Genève en 2050 vu par ma Tribune

31613C72-E873-44CF-9B3E-C799BEA2533B.jpegQue n’a-t-on pas écrit sur le futur et son impossible prévision. Qu’importe. L’être humain a besoin de se rassurer. Il s’invente donc des futurs rassurants ou pas. Et conforme à l’air du temps. « Demain », le film avait déjà arpenté les lendemains qui chantent pourvu que nous le voulions bien. Cette fin de semaine maussade d’Halloween et de Toussaint, c’est ma Tribune qui se lance dans l’aventure de la futurologie sur le sujet du moment: le dérèglement climatique. Objectif lune? Non objectif une Genève décarbonée

 

Deux pages très politiquement correctes tirées de la phraséologie verte du temps présent. Et ce constat inquiétant mais sans doute réaliste, les étés genevois seront caniculaires en 2050 et l’on pourra déguster les premières tablettes de chocolat 100% locales…. C’est dire que les autres (sauf les exemplaires Genevois) se seront montrés incapables de suivre les recommandations de Paris, de Glasgow, brefs des grands messes du GIEC, sans parler des clameurs juvéniles de la rue qui veulent aller plus vite et décarboner le monde tout de suite. 

Une fois de plus Genève exemplaire, comme nos chers Services industriels qui ne livrent à leurs clients captifs que de l’électricité non atomique. Heureux sont donc les Genevois du fait que les autres clients européens veuillent bien consommer le courant des centrales et s’en contenter. Tartuffe n’est pas mort.

Le reste est à l’avenant. 

Je relève toutefois cette autre vérité: en 2050, notre train de vie sera réduit. Le train de vie de qui? Des riches évidemment qu’on dissuadera de voyager au-delà de leurs quotas de miles à coups de taxes. Il en ira de même du logement? 20 m2 carrés par personnes et au-delà des taxes? « car on n’a plus le luxe de bénéficier d’une surface d’habitation de 40 à 60 m2 par personne (moyenne suisse dans les années 2020). Et le dernier cri des smartphones et autres gadgets ne sera accessibles qu’au tirage au sort. 

L’utopie manque toutefois de souffle et s’épargne les questions qui fâchent. Qui va payer le « rattrapage à marche forcée» consistant à connecter les villes moyennes de la région au réseau ferroviaire? Car bien sûr, on travaillera moins en 2050. Au fait, qui gouvernera les marchés de l’argent? La Suisse sera-t-elle membre des Etats-Unis d’Europe en 2050? Le canton sera-t-elle devenu le district fédéral des Nations-Unies?

Combien d’habitants vivront dans ce coin de terre privilégié, dans le Grand Genève (au fait aura-t-on dépassé les nationalismes, les cantonalismes, les communalismes  en 2050 et réalisé les vœux des initiatives j’y vis j’y vote?)? Quel sera la pyramide des âges? Vivrons-nous encore plus vieux? Aura-t-on vaincu le cancer? Verrons-nous naître les premiers humains augmentés?*

2050 c’est dans moins de 30 ans. Il y a 30 ans, nous étions en 1990 et la division de l’Europe entre l’Est et l’Ouest venait à peine de s’achever (sans se réduire complètement cependant). 

En 1990, nous étions 5,3 milliards d’être humains sur la planète, nous seront 8 milliards en 2023. Bonne nouvelle, nous ne serons que 9,7 milliards en 2050, selon Worldometer

A noter encore que l’effort de prospective du Conseil d’Etat qui a lancé en 2018 une réflexion participative intitulées  Geneve 2050, ne semble pas connue des rédacteurs de ma Tribune qui ne cite pas le rapport final publié en 2020. J’avais publié ici plusieurs billets sur cette mythique mitan du XXIe siècle. 

Peut-être datée (mais qui sait?), l’étude de PwC sur le monde en 2050 présente une toute autre vue.

* Le même jour que la parution de l’utopie de La Tribune, Daniela Cerqui très actives sur Avis d’experts était sur les ondes de la RTS à propos du transhumanisme. L’émission était utopiquement intitulée: Demain, tous immortels?

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