• Un réd en chef passe du côté de la "force obscure"

    dynamic group.jpg«Le journalisme est un métier noble, mais ce n’est pas le seul». Etrange citation, qui laisse donc entendre qu'il y a une hiérarchie dans la noblesse des métiers, comme si l'éboueur ou le plombier n'était pas aussi nécessaire à la société. Cette citation est devenue un titre dans 24 Heures, hier sur le site web, aujourd'hui dans sa version imprimée. Elle annonce que le patron de la rédaction va quitter le navire à la fin de l'année. Pour rejoindre le "côté obscur de la force". Tout un programme.

    Thierry Meyer a bien raison de changer d'air. Il fait mieux que les deux mammouth du Conseil d'Etat du plus gros canton de Suisse romande, Broulis et Maillard, qui ont rempilé pour cinq ans, tous deux convaincus qu'ils sont indispensables à la liberté et à la patrie. Réélus par acclamations par un peuple vaudois fidèle, le doigt sur la couture. Les rédacteurs en chef, eux ne sont pas élus. Ils sont nommés par un propriétaire, lequel, dit-on, a été surpris de la défection surprise de sa tour lausannoise.

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  • Islam: pourquoi Mireille Vallette n'est pas entendue

    radicalisme dans les mosquees vallette.JPGAu début du mois de mai, j'ai reçu, comme d'autres journalistes, "Le radicalisme dans les mosquées suisses", le dernier ouvrage de Mireille Vallette, imprimé en Serbie par Xenia. J'en ai survolé le 30 premières pages. Puis la présidentielle française, les votations du 21 mai et toutes sortes d'autres événements plus ou moins importants ont occupé mon temps et l'ouvrage est resté en plan.

    Lundi, autour d'un café, Mireille Vallette m'a demandé pourquoi aucune recension de son ouvrage n'avait paru dans la presse romande, aucun écho même de la part de journalistes qui suivent attentivement le dossier islam. 

    J'ai repris donc son ouvrage en ce jour d'Ascension (la Résurrection du Christ est affaire de foi et donc de folie, son Ascension est affaire de liberté, de notre liberté, nous qui sommes de ce fait seuls face aux questions essentielles, existentielles qui taraudent de temps en temps les humains, croyants ou pas).

    Et j'ai trouvé aux pages 116 et suivantes  la raison de l'ostracisme dont est ma consœur, amie et lanceuse d'alerte genevoise se dit victime.

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  • Les retraités de la fonction publique ont sous-cotisé. Se sentent-ils coupables?

    hortensias.jpgDeux et deux font quatre. Sauf dans nombre de collectivités publiques. Leurs caisses de retraite, pas seulement à Genève, ne collectent pas assez de cotisations pour couvrir les rentes qu'elles promettent de verser à leurs collaborateurs âgés.

    Les entreprises privées et leurs employés sont, eux, obligés par la loi de verser 100% des rentes dues à la caisse de chômage, car, si l'entreprise fait faillite, ce qui n'est pas un accident rare, les employés doivent pouvoir toucher leurs rentes pleines. C'est la loi. Une loi bizarre, résultat du fait que de trop nombreux ouvriers et rentiers se sont par le passé trouvés sans le sous car leur caisse de retraite n'était pas assez indépendante de la société mère et qu'elle a été entraînée dans la faillite.

    La sécurité apportée par la législation actuelle sur la prévoyance vieillesse n'est cependant pas totale (le risque zéro n'existe pas ). Depuis que l'on peut emprunter pour presque rien, le contrecoup est que l'épargne ne rapporte plus rien du tout. Certains créanciers, comme la Confédération ou la Banque nationale, se font payer pour quand elle emprunte. Le monde tourne à l'envers. 

    Mais revenons à la CPEG que le Conseil d'Etat propose de renflouer à hauteur de 4,7 milliards de francs. Et constatons que:

     

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  • "L'ordre cannibale du monde" et le bon vin

    IMG_3490.PNGLa confrontation Peter Brabeck - Jean Ziegler ce soir sur TTC, une des meilleures émissions de notre chère RTS, est un morceau d'anthologie. Le vieux professeur est toujours là. Il dénonce l'ordre cannibale du monde, celui que représentent, défendent et étendent sans cesse les 500 plus grandes multinationales qui cumulent 52% du PNB mondial. Nestlé est la 27e.

    Ziegler n'a pas tort. Même The Economist, qui n'est pas de son bord, s'inquiète régulièrement de la concentration de la fortune. Dans sa livraison de cette semaine, l'hebdomadaire britannique signale que deux économistes  saisi par l'analyse de Pickety ont exploré des pans survolés par l'eéoniste francais. Oui le système renforce les plus puissants. C'est particulièrement frappant avec les nouveaux riches, les Google, Facebook, Apple et compagnie, qui soit avalent goulûment leurs concurrents, soit les vident de leur substance en copiant leurs bonnes idées. 

    Il n'en a pas été question ce soir. Pas plus que des robots, du capitalisme d'Etat, le capitalisme chinois, celui des petromonarchies,  ou un encore de l'économie des trafics, de la corruption et des mafias.

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  • Energie, TPG: que des bonnes nouvelles?

    Le oui à la stratégie énergétique 2050 ne faisait aucun doute même si les médias et quelques politiciens ont cru bon d'entretenir le suspense. Les Verts chantent victoire, c'est de bonne guerre. En fait, ils n'ont pas de quoi pavoiser. Les Allemands débrancheront leurs centrales en 2022. Alors qu'en Suisse, les centrales nucléaires pourront tourner encore quelques lustres. Comme en France, où le médiatique ministre de l'Environnement fait des ronds dans l'eau et que les Armées restent en faction au Mali, histoire de garder un oeil sur les mines d'uranium du Niger.

    Au niveau régional, le non à la hausse des TPG est une claque pour le gouvernement. Avec des majorités à géométries variables au Grand Conseil, le pari était risqué. Il est perdu. A moins d'un an des prochaines élections, le canton reste difficilement gouvernable. Les Verts qui avaient pour une fois voter la hausse montrent qu'ils n'ajoutent pas assez de poids à l'Entente genevoise qui ne pèse guère plus d'un tiers du parlement. La prochaine bataille sera le péage électronique des routes.

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  • Troinex ma voisine fête le bicentenaire de son divorce

    bicentenaire troinex.jpgLa commune de Troinex n'y va pas par quatre chemins. Cette fin de semaine, elle ferme les routes qui la relient à ses voisines, Bardonnex à l'ouest et Veyrier à l'est. Impossible d'aller faire ses emplettes locales au marché Chavaz sans passer par la France et les douanes de Pierre-Grand, de Bossey ou de Veyrier ou par le chef-lieu de Genève sud, soit la cité sarde, Carouge, que quelques politiciens en panne d'audience voudraient marier avec Lancy.

    Troinex fête le bicentenaire de son divorce d'avec Veyrier, le 30 mai 1817. Entre les deux villages, il n'y avait pas que des marais, mais aussi deux histoires, deux peuples: les catholiques de Veyrier qui avaient perdu le pas de l'Echelle lors de la création du canton en 1815, et les bourgeois protestants de Genève qui avaient bâtis leurs maisons de campagne du côté de Troinex, dans les anciens territoires du prieuré de Saint-Victor, nationalisés en 1543 au détour de la douloureuse histoire du Genevois, alors occupé par les Bernois, après la Réforme. Bref deux communes antinomiques.

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  • Republik, BPLT, la démocratie, la liberté

    republik.jpg2'929'599 francs, c'est le niveau atteint ce dimanche soir, fête des mères en Suisse, jour de l'investiture en grandes pompes de Macron en France, jour de la troisième défaite consécutive des sociaux-démocrates régionales en Allemagne, lendemain du coup de semonce infligé à la ministre de l'Instruction publique par ses camarades à Genève et surlendemain du licenciement du patron du FBI par Trump aux Etats-Unis,... Près de 3 millions, c'est le niveau atteint par la souscription publique (crowdfunding) de republik.ch, un futur nouveau journal en ligne en Suisse allemande.

    En quinze jour, c'est un record, l'équipe espérait glaner 750'000 francs auprès de 12'000 souscripteurs. Du coup l'équipe y croit, rajoute un rédacteur et deux stagiaires, promet quatre enquêtes d'envergure et coûteuses supplémentaires par année... Tout ça parce qu'"il est temps de défendre la démocratie contre la barbarie". Erdogan, Le Pen, Trump sont désignés. En Suisse, la menace est le patron de la Weltwoche et conseiller national UDC... 

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  • C'est à Troinex que se joue l'avenir de Bardonnex

    P1120789.JPGDeux petits faits locaux dans le maelström global m'ont inspiré le titre de ce billet.

    Dans la Tribune, je découvre l'enjeu caché de l'élection complémentaire d'un adjoint au maire de Troinex: une nouvelle route qui doit relier un jour le Bachet-de-Pesay à la douane de Pierre-Grand et soulagera assure la candidate PDC, Béatrice Hirsch, le trafic des frontaliers à travers Troinex. Son adversaire, Fabrice Calame, n'y croit pas et récite le credo écolo pour qui une route est un aspirateur à voitures. Point barre.  

    Le deuxième élément de ce billet se niche dans le supplément immobilier du bimensuel Bilan reçu ce jour. On y voit une maison cossue que l'agence situe "proche de Troinex" (cliquer sur l'image pour l'agrandir). Or cette "modeste" bâtisse, donnée naguère à Caritas Genève par feue sa propriétaire, dont la valeur s'affiche à 5,9 millions, est l'une des belles maisons de Landecy, un village de la commune de Bardonnex. Troinex, c'est sans doute plus chic,  Bardonnex, ce sont les bouchons quotidiens créés par le plus gros filtre de l'aspirateur à voitures du canton, la douane franco-suisse de l'autoroute sur A1.

     

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  • Un président français sans majorité

    macron president.jpgLa France est divisée. En quatre camps de poids pratiquement égaux et qui paraissent irréconciliables. Les proeuropéens, de gauche et de droite, et les antieuropéens, de gauche et de droite, d'une part. Les dégagistes et indignés de gauche et de droite, la grande coalition gouvernementale d'autre part, qu'incarne désormais Emmanuel Macron.

    Le nouveau président va sans doute gouverner avec les sociaux-démocrates du parti socialiste, comme Angela Merkel en Allemagne. Combien de militants des Républicains parviendra-t-il à rassembler? C'est une des inconnues de la campagne des Législatives qui s'ouvre et se terminera le 18 juin, le jour de l'appel du général de Gaulle depuis Londres à la France libre...

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  • L'école est finie, les cahiers au feu!

    Je suis avec curiosité le live de ma consœur Marianne, presque trentenaire, au Royaume du web où les kids sont seigneurs et esclaves de leurs idoles. Comme les yéyés dans les années 60, les dicos plus tard, les rapeurs, les rockeurs, les valseurs, bref tout se qui fait, a fait, fera pschitt, pouet-pouet, bling, buzz le temps d'un temps.

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  • A Genève, un tram peut en cacher un autre

    Et l’avenir? La mise en service du RER Léman Express en 2019 nécessitera un financement supplémentaire de quelque 40 millions de francs. Nouvelle hausse tarifaire à l’horizon? Luc Barthassat espère l’éviter grâce à une forte affluence. «On ne peut pas d’emblée exclure de faire participer les usagers», estime Murat Julian Alder. Pour Caroline Marti, le budget de l’Etat, totalisant quelque 8 milliards, doit permettre de trouver cette somme.

    Le paragraphe qui introduit ce blog est extrait de la Tribune de ce matin qui relate le débat que mon journal préféré a organisé sur la hausse des tarifs des TPG, qui de 3 fr 50 ont passé à 3 fr et pourrait, le 21 mai, y rester ou augmenter à 3 fr 20. Un petit arbre qui cache une grande forêt.

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  • Cinq ministres réélus d'un coup à Genève le 6 mai?

    vaud ce 30 avril.jpgLes Vaudois ont donc réélu, ce 30 avril, cinq des sept membres de leur gouvernement cantonal. Les cinq élus ont franchi la barre des 50% des votants du premier coup. Remarquable, car le plus grand parti en lice - le PLR - n'a lui recueilli qu'un tiers des sièges au parlement; mais somme toute assez banal en Helvétie, où la confiance est encore de mise et où les sortants parviennent généralement à tirer leur épingles du jeu en fédérant bien au-delà de leur couleur politique.

    Autre canton, autres mœurs. A Genève, c'est plutôt la défiance qui règne. En témoigne, les débats parlementaires à rallonge, les ordres du jour sans fin et les lois votées, toujours plus longues, qui ressemblent à des règlements. Une dérive pernicieuse qui entrave le bon fonctionnement de l'Etat, donne le pouvoir aux fonctionnaires et aux juges.

    A Genève donc, en automne 2013, pas un des candidats n'avait réussi à franchir la barre des 50% au premier tour, même pas le consensuel et un peu terme François Longchamp, promis alors à devenir le premier président durable de la République. Même pas l'alors jeune premier Pierre Maudet, arrivé en tête à 3000 voix de la barre. Qu'en sera-t-il le 6 mai prochain?

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