Un paysan de la révolution verte s’en est allé au ciel

ACC971A4-D92D-49A4-B247-746AAC033E4E.jpeg8500 km sur les chemins de Compostelle, de Rome et d’ailleurs. Anita Nebel, ancienne adjointe de Collex-Bossy, a toujours eu Albert Marechal en admiration. Un paysan, un époux, un père, un maire, un marcheur. Comme on n’en fait plus. Elle a prononcé un long et bien bel hommage hier après midi dans l’église de Collex, pleine des parents et des amis du défunt. Quelques paysans, quelques élus à la retraite, deux adjoints enrubannés. Peu de politiciens actuels. Trop peu, dit un paysan, ancien député, ami de Landecy. *

On meurt quand on peut. Albert n’a pas survécu un mois à son placement en EMS. Un sage sans doute qui avait su préparer les chemins du ciel. 

Anita a longuement détaillé les œuvres municipales d’Albert, dont elle a été le témoin et la coautrice. Elle n’a rien dit du contenu des six ou huit carnets annotés au long des marches vers le sanctuaire de Saint-Jacques. Un jour, cédant à la curiosité, elle a demandé au paysan marcheur. Que t’ont donc apporté ces pèlerinages? Fidèle à lui-même et à Socrate peut-être, Albert m’a regardé et a répondu: Ne l’as-tu pas remarqué?

Albert Maréchal fut un pionnier de la révolution verte à Geève. Il fut aussi, avec son frère Daniel et quelques autres agriculteurs qu’on appelait encore paysans, le fondateur des Centres d’études techniques agricoles. Les CETA, importé de France, œuvrent toujours et ont formé des dizaines de milliers de paysans au moment où les engrais azotés, les nouvelles variétés de céréales et les traitements chimiques ont permis de multiplier par deux, par trois par quatre parfois la production de blé, d’orge, de pomme-de-terre, de maïs. C’étaient les années 50.  L’opinion publique, qui avait souffert du rationnement durant la guerre, avait peur de manquer de nourriture. La Confédération soucieuse d’assurer la sécurité alimentaire disait allors aux paysans: produisez, on s’occupe du reste.

A l’époque, les famines, dont les médias commençaient à rapporter les ravages et les macabres bilans, étaient encore dû à l’incapacité de l’agriculture de produire assez et à la chaîne de transport, de stockage et de conservation de distribuer sans trop de perte sa ration quotidienne aux quatre milliards d’être humains qui peuplaient alors la planète.

La planète porte aujourd’hui bientôt huit milliards de frères humains et les disettes ont pour cause les guerres civiles et le manque d’emploi générateur d’un pouvoir d’achat.

Des millions de gens out fui et fuient encore les campagnes, où la vie n’était et n’est pas rose, comme veulent le croire les Verts. Ils migrent vers l’eldorado des villes, gonflent des agglomérations anonymes. 

Albert Maréchal a été un pionnier de la révolution verte à Genève. Cette révolution qui a fait disparaître les famines ou presque qui a coûté aussi en termes d’environnement, de fertilité des sols, de diversité biologique. Des problèmes déjà anciens. Que les agriculteurs et les CETA tentent de régler en recherchant un nouvel équilibre, plus durable entre les rendements et la nature. 

Dans le dernier numéro de Ufa Revue, je lis un bien intéressant article intitulé « L’agriculture régénératrice: la solution idéale? » Un article qu’aurait sans doute dévoré Albert Maréchal. Il y est question de ce pratiquent les paysans genevois depuis plusieurs années déjà: les semis sans labour, la couverture des sols avec des cultures de couverture, l’abandon des engrais et des pesticides de synthèse et ce défi incessant: la lutte contre les herbes envahissantes. Je découvre que ces techniques sont nées aux Etats-Unis dans les années 70. Les paysans américains ont été confrontés avant les Suisses au lessivage des sols, à leur appauvrissement en humus, à leur imperméabilité. 

Dans un tout autre univers, je lis dans le dernier Bilan que Planted Foods s’est hissé a premier rang du top 100 des jeunes pousses 2021. Reste à savoir si le concours est plus sérieux que la plupart de ces compétitions à vocation souvent marketing. Sur ce plan, mieux vaut être premier chez soi que sur le banc ailleurs.

Un long combat qui montre déjà des résultats

* La séance simultanée du Grand Conseil explique cette absence des de

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