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  • Enigme

     

    Qu’est-ce ?

  • L'arroseur arrosé

    L'évaluation pointe son nez à tout bout champ. On mesure le progrès des élèves, le prix de revient des arrêts de la Cour de justice, le coût des parcs publics et l'on divulgue le salaire des dirigeants et des maires (sous-entendu leurs administrés pourront ainsi juger du rapport qualité prix).

     

    C'est plutôt bien. Les bons comptes ne font-ils les bons amis? A condition bien sûr que la machine à calculer ne coûte pas plus cher que le produit délivré ou le service rendu. C'est d'ailleurs le meilleur moyen qu'ont trouvé les résistants à la mesure de l'efficacité que de réclamer sans cesse le perfectionnement de la machine à mesurer pour finir par dénoncer une usine à gaz.

     

    Les Genevois ont donc rétabli les notes à l'école. Et voilà qu'apparaît sur la toile Note2be, un logiciel finaud qui permet aux élèves français depuis le 29 janvier de noter... leurs profs. Le Monde s'en fait l'écho dans ses éditions d'hier et note:"Ce logiciel est critiqué par les syndicats d'enseignants, qui l'ont attaqué en justice, et par des fédérations de parents." Ben voyons.

     

  • Thèbes à l'ombre des tombes

     

     

    Pas un mot durant 1h23 et 17 secondes. Le film document de Jacques Siron projeté ce soir dans la salle presque comble du centre Wilsdorf Arditi est muet. Les nombreux égyptophiles alléchés par le titre "Thèbes à l'ombre des tombes" n'ont rien vu des temples pharaoniques et de la vallée des rois. Ou si peu. Quelques reflets ironiques de touristes défilant en troupeau, tous armés de leurs caméras électroniques.

     

    Jacques Siron en fut un de ces touristes, mais son séjour prolongé sur la rive ouest, qui se vide chaque jour de ses visiteurs étrangers, du crépuscule à l'aube, l'a immergé dans un monde étrange et éternel, celui des Egyptiens du village de Gourna, dont la fin annoncée, programmée, l'a ému jusque dans ses entrailles.

     

    Comment s'opposer à l'impérieuse demande de la science archéologique qui veut fouiller le cimetière ancien que le village recouvre? Comment résister aux promesses de l'industrie touristique et aux devises vitales pour le pays? La fatalité et la nostalgie prennent les tons ocres et la lumière implacable d'une photo juste un peu surexposée.

     

    Les images du veau que des villageois saignent au couteau, sans dire un mot, dans un scène nocturne d'une rare violence, et mettent en pièces avant même que toute vie ait quitté l'animal, précèdent celles de l'effondrement du village lui-même. Qui meurt sous les coups des pelleteuses et des buldozers, sans bruit, noyé dans la poussière blanche. Le film de Siron fait immanquablement pensé à l'agonie de ses villages des Alpes engloutis sous les eaux des barrages.

     

    La camera de Pio Corradi s'attarde, longuement, détailel chaque arpent du pied de la montagne pyramide d'Al Quom, au versant de laquelle reposent les pharaons depuis quatre ou cinq mille ans. Plan fixe, l'objectif dresse l'inventaire des maisons, des portes, des murs, des zones d'ombre et de lumière, des rituels, des habitants, dont la vie s'écoule immuable et répétitive.

     

    Quelque chose cloche pourtant dans ce temps arrêté. Comme dans les Alpes, il n'y a que des vieux qui filent la laine sur de vieux rouets et des gamins dépenaillés. Les jeunes adultes ont abandonné le village qui ne les nourrit plus. L'harmonie est rompue.

     

    C'est du début à la fin le propos de la bande son. Omniprésente, assourdissante quelquefois. Un piano travaillé, une contrebasse, des instruments impérialistes, une voix qui impose l'occident dans ce monde inconnue. Tantôt séductrice, tantôt dominatrice, la musique contemporaine s'empare du village, le maîtrise, tente de l'amadouer de le dompter comme on dresse un animal, finit par le dominer, par l'engloutir.

     

    Une vache descend dans le Nil. Dans le reflet des eaux, on voit son veau renversé. Ultime image d'un monde qui marche la tête à l'envers.

     

  • Magic Paper

    La blogosphère est comme l'univers. Percée de trous de ver inconnus. Autant de raccourcis spatio-temporels par où se faufilent et ressurgissent des billets enfouis et oubliés. Hier donc je reçois ce courriel d'Elisabeth Jobin.

    Je suis en train d'envoyer un email à notre éditrice du Bulletin annuel d'IAPMA (International Association PaperMade Artists ), Gail Stiffe, qui réside en Australie.
    Le thème de ce numéro est Magic Paper.


    J'envoie aujourd'hui 350 pétards, par envoi postal, semblables à ceux des pâtes de coings de l'Escalade, à joindre à chaque bulletin. Sur ceux que j'envoie, j'ai peins sur chacun des Traces différentes. Je vous en envoie un exemple en fichier-joint.
    Notre éditrice nous demande souvent des papiers d'artistes à joindre au Bulletin pour agrémenter la présentation.


    Le Cabinet des Estampes Genève, du Musée d'Art et d'Histoire est abonné au bulletin, depuis 2003, date du GENEVA'S IAPMA CONGRESS dont je fus nommée responsable en 1998 au congrès d'Adélaïde en Australie. Lors de ce congrès, 135 artistes sont venus du monde entier et j'ai organisé la GENEVA'S PAPER ROAD 2003, exposition de 150 oeuvres de 100 artistes, dont 30 suisses, en 12 lieux, pendant l'été.


    J'ai gardé la photo de votre blog du 13 décembre. Pourrais-je la mettre dans mon envoi? Elle serait au format 300dpi, de 9.16 cm de largeur, c'est le format maximum demandé. Est-ce vous l'auteur de la photo?

     

    Me voilà donc propulsé dans la stratosphère des Magic Paper. Serai-je mis en orbite? A suivre

  • Le grand Jura n'est pas pour demain

    Aurélie est une délicate jeune femme, une twentie délocalisée qui peine à s'accoutumer à la grande ville. Elle est Jurassienne. Elle a consacré son travail de diplôme de bibliothécaire à la question jurassienne. Que pense-t-elle du projet de l'Assemblée jurasienne de créer un grand canton de Delle à Bienne à six communes?

     

    - ? un temps de silence... Je doute que les communes acceptent de disparétre, dit-elle. Quand on voit la peine qu'elles ont à fusionner ou comme à créer une zone artisanale transcommunale comme à Delémont, Courroux et Courrendelin. Et puis les jeunes s'en fichent. La plupart ne connaît même pas l'histoire du Jura.

  • Casseroles américaines: la faute à l'Etat!

    Les banquiers font des dizaines de milliards de perte. Leurs actions s'effondrent entraînant dans leur chute ceux qui leur avaient fait confiance, dont nos caisses de retraite. Qui ne vont pas tarder à présenter aux futurs rentiers et/ou aux cotisants que nous sommes la facture de la débâcle pour conserver la mythique couverture à 100% des rentes futures à payer.

     

    La faute à qui? Aux casseroles des prêts hypothécaires pourris américains? A quelques traders plus aventuriers que leurs patrons? Tout faux! La crise financière n'a qu'un coupable: l'Etat!

     

    Coup sur coup, Le Monde du 19 février et le Temps de ce jour publient des tribunes libres sur le sujet. Qui nous expliquent doctement que la catastrophe n'a qu'une cause: l'impéritie des politiques.

     

    Philippe Dessertine dans le Monde laisse éclater sa colère. "Colère contre les hommes politiques d'Occident qui depuis des années portent une lourde responsabilité, une responsabilité qu'un jour peut-être il leur faudra assumer devant l'histoire." Leur faute? D'avoir jeter de l'essence sur sur le feu de la croissance sous forme de dettes: "Cette dette aberrante est avant tout publique, dénonce le directeur de l'Institut de Haute finance et professeur à l'Université de Paris X, le déficit budgétaire, premier coupable, première origine du désastre."

     

    "A partir de ce péché originel, poursuit le professeur, le déséquélibre se propage et s'amplifie par le jeu pervers des taux d'intérêt bas. Depuis des années, la Réserve fédérale américaine s'est faite le complice actif de la forfaiture."

     

    Même constat de Pierre Bessard dans le Temps: "La crise des marchés financiers n'a pas été provoquée par une défaillance présumée des marchés, explique le délégué général de l'Institut ultralibéral Constant Rebecque de Lausanne. Ce sont les banques centrales qui ont failli. Non seulement elles imposent les taux directeurs et le niveau des réserves obligatoires qui déterminent le niveau des prêts accordés, mais en leur qualité de prêteurs de dernier ressort, elles libèrent en partie les institutions financières de la responsabilité de leurs prises de risques."

     

    Quel remède proposent nos deux experts? Tout sauf de nouvelles règlementations sur les banques, plaide Pierre Bessard qui n'ose pas rêver privatiser les banques centrales comme le suggère son maître à penser Hayek. Là où il faut agir, c'est sur les banques centrales qui doivent introduire plus de discipline.

     

    En bon français jacobin, Philippe Dessertine estime que cela ne suffira pas: "L'Etat doit inventer sa nouvelle mission: tout faire pour éviter la fatalité d'un développement dcréateur de déséquilibres. La régulation des marchés, la régulation des agences de notation, la régulation des banques sont des chantiers gigantesques encore en friche." Et de conclure: "Par pitié, Monsieur Trichet, tenez bon!"

     

    Conclusion provisoire: le nouveau credo libéral, c'est plus d'Etat! 

     

  • Les petits cantons font la nique aux grands

    Avant, après...

     

    A l'heure où le ministre des finances genevois ajoute quelques complexités à l'horloge de la péréquation financière entre les 45 communes du canton, l'Assemblée interjurassienne frappe fort en proposant de créer un grand canton, de Delle à la Neuveville, structuré en six grandes communes.

     

    Décidément après Glaris dont la Landsgemeinde a décidé de ne conserver que trois communes, les petits cantons montrent la voie aux plus grands. Small is beautiful? "La solution audacieuse à la question jurassienne" n'est certes pas encore réalité. Mais elle fait déjà débat.

     

    Elle murit au travers de rapport et de réflexion menée par ce qui pourrait bien tenir lieu d'Assemblée constituante du canton élargi. Au passage, on notera que le moteur de cette création institutionnelle relève des mêmes ressorts qu'ailleurs on nomme dédaigneusement épuration ethnique et qu'elle consacre si elle devait voir le jour la fin d'un canton bilingue de Berne. L'audacieux projet qui redessine le Jura n'a pas que des bons côtés. A ce niveau de la fiction politique, on peut sans peine franchir un pas de plus et songer à un canton uni entre le "new Jura" et Neuchâtel.

     

    Au cours des 50 dernières années, la Suède a fait passer le nombre de ses communes d’environ 2500 à 300, l’Allemagne de 34000 à 15000. D’autre pays ont fait pareil. A l’opposé, les structures suisses – tous les participants en ont convenu – sont très solides. Les fusions n’ont réduit le nombre des communes que de 3200 à 2800 et il n’y aura pas de changements importants ces prochaines années. Hans-Peter Fagagnini in http://www.horizons-et-debats.ch/35/35_11.htm

  • Devoir de mémoire et droit à l'oubli

    Sarkozy aura tout de même atteint son but: précipiter l'intelligentsia française dans une diatribe dont elle cultive un goût immodéré et gourmand. L'espace d'une semaine, tandis que la mondialisation fait son œuvre chez Miko, à l'Oréal et dans nombre d'autres entreprises moins médiatiques, les Français sont divertis de leurs soucis quotidiens. au passage, le président prescripteur de la morale publique rappelle qu'il y a eu pire condition dans l'Histoire récente et que les Français seraient bien avisés de relativiser la perte de leur pouvoir d'achat.

     

    Laissons donc les psy, les pédagogues, les grands témoins et les professeurs d'Histoire (ou d'histoires) gloser sur la meilleure manière de sacrifier au devoir de mémoire. Il est certain que pour un élève évoquer la mémoire d'un enfant tué en raison de sa race ou de sa religion ressemble, quant à la méthode, à la cuillère d'huile de ricin ou de foie de morue qu'autrefois l'on infligeait aux gosses pour les remplir de vitamines.

     

    Cela dit, dans cette société où les héros des jeux vidéo ont plusieurs vies et "ressuscite" d'un clic, il n'est pas peut-être pas si faux de rappeler que sous nos cieux (ceux de l'Inde exceptés), les êtres humains n'ont qu'une vie et qu'il est criminel de la détruire ou de la souiller.

     

    J'écris ce billet parce que je suis tombé hier soir sur un bouquin dont la lecture des premières pages m'a impressionné. Sous les étoiles du Rwanda est une œuvre à deux voix, celle d'une Genevoise de 48 ans, Mathilde Fontanet, et celle d'une Rwandaise de 38 ans Odette Habykare. Leur dialogue remémore l'indicible génocide de ce petit pays des hauts plateaux africains.

     

    Combien de génocide le monde a-t-il connu? Quel sera le prochain? Le devoir de mémoire s'impose certes. Mais le culte des victimes, si en vogue aujourd'hui, n'est-il aussi, comme le dit Caroline Eliacheff, ce matin sur France Culture, une manière pour notre génération d'apparaître sous un meilleur jour que celle de nos grands-parents, alors que nous avons tant à faire pour intégrer les jeunes d'aujourd'hui dans une société plus altruiste et plus juste? (Pour écouter cette chronique intitulée Droit à l'oubli, cliquez ici)

     

    [Cliquez deux fois sur les images ci-dessous pour lire le texte]

  • Beaux, beaux, les bobos écoquartiers!

    Au retour de nos quatre magistrats de leur escapade urbanistique dans les ci-devants écoquartiers du nord de l'Europe (au sud, il n'y a que des slums napolitains, c'est bien connu), les langues se délient sur les avantages et les inconvénients de la participation populaire dans la réalisation de ces nouveaux quartiers.

     

    Dès le 30 janvier, Patrice Mugny n'a pas pratiqué la langue de bois dans son blog http://mairie0708.blog.tdg.ch.

     

    "La concrétisation du triple objectif – écologique, social et économique – est loin d’être facile à réaliser. A Fribourg-en-Brisgau, le fameux éco-quartier de Vauban, l’un des plus anciens d’Allemagne, séduit par ses aménagements et ses solutions écologiques éprouvées. Mais la porte n’est pas ouverte à tout le monde : il faut en effet être (presque) riche pour y résider."

     

    Pierre Maudet ne dit pas autre chose dans l'interview qu'il accorde à Tout l'Immobilier. (Tout l'immo qui adore épingler la Tribune, mais ne cite pas l'adresse du blog du maire...)

     

    J'ai découvert aussi cet aveu sur Geneve active, un site intéressant qui délivre de l'actu (vue de gauche le plus souvent) sur notre Genève. Voici donc une réflexion signée David Gaillard:

    " Sous l’angle de la durabilité sociale, l’exemple de Vauban montre que la participation en amont des futurs habitants aboutit à un quartier socialement homogène et composé en majorité par des couples avec enfants (ghetto de bobo, pour faire simple). Alors qu’à Rieselfeld, avec une participation plus faible et organisée par l’Etat, la mixité sociale est plus grande. Conclusion: La participation « bottom up » et en amont des futurs habitants est une condition nécessaire mais pas suffisante de la durabilité sociale."

     

    Conclusion: parlons-moins des écoquartiers et rallions-nous au bon sens de Michèle Kunzler qui dans un commentaire à un mien billet précédent plaide pour la diversité des expériences.

     

     

  • La Suisse doit reconnaître le Kosovo

    La Suisse doit reconnaître le Kosovo rapidement. Et poursuivre sans relâche avec les Européens son aide à ce nouveau pays. A-t-elle le choix d'une autre politique? Guère!

     

    Certes, d'aucuns diront que notre pays, les Etats-Unis et les Européens ont joué les apprentis sorciers, que partout dans le monde des peuples asservis réclament leur indépendance et voudront que les Occidentaux les aident aussi, que la Russie tient le robinet du gaz, que le Kosovo est un carrefour mafieux.

     

    Mais la Serbie comme tous les Etats balkaniques sont européens et ne vont pas tarder à entrer d'une manière ou d'une autre dans l'Union. Que la Russie peut certes fermer le robinet du gaz, mais qu'elle a aussi un besoin vital de vendre son gaz. Que d'autres pays verront le jour. Comme ceux de l'ex bloc soviétique. Comme Panama. Comme Timor. Comme le Sahara. Comme la Palestine.

     

    L'Histoire est en marche. Les Suisses ne sauraient rester sur le bord de la route. D'ailleurs, depuis des années, la Suisse aide le Kosovo au travers des emplois qu'occupent désormais les Kosovars. Comme les Suisses au XIXe siècles, comme les Italiens dans les années 50. Comme les Espagnols, les Portugais, demain comme les Africains, les peuples migrants sont l'avenir de leur nation.

     

    Espérons seulement que le nouveau drapeau du Kosovo ne soit pas le drapeau d'une seule journée. Que la proclamation d'un Etat démocratique, multi-ethnique et multi-confessionnel se réalise dans une vraie vie ensemble.

     

     

     

     

     

  • Le choc des images

     

    Insoutenables ces images vues hier soir au 19.30 de ces prisonniers russes tabassés en direct à l'heure du souper. Mais tellement nécessaires.  La vision de ces des horreurs, plus forte que n'importe quel discours, nous rappelle de quoi sont capables des brutes endoctrinées, des hommes pourtant prisonniers eux-mêmes d'une chaîne de commandement démente. La honte et l'écoeurement nous gagnent.

     

    Mais comme me le rappellait encore, hier après-midi, mon ami Gorgui, les Russes sont inatteignables. Et comme beaucoup d'autres régimes, ils disposent d'une réponse terrible à qui leur reprocherait ces traitements inhumains: Abu Ghraib et Guantanamo. Et chez nous, sommes-nous irréprochables dans nos prisons?

  • Manifeste pour les villes des architectes français

    Dans une pleine page du Monde daté d'aujourd'hui, l'Ordre des architectes de France publie son manifeste pour les villes. Elections municipales obligent.

     

    Sous l'exergue empruntée à Alvar Aalto - "L'architecture ne peut sauver le monde mais elle peut donner le bon exemple" - les architectes français posent quelques principes de bon aloi et suggèrent des pistes urbanistiques à contre courant du banlieusisme et du mitage dévoreur de territoire que nos villes et villages ont connus ces dernières années. Où l'on retrouve bien sûr le mot clé de l'éco-quartier. Citations: (Le texte complet est ici)

     

    1) Dès maintenant, les emplois, les commerces, les services, l’habitat, sans oublier les centres commerciaux devenus de nouveaux lieux de convivialité, doivent être reliés entre eux par un ensemble de réseaux de transports en commun et des circulations douces permettant une desserte satisfaisante de l’agglomération et de ses périphéries.


    2) La maîtrise foncière publique et volontaire reste la condition indispensable à la réalisation de ces objectifs.

     

    3) Les villes doivent être la fierté de leurs habitants. Pour qu’elles le deviennent ou qu’elles le demeurent, les architectes souhaitent promouvoir une architecture du quotidien, de l’audace et de l’art de vivre.

     

    On reconaîtra sans peine que le quartier de La Praille Acacias réunit tous les atouts: mixité des activités, maîtrise publique du foncier, audace et art de vivre (? on compte sur Mark Muller). Faute de savoir moderniser, la rade en y bannissant les voitures (grâce à une traversée du lac), les Genevois trouveront peut-être dans les tours de la Praille et de la Jonction l'espoir de ne pas sombrer dans le syndrome des villes d'eau.

     

    Pour le reste, le projet d'agglomération franco-valdo-genevois est quelque peu en décalage avec les principes évoqués par les architectes français. Incapable de construire la ville en ville, notamment dans les zones villas des années 30 et 50 (par exemple entre la Servette et l'aéroport) Genève s'apprête à construire le long des tentacules que représentent le futur réseau des trams et du RER. Un peu plus de compacité préserverait davantage les zones agricoles et naturelles.