Puisque The Economiste le dit

image.jpegCombien vaut la lumière? Ça dépend qui la mesure, quand et où?  C'est ainsi que démarre le sujet phare de The Economist  daté du 30 avril qui pour une fois constate que les économistes ont de piètres instruments. Et quand ils mesurent le fameux PNB, ils se troumpent et nous trompent toujours plus. La critique de soi est sans doute le début de la sagesse, ce qui distingue la science de la religion, toutes deux pouvant être aveuglées par des évidences ou des croyances. Le drame de l'économie est de relever des deux.

 

Ainsi poursuit l'hebdo anglais, chacun sait que la vitesse de la lumière est une constante en tout temps et toutes circonstances, cependant son prix varie. Il a été multiplié par trois ou quatre entre la chandelle et la lampe tungstène en terme de PNB mais divisé par cent quand on ramène ce prix au lumen. Chacun peut expérimenter le problème. Une ampoule led coûte dix à trente fois plus qu'un bulbe à incandescence et génère plus de PNB qui ne mesure ni la durée d'utilisation ni le bilan énergétique des deux. 

 

image.jpegÉvidemment disent les économistes qui brandissent leur fameux "toute chose égale par ailleurs". On ne demande pas au kilo qui mesure les pommes que vous achetez de vous dire la quantité de calories ni le bienfait que votre corps va retirer des vitamines qu'une croque va lui procurer ni la dose résiduelle de pesticides. Le problème vient qu'on veut mesurer la richesse et le bien-être des gens avec le PNB. C'est absurde.

 

La critique n'est pas nouvelle, rapporte The Economist. En 1968 Robert Kenedy dénonce cet indicateur qui ne mesure pas la beauté des poème et la solidité des liens du mariage. En 1972, Tobin tente une nouvelle mesure sans lendemain, quand Samuelson constate qu'un homme qui épousé sa femme de chambre fait chuter le PNB car son service sort du domaine marchand. Sarkozy a confié à Stiglitz le soin de réformer l'indicateur. Sans plus de succès.

 

En 2013, l'Europe incorpora la vente de drogue et la prostitution dans le panier du PNB. La Grande-Bretagne y gagna 0,7 point en plus de PNB... En 2009, la crainte d'une nouvelle crise incita les banquiers à baisser les taux rémunérant les dépôts ce qui fait que l'écart entre ces taux et les taux de prêt augmenta gonflant sans raison le PNB cette année la puisque le spread est l'approximation qui permet de mesurer la contribution de la finance au PNB...

 

Que valent en termes de PNB et comment lui imputer les 41 minutes en moyenne que passent les branchés sur le plus grand réseau social du monde?  

 

Le temps est peut être venu, parie le magazine, où l'uberisation va forcer les économistes à casser leur thermomètre fétiche. Sans oser croire que cette fois sera la bonne. Et surtout sans savoir par quoi le remplacer

Commentaires

  • Le BNB du Bhoutan.
    Ou plus simplement le RBI pour commencer modestement.

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