blogs et net - Page 6

  • 80 millions de francophones, c'est une prison

    image.jpgIl y a déjà quelque temps, un savant avait, sur France Culture, comparé la connaissance à la surface d'un ballon de baudruche. Au début, disait-il, le ballon est à peine gonflé, un seul homme pouvait alors saisir la totalité ou presque de la surface et connaître toute la conaissance alors connaissable - encore que je me demande si Aristote aurait été capable de faire du feu avec deux silex.

    Plus la connaissance augmentait, plus le ballon se gonflait et sa surface s'étendait, rendant l'omniscience rapidement impossible. Aucun savant ne sait tout. Pire, ajoutait le savant de France Cul, la surface s'étirant plus vite que le volume (au carré du rayon). Très vite des îlots de connaissance sont apparus à sa surface entourés de mers puis d'océans d'inconnus. Pire encore, chaque îlot a développé son vocabulaire pour désigner son domaine de connnaissance qui devient inconnu ou abscons à l'oreille des savants des autres îlots. 

    Lire la suite

  • Genève, Zurich: deux communes aux antipodes

    Capture d’écran 2015-04-06 à 09.34.53.pngLundi dans quinze jours, on saura si la gauche a retrouvé sa majorité en Ville de Genève ou si l'assise de ses quatre magistrats sur cinq que compte le Conseil administratif s'est réduite grâce à la victoire d'un des quatre partis de la droite qui veulent que ça change. Pour les noms des cinq comaires qui dirigent la municipalité, il faudra attendre le 10 mai. Je ne vois qu'un seul des sortants - ils se représentent tous - puissent obtenir la majorité absolue au premier tour, le 19 avril.

    Même Kanaan, qui a plutôt bien mené sa barque et a surtout bénéficié de la calamiteuse gestion de son prédécesseur Mugny, ne devrait pas franchir la barre. Ce qui en dit long sur la difficulté qu'ont nos édiles de rassembler au-delà de leur chapelle politique. La Ville qui est de loin la première commune du canton souffre de son incapacité de concevoir le pouvoir sur un mode collaboratif avec les quarante-quatre autres communes et avec le canton. Dans la plupart des grands chantiers, parkings, mobilité, rade, culture, sports, la ville apparaît plus comme un frein au développement du Canton.

    Une des raisons est évidemment politique. Elle est de gauche et le canton est ancré à droite. D'autres raisons résident je pense dans sa dimension et ses compétences. La Ville de Genève est lilliputienne et, hormis la culture et le sports, sans réelles compétences. Il suffit de comparer Genève à Zurich pour s'en convaincre.

    Lire la suite

  • Des médias de bonnes nouvelles

    Donnez-nous des bonnes nouvelles! L'antienne est récurrente depuis que la presse existe. Il est vrai que le journal ne reflète que rarement la réalité de la vie qui va. Jamais d'info sur les trains qui arrivent à l'heure, les quelque 500'000 va et vient quotidiens - presque sans accidents - des travailleurs de et vers Genève, des 95% de la population active qui toujours à Genève a un emploi, des vieux qui vieillissent toujours plus vieux, des gens heureux, les gens heureux n'ont pas d'histoire donc pas de quoi remplir les journaux.

    Mais, mais, mais...

    Mais les gens en ont marre des breacking news, du bruit de l'info en continu, des images en boucle, des directs sans filtre. Et puis, à Genève, 41% des gens sont étrangers et n'interagissent donc pas avec la politique locale ou nationale. Et si l'on y inclut les frontaliers et les abstentionnistes, seuls 20% des gens suivent l'actualité politique.

    Lire la suite

  • Snapchat, Facebook, des ogres pour les médias?

    image.jpgAinsi le New York Times devrait diffuser directement des articles sur Facebook et recevoir en contrepartie une part de la manne publicitaire que le partenariat entre le plus grand réseau du monde et l'un des plus prestigieux journaux du monde devrait générer.

    Snapchat a anticipé le nouveau marché de quelques semaines en créant Schnapchat Discover, qui relaye des news taillées sur mesure pour ce nouveau venu dans le monde bouillonnant des réseaux et qui captive les jeunes. 

    Il paraît que 80% des jeunes Américains s'informent via les réseaux sociaux et ne les quittent plus. Facebook est comme Windows le fut pour leur papa, un ogre incontournable. Les éditeurs qui espéraient troquer leurs rotatives contre des sites internet pourraient déjà devoir réviser leur plan.

    A quoi bon entretenir des sites internet ou des blogs à grand frais si Facebook fait le travail gratuitement et en plus promet de partager les bénéfices? Les rédactions auraient peut-être mieux à faire en pactiser avec Snapchat, Facebook, Twitter ou Google + Pinterest et les autres qui vont suivre.

    Le séisme FB-NY, s'il a lieu, promet de sacrés répliques. Comment résister et capter durablement des abonnés fidèles? Vaste question!

    Lire la suite

  • La mondialisation ne frappe pas que les taxis genevois

    image.jpgLa gratuité de 20 Minutes fait sans doute du mal à la Tribune et aux autres médias qui comptent sur le paiement  régulier de leurs lecteurs pour exister. Et n'ont pas la chance  - mais en est ce-une? - d'être financés en tout ou partie par la redevance obligatoire. C'est un peu comme dans les transports. Il y a les transports publics qui roulent grâce aux fonds publics et il y a les taxis qui tirent le diable par la queue. Et voient dans le grand méchant Uber un concurrent déloyal. 

    Qu'est-une concurrence loyale? Celle qui applique les règles du pays, que dis-je du canton, de la commune? Dans ce cas, il faudrait fermer les frontières à bien des produits. Et empêcher les lecteurs de la Tribune de profiter des offres alléchantes des journaux étrangers. Les chauffeurs de taxis se demandent-ils dans quelles conditions sont fabriqués nos vêtement, nos mobiles, la plupart des jouets, sans parler des fraises et des asperges qui débarquent dans nos supermarchés alors que la feuille du marronnier de la Treille est à peine éclose? 

    Lire la suite

  • La Suisse (et l'Europe) a du pétrole, mais pas d'idées. Tant pis pour elle!

    image.jpgLa France n'a pas de pétrole, mais elle a des idées. Qui se souvient de ce slogan popularisé sous le moderne Giscard d'Estaing, un président à particule, dont on a pas su a l'époque s'il avait délaissé son Anémone... C'était au lendemain des chocs pétroliers, quand la Suisse avait expérimenté des dimanches sans voitures et sans lendemains. 

    Ces jours, le Valais s'inquiète de la disparition de la raffinerie de Monthey. Des emplois, un savoir faire sont perdus et une friche industrielle risque de demeurer là aussi longtemps que les installations des puits de mine de charbon fermés dans le nord. 

    Le gouvernement valaisan, qui a longtemps relayé les protestations des riverains contre la pollution de l'usine, cherche un repreneur. Pourtant, juste au-dessous de Monthey, dorment des millions de tonnes de gaz de schiste. Pourquoi n'en concède-t-il pas l'exploitation à quelques entreprises soucieuses de démontrer qu'on peut extraire cette ressource sans trop de dégâts collatéraux? Le Valais, si fier de sa houille blanche, pourrait devenir le champion de la houille brune et relancer une industrie pétrochimique dans la haute vallée du Rhône.

    Lire la suite

  • France: le jour d'après

    assassin creed.pngQue faire des quelque millions de marcheurs et des dizaines de millions de téléspectateurs qui ont retrouvé, l'espace d'un dimanche, un état de communion républicain jamais vu depuis la Libération? La France se réveille en ce 12 janvier, interrogeant les raisons d'une mobilisation populaire aussi puissante, d'un partage cathartique aussi profond.

    L'assassinat des dessinateurs de Charlie, de policiers et de consommateurs juifs dans une superette casher a agi comme un électrochoc. La France l'attendait comme tous ceux, dont je suis, qui aiment ce pays plus que tout autre et qui se désolaient de voir la République - car la France incarne plus que tout autre l'idée de la République - se déliter.

    Sur France Culture ce matin, Régis Debré et Caroline Fourest ont tenté une première analyse. Que faire, a demandé le chroniqueur Brice Couturier, pour que le soufflé ne retombe pas? Leurs réponses ne m'ont pas convaincu.

    "Cesser de parler de gouvernance, un mot copié collé du monde des affaires, et parler davantage de gouvernement", a dit le médialogue: Arrêter de bourrer les discours politiques des chiffres balancés par Bruxelles. Et puis oser enfin évoquer le fait religieux dans les écoles et l'interroger rationnellement. Il faut plus de prof de philo aussi.

    Dans la même veine, Caroline Fourest a suggéré d'augmenter le nombre de profs de dessin. Et d'apprendre aux élèves qu'une caricature qui s'en prend au bon dieu ou à ses saints, ça n'est pas du racisme envers une communauté. Il faut armer les profs à répondre aux élèves dont la culture est faite de slogans répétés en boucle.

    Lire la suite

  • Brouet

    Deux millions, trois, quatre millions, des Français, des Européens, quelques Américains, aucun Chinois. Des premiers ministres et des présidents par dizaines, dont quelques-uns qui piétinent les droits de l'homme au pied, des millions de téléspectateurs aussi, dont moi. Nous voilà tous prêts pour un Patriot Act à l'européenne. Et avec les applaudissement du public.

    J'ai regardé d'un oeil la TV et d'un autre le fil Facebook et Twitter. Aussitôt la différence m'a sauté aux yeux. Je ne vois pas le même événement. Du côté de la télé, le ton est à l’empathie avec les gens. Exceptionnel, historique est l'événement. Belle unité nationale. La communion entre le mass-média et le public est totale. Aucune interactivité. Le téléspectateur est captif, voit ce qu'on lui montre. C'est spontané. Encadré. Digne. Chaleureux. Impressionnant!

    Sur les réseaux sociaux, la diversité s'exprime. Les opinions s'échangent. les débats s'enchaînent. Et surtout des informations retweetées  glacent. Comme cette nouvelle tuerie au nord du Nigeria perpétrée par Boko Haram. Ou ce blogueur, Raif Badawi, qui a reçu, samedi, les 50 premiers des mille coups de fouet auxquels un tribunal d'Arabie Saoudite l'a condamné parce qu'il avait eu l'audace d'évoquer les droits de l'homme et aurait donc de ce fait "insulté l'islam".

    http://www.lesinrocks.com/2015/01/10/actualite/boko-haram-detruit-16-villages-et-fait-2000-morts-au-nigeria-11545330/

    Lire la suite

  • Un autre monde

    image.jpgNoël est un moment mystérieux. Un moment où deux mondes se frôlent comme lorsqu'une comète réapparaît dans le ciel après un voyage séculaire dans la nuit des temps. L'histoire de cet enfant Dieu né d'une vierge juive qui est a l'origine de cultes divers et parfois antagonistes m'émerveille chaque année.

    Un bébé vient de naître dans notre famille. Il fait la joie de tous. Tour à tout fragile et robuste. Il est le signe d'un avant et d'un après. Chacun quête une nouvelle vitalité de sa présence. Et plus encore un souffle d'amour.

    Mystère des origines. Qui, à peine né, s'est offert aux rustres bergers comme aux riches savants. Peu importe qu'on aie inventé Dieu ou que Dieu se soit révélé, l'événement d'il y a 2000 ans n'est pas de l'ordre de la rationalité. Comme cet autre monde qu'il annonce et qui est, en fait, à notre portée chaque jour que Dieu ou la nature fait. Un regard, un mot, un geste et la vie jaillit. D'amour tout emplie si nous le voulons bien.

    Lire la suite

  • La croissance, le fou et l'économiste

    "Celui qui croit à une croissance exponentielle infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste". C'est en butinant sur Lieu-commun, un groupe sur Google+ où publie entre autres un des fins blogueurs politiques genevois, François Brutsch, que j'ai relu hier cette phrase. Certains la balancent comme dans la conversation, ce qui a pour effet de tuer le débat en disqualifiant une pensée, celle des économistes, de la croissance, de la croyance trois œuvres du diable s'il existait à leurs yeux.

    J'ai trouvé une réponse bien pertinente, celle de l'économiste Alexandre Delaigue, qui veut expliquer l'économie à sa mère, ce qui est une bien louable entreprise. Elle démontre que l'important n'est pas la croissance, mais son alimentation par l'innovation et la découverte. J'en partage donc le lien - La croissance, vers l'infini, et au-delà - sacrifiant ainsi au premier commandement de cette merveille dixième merveille du monde, celle de cette église informelle qu'est le Net, qui, sans faire religion, relie les hommes sans frontières.

  • Une tablette pour chaque élève. Investissons 10% de ce qu'on bétonne!

    jenni.jpgPierre Jenni, patron d'une entreprise de taxis et ex-candidat au Conseil d'Etat genevois, a publié un commentaire bien intéressant sous un de mes derniers billets (Y a-t-il un tweetprof dans la classe?). J'y évoquais cette alternative: plutôt que de prévoir des budgets pour couler du béton et fabriquer des écoles et des collèges à un demi-million de francs la classe, on pourrait (devrait), comme le % Migros ou des fonds de décoration ou d'art contemporain qui fleurissent dans chaque commune comme au canton, créer et alimenter un fonds informatique.

    Exemple le CO de la Florence, qui a été entièrement rénové pour 41 millions de francs, aurait permis de dégager 400'000 francs, de quoi équiper chaque élève d'une tablette. Imaginons ce qu'on pourrait faire avec 10% de la somme investie dans les murs... 

    A noter que plusieurs communes, qui sans doute ne savent pas comment dépenser leurs excédents de revenus, subventionnent l'acquisition de bicyclettes électriques... et qu'on subventionne grassement les transports publics...

    Lire la suite

  • Y a-t-il un tweetprof dans la classe?

    "Je tweete, tu tweete, nous lisons!" Après 3 ans d’expérimentation de l’usage de Twitter avec ma classe de CP, je peux dire que les tests sont convaincants : de façon quotidienne, mes élèves se trouvent confrontés à de l’écrit, dans des situations de communications réelles. Ils n’écrivent pas pour avoir une bonne note ou pour faire plaisir au maître, mais pour être lus par des personnes bien réelles ; les abonnés au compte de la classe réagissent, répondent, retweetent, et motivent ainsi les élèves à produire encore plus.

    Combien y a-t-il de profs à Genève qui peuvent se prévaloir d'une telle expérience (trouvée sur xyetz grâce au Twetwed Times de Lyonel Kaufmann) ou d'autres au cœur du web?

    Lire la suite