Un poisson d’avril

C7695406-0F72-43EE-A0A3-A9EB5267FED9.jpegJ’ai trouvé dans momes.net une origine du poisson d’avril. La coutume de donner des cadeaux bizarres, de faire des farces ou d’annoncer de fausses nouvelles ce jour-là remonterait à 1564 quand le bon roi de France Charles IX - mais était-il bon? - décida que le début de l’année serait dorénavant fixée au 1er janvier. Le royaume célébrait alors le nouvel an à différentes dates. Les mécontents auraient pris l’habitude de marquer le 1er avril en offrant de faux cadeaux. De quoi est-on mécontent au XXIe siècle pour que perdure cette tradition?  

Ce que ne dit pas momes.ch, c’est que 1564, c’est aussi  la publication des édits tridentins de la contre-réforme catholique et les années autour sont pleines de fureurs, de passions et de massacres. C’est en Europe, l’heure des guerres civiles entre les frères séparés catholiques et protestants. 

Quant au poisson, deux origines sont en concurrence, poursuit momes.net, celle qu’en avril, période de reproduction des poissons, la pêche était interdite, et qu’on accrochait un hareng dans le dos des contrevenants et celle plus récente qui rappelle qu’avril coïncide avec la fin du Carême et Pâques, fête de la résurrection du Christ, dont le code secret, au temps où les chrétiens étaient persécutés, était le poisson, en grec ichtus, dont les lettres, selon Wikipedia, sont l’acronyme ou l’acrostiche de Jésus, Christ, de Dieu, Fils, Sauveur. Le 1er avril est donc un clin d’œil à la tradition chrétienne. 

En ces temps présents où les fake news, les fausses nouvelles tiennent le haut du panier de crabes et des réseaux sociaux, publier une fausse nouvelle dans un journal respectable relève de la stupidité sinon de l’hérésie, argumente Alexis Favre, le sémillant présentateur d’Infrarouge dans sa chronique du Temps, avant d’expliquer que pas du tout , publier une fausse nouvelle le 1er avril est une manière d’exercer l’esprit critique qui devrait rester éveillé en chacun de nous tous les jours de l’année. 

Mon petit poisson de ce 1er avril 2021, qui en a trompé plus d’un.e, était à vocation locale, quoique la fermeture des frontières soit un sujet sensible à l’heure où les pays dressent des murs et des barbelés à leurs frontières ou, moins visibles, à celles de leur communauté (comme les Hongrois ou les Espagnols à Ceuta et Melila et qu’on est bien content que les Grecs et Frontex, les douaniers de l’Union européenne, fassent le sale boulot sans parler de la Turquie qu’on paie pour qu’elle garde les réfugiés chez elle).

A Landecy, les blocs de béton sont bien toujours là aux abords du poste frontière, mais ils n’ont pas bougé et les travailleurs pendulaires poursuivent leur va et vient matin et soir. Quant à la neige. Elle est toujours attendue pour mardi selon MétéoSuisse. La photo illustrant ce sujet datait du 4 avril 2019. Vous en souvenez-vous?  

652F46EC-7241-4A0A-BC62-98A7822BFCB5.jpeg

Commentaires

  • Les traditions ont une vie. Elles naissent, vivent et meurent. Celle du poisson d`avril est en train de passer l`arme a gauche. Avant cela, un peu dans le meme genre, il y eut (en Europe) la tradition de la fete de fous qui vécut environ cinq cents ans (XII-XVII). Mais pourquoi est-ce que de nouvelles traditions ne voient-elle pas le jour en ces temps dits "modernes" alors meme que les médias et les réseaux sociaux pourraient les propager rapidement ? A votre avis ?

Les commentaires sont fermés.