Appauvrissement, enrichissement viral

cas covid19 au 24 mars.jpgLe virus est dans les corps et dans les têtes. Il est traqué de toutes parts, étudié, décortiqué, séquencé. Ses victimes sont prises en charge par une armée de soignants. Leur nombre s'affiche sur de multiples tableaux de bord, celui de l'OMS, de Worldometer, de l'université Johns Hopkins. D'autres liens figurent dans un article synthétique fort intéressant publié par le Journal du Geek le 25 mars. La France a aussi son tableau de bord.

En Suisse, le site www.corona-data.ch, réalisé par un informaticien bernois Daniel Probst (@skepteis) dame le pion à l'OFSP*. Qu'attend le duo fédéral Koch-Berset pour l'intégrer sous mandat durant la pandémie, histoire de faire cesser la controverse sur la qualité de l'information officielle et d'engranger déjà un petit côté positif de la pandémie?

Il y en aura d'autres des effets positifs**, encore qu'il ne faut pas trop croire ni compter sur le fait que nos comportements vont changer du tout au tout comme par miracle. Si nous mettons en oeuvre durablement 10% des bonnes pratiques, ce sera déjà très bien.

On se réjouit donc que des services hospitaliers qui se regardaient parfois en chien de faïence ou qui se trouvaient entravés par des procédures et autres directives administratives, la contrainte budgétaire, l'obligation lourde du reporting, se mettent et du jour au lendemain en ordre de marche, voient les animosités s'estomper, chacun regardant l'autre comme un camarade engagé dans le même combat pour la vie. Mais sitôt la crise passée, les concurrences seront à nouveau vives pour la défense des droits acquis et de ses lignes budgétaires.

91'400 Suisses testés, 78'600 sont négatifs

Les médias malheureusement, pris dans leurs habitudes du regard critique et de la quête de l'audience, insistent beaucoup sur les dysfonctionnements et ne montrent pas assez ce qui fonctionne normalement ou suffisamment bien. Affaiblis par l'irruption des réseaux et la chute de la publicité, eux aussi uttent pour leur survie

Les journaux titrent sur les cas d'infection en hausse et les morts malheureux qui s'accumulent par centaines à l'approche du pic de la pandémie, mais plus rarement sur les testés négatifs (86%), selon le rapport de l'OFSP du jour au 24 mars, et les malades qui s'en sortent et ont développé en prime des anticorps qui les rendront plus résistants l'an prochain. Certes ces porteurs en bonne santé ou qui ne font qu'une fièvre carabinée sont des risques pour les personnes affaiblies, d'où la nécessité du confinement et celle, progressivement, de tester tout le monde. Ainsi pourra-t-on, le plus vite sera le mieux, lever le confinement  des personnes en bonne santé et le maintenir pour les personnes à risques. 

Les médias titrent moins encore sur nous autres, les millions de confinés, sinon pour montrer en boucle les applaudissements de 21 h, les devoirs à domicile, les cas particulièrement difficiles. Or ces confinés sont des cibles à venir du virus si l'été n'éteint pas son action comme c'est le cas du virus de la grippe. Que se passera-t-il quand le confinement qui ne peut durer des mois sera levé? 

On titre encore sur les ultra-consommateurs, sur les vols de masques, sur ces corps de métier qui ont le moral à zéro et déjà sur le risque d'une pénurie alimentaire.

L'information nous noit. Déjà plus de 1,3 millions d'articles sur Covid-19. On navigue de la croissance exponentielle (En combien de jours atteint-on mille francs avec une mise initiale de 2 fr qui double chaque jour?) à la visualisation logarithmique qui écrase les nombres élevés et font voir les petits nombres plus grands qu'ils ne sont. A lire à ce propos: De l’exposant à l’explosion, qu’est-ce qui ne passe pas avec l’exponentielle ?

Cette affaire de l’exponentielle est au cœur du  malheur de nos caisses de retraite. Naguère, on rêvait d'une retraite doré grâce à l'action silencieuse du troisième cotisant. Placé dans des fonds et notamment dans l'immobilier (d'où la propension des gérants de nos caisses de prévoyance à ne pas baisser les loyers) nos capitaux de retraite croissaient de 4 à 5% par an. Aujourd'hui c'est zéro. Pire l'effondrement des valeurs en bourse a évidemment fait fondre notre épargne retraite comme neige au soleil. Qui va renflouer les caisses? Les actifs déjà pressurisés, l'Etat dont les dettes vont considérablement s'alourdir, les retraités dont les rentes sont garanties par la loi? Pour combien de temps?

Bon ce sera tout pour aujourd'hui 

* A noter qu'aucun média de notre pays n'a eu les moyens (l'initiative, l'idée, le travail de collecte critique de l'information au plus près de la source, la vérification des données, notamment l'élimination de biais de toute nature, et la mise en forme) de créer une telle base de données.

** Tout comme le bilan du réchauffement climatique n'est pas que négatif

 

 

Commentaires

  • L'épargne retraite est sur le long terme, la baisse de la bourse tous les x années est normale. Il n'y a pas lieu de s'inquiéter sauf si les placements s'évapore suite à des faillites.
    Le drame est pour ces retraités qui ont mis tous leur argent en bourse, les mauvais placements peuvent avoir des conséquences (Boeing,...).

    Quant au virus, il suffit de regarder ce qui se passe dans les hôpitaux et interroger le personnel médical pour savoir que c'est du jamais vu. La saturation menace la santé, non seulement les gens atteins par le virus, mais tous les malades ayant besoin de soins intensifs.

    Vous vous persuadez qu'il y a exagération, eh bien qu'en pensent le personnel médical ? Vous avez raison et eux torts parce qu'il n'y a pas tant que ça de morts?
    A t'on déjà vu une grippe saturé les hôpitaux ?

    On dit ce qu'on veut avec les chiffres, la réalité infirme votre vision. La saturation des hôpitaux met en danger tous ceux qui par accident ou maladie ont besoin de soins intensifs.

    14% de suisses touchés dont +10% de ceux-là en soins intensifs, c'est potentiellement plus de 150'000 personnes en soins intensifs en Suisse, une gripette ?

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