François Scheng à La Mure

A 21h, tous les soirs, comme beaucoup nous avons pris l'habitude de manifester notre gratitude. Aux soignants qui sont au front. A tous les travailleurs anonymes aussi.

J'apprends que tous les soignants ne le sont pas, au front. Loin s'en faut.

Combien sont-ils sans travail ou à temps partiel en raison de la baisse de la fréquentation des lieux de soins? Ainsi des gens mourraient en silence, faute d'oser appeler un médecin ou de se rendre aux urgences. 

Sans doute y en a-t-il des semblables qui ne requièrent pas de soins.  Mais combien sont-ils à ne se bien porter ou suffisamment bien - voire mieux - et qui ne se précipitent plus chez leur médecin pour un moindre mal-être? Les épidémiologistes nous le diront-ils? Un mal chasse l'autre, dit la sagesse populaire. 

Les coûts de la santé ne sont pas tous des preuves de bonne ou de meilleure santé. La leçon apprise sera-t-elle durable? Demain sera-t-il différent d'hier à ce sujet?

Or donc, chaque soir à 21h, une voisine, plus inventive que nous autres, magnifie les applaudissements de gratitude d'une performance dont elle a le secret. Vendredi, c'était un chant, Hier soir, c'était un poème de François Scheng... Le lettré et calligraphe chinois naturalisé français était sur le plateau de la Grande Librairie cette semaine. Je vous laisse apprécier.

Vers le soir
Abandonne-toi
à ton double destin:
Habiter le coeur du paysage
Et faire signe
aux filantes étoiles

(François Cheng)

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