Dans quel état j'erre - Page 2

  • Papa et le petit Corona, on frise le blasphème

    paradis sur terre globe.jpgComme vous j'imagine, je n'échappe pas au partage de ces vidéos ou ces textes qui promettent la fin du monde ou le paradis sur terre.

    Ici plus qu'ailleurs ou le loisir n'existe pas, l'humain confiné a le temps de réfléchir, de ruminer, de tourner en rond. Certain balance vite entre la collapsologie - la peur de la fin du monde est proche - et "Demain" du nom du film de Cyril Dion, qui a connu un joli succès, tout entier construit sur cette croyance naïve que le paradis est à portée de main. *

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  • Egypte, tombeau, coronavirus, capitalisme: quelle sortie?

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    Une mienne amie envoie un courriel collectif avec un texte de la meilleure veine chrétienne. Et ceux qui n'y croit pas ou plus en ce Dieu créateur, tout puissant et vengeur, devenu par son incarnation en un fils unique - blanc, sémite et bien sous tout rapport - infiniment faible, pauvre, miséricordieux et dont le royaume n'est pas de ce monde?

    Et ceux qui voient la voie du salut ailleurs, dans la philosophie, l'Olympe, le soleil, la nature, le football? Et ceux qui ne voient rien qu'un mariage, certes complexe et merveilleux, d'atomes, tous confis de gluons et de muons et d'autres particules qu'on traque ici à Genève et gouvernés par le hasard et la nécessité? Par quoi d'autre sinon? Les grandes pandémies sont des révélateurs extraordinaires de l'âme humaine. 

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  • Quelle(s) commune(s) à Genève en 2025, 2030, 2035?

    ville covid 19.jpgNous avons déjà franchi un cinquième du XXIe siècle. Nous fêtons le dimanche des Rameaux qui mène vers Pâques, la promesse de la Résurrection. 

    Les Rameaux, c'est une fête paradoxale. C'est la seule fois où Jésus est acclamé par la foule. Qui, chauffé par les partis de l'ordre, demandera sa crucifixion une semaine plus tard... Vox populi... L'argument qui fera plier Pilate est connu: Jésus affirme être le roi des Juifs, détenir la vérité, plus fort que César? Étrange renvoi à d'autres temps, quand l'humain voulut être comme des dieux - omniscient, tout puissant, immortel. Temps passé, temps présent? Demain ne sera pas comme hier, dit-on alors qu'un virus tue riches et pauvres à égalité.

    Ce dimanche de printemps est aussi un dimanche d'élection à Genève. L'élection des autorités municipales. 

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  • A Pâques ou à la Trinité?

    malbrough.jpgMalbrough s'en va en guerre,
    Mironton, mironton, mirontaine,
    Malbrough s'en va en guerre,
    Ne sait quand reviendra. (Ter)

    On connaît la chanson: la Trinité se passe, Malbrough ne revient pas. 

    (Note mise à jour lundi à 8h et 10h)

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  • Aurélie

    A cette heure (ce mercredi 25 mars, 10h30, jour de l'annonciation), à la chapelle mortuaire de Courrendlin, cinq cœurs serrés, enveloppés du silence des absents, disent un dernier adieu à Aurélie. Aurélie est ma nièce et a été emportée par un cancer du cerveau. le crabe l'a prise en 2011, lui a laissé sept ans de répit, l'a torturée 18 mois et a vaincu sa résistance courageuse et admirable le 22 mars, malgré les opérations, les rayons, les chimios. Elle avait 36 ans. Je pense à cette heure à tout ceux qui meurent de quelle que cause qui soit. Ils nous rendent humbles et égrènent en nous des chapelets de souvenirs qu'aucune série télé ne pourra égaler. 

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  • "Un monde malade"

    yanomani wik.jpgAlors que les églises et les temples sont vides et que les clercs ne sont plus reproduits (c'est surtout vrai en Europe où la cure d'âme est devenue psychothérapie remboursée par la sécurité sociale), France 2 diffuse le dimanche matin, Les chemins de la foi, islam, orthodoxie, judaïsme, bouddhisme, protestantisme, catholicisme, à chacun sa tranche horaire en fonction approximative du poids démographique et culturel de ces traditions.

    Il est 11h, quatre dominicains et autant de laïcs chantent la messe dans l'intimité d'un studio aux allures d'appartement aménagé et la fragilité des voix a capela. Coronna virus oblige, on est loin des cathédrales élancées au-dessus de nos vieilles cités et des orgues orgueilleuses. A plusieurs reprises, le célébrant parle d'un "monde malade".

    Notre monde est-il malade? L'est-il plus qu'autrefois?

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  • Combien de grippés aurait-on sauvé?

    population mondiale.jpg

    Malgré la vaccination, très recommandée aux personnes à risques dont les vieux, la grippe fait selon l'OMS de 290 à 650'000 morts par année. Combien de victimes de la grippe auraient pu rester en vie si les gestes barrières - et, en cas de maladie, l'auto-isolement et l'auto-quarantaine - étaient monnaie commune depuis longtemps? Ces réflexes responsable sont suffisants à ralentir la propagation du virus sars-cov2, a encore une fois martelé ce midi le Conseil d'Etat genevois, dont la conférence de presse était retransmise en direct sur Léman Bleu - une première qui ne sera sans doute pas une dernière. Et le Conseil fédéral, cet après-midi. Avec raison.

    Les épidémiologistes nous le diront peut-être un jour. Dès l'hiver prochain, sûr que les mesures de confinement des personnes à risques qui présentent des symptômes grippaux seront appliquées strictement, de gré ou de force. 

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  • La confiance est le meilleur antivirus

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    Comme toutes les crises, celle du coronavirus révèle nos peurs enfouies, ancestrales et même reptiliennes qu'on savait existantes mais qu'avaient gommées des couches de vernis civilisationnel.  Elle met à rude épreuve nos capacités de résilience. Et montre combien nous sommes inégaux face à l'adversité, le choc, le risque. C'est bien connu, la peur est contagieuse. 

    Comment endiguer simultanément un virus, dont les effets ne sont pas (encore?) cataclysmiques, et la peur sans précipiter le monde dans une récession majeure? C'est l'équation impossible que nos autorités doivent résoudre. Pour décrire la situation actuelle, je vous propose l'analogie d'une course de Formule 1. 

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  • "Les Huguenots" et la messe à Saint-Pierre de Genève

    pain et eau.jpgCe mercredi commence le "Ramadan chrétien", le Carême, un temps de frugalité - c'est très à la mode -, de réconciliation - ça l'est un peu moins - , de pardon - évoque-t-on ce mot libérateur dans l'école genevoise?

    A Genève justement, où la pensée dominante impose une stricte et parfois sourcilleuse séparation des églises et de l'Etat, l'événement prend une tournure historique. Ce mercredi des cendres, selon le rite catholique, où les croyants se souviennent qu'ils sont poussière, de cette poussière que le Créateur a façonnée avec l'eau et le souffle pour faire l'Adam, l'humain premier, homme et femme confondu.e.s, jusqu'à ce que Dieu personnifie le masculin et le féminin, et sans doute tous les genres...

    Ce 26 février, mercredi des cendres, donc, Les Huguenots, le maxi opéra de Meyerbeer, est donné sur la scène du Grand Théâtre de Genève. Un événement. Au Ve acte, ont entend le chœur des meurtriers: « Abjurez, huguenots, le ciel l’ordonne!» C'est le massacre de la Saint-Barthélémy, le 24 août 1572. 

    Samedi 29 février, une messe catholique sera dite en la cathédrale Saint-Pierre de Genève, une première depuis 1535, un "signe de bonne santé œcuménique", lit-on sur le site cath.ch, "ni une défaite ni un triomphe" écrit le professeur Grandjean dans la Tribune.

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  • C biffé

    pfister ppd.jpgAinsi donc le président du Parti démocrate-chrétien suisse veut laisser tomber le C que trop d'électeurs et d'électrices associeraient non pas au christianisme mais au catholicisme, coinçant par trop, aux yeux de Gerhard Pfister, le parti dans un cul de sac: les catholiques vieillissent; et l'église catholique n'est plus la force dynamique qu'elle a pu être après la Seconde guerre mondiale et quelques lustres après Vatican II. 

    En quoi l'abandon de cette référence chrétienne changera-t-il l'électorat du parti centriste? En quoi le biffage du C changera-t-il sa vision de la fédération suisse, de l'Europe, du monde, son programme pour une bonne gouvernance du pays?

    En rien sans doute. Du moins à brève échéance. Ces questions valent pourtant d'être posées et reposées.

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  • Les paradoxes de l'évêque de Genève

    punaise diabolique.jpgL'abbé Pascal Desthieux ne porte pas la mitre (pas encore?), il est tout de même vicaire à Genève, c'est à dire premier lieutenant de l'évêque Morerod. Son heure de gloire sonnera le 29 février prochain quand il dira la messe en la cathédrale Saint-Pierre, une première depuis 1535. L'affaire n'émeut certes qu'une poignée de Genevois - surtout du côté protestant - qui se demandent quelle punaise diabolique a bien pu piquer le président Daniel Pilly et son Conseil de la paroisse, et Emmanuel Rolland, pasteur du temple où Calvin prêcha la Réforme, pour qu'ils lancent pareille invitation aux catholiques, sans au moins réclamer la réciproque à Saint-Pierre de Rome?

    Dans le dernier Courrier pastoral de l'Eglise catholique de Genève, Blaise Menu, ci-devant modérateur de la Compagnie des pasteur, explique le geste prophétique de son Eglise. Sans se mouiller. Il contourne tous les obstacles et autres questions gênantes comme celles qui furent posées à Saint-Pierre de Genève, le 19 janvier dernier, à l'issue de la cérémonie œcuménique annuelle de la Semaine de l'unité des chrétiens: "Mais comment peut-on accueillir ici une église misogyne, homophobe et menteuse?" 

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  • Le pape est-il trop protestant?

    françois est-il trop protestant.jpgFrançois est-il  trop protestant? Trop tentante la question. Le dernier numéro du magazine français Réforme en fait sa une et conclut que non.

    La question n'est pas née de la décision du pape d'inviter les calvinistes genevois à célébrer un culte à Saint-Pierre de Rome en réciprocité à l'invitation de la paroisse de Saint-Pierre de Genève qui a proposé aux catholiques de la cité laïque de dire une messe le 29 février prochain, mais de la controverse que des hommes mariés, d'âge mûr et respectés dans leur communauté, puissent à titre exceptionnel devenir prêtres de l'église catholique en Amazonie qui manque cruellement de sacrificateurs. 


    A propos de la messe à la cathédrale, ici et


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