Lit, tri, cri

le cri.jpgLit, tri cri. Ces trois mots suffisent ces jours à qualifier la pandémie qui nous prend la tête depuis bientôt dix mois. Ainsi les lits manquent en Suisse romande pour traiter les personnes les plus gravement atteintes par le Sars-cov2, un virus de la famille de la grippe quoique plus virulent, plus infectieux, plus mortel aussi nous dit-on, encore que la statistique ne reflète toujours pas vraiment  l'hécatombe annoncée. Il est vrai qu'en ce début de troisième millénaire, nous - les riches et les Occidentaux - en sommes venus à détester l'idée de la mort et que mieux vaudrait jamais que tard. 

Cette semaine France 5 nous a donné à voir la découverte de la tombe de Toutânkhamon par l'égyptologue Carter. Une sacrée aventure qui nous laisse sans voix tant en raison de la magnificence de cet ensevelissement hâtif et précipité qui nous stupéfie, que de cette étrange croyance d'un voyage vers un au-delà éternel et heureux, forcément heureux qui ne semble plus trop ravir nos contemporains que seul l'enfer du réchauffement climatique effraie. 

 

Toutânkhamon.jpgToutânkhamon était un roi. Avait-il plus de chances que ses sujets d'atteindre ce "Bel Occident"? Du moins, les dieux étaient-ils prévenus que ce n'était pas n'importe qui ici-bas. Mais que valent l'or et les sarcophages emboîtés et ciselés  au domaine des dieux?

Ces questions préoccupent-elles les soignants qui s'échinent à soigner les malades et les malades eux-mêmes? Comment les prépare-t-on, se préparent-ils à traverser l'écran noir final? Les derniers atomes d'oxygène qu'on insuffle dans leurs poumons transportent-ils la mémoire du souffle divin qui fit du terreux un Adam?

Je ne sais pas. Je lis qu'on parle lit, tri et que cela suscite le cri. Le cri

corona data 7 novembre prevalence.jpgJe m'interroge. Aurais-je la même réflexion si j'étais au pied du lit des malades ou si, moi-même, j'étais aux soins intensifs, peut-être en partance pour Zurich ou Saint-Gall, faute de lits en suffisance ici? Nos pensées sont forcément conjoncturelles. 

Le tri est inhérent à la fonction médicale, comme à toute fonction d'ailleurs. Il faut toujours peser le pour et le contre pour chaque thérapie, pour chaque pas dans la vie. Est-elle adaptée, est-elle utile, sera-t-elle supportée par le patient, est-elle socialement justifiable? On sait que les nouveaux traitements contre le cancer ou d'autres maladie ne sont pas à la portée de tous ni même des assurances sociales et qu'un tri s'impose donc. Il est de surcroît dépendant de la richesse des nations et des individus, des moyens disponibles.

Le tri est certes aussi une question éthique. Des questions éthiques qui se posent dès avant la conception (contraception, PMA, GPA, interruption volontaire de grossesse, hygiène, alimentation de la mère, addictions ...), tout au long de sa vie et jusqu'aux derniers jours. Le choix et le tri ne sont que très rarement personnels, indépendants, complètement éclairés. D'ailleurs plus il est éclairé, plus il est difficile. C'est sans doute cette hyper(mé)connaissance qui rend les responsables si précautionneux dans un monde où n'importe qui est prêt à quérir le juge. 

Pour clore provisoirement ce sujet, je contemple cette statistique proposée par l'équipe data de Tamedia (dont la Tribune). Mais il est vrai que le passé n'a jamais prédit l'avenir, ni la prospective ou la futurologie non plus.  

déces par semaine en Suisse 2020.jpg

 

 

 

 

 

 

Commentaires

  • Oui, la vie n'est faite que de tris. Prend-on la bonne décision ? Avons-nous raisons de prendre ce chemin de vie plutôt qu'un autre ? Sommes-nous certain de vouloir ceci plutôt que cela. C’est vrai, mais à la grande différence, c’est que c’est NOUS qui choisissons, tandis que mourir ou non du covid, ce sont les médecins, les proches, qui doivent prendre la décision à notre place, excepté évidement les rares cas où le patient lui-même détermine si le jeu n’en vaut plus la chandelle. Alors : Lit, tri, "we are not always free" Bon dimanche.

  • Lit, tri, cri ?
    L'usses-tu cru vous voulez dire.
    Le graphique est suffisamment parlant, non ?

  • Non le choix n'est plus celui du patient, la mort certaine lui est imposée. En temps ordinaire cela serait ok, mais là, non c'est non. Pas de réa. Ces morts médicalement imposées conduiront à des homicides. Pas du médecin qui est coincé mais des héraults de la sélection naturelle appliquée aux êtres humains, y compris aux invalides militaires, mais qui ne veulent pas l'appliquer aux entreprises. C'est ce qu'on appelle une guerre civile et les héraults de la sélection naturelle peuvent disparaître, eux et leurs entreprises vouées à la démolition, coronavirus ou non, cela ne sera que l'application de leur principe.

    Quant à votre graphique il a du retard. La nouvelle vague a déjà dépassé le maximum de la première et va durer longtemps faute de mesures efficaces. Les responsables on les connaît, on les fiches et on n'est pas près de les oublier.

    Si le système sanitaire fonctionnait on de devrait pas dépasser 30'ooo morts mais comme il est en voie de disjoncter ...

    Et il disjoncte à cause de qui ? Pas à cause de M. Frankel, qui n'a pas en vue la mort des suisses pour sauvegarder des entreprises qui sont vouées à disparaître sous peu, comme, par exemple, les taxis avec chauffeurs.

  • Je me dois de réagir à cette affirmation de CEDH qui considère qu'une entreprise de taxis suit la même logique de sélection naturelle que ceux qui meurent avec le covid-19.

    Tout d'abord, il est abusif de parler de sélection naturelle. Il faudrait plutôt expliquer le fonctionnement de l'immunité collective que toutes les mesures prises un peu partout dans le monde n'ont fait que repousser sans succès. Sauf en Suède dont il se garde bien de commenter les chiffres.

    Ensuite, lorsqu'on parle de la fin des taxis, domaine qui me concerne et que je connais bien, il est important de comprendre d'abord que les "disrupteurs" sont coupables de violations de toutes les lois en vigueur sous le prétexte fallacieux qu'ils ne seraient pas des entreprises de transport mais des intermédiaires de mise en relation numérique entre un client et un prestataire. C'est ainsi que les autorités genevoises, entre autres, ont définit le statut de ces groupes technologiques comme étant des diffuseurs de courses, soit des centrales de taxi. Elles entrent donc enfin dans le cadre légal qui devrait être confirmé par les actions de la SUVA lorsque les derniers recours seront jugés.

    Enfin, tous ceux qui suivent ces évolutions le savent, la voiture autonome a pris un sérieux coup et les plus grands constructeurs ont abandonnés leurs recherches, ou considérablement diminué les budgets, pour les concentrer sur les véhicules électriques tant les problèmes de cohabitation avec les modes traditionnels semblent insolvables.

    Les taxis ont encore de belles années devant eux car ils ont accompagné la mutation en offrant des outils de mise en relation comme ceux proposés par ces sociétés disruptives menacées de bulles spéculatives. Mais surtout ils sont devenus des acteurs incontournables du dernier kilomètre pour les livraisons et l'accompagnement des personnes à mobilité réduite.

    Bref, CEDH mélange un peu tout pour justifier sa parano. Comme beaucoup qui peinent à se remettre en question il acte la fuite en avant teintée de quelques réserves cosmétiques qui ne trompent personne. On va donc le laisser à ses convictions branlantes et ses accusations d'homicide envers ceux qui ont compris très vite qu'on ne combat pas un virus, on le gère. Il devra rendre compte à la postérité lorsque tout aura foutu le camp et que le système implosera.

  • Le statut du chauffeur peut changer du jour au lendemain. Il est peu clair en Suisse. D'ailleurs, Uber a adapté son contrat pour s'éloigner du contrat de travail. Donc tout devra être réexaminé au vu de ce nouveau contrat. Uber n'a pas encore perdu. Il n'est pas encore démontré qu'Uber ait triché. Et vous, vous avez déjà perdu. Vous êtes la calèche des temps contemporains. Et quand on pense qu'Uber a perdu, comme en Californie, Uber fini quand même par gagner devant le peuple.

    Mais là n'est pas le problème. Ce qui est en trop c'est le nombre de chauffeurs. Ils ne peuvent pas vivre de leur travail. Ce sont. pour beaucoup des cas sociaux. Il faut donc expulser les étrangers, y compris les européens, qui, indépendants n'ont pas le droit de rester s'ils n'ont pas des moyens d'existence suffisants et peuvent se voire priver de leur permis C lorsqu'ils recourent aux aides de l'Etat.

    Et puis cet individu, qui prend une place dans le véhicule, va peu à peu disparaître, que cela soit en 2025 ou en 2030, sauf sans doute pour quelques véhicules de prestige, que le véhicule soit électrique ou non n'y changera rien. Les calèches ont été remplacées par les taxis. Les mau-mau sont venus. Les ubers sont venus. On a supprimé, en partie, le privilège qui vous permettait d'exploiter en toute légalité des hommes en vertu d'un droit d'exploiter la voie publique, qui vous avait été concédé par l'Etat. Voilà un type d'entreprise qui a en partie disparu et qui j'espère va complètement disparaître. Sélection naturelle et justice.

    Le chauffeur est en voie de disparition allez donc a Phoenix et utilisez Waymo.

    https://blog.waymo.com/2020/10/waymo-is-opening-its-fully-driverless.html

    Quand à la Suède. Celle qui ne soigne pas les vieux de plus de 70 ans, qui sont diabétiques, c'est votre modèle ? Plus de 6'000 morts votre modèle ? Une transmission qui augmente et une mortalité qui repart (9 fois plus qu'en Norvège) votre modèle ?

    Et bien oui, c'est votre modèle. Laissez mourir, c'est votre modèle. Laisser faire et ne pas soignez les plus âgés, c'est votre modèle.
    Ce n'est pas le mien. Chez moi on respecte les êtres humains âgés ou faibles.

    Votre modèle est en voie de triompher, je l'admet. Les héraults de ce modèle on les connaît. On va les reconnaître. Ne pas les aimer. Les boycotter. Et certains, touchés directement, iront plus loin.

    Non, M. Jenni des entreprises vont disparaître et d'autres croître. Zoom tue la classe business des compagnies aériennes et les taxis d'aéroport à l'honnêteté proverbiale. Les bistrots dispensateurs de drogue légale aussi.

    Sur ce, je vous laisse à votre souffrance dont l'héritage est peu à peu détruit. Dont le monde s'effondre. Mais je ne vous pardonnerai jamais le mépris que vous avez exprimez pour un ami, invalide militaire, qui a des difficultés à être soigné à raison de l'atteinte à la santé subie au service militaire. Jamais.

  • Je ne vais pas squatter le blog de M. Mabut pour tenter un peu vainement de vous expliquer certains éléments de la question des taxis qui semblent vous échapper bien que vous ayez une connaissance du sujet au dessus de la norme.
    En revanche je suis obligé de réagir à votre dernière phrase en niant avec la plus grande vigueur avoir manifesté le moindre mépris pour qui que ce soit. Je regrette qu'une situation personnelle occulte votre vision de la crise sanitaire mais je partage votre souffrance et celle de votre ami, comme de tous ceux qui sont victimes de cette épidémie.
    De là à accuser d'homicide ceux qui ne pensent pas comme vous, c'est un pas qui en dit long sur votre détresse mais qui suggère aussi que vous avez perdu la capacité de penser de manière rationnelle. Comme nous pouvons le vérifier dans vos innombrables commentaires un peu partout.

  • Faire prévaloir la vie est irrationnel ? Chacun, en son âme et conscience, jugera.

    Ne plus avoir les moyens médicaux que l'on aurait utilisés en temps ordinaires peut conduire à des homicides dont les auteurs sont tous ceux qui ont milité pour qu'on en arrive là. Le Conseil d'Etat est en majorité homicidaire (je ne désigne personne mais élimine Poggia de cette majorité). Le Conseil fédéral est en majorité homicidaire (je ne désigne personne). Et évidemment il y a une foultitude de personnes que l'on connaît car il se sont fait connaître.

    Quant à mon ami, invalide militaire, qui doit subir un petit contrôle qui se complique en vu d'une comorbidité militaire, il se porte très bien et à l'embarras du choix pour subir son examen. Hors romandie et hors la Suisse. La sélection naturelle, c'est aussi la survie des plus doués. Mais je pense à tous ceux qui ne pourront être soigné à raison de la surcharge du système sanitaire. Dès lors, vous ne sauriez imputer mon tropisme pour la vie des êtres humains à une douleur personnelle qui m'aveuglerait. On ne peut en dire autant de vous en matière de taxi, domaine dans lequel la souffrance vous aveugle.

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