Démocratie

  • Bonne année, Calmar ou Callamard?

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    « Les voyants sont au rouge écarlate », dit la nouvelle secrétaire générale d’Amnesty International, la Grenebloise Agnès Callamard, considérant les tensions internationales et le recul de l’universalité des Droits de l’homme dans l’entretien qu’elle accorde à La Croix-Hebdo cette semaine. Son franc sourire tranche avec son propos et l’air du temps tout plein de bruits de botte du côté de l’Ukraine, du Kazakhstan (les premiers effraie l’Europe, moins les seconds), d’enfermement en Chine mais aussi chez nous où les esprits sont encaserné dans des camps qui « s’emmerdent » l’un l’autre. Y a-t-il un vaccin contre la haine de l’autre?

    Le chaleureux sourire de Mme Callamard, qui a signé le rapport de l’ONU sur le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, tranche aussi avec les maître du jeu du calmar (Sqid game), diffusé sur Netflix, qui a enflammé cet automne les réseaux sociaux, la presse et les familles jusque dans les préaux de nos écoles. Qu’en reste-t-il? 

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  • Joséphine et la RTS

    B6D77688-6ACE-4A68-B37D-C949AA3754CB.jpegCettte semaine encore, notre chère RTS a fait sa BA, une semaine entière dédiée à la solidarité: Tout est possible. Juste avant la fête Noël qu’une communication de l’Union européenne recommande de ne pas souhaiter, ni joyeuses ni saintes, histoire de ne pas froisser nos frères humains différents (le respect de la différence nous entraîne à l’indifférence).

    Une BA, c’est bien, forcément même si le ton de l’émission est difficilement supportable à la longue, sirupeux, comme ces sauces un peu trop obctueuses ou ces vins pommadés qui finissent pas n’avoir plus aucune personnalité. Et les aides sollicitées nécessaires, indispensables, forcément. « Le cap du million est dépassé, vous êtes formidables… »

     

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  • .Où sera la salle communale de Bardonnex?

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    «Tout l’immobilier» m’apprend cette semaine que le plan de site de Compesières a été adopté par le Conseil d’Etat le 24 novembre. L’article est titré «Fin de suspense pour le site historique de Compesières». Une étape sans doute a été franchie dans la saga de la construction d’une extension de l’école communale, uns saga vieille de 25 ans...

    Au nom de la sauvegarde des pierres et du site, l’école sise aujourd'hui dans un bâtiment de la République radicale de 1900, sera désaffectée au profit d’un bâtiment en bois - c’est la mode -  trois cents mètres plus loin, à l'emplacement de la salle communale, en pleine campagne, à 2 km  de la Croix-de-Rozon ou vivent deux Bardonnésiens sur trois.  

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  • Genève en 2050 vu par ma Tribune

    31613C72-E873-44CF-9B3E-C799BEA2533B.jpegQue n’a-t-on pas écrit sur le futur et son impossible prévision. Qu’importe. L’être humain a besoin de se rassurer. Il s’invente donc des futurs rassurants ou pas. Et conforme à l’air du temps. « Demain », le film avait déjà arpenté les lendemains qui chantent pourvu que nous le voulions bien. Cette fin de semaine maussade d’Halloween et de Toussaint, c’est ma Tribune qui se lance dans l’aventure de la futurologie sur le sujet du moment: le dérèglement climatique. Objectif lune? Non objectif une Genève décarbonée

     

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  • Du grain à moudre pour Le Centre

    7C3F22EB-1938-4FFA-9202-39F38F726A3A.jpegUn éminent député, très au fait des affaires du PDC genevois, lequel vient de plébisciter ce mercredi le label Le Centre,  reste sur sa faim. C’est bien beau de changer de nom, encore faut-il l’outre contienne du vin neuf sans éclater.

    Bref quels projets, quelles idées derrière Le Centre, afin qu’on le voit comme un A, comme une flèche, une avant-garde, et non comme un V, un ppdc (plus petit dénominateur commun) des idées et des projets des autres. Le Centre devrait prendre exemple sur les Verts libéraux, me dit mon interlocuteur. Ouvrir des pistes et les donner à arpenter à des étudiants, qui apprécieront sûrement de recevoir un pécule pour leur peine et d’être confronter au rude et chronophage terrain de la politique genevoise. 

    Voici donc quelques idées.

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  • Dieu nous bénira du haut des cieux (bis)

    839520D9-BCC8-489A-AC75-0E37AAD772E9.jpegA Tokyo, le cantique suisse a résonné dans sa version instrumentale. Combien d’habitants, Suisses ou non, de ce pays - un trou au milieu de l’Europe - ont entonné ce soir l’hymne national? La première strophe évoque le Ciel, où chacun peut loger qui le Dieu fort, qui une énergie ou une pensée, une âme attendrie, cette élévation des accents émus de nos cœurs pieux, que la loi de la gravité se charge de contrecarrer. Les Suisses, qui chôment le jour de la fête national depuis une génération seulement, ne gardent-ils pas, eux au moins, les pieds sur terre?

    La troisième strophe entonnée comme de coutume le 31 juillet à Compesières - ma commune a pris l’habitude de fêter avant les autres à la demande de l’amicale des sapeurs pompiers - pressent le Dieu fort, celui de la tradition judéo-chrétienne, qui est aussi invoqué dans le préambule de la Constitution suisse. « Dans l’orage et la détresse, il est notre forteresse. » Le fut-il dans la détresse virale qui bouleverse notre quotidien?

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  • Kneubühl confiné «volontaire»

    3C59B7F8-DC0B-430B-BC38-BC193AE14411.jpegLe discours est rodé. Chaque disparition d’un journal lance les lamentations sur l’amoindrissement de la variété des opinions. Pourtant, l’abondance des médias est là. Avec les chaînes d’info et les réseaux sociaux, c’est même l’indigestion qui menace. 24h sur 24.

    Voyez ces deux PLR qui renoncent, Petra Gössi et Nicolas Jutzet. Ils prennent du recul. Sagement. Avant d’être broyés par le bal médiatique qui transforme la politique en un jeu de mouches dans un pot de vinaigre. 

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  • De quoi meurt-on?

    BD6E2527-2481-4AB1-8CA9-1F0C5A04CEE6.jpegEn cet été exceptionnellement mais pas extraordinairement pluvieux qui menace de pourrir les blés sur pied, alors que le coronavirus mutant se fait encore menaçant et nous rappelle que nous sommes de simples mortels, un philosophe parcourt la France en lutte pour la simplicité.

    Il a un nom de roi mage, Gaspard Koenig, et vient de publier sa première lettre de la simplicité

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  • Un journal suisse romand disparaît

    C6AD0528-F13D-483A-A372-DE4F34281C4A.jpegÉdito, le magazine suisse des médias comme il se sous-titre, qui est l’organe du syndicat des médias et de la communication, consacre son édition no 2 de cette année, diffusée en juin, au journalisme local, tandis que les Chambres votent 178 millions dans le cadre de la révision de la loi sur les médias* et que le Conseil des Etats met le journalisme d’investigation sous la menace d’un recours accru à l’interdiction anticipée de publication par voie judiciaire**, tout cela sur fond de polémique sur la neutralité perdue des journalistes.

    Thèse principal, le journalisme local est mort sauf exception. Au banc des accusés, les grands éditeurs qui ont rapatrié les rubriques non locales au centre, soit à Zürich et à Lausanne, et qui désormais dictent à leur rédaction locale de rédiger des papiers pouvant être lus sur une vaste portion du territoire national. Autant dire que les compte-rendus des conseils communaux ou municipaux et même des Grands Conseils des petits cantons, qui n’intéressent qu’un lectorat local, risquent de passer à la trappe. Rebref, c’est la démocratie qui est en danger.

    Ce choix de la focale - l’audience - détermine en effet en bonne partie le choix des news dans un canard. Seuls les nouvelles les plus sexys, capables de soulever la paupière de lecteurs devenus paresseux et adipeux trouveront place dans les pages des quotidiens par ailleurs toujours plus minces. 

    Ambiance plombée donc pour Édito, qui affiche en couverture le monde d’avant: des liasses de journaux fraîchement sortis de presse. Et voilà que j’apprends la mort de Domaine public. Le magazine des socio-démocrates suisses meurt au combat après 58 ans de bons et loyaux services. 

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  • Biden et Poutine boudent la Genève internationale

    Capture d’écran 2021-06-15 à 18.57.18.pngMais pourquoi viennent-ils à Genève? Certes l'histoire a favorisé ce petit bout de terre béni des dieux, que Jules César lui-même a fait entrer dans la grande histoire. Certes, la genevoise reine Clotilde n'est pas pour rien dans le baptême de son mari Clovis, le roi des Francs. Certes l'internationale calviniste n'a pas eu son pareil pour essaimer dans les lieux de pouvoirs, aux Etats-Unis notamment, et quelques pédagogues s'en sont allés jusqu'à Moscou.

    Et puis Rousseau n'est-il pas enfant de Genève et des écologistes et Voltaire, mort à Ferney, n'est-il pas le héraut de la sainte trinité des Lumières: la tolérance, la liberté et l'égalité? Poutine a-t-il lu le philosophe? Qui, au passage, pourrait donner son nom à notre aéroport GVA en panne d'image: Genève Voltaire Aéroport, ça sonnerait autrement mieux que Cointrin.

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  • Les Verts rient jaune et les jaunes ont gagné

    Je n’aurais pas parié sur un rejet aussi net des deux initiatives antiphytos données encore gagnantes au début mai. 60% de rejet, c’est une claque magistrale, n’en déplaise aux commentateurs dominants de la presse qu’on sent assomés par le vote populaire. La bonne nouvelle, c’est que le simple bon sens d’une règle vieille comme el monde - c’est la dose qui fait le poison - a prévalu face à une mesure d’interdiction dont les électeurs se sont vite rendus compte qu’elle serait contre-productive. 

    L’échec de la loi sur le CO2 est plus troublant compte tenu du large soutien dont elle bénéficiait. Mais ce n’est pas la première fois qu’une large coalition échoue (de peu) dans les urnes vaincue par le carte des non qui seraient bien incapables de se mettre d’accord sur un projet. 

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  • Jules-le-Rouge était-il un empoisonneur?

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    John Genecand, paysan à Bardonnex, a été porté en terre lundi dernier à Compesières par ses amis. Il était un petit peu connu pour ses volailles qu’il présentait au marché concours annuel de Carouge. Il fut un paysan consciencieux. Dans l’hommage rendu, sa soeur et ses neveux ont noté le soin qu’il a mis à semer son blé, à planter ses légumes bien droit, à désherber ses cultures maraîchères à la ratissoire. Comme tous les paysans nés avant guerre, il a rempli le mandat que la population suisse avait confié à l’agriculture: nourrir le pays en produisant du bon lait, de la bonne farine, de belles pommes de terre, de beaux fruits sans taches ni pourriture, des carottes bien droites et des salades bien vertes. 

    Les champs de John étaient propres, sans folle avoine, sans vulpin, sans chardons, sans gratterons. Sans bleuets ni pavots non plus. Telle était la campagne de la seconde moitié du XXe siècle, la campagne de nos pères et grands-pères, celle mon père Jules, dit Jules-le-Rouge. Étaient-ils des empoisonneurs, ces paysans nourriciers?

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