Twitter censure Trump. A tort

BA6B1891-2C35-40AF-B9BF-DF910080D92A.jpegOn dira que la pression était forte, mais la décision de Twitter (88 millions d’abonnés au fil Trump) et de Facebook (35 millions d’amis) de couper le fil privé du président Des Etats-Unis est problématique. Déjà des experts qui croient que le monde sera meilleur parce que les hébergeurs seraient des éditeurs claironnent leur victoire, ajoutant que les réseaux sociaux ont trop tardé à policer les autoroutes de la communication. Que dirait-on si un opérateur téléphonique coupait semblablement le fil ou si un concessionnaire d’autoroute interdisait l’asphalte aux chauffards?

L’interdiction et le bannissement sont évidemment possibles, parfois souhaitables voire nécessaires. A condition qu’ils soient prononcés par des autorités publiques. Tel n’est pas le cas. Couper le sifflet à Trump, c’est contraire à l’ordre libéral et démocratique. La Chine et la Russie ne s’y sont pas trompées, qui s’esbaudissent et se rengorgent. 

95554148-0EA7-4F51-B078-1A8C8E13D12A.jpegQue Twitter et Facebook censurent le premier des Américains* est sans doute plus grave que la prise d’assaut du Capitole par quelques écervelés. Les manifestants devaient être contenus par la garde du Palais fédéral, forte tout de même de 2500 agents et qui pouvaient s’attendre à pareil mouvement. Ils l’ont été. Parler d’un coup d’Etat ou d’une sécession en l’état est un abus de langage. Comme souvent, le zoom des médias biaise la lecture de l’événement. La démocratie américaine est résilience et bien moins fragile qu’on ne le dit. Rien à voir avec l’Allemagne de Weimar

Les propos du président auraient pu ou dû il y a belle lurette être dénoncés devant les tribunaux. S’il ne l’ont pas été, c’est notamment parce que la liberté d’expression est aux Etats-Unis un principe sacré. Et c’est tant mieux. Twitter ne sera peut-être pas poursuivi pour l’avoir violée. Mais Trump est libre et a les moyens de créer son réseau social. Qu’aura gagné la société?

D’autant que les plus déterminés des partisans du président non réélus ne sont pas les créatures du maître déchu de la Maison Blanche. Ils sont l’expression de la désespérance et de la peur. Ils sont à l’Amérique ce que les gilets jaunes sont à la France, les partisans de Pépé Grillo à l’Italie, des petits blancs broyés par un libéralisme financier exacerbé, une mondialisation rapide, l’éveil de puissants concurrents aux dents longues, trois menaces face auxquelles le parti démocrate n’offre pas plus le remparts que les Républicains. Des petits blancs qui savent que la roue démographique qui s’est emballée depuis un siècle risque bientôt de les écraser. Des petits blancs moqués par les ténors de la culture dominante qui, à juste titre, annonce les temps nouveau d’un melting-pot pot coloré qu’on espère ni un patchwork de ghettos en guerre ou des communautarismes concurrents. 

 

* Twitter a censuré plusieurs milliers de comptes associés au mouvement conspirationniste  Qannon  

 

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Commentaires

  • Twitter n'a pas voulu censurer une position politique, mais s'est opposé à ce que son réseau soit utilisé par des putschistes.
    De plus Twitter, a déjà eu des reproches concernant son laxisme, ces entreprise ne pouvaient pas pour leur image, fermer les yeux.

    Si les européens ont vu une foule prendre l'assaut, les américains y ont vu une volonté de prise de pouvoir. Le discours de Trump après l'assaut, c'était du contraint et forcé.

    Le choc a été énorme, il suffit de lire les journaux américains.

    Bref, il ne s'agit pas de liberté d'expression, même si cela revient à le censurer, mais d'empêcher l'organisation de violences.
    Trump utilise Twitter pour attiser la haine. Il nomme ceux qui le déçoivent, ainsi le VP Pence à été recherché par des émeutiers. On peut supposer, que si ils l'avaient trouvé, sa vie aurait été en danger.

    Twitter a eu raison. Trump ne s'arrêtera pas au 20 janvier, jour de danger.
    La démocratie ne doit pas censurer les opinions, mais ceux qui veulent saper la démocratie et la liberté. Les trumpistes croient bien faire, ils croient sauver la démocratie, parce que Trump n'a cessé de leur mentir.

    Oui, il ira sur des réseaux facho, mais l'impact sera moins fort.
    Twitter a pris ses responsabilités. La diversité des opinions n'est pas mis en cause, seules les actions antidémocratiques sont pénalisées.

  • SI les éditeurs avaient censuré Mein Kampf a l`époque, Hitler aurait vite sombré dans l`oubli. Les médias sociaux peuvent faire beaucoup de mal quand la haine se propage librement par elles.

  • On parle d'insurrection. Sauf que dans ce cas, ce seraient des "insurgés" qui auraient attaqué en faisant des morts chez les députés.

    Or, les "insurgés" (pourtant possiblement armés, tout le monde est armé aux USA), n'ont tiré AUCUN coup de feu. Seul un policier à succombé après des coups reçus avec un extincteur.

    Parce que les morts par balles se décomptent dans le camp des "insurgés". On a même une vidéo où l'on voit clairement une femme être abattue à bout portant d'une balle dans la tête par un policier.

    Il est tout de même assez piquant que des policiers en principe aux ordres du pouvoir, tirent sur des gens qui manifestent en faveur de ce pouvoir.

    Imaginez en France des gilets verts ou bleus qui investissent l'Assemblée Nationale pour défendre la politique de Macron et qui se font tirer dessus par des policiers aux ordres de Macron....

    Il y a quelque chose de très ubuesque dans ce qui s'est passé lors de cet épisode du Capitole.

  • Méthode déjà connue avec les intervenants sur les blogs... j'en suis!
    Et maintenant à grande échelle, on voit à quel point les journaleux sont parties intégrantes de ces complots contre la liberté d'expression des citoyens du monde.
    Nous sommes au carrefour : "il n'existe que 2 partis dans le monde; celui des mondialistes qui sont pour le grand reset et celui des anti-mondialistes qui sont pour le grand réveil".
    On verra qui, la bête immonde, dévorera!

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