ContinentPremier fête la journée des femmes au Palladium

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Le journaliste Gorgui Wade Ndoye, éditeur du site ContinentPremier à Genève - "le seul correspondant au Palais des Nations pour l'Afrique de l'Ouest", selon ses dires -ne manque pas d'ambition. A lui tout seul ou presque, il a organisé, ce 7 mars, une soirée au Palladium sur le thème "Femmes et citoyenneté à Genève". C'est la 11e fois qu'il répétait l'exploit sous l'appellation "Gingembre". Quelque 70 personnes ont  bravé la peur du coronavirus et ont assisté bien sagement à trois panels, après avoir dûment inscrit leur nom et coordonnées sur un registre - directives sanitaires obligent. Un bon nombre est venu grossir les rangs en plus pour la partie récréative de la soirée.

On a donc vu trois entrepreneures africaines témoigner en quelques mots de leur projet et de leurs ambitions. 

Puis le docteur genevois Charles-Henry Rochat a raconté trop brièvement sa croisade depuis plus de 20 ans pour sauver des femmes du Bénin, Du Burkina, de Madagascar de la fistule obstétricale, un terrible handicap contracté souvent au terme d'une césarienne approximative et destructrice. Un choc de civilisation, qui résonnait douloureusement avec le propos introductif du premier panel: "Nous les femmes, nous engendrons le monde". 

Retour maison pour le troisième panel de ce 11e Gingembre dont on trouvera de large extrait sur la page Facebook de Gorgui. Sur la scène du Palladium s’installent huit candidates à la Mairie de leur commune. Deux d'entre elles ont de bonnes chances d'être élues au deuxième tour le 2 avril prochain: la socialiste Christina Kitsos qui brique le fauteuil de Sandrine Salerno en Ville de Genève et la Verte d'Onex Maryam Yunus Ebener qui vise le siège de la maire Ruth Bänziger. Leur discours est rodé, solide, mais le débat est trop cadré, le temps trop compté pour dépasser le stade des banalités. 

On retiendra cette impression qu'à Genève, l'égalité a incroyablement progressé - si l'on mesure la posture des femmes tenues durant des siècles, par la pensée et la loi bourgeoises dominantes, comme inférieures, dépendantes de leur mari (parfois au pluriel), confinées aux tâches ménagères et maternelles*. Mais toutes ont dit que la lutte était loin d'être terminée et qu'il fallait se battre continuement à la fois contre les habitudes (qui font qu'on tend plus vite le micro à un homme qu'à une femme) et contre soi-même. Bref haut les cœurs, ayons confiance à nous!

L'égalité ce n'est pas l'affaire des femmes, c'est une affaire de société, a dit Susanne Amsler, vice-présidente des Verts libéraux. Le propos a fait mouche. N'en reste pas moins que les charges de la parentalité demeurent encore et toujours l'affaire des femmes, constate l'avocate Alia Chaker Mangeat, qui brique le siège de Guilaume Barazzone en Ville. C'est bien elles qui mettent les enfants au monde. Certes, dit la flamboyante PLR Michèle Roullet, mais regardez: les ministres de la défense de l'Allemagne, de la France, et de la Suisse sont des femmes.

La plus féministe d'entre toutes fut sans conteste, Maria Perez. La candidate qui veut reconquérir le siège de Rémy Pagani pour le Parti du travail (contre l'ambitieux Pierre Bayenet) se définit comme une féministe intersectionnelle, à savoir qu'à l'inégalité de genre s'ajoute les inégalités de classes, d'origine, de culture. Les moins féministes, qui ne manquent sans doute pas de courage non plus furent les candidates du MCG et de l'UDC.

 

* Dans les faits sinon en droit, les ouvrières par leur travail nécessaires étaient bien d'avantage l'égales des hommes que les bourgeoises. Et dans les temps plus anciens encore, les femmes étaient sans doute les égales des hommes et étaient les principales pourvoyeuses de nourriture et étaient sans doute aussi associées à la chasse des gros gibiers qui nécessitaient l'action coordonnées de tout le clan pour encercler la proie ou la diriger vers un piège.

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