Egypte, tombeau, coronavirus, capitalisme: quelle sortie?

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Une mienne amie envoie un courriel collectif avec un texte de la meilleure veine chrétienne. Et ceux qui n'y croit pas ou plus en ce Dieu créateur, tout puissant et vengeur, devenu par son incarnation en un fils unique - blanc, sémite et bien sous tout rapport - infiniment faible, pauvre, miséricordieux et dont le royaume n'est pas de ce monde?

Et ceux qui voient la voie du salut ailleurs, dans la philosophie, l'Olympe, le soleil, la nature, le football? Et ceux qui ne voient rien qu'un mariage, certes complexe et merveilleux, d'atomes, tous confis de gluons et de muons et d'autres particules qu'on traque ici à Genève et gouvernés par le hasard et la nécessité? Par quoi d'autre sinon? Les grandes pandémies sont des révélateurs extraordinaires de l'âme humaine. 

Ici en Europe, le Verbe de Dieu et la Parole du Christ et les échos de leurs adeptes ont forgé notre culture, celle qui a bâti les églises romanes, les monastères, les cathédrales gothiques, les temples, les églises à la Botta, les crystal church, les pèlerinages, inspirés tous les artistes ou presque, (re)formaté nos us et coutumes hérités de la nuit des temps.

Reprenons donc: Egypte, tombeau, coronavirus, capitalisme: quelle sortie? Car, c'est sûr (enfin pas pour tout le monde) le monde de demain ne sera plus comme avant.

Pour les Hébreux, sous-citoyens chez Pharaon comme ils le furent longtemps chez nous, la sortie d'Egypte fut leur rentrée dans l'histoire et dans la politique. Autant dire dans un monde où Dieu n'est pas souverain. Bref dans les emmerdes. Avant la libération pascale, le récit est mythique. Dieu qui fait le ciel et la terre puis l'humain, qu'il divise en femme et homme, le Déluge, la tour de Babel, puis Abraham... source commune des trois religions du Livre.

Le tombeau vide, c'est la stupéfaction des femmes puis des hommes venu.e.s au matin de Pâques parfaire l'embaumement du crucifié du vendredi. Ils n'y ont pas tous cru tout de suite à cette résurrection. Ce n'était pas raisonnable. Fou même. Cette émancipation de la mort fonde pourtant la foi chrétienne. Sans quoi, nous sommes rien, tous juifs ou gentils.

Ces questions, il est vrai, ne semblent plus passionner grand monde chez nous aujourd'hui

Les esprits sont présentement accaparés par une seule question: comment déconfiner, comment sortir du coronavirus avant que le remède à la pandémie - le confinement - n'entraîne plus de victimes que le virus? La solidarité humaine fait qu'on s'aligne sagement sur les directives de nos gouvernants qui eux se faufilent tant bien que mal entre les dires d'experts de tout bord. Sacré exercice qu'il faut de surcroît autant que possible coordonner avec ses voisins au moins. 

Il faut, dit-on à gauche où l'on se veut toujours plus intelligent, profiter de l'instant pour que le monde de demain soit meilleur que le monde d'hier. En deux mots plus social et moins polluant.

Hier soir au 19.30, on a vu Lisa Mazzone dans un numéro de haute voltige expliquer à propos du transport aérien qu'il faut... conserver l'aéroport de Genève mais juguler sa croissance, ce qu'ont voté d'ailleurs les Genevois. Quoi de neuf? Comment? La môme au lèvres rouge ne dit rien. Et si on octroyait aux clients de Cointrin un quota (négociable) de kilomètres à parcourir en avion par an?

Ce matin, dans la Tribune, je lis son copain Antonio Hodgers, président du Conseil d'Etat, juger "le moment idéal pour lancer un «green New Deal» qui réorienterait notre économie vers un développement durable".

Enfin bien sûr, les lendemains qui chantent et qui ne seront plus comme hier, grâce au coronavirus, feront un sort au capitalisme... 

Sans doute - corona ou pas - faudra-il réguler davantage les excès et les dysfonctionnement des marchés qui n'expriment que les excès des acteurs les plus avides, les plus rapides, les plus âpres aux gains, les plus sans foi ni loi même qui naviguent dans les couches profondes de l'océan des affaires, où le soleil de l'Etat ne parvient pas et où tous les trafics prospèrent. 

Et pour ça, il faut des institutions fortes et loyales. Il faudra donc renforcer le système de régulation onusien et les  systèmes de régulation régionaux dont celui qui gouverne l'Europe. Nous ne sortirons pas de cette crise chacun pour soi, confinés derrière nos frontières, mais tous ensemble. Solidairement. 

Joyeuses fêtes de Pâques à tous, malgré tout!

 

Image: tous les bourgeons de l'hêtre ne déconfinent pas en même temps.

 

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