• Qui sait combien il paie d'impôt?

    dal busco deneys.jpgJe donne une rapide introduction sur les budgets publics aux journalistes en formation au CFJM. Trois heures bien trop courtes pour ne serait-ce que décrypter la notion de déficit - en langue orthodoxe un excédent de charges - ou de bénéfice (un excédent de revenus, les mots ne sont pas innocents).

    A l'occasion, je leur demande quel part de leurs revenus, ils paient en contributions publiques. Très rares sont ceux qui le savent et qui sont en mesure de faire la liste complète des prélèvements. L'impôt sur le revenu est cité certes, mais plusieurs oublient la TVA, les diverses taxes sur les carburants, l'alcool, le tabac. Aucun ne cite la politique agricole qui renchérit les prix des produits alimentaires assurant aux paysans suisses un prix plus élevés que celui que touchent leurs collègues européens.

    Et pourtant, à propos de la troisième réforme des entreprises, on se chamaille sur les chiffres comme des chiffonniers, perdant souvent de vue la raison d'être même de la réforme: éviter que la Suisse ne voie s'envoler ses poules aux œufs d'or, que sont certaines entreprises étrangères - holdings, négociants en matières premières, sièges de multinationales -, dont l'OCDE et l'Union européenne exigent l'abolition des privilèges fiscaux.

    Lire la suite

  • RIE III? Parce que!

    IMG_3405.JPGPourquoi la terre est ronde? Parce que! Parce qu'elle tourne!

    Mais pourquoi elle tourne? Parce que... parce que l'univers est dynamique!

    Et pourquoi l'univers est dynamique? Parce que... Parce que... Et puis tu m'énerves. Parce que c'est comme ça!

    On a un peu assisté à ce genre de dispute ce soir à Uni Dufour.

     

    Lire la suite

  • A quel prix de revient, le kilowattheure solaire?

    dal busco hodgers solaire.jpgLe ministre des bâtiments publics est aussi le ministre des impôts et le ministre du budget. Le budget, c'est l'art d'équilibrer les revenus (qui viennent essentiellement des impôts) et les dépenses dont s'occupent ses cinq autres collègues (le département présidentiel dépense peu). Les dépenses dépendent du vote des lois par les députés (qui en mesurent rarement les conséquences, n'en subissant généralement pas les effets personnellement).

    Les dépenses, c'est aussi l'art (consommé) que déploient les fonctionnaires à appliquer les lois et les règlements en veillant à leurs conditions de travail, à la satisfaction des clients (qui reçoivent le plus souvent les prestations publiques gratuitement et n'en mesurent donc pas le prix) et au respect des principes de prévention et de précaution qui exigent avant d'agir un avis d'expert et parfois de plusieurs ...

    Le ministère du budget est complexe, celui des impôts l'est au moins autant voire plus. Mais voilà que, depuis que Genève vit sous l'ère d'une présidence durable, le ministre du budget et des impôts s'occupe aussi des bâtiments publics. Avec son collègue, ministre de l'énergie qui est aussi et principalement ministre du territoire et du logement, logements qu'il peine à produire en nombre suffisant (le long des voies de tram) pour loger les travailleurs actifs à Genève; il est donc de ce fait pour partie responsable de la croissance forte du nombre des pendulaires (qu'on appelle frontaliers quand il traverse une frontière nationale) et aussi des bouchons...

    Bref, nos deux ministres, celui des bâtiments et de l'énergie, ont trouvé le temps pour décréter la généralisation du solaire sur les toits des bâtiments publics.

    Lire la suite

  • Pourquoi vit-on au pied des volcans?

    volcan plusieurs.jpgC'est une chose singulière de voir que tant les humains par millions continuent de vivre au pied des volcans, dont l'histoire a montré combien ils peuvent être meurtriers et même changer le climat de la planète entière au point, dit-on d'affamer les gens à des milliers de kilomètres de leur bouche éructante et de les pousser à la révolte.

    Il en va de même des zones sismiques, du côté de LA, d’Istanbul et d'ailleurs, des zones inondables ou exposées aux tsunamis, où des ingénieurs et des administrateurs, dont on ne peut mettre en doute la compétence, n'ont pas hésité à bâtir des centrales nucléaires.

    Vivons-nous, alors que nous allons commémorer les 40 ans de Mai 68, au pied d'un volcan social? Sommes-nous à l'aube d'une éruption cataclysmique, cathartique?

    Lire la suite

  • Be API en 2017?

    IMG_3399.PNGQue sera le journalisme du XXIe siècle? Bien peu peut répondre à cette question. Et ce n'est pas la certitude qu'aucun métier ne va échapper à sa transformation, sous les coups à la fois des réseaux, des données et des APIs, qui permettent de s'y balader et d'en tirer profit (pas aussi aisément toutefois que de chausser une paire de bonnes chaussures pour gravir une montagne, du moins c'est mon cas, to be API est plus facile à dire qu'à faire), ce n'est donc pas cette certitude de la disruption pour tous qui va rassurer les journalistes. 

    Je viens de lire un article sur le sujet (The BBC as a platform? Get ready for APIs from news providers), trouvé via mon Flipboard. Le vaisseau amiral des bonnes rédactions embauche des développeurs d'APIs dans sa chambres de nouvelles (newsroom), l'auteur assénant d'emblée que les rédactions qui ne sauront pas exploiter les legos applicatifs des grands médias pour devenir une base créative de nouveaux contenus seront reléguées au rang des tailleurs de sabots de bois (la langue de bois, elle, se porte bien avec ou sans APIs)

    Lire la suite

  • Hergé, l'expo n'expose pas tout

    Une bruine froide mouille le pont Alexandre III. On le traverse. On imagine l'exposition universelle de 1900 entre le meurtrissures de la commune de l'affaire Dreyfus et la guerre mondiale qui sera la première du XXe siècle mais aussi la première guerre industrielle, toute entière forgée à la même discipline que celle qui a érigée les statues dorée au sommet des piles du pont vaste et prétentieux. L'espace demeure.

    Le champ des invalides prête sa pelouse hivernale au chien de race d'un bourgeois endimanché.

    Lire la suite

  • 450 jours avant... Mai 68

    IMG_3383.PNGSéquence nostalgie. Nous entrons dans une période de commémoration lourde. Ce n'est pas bon signe quand on regarde l'avenir dans le rétroviseur, façon "C'était mieux avant".

    1917, c'est la révolution d'octobre (qui a lieu en novembre chez nous, parce que chez eux, en sainte Russie, le calendrier du pape Grégoire calé sur le soleil n'est pas en odeur de sainteté), la grande révolution des "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!", donc, celle des lendemains qui chantent. Elle a échoué dès son avènement.

    Ses idéaux, quasi catholiques, ont néanmoins forgé une partie du XXe siècle et restent puissants à l'heure où la concentration de la fortune s'accroît, bien que la pauvreté ait reculé et que les conditions de vie se soient notablement améliorées.

    1918, dans 450 jours ou presque, c'est Mai 68. 50 ans déjà. 

     

    Lire la suite

  • 15 degrés en 1900

    IMG_0773.JPGMon appartement est en pleine bise. Il y fait 16 degrés. C'est plus que la température jugeait normal, autour de 1900, à Paris, dans les appartement, si j'en crois ce thermomètre Lardi vu dans une brasserie du côté des Grands Boulevards (cliquer sur l'image pour l'agrandir).

    Son examen attentif indique que la température normale d'une chambre de malade est de 20 degrés. Et qu'à Paris le mercure était tombé à -18 en 1809 et 1830 et -21 en 1871. On sortait alors du petit âge glacière, dont les causes restent sinon inconnues du moins disputées, comme les autres variations du climat d'ailleurs depuis les origines, jusqu'à ce XXIe siècle, an I de l'anthropocène, qui voit en l'homme, le responsable premier des maux qui mettent la création en péril. 

    Lire la suite

  • A quoi sert la peinture?

    Un soleil blanc et bas ne réchauffe pas l'hiver. Le vent balaie le Jardin des Tuileries. On se croirait dans un dessin de Tintin. Le ciel est bleu, plat avec quelques nues blanches sans volume. L'allée en sable compactée jaune s'étend sans relief. Les arbres dénudés dessinent leurs entreras de branches, brouillant la vue des immeubles de La Rue de Rivoli et le musée d'Orsay.

    Au fond du jardin, la grande roue tourne lentement dominant la Concorde. Son axe semble posé sur l'obélisque, arraché naguère à Karnak, sans que cette spoliation ne choque les accusateurs des destructions de Palmyr... Ce n'est pas la même chose, dit-on, Daech détruit, les Européens exposent. Je ne suis pas d'accord... à gauche l'orangerie ferme un des coins du quadrilatère du jardin.

    Lire la suite

  • Paris, gare de Lyon

    IMG_0705.JPGJadis, ma grand-mère Camille prenait le train à Archamps, quand, une fois l'an, elle se rendait à Paris visiter un lointain cousin (inventeur de quelques véhicules à chenilles qui menèrent Paul-Emile Victor aux pôles, racontait le cousin, que j'imaginais en Tartarin de Tarascon avec son chapeau décoré d'une plume). Nous sommes partis de Saint-Julien, avons attrapé le TGV de Genève à Belgrade. Trois heures après, nous étions à la Gare de Lyon, où demeurent l'incontournable Train Bleu.

    Lire la suite

  • Au commencement était le commérage

    IMG_3374.PNGDans Sapiens, une brève histoire de l'humanité, Yuval Noah Harari explique comment nous dominons la terre et tout ce qui pousse, nage, rampe, vole dans ce qui ne fut jamais un paradis.

    Le paradis, les dieux, ses saints et serviteurs sont (scientifiquement?) le fruit de notre imagination, laquelle a aussi engendré Peugeot et Google, l'empire romain, le mythe impérial japonais et la démocratie suisse, des constructions intellectuelles, des mythes qui font marcher les humains, assurent la cohésion des nations et des entreprises et qui peuvent être reprogrammés sans réclamer une mutation génétique, qui prend toujours des millénaires à survenir, ce hard codage ne pouvant plus être ensuite modifié que par une nouvelle mutation hasardeuse... 

    Bref, les reformulation de Harari sont stimulantes, même si ce n'est pas toujours très nouveaux et que la ou les surprenantes mutations qui ont produit sapiens dans la lignée homo restent un mystère complet, une explication trop simple, trop darwinienne, un peu comme ces maladies que les toubibs mettent au compte d'un ou de virus. Rebref, Harari n'explique pas pourquoi Neandertal a disparu mais pas les chimpanzés ou les bonobos.

    J'ai même trouvé une définition rigolote des journalistes, une espèces en voie de disparition. 

    Lire la suite

  • Courgette

    courgette.jpgLe film ne m'a pas vraiment emballé. Formellement très bien fait, encore que les décors sont indigents et fixes, à la manière des dessins animés des années 60 (le Livre de la Jungle rediffusé dimanche sur RTS 2 évoque aussi la vie d'un enfant perdu), Courgette raconte l'histoire d'une petite bande d'orphelins et d'enfants placés qui ont tous une lourde histoire. Une tranche de vie. Forcément ça remue.

    Lire la suite