Le Temps parle de Bardonnex

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« Bardonnex, c’est une tache verte dans un océan de bitume», dit l’ancien maire Alain Walder, qui réapparaît bizarrement dans le journal Le Temps ce matin. Le quotidien entame par ma commune un tour de Suisse à vélo électrique, histoire de raconter le pays aujourd’hui, 23 ans après la fondation du journal en 1998, né de la fusion du vénérable Journal de Genève et du Nouveau Quotidien. Une Suisse, dit Serge Michel, qui ne connaissait alors ni le smartphone ni la trottinette ni le 30 km/h dans les villes ni les influenceurs sur les réseaux sociaux. 

Bardonnex, une tache verte. Sans doute. Et même bio, puisque les quatre maraîchers de Charrot ont tous pris le parti de laisser les herbes folles, le panic des marais, la renouée persicaire entre autres, envahir leurs champs. 

Une tache verte coincée d’une part entre la ville, qui désormais étend ses tentacules jusqu’à Plan-les-Ouates - la Chapelle les Sciex, les Cherpines - et demain vers Perly et Saint-Juilen en Genevois, le long du tram et, d’autre part, le ruban autoroutier et l’ex route national 205 qui courent au pied du Salève et relient la Savoie du Rhône à la Savoie de l’Arve, la France à l’Italie et sert ici, entre Saint-Ju et Annemasse, de contournement sud du canton.

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Une tache verte, striée de rouge, le rouge des bagnoles qui s’encolonnent et mâchurent Google Map, qui vont et viennent matin et soir au travers des villages, le rouge et dénonce l’incurie des autorités suisses et françaises durablement incapables de fluidifier la plate-forme douanière de Bardonnex.

Le tout nouveau bus 62 relie depuis peu Collonge-sous-Salève en moins d’un quart d’heure à la gare CFF du Bachet-de-Pesay. Elle n’attire qu’une centaine de clients par jour, note Marc Guéniat. Sans doute croit-il comme tous les urbains, qu’il suffit d’un bus pour dissuader les pendulaires (qu’on appelle ici improprement frontaliers) de renoncer à leur char.

Il n’y en a que pour la mobilité dans cette première étape du tour de Suisse du Temps. Ou presque. Le reste est un chapelet d’approximations et d’idées reçues. Résultats une étrange sensation. Est-ce bien ma commune que ce reportage à vélo décrit? Peut-être. Moi qui la voit de l’intérieur et parfois du sommet du Salève, je peine à la reconnaître. Et vous?

L’article est la partie émergée d’un carnet de notes #LeTempsAVélo que les journalistes pédaleurs égrèneront au fil des étapes. Je cite la première du rédacteur en chef Serge Michel, cofondateur du site d’information genevois Heidi.news. Elle aussi tricote les idées du temps. 

Que reste-t-il de nos voyages? Ces derniers mois, deux crises puissantes se sont liguées pour leur mettre des bâtons dans les roues. La pandémie a dressé des herses aux frontières, fermé des hôtels et rendu dangereux les transports en commun. L’urgence climatique, elle, interroge la mobilité peu responsable d’un week-end en avion low cost ou de vacances lointaines. Les journalistes du Temps et de Heidi.news vont pourtant se glisser dans une brèche. Ce mercredi matin, ils démarrent un tour de Suisse à vélo: sept semaines pour parcourir plus de 1200 km en 15 étapes et 15 équipes, de Genève à Lausanne en passant par Bâle, la Thurgovie ou les Grisons. Le vélo, un instrument merveilleux de reportage et de découverte: il suffit de s’arrêter au bord de la route pour entamer une conversation, de lever les yeux pour ressentir les paysages qui changent. Notre sujet? Raconter la Suisse nouvelle, celle qui n’existait pas en 1998, année de fondation du Temps. Il y a 23 ans, pas de smartphones ni de parti Vert’Libéral. Les rues n’étaient pas sillonnées par des trottinettes électriques et personne ne songeait à imposer les 30 km/h dans les villes ni à se lancer dans une carrière de youtubeur ou d’influenceuse. Dès aujourd'hui et jusqu’au Forum des 100 le 14 octobre, retrouvez nos articles et notre carnet de route grâce à cette carte, sur notre site et dans nos pages. Bonne lecture!

 

 

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