20 juillet les Genevois à répondre à la question: «Quel type de développement voulons-nous pour Genève?

    Il y a un an, le même gouvernement demandait Quelle Genève en 2050? Pour quel résultat?

    Notre démocratie populaire n'est plus comme jadis tempérée par des partis et des députés soucieux de garder l'Etat dans un rôle subsidiaire, laissant aux génies des humains, des familles, des entreprises, des associations, des syndicats, des fondations, des communes, des voisinages le soins de créer le bien commun. L'Etat est de retour au contraire, dit-on en ce temps peureux. Il faut s'en inquiéter.

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  • Les hôpitaux suisses se tapent sur le ventre

    bertrand levrat rts.jpg"Wir schaffen das!" avait proclamé la désormais grande chancelière d'Allemagne, présidente de l'Europe pour les six prochains mois, quand, le 31 août 2015, au plus gros de la guerre syrienne, face à la marche des migrants vers le continent salvateur, elle avait ouvert les portes de son pays à un million de réfugiés. Alain Berset, "aussi vite que possible et aussi lent que nécessaire", n'avait pas exploité pareille formule, ni évoquer abusivement la guerre en mobilisant le pays contre le plus petit de ses ennemis mais le plus inquiétant quand ils se multiplient et promet comme il y a un siècle de faucher 50 millions d'humains. Le corona a tué 100 fois moins à ce jour.

    Le principe de précaution, doublé d'une bonne dose de mimétisme, a donc fonctionné à plein. On a fait taire les parlementaires, les cantons, les critiques. Les médias se sont mis aux ordres, certains que leurs bonnes dispositions leur vaudraient à la sortie de la pandémie quelques miettes de la galette fédérales des rois. 

    Ce 1er juillet, les cinq hôpitaux universitaires suisses, qu'on a applaudi quelques semaines, tirent le bilan de l'exercice. Leurs directeurs s'attribuent un 6 sur 6, lit-on dans une dépêche ATS reprise à l'unisson. Wir haben es gemacht! Merci de payer la facture: 356 millions. Vraiment?`

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  • Le prix de l'esclavage et du colonialisme

    Mule.jpgLes vacances approchent. Forcément on en parle. Tant pis pour ceux qui ne pourront pas en prendre. Mais, mais, mais... Gare au Covid-19, martèlent les pub et les animateurs de notre radio télévision publique, la deuxième vague menace. Ici et là, on reconfine, prenez garde. Le discours tourne en boucle. La majeure partie du bon peuple prend ses libertés et déambule démasqué. En famille et entre amis, la tentation de la poignée de main, de l'embrassade est forte. 

    Hier, sous le soleil de juin, j'ai vu deux classes d'école emprunter à pied le chemin des Côtes-de-Landecy en direction de la tour d'eau centenaire, qui sert aujourd'hui davantage à accueillir les relais de nos smartphones - bientôt la 5 G - que de réguler la pression du réseau des eaux publiques. ça fait des années que je n'avais pas vu une course d'école pédestre. Le monde d'après est bon pour les mollets mais ne fait pas le beurre des caristes et des vendeurs de souvenirs. Les enfants ont pu emplir leur poumon des effluves cuivrées et soufrées de la bouille bordelaise, le traitement "bio" contre deux champignons importés au XIXe siècle des Amériques, sans lequel aucun vin ne serait possible. 

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  • La queue des pauvres de Genève

    Si t'es pas sur les réseaux et si tu n'y fais pas le buzz, t'existe pas. Grâce au ramdam de la caravane de la solidarité, combattu puis largement soutenu par la Ville de Genève, on a donc appris - comme si on ne le savait pas - qu'il y a ici cinq, dix, douze, quinze mille démunis à Genève, capables de faire la queue des heures durant pour toucher un sac de nourriture, afficher leur existence, révéler leur état de santé. Bref, des images d'ailleurs, que nous livrent parfois les actualités télévisuelles à l'heure du déjeuner ou du dîner. 

    Comment est-ce possible dans une ville si riche? Comment se fait-il qu'on y trouve encore des pauvres? La question mobilise moins les jeunes d'ici que la réchauffement climatique. Est-ce que régler le réchauffement climatique - via l'instauration d'un régime de sobriété heureuse - promet de régler aussi la pauvreté?

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  • Des hôpitaux pleins de malades imaginaires?

    HUG urgences nuit.JPGEvidemment ce titre va m'attirer les foudres de toutes parts. Le temps présent - traversés de peurs et de rumeurs - fourmillent d'imprécateurs et de croyants prêts à les suivre et à faire le ramdam (traduction de buzz) sur les réseaux sociaux.

    Or donc, depuis deux mois, nos cliniques et nos hôpitaux sont vides ou presque - les HUG ont réalisé leur 1000e greffe du foie le 6 mai -, nos urgences clairsemées, les cabinets médicaux délaissés, hormis par les victimes du covid 19 évidemment. Et encore, bon nombre d'entre elles ont traversé l'épreuve, parfois longue, douloureuse et violente, à domicile. 

    Mais où sont donc passés les malades? Fréquentant quotidiennement les HUG comme visiteur au chevet d'une patiente non virale, j'y croise à nouveau un peu plus de gens.

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  • Allons-nous regretter le monde d'avant?

    the economist 90%.jpgLes crises sont forcément douloureuses et les convalescences ne le sont parfois pas moins. La lecture de l'article de tête du magazine The Economist, daté de ce samedi 2 mai, fait froid dans le dos. Le journal estime que nous allons devoir vivre pendant un certain temps avec 90% des capacités du jour d'avant. Ce 90% cache évidemment d'énormes différences entre les gagnants, tel Netflix, Tesla, la vente par correspondance, et les perdants, tel le tourisme, les transports et les fournisseurs de toutes sortes de biens et de services qui soudain nous paraissent secondaires et dont le report d'achat va accentuer la crise due au confinement et précipiter les faillites et les licenciements. 

    L'Etat pompier ne pourra pas verser des salaires, des indemnités et tenir à bout de bras des milliers d'entreprises sans clients très longtemps. 

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  • Casseroles de mai, mai, joli mai...

    casseroles.jpgCasseroles du 1er mai. Premier mai syndical.

    Or donc en ce jour béni dédié aux travailleuses et aux travailleurs, le traditionnel défilé sera remplacé par un concert de casseroles, où il s'agira de crier le primat de la défense des ouvriers et des employés. Ce qui est bien naturel. Il y a parmi eux des gens qui touchent des salaires, élevés voire très élevés, grâce à qui Confédération, cantons et communes peuvent financer les services sociaux, l'éducation, la santé, la culture et toute sorte de services publics, dont on imagine pas se départir d'aucuns. Pourtant la pauvreté annoncée - la baisse du PNB - risque bien de sonner l'heure des choix douloureux. La dernière livraison de The Economist est assez inquiétante à ce propos. 

    Casseroles du 4 mai. Lundi des Verts.*

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  • La pauvreté, les autoroutes, la guerre

    anneesfolles.jpgOn sait que les années folles ont suivi la Grande Guerre et la grippe espagnole, la seconde ayant fauché plus d'humains que la première.

    Comment l'Europe et le monde se sont-ils relevés de la Grande Dépression de 29-33? La réponse tient en trois mots: pauvreté, autoroute, guerre. Ou si vous préférez chômage (sans assurance, donc migration vers les villes et les soupes populaires), New Deal (Keynes et Roosevelt) et réarmement. Le tous au temps des passions politiques, des fronts, fasciste et populaire, du national-socialisme, du communiste, (eugénisme et homme nouveau), du personnalisme chrétien aussi mais en sourdine (Barth, Maritain, Mounier, Teilhard...)

    Comment allons-nous nous relever de la Grande pandémie 19-20? 

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  • Un monde meilleur? Que faire à Genève?

    demain sera meilleur.jpgDans mon village, deux familles ont affiché leur confiance sur leur maison. "Demain sera meilleur*, "Tout ira bien". Les banderoles sont ornées de mains d'enfants.  L'espoir est grand dans une partie de la population. A gauche surtout. Un monde nouveau serait à portée de main.

    J'écoute ce matin l'économiste François Bourguignon, auteur de la Mondialisation de l'inégalité, sur Les Matin de France Culture. Le discours de l'ancien chef économiste à la Banque mondiale n'est pas du tout optimiste. Les Etats sont en train de gravement s'endetter ce qui ne manquera pas d'augmenter la contrainte sur les dépenses publiques - ailleurs que dans la santé - et de pousser à la hausse des impôts. La dette n'est pas une panacée. Même si la France réintroduit l'impôt sur les grandes fortunes, son produit sera loin de suffire. 

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