Constitution - Page 6

  • Bardonnex, Plan-les-Ouates: mes deux communes chéries

    Bardonnex, j'y habite. Plan-les-Ouates aussi. Impossible? Impossible, seulement pour ceux qui ont accepté la séparation de ces deux communes. Pour ma part je ne l'accepte pas. Je rêve qu'un jour les gens d'ici liront la Constitution genevoise et se convaincront que l'union des communes est l'avenir du canton, lequel a besoin d'institutions publiques fortes, professionnelles, taillées à la dimension du XXIe siècle, celui du monde qu'on traverse en 24 heures et même instantanément sur les réseaux, alors qu'en 24 heures, on ne parcourait guère plus de 100 à 150 km en 1851, quand le divorce survint.

    Ce qui m'attriste ce lundi c'est de constater, à la lecture de la Tribune, que mes deux communes chéries se fourvoyent dans des investissements insensés. Bardonnex va décider ce mardi de dépenser 2,3 millions pour rénover une grange de la ferme de Compesières en ruines depuis des années et plus 9,8 millions dans la construction d'un bâtiment artisanal. Plan-les-Ouates, qui roule sur l'or et ne sait manifestement plus quoi faire de ses millions, va en mettre un, peut-être deux, au rachat et à la rénovation de la distillerie de Saconnex d'Arve

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  • Et maintenant, fêtons la paix de Saint-Julien!

    walker histoire de geneve.jpgVous l'avez remarqué, comme bon nombre de chroniqueurs, les blogueurs ont leurs dadas. D'une manière ou d'une autre ils ressassent leurs thèmes favoris. Je n'y échappe pas. Mes dadas sont notamment:

    1) la fusion de Servette FC avec le club haut-savoyard de Gaillard, devenu ETG (pour Evian Thonon Gaillard) mais portant les couleurs de l'eau la plus connue au monde, ce qui permettrait à Genève-Evian de jouer dans le championnat de France et sans doute de mobiliser des sponsors pour briller dans cette compétition d'un autre niveau que notre SuperLeague, de quoi glaner dans l'aventure quelques retombées collatérales et identitaires pour le Grand-Genève,

    2) la création de quelque 70 communes citoyennes, présidées chacune par un maire-député à plein temps, qui serait animateur de la démocratie de proximité, l'ensemble des maigres pouvoirs qui demeurent aux communes actuelles étant administrés par le Conseil d'Etat, dont le président porterait le titre de maire de Genève, et un Grand Conseil formé des 70 maires (d'arrondissement) et de 70 autres députés élus au suffrage proportionnel sans quorum. Exeunt les bientôt mille conseillers municipaux dont les pouvoirs sont souvent dispendieux, quand ils ne vont pas à l'encontre de l'intérêt général du canton...

    3) la commémoration de la paix de 1603...

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  • Une étoile quitte Genève... La faute à Dal Busco? La faute à Hodgers?

    Philae et son bisou à la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko ont ému les foules, fait battre les cœurs, produit du rêve à tout va. Une autre étoile filante, bien genevoise celle-là - elle a fêté ses 150 ans cette année, a choisi cette année de se satelliser ailleurs. Oh, pas bien loin. A Mies, dans cette Terre Sainte qui lorgne plus Genève que Lausanne, mais qui paie tout de même ses impôts en pays de Vaud.

    Pourquoi cette migration, qui, s'il n'y avait cette frontière, ne ferait pas la une des journaux, a demandé le magazine Bilan. A quelques jours de la votation sur les forfaits fiscaux, le bimensuel dresse la liste des 350 plus riches de Suisse. La liste est lacunaire, avoue le nouveau réd en chef adjoint, Serge Guertchakov, des millionnaires plus rentiers qu'industrieux passent sans doute au travers du filet. Qu'importe notre étoile en fait partie.

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  • Le baptême à la baïonnette et la laïcité à la Genevoise

    image.jpgDeux protestants, deux radicaux, Pierre Maudet et mon confrère Jean-Noel Cuénod, sont sur le point de réparer un haut fait genevois de la lutte du Kulturkampf qui remonte à 1875. Le rapport Cuénod sur la laïcité, commandé par Pierre Maudet est une retombée de la nouvelle Constitution genevoise de 2012.

    1875, en janvier, c'est à Compesieres, ma paroisse qui englobait alors les habitants de la commune de Plan-les-Ouates, que se déroule le baptême de l'enfant Maurice (cliquer sur l'image pour l'agrandir).

    La cérémonie doit se dérouler selon le culte catholique chrétien, le seul reconnu alors par la République radicale avec le protestantisme. Les habitants des communes de Bardonnex et de Plan-les-Ouates, hélas séparées alors depuis une génération, et leurs autorités, tous attachés au culte catholique romain, refusent l'ouverture de l'église, bâtiment alors public comme l'école juste à côté.

    Devant cette rébellion, le gouvernement radical Carteret destitue les maires qui étaient alors nommés par le Conseil d'Etat. Rien n'y fait. La fois suivante, le curé de Carouge, rallié au culte catholique officiel, est protégé par la troupe. Le mur de l'église est percé, faute d'avoir pu ouvrir la porte, les maires refusant toujours de donner les clés. C'est ainsi que s'est gravé dans les mémoires locales de nos parents le baptême à la baïonnette.

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  • Bascule fiscale, facture sociale..., la révolution communale

    Bascule fiscale, facture sociale, Geneve devient suisse. 200 ans après le rattachement de la petite République à la Suisse, qui n'était pas encore fédérale, mais que des Genevois ont contribué à forger en une democratie moderne, au temps du radicalisme triomphant, étatiste et éclairé. Genève adopte donc le vocabulaire des confédérés pour tenter de mieux gérer la chose publique entre les différents acteurs que sont le Canton et les communes.

    Francois Longchamp, dont on se demande parfois à quoi il sert depuis qu'il est devenu président durable du gouvernement, est en première ligne. Le char qu'il conduit a autant de risques de sortir de la route qu'un autre carosse dont il tient les rênes, le Grand Geneve, qui est lui déjà sorti de route, le 18 mai dernier, à la suite d'une ruade non contrôlée mais récurrente d'un des chevaux de l'attelage politique du canton...

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  • Pierre, François et les autres

    Que préférez-vous? Coop, Migros ou Lidl ou encore le dépanneur du coin qui ouvre jusqu'à point d'heure parce qu'il travaille officiellement sans main-d’œuvre d'appoint? Qu'importe, ce qui compte, c'est que vous ayez l'embarras du choix. En plus, à l'occasion d'une escapade, les Genevois ont la liberté de découvrir le monde merveilleux des supermarchés français et de s'en mettre plein le cabas.

    Le choix, c'est ce que n'offre pas l'Etat. L'Etat livre ses services et prestations sans concurrence. A un prix qu'on ne connaît généralement pas. Impossible d'aller se servir ailleurs, sinon au prix fort - c'est le cas de l'école - ou au prix plus lourd encore d'une migration.

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  • Le réchauffement climatique et le refoidissement démocratique

    democracy ' gone wrong economist.jpgQu'est-ce qui menace le plus l'avenir du monde, le réchauffement climatique ou le refroidissement démocratique? Le premier diront ceux qui craignent l'enfer. Le second expose cette semaine un long essai de The Economist.

    L'Inde, dont j'ai de la peine à me défaire, est, dit-on, la plus grande démocratie du monde. Elle est en campagne électorale et voit s'affronter un Blocher local, chantre de l'identité hindou, Narendra Modi, maître 2001 de l'Etat du Gujarat (un Etat, entre Mumbai et le Pakistan, presque aussi vaste et aussi peuplé que la Grande Bretagne), et le dernier rejeton de la dynastie Gandhi, Rahul, qui s'affiche en noir et blanc sur d'immenses placards dans la posture du penseur de Godin.

    Mais comment peut-on gouverner un pays si grand? On ne le gouverne pas, défend cette semaine The Economist (Une démocratie de carnaval). 

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  • Promenons-nous dans les bois...

    Quand elle enclenche son feu bleu et sa sirène, la police peut ignorer les lois de la circulation, brûlés les feux rouges et griller les stops. Point de discussion ni de votation ni de juge pour ralentir l'action des forces de l'ordre.

    Quand l'Etat prend enfin ses responsabilités et se décide à construire une nouvelle prison, point de feu bleu ni de sirène, il suffit d'un avocat avisé mobilisé par des riverains courroucé pour bloquer le projet. Un juge à sifflé un arrêt de jeu. La construction de la nouvelle prison détruirait un petit bois. Un crime sans doute qui vaut bien de stopper le chantier quelques mois et plus peut-être. Sacré bois!

    Sacré Suisses, qui à la fin du XIXe siècle ont sanctuarisé leurs forêts qu'ils avaient presque rasées pour se fournir en bois d'œuvre et en combustible. Depuis la forêt n'a cessé de croître. Laisser un terrain à l'abandon et en dix ans, il devient forêt protégée par la loi qui interdit de l'abattre sans reconstituer le bois dans la même région. Une loi absurde. Une loi qui bloque aujourd'hui la construction d'une prison.

    En appliquant le droit à la lette le juge ne sert pas l'intérêt commun.

  • Gouvernement genevois: PG ou PPDC?

    conseil d'etat prestationn serment.jpgComment gouverner sans majorité? Quelle ambition peut-on nourrir quand on est à la merci de partenaires qui n'hésiteront pas à en appeler au peuple par voie référendaire? Comment réformer l'Etat quand ses agents, très nombreux, détiennent un triple pouvoir:

    1. Le pouvoir de l'électeur, un peu plus de cent mille citoyens participent ordinairement aux votations, les services publics du Canton comptent plus de trente mille fonctionnaires ou assimilés. Avec leurs conjoints et leurs proches, c'est donc la moitié du corps des votants, dont le revenu et les conditions de travail dépendent des décisions politiques...
    2. Le pouvoir du travailleur qui est davantage syndiqué que son camarade du secteur privé et qui n'hésite pas à faire grève en se faisant de surcroît le preux (et seul) défenseur du service public...
    3. Le pouvoir du serviteur de la loi qui peut l'appliquer avec zèle, de quoi ralentir les décisions, voire les bloquer, en jouant sur les multiples normes votées ou fil des ans pas toujours cohérentes, doublées des règlements et d'une couche encore de législation occulte que sont les directives internes et les pratiques spécifiques...


    Face à ce triple pouvoir, des bleus, cinq bleus et deux radicaux, bref un gouvernement forcément faible face à l'ogre administratif.

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  • Si les Genevois avaient élu leur président, auraient-ils choisi Longchamp?

    segond keystone.jpgOn est bien loin des rêves des radicaux et de l'un de leurs plus illustres représentants, Guy-Olivier Segond. L'ancien président du Conseil d'Etat, à l'époque où la fonction ne durait qu'un an, se tient dans la posture qui sied au sage une fois l’œuvre accomplie.

    GOS et ses troupes ont un temps militer pour l'installation à Genève d'un gouverneur, d'un premier ministre, épaulé par une équipe soudée. D'autant plus soudée que les memebres de l'équipe gouvernementale devaient être élus en un seul bloc et non, comme c'est toujours le cas, chacun pour soi. Des rêves de bonne gouvernance qui n'ont pas séduit les constituants.

    GOS aurait-il voté Longchamp pour présider le Conseil d'Etat jusqu'au printemps 2018, date de la prochaine échéance électorale? Connaît-il bien le magistrat, dont il contribua à l'ascension politique en le faisant son jeune secrétaire général? François Longchamp, doyen du gouvernement, est sans doute l'homme le plus discret, certains disent secret, du gouvernement. Le nouveau et premier président durable de Genève est très compétent. Mais a-t-il ce plus d'humanité, ce grain de folie qui font des excellents administrateurs de grands hommes d'Etat?

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  • Qui est de Flue today?

    flue.jpgComment se partager le butin du Téméraire? De quoi vivre quand on a que ses muscles et son courage pour tout capital? Comment partager le pouvoir? Comment ne pas être corrompu ou corrupteur? Ce sont des questions qui émergent de l'épisode deux de la série Les Suisses, que je viens de visionner.

    Bien meilleur que le premier à mon goût. Plus de crasse, plus de sang, plus de sens aussi. Parce que les enjeux de cette fin de XVe siècle nous sautent à la figure et ne sont au fond pas si différents que ceux qu'affrontent la Suisse et l'Europe aujourd'hui. La prospérité, le pouvoir, la bonne gouvernance.

    A l'époque, confessent les historiens, dont les interventions s'insèrent mieux dans la reconstitution des événements, Nicolas de Flue, un saint vivant, attesté par Rome, a offert aux Suisses un compromis, les épargnant d'une guerre civile entre les artisans et commerçants des villes et les paysans chasseurs des campagnes. Tous libres mais pas tous égaux, car l'égalité ne saurait être réelle quand les uns habitent dans des maisons de pierre et font parfois commerce de chair humaine, quand les autres crèvent la dalle et ont peu d'autres choix que de s'engager dans les armées étrangères. Mercenaires.

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  • Borgen n'est pas la Tour Baudet ni l'Elysée

    Borgen nyborg.jpgDemain jeudi, les fans de ce qui se trame dans les coulisses politiques verront sur la RTS les deux derniers épisodes de Borgen, le feuilleton culte, en trois saisons et cinquante-huit épisodes, qui raconte les intrigues d'un gouvernement danois inventé, de sa cour de prétendants, de premiers et de seconds couteaux, sur fond d'alliances et de divorces, de maris volages et de femmes jalouses, le tout sous l'oeil gourmand de médias en compétition.

    Je n'ai vu que deux épisodes de cette saga nordique, dont notre ex-Monsieur cinéma suisse, le Genevois Nicolas Bideau, veut importer la trame et les artisans sur le bord du Léman pour raconter les intrigues de la Genève internationale, dans l'espoir de la dérider un peu (dans le sens de l'humaniser et de la rajeunir...). Une excellente idée à suivre...

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