Panic et chardons à Bardonnex

172D4E30-8E3B-4655-93BE-C528CC070984.jpegC’était la panique dans les campagnes il y a une semaine. Les pluies persistantes et parfois diluviennes promettaient des moissons d’enfer. Mon journal préféré s’inquiétait même d’un pain hallucinogène.

Dans le même ordre d’idée, on m’a demandé tantôt si le prix de l’eau au robinet allait baisser vu que celle qui tombe du ciel est gratuite… Bonne question mais il faut déchanter.  Le prix de l’eau dépend plus de sa dépollution avant son retour à mère nature que de sa collecte. Aucun espoir donc d’une baisse des tarifs de la part du monopole public. 

Le soleil et la bise ont vite séché les blés et les batteuses ont avalé les épis en quelques jours. Même la paille est engrangée que des tracteurs maousses costauds ont emballée en rond et en carré. Les bonnes nouvelles ne font pas de bons articles. Les médias ont braqué leur attention sur d’autres catastrophes réelles ou redoutées.  

Les batteuses ont tout avalé, le froment comme l’ivraie qui aura échappé aux herbicides. Sauf en quelques endroits oubliés ou bio, où des ronds de chardons ont été contournés laissant leurs jolies graines duveteuses polluer par millions les environs au gré des vents d’été. J’en ai rarement vu autant des ronds de chardons dans les champs que cette année. Tout à côté de chez moi, un agriculteur bio en collectionne quelques remarquables spécimens. 

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Dans les champs maraîchers, c’est le panic des marais qui envahit les cultures, au point qu’on ne distingue plus les légumes. 

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La pluie a empêché les maraîchers de biner. Comme le montre cette photo prise ce dimanche, le résultat est spectaculaire, désolant autant qu’inquiétant. On ne distingue plus les carottes dans cette jungle verte (un mélange de panic des marais et de renouée persicaires que je détermine au moyen de mon smartphone grâce à l’app PlantNet).

Et biner ne suffit pas, Les adventices qui s’enracinent tout à côté des légumes ne peuvent être délogées qu’à la main. Un boulot de titan que toute la famille du paysan et ses ouvriers agricoles jadis réalisaient pencher sur leur rabelet. 

Les robots, un jour prochain sans doute, feront l’affaire. Cependant comme le montre cette vidéo, les outils actuels, automatiques ou guidés par des logiciels truffés d’intelligence artificielle, ne sont pas encore capables de nettoyer les champs. Certains sont déjà équipés de caméras qui comme mon smartphone peuvent déterminer les plantes et ne traiter que celles qui sont indésirables. Encore faut-il pouvoir intervenir à temps. Et ces machines valent des fortunes. Elles ne sont rentables que dans les très grandes exploitations. 

Quant aux chardons, leur élimination sans traitement chimique réclame un savoir faire et l’adoption d’un assolement intégrant des prairies permanentes sur deux ans au moins. Un lourd prélèvement en sels minéraux si l’on exporte la récolte sous forme de foin et une perte de rendement en culture vivrière. Pour mes lecteurs intéressés, les essais conduits épuisés plus de vingt ans à Thônex sur la ferme de Mapraz sont bien intéressants. Pour les spécialistes, une prochaine visite des essais aura lieu le 4 août, me dit BioActualités.ch.

 

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