Une guerre? Non, ne nous trompons sur la nature des terroristes

image.jpegA nouveau, le mot guerre surgit pour dénoncer les attentats de Bruxelles. Le Figaro titre son éditorial La guerre de tous et appelle les Européens au réveil au soutien de la France au Sahel et en Syrie. L'éditorialiste va jusqu'à qualifier l'attentisme qui a prévalu jusqu'à présent de honteux. Ce serait bien trop simple. Les bombardiers sont parfaitement incapables d'éradiquer le cancer terroriste qui développe ses métastases dans le monde musulmans. 

Le ministre suisse des Affaires étrangères, Didier Burkhalter, a eu lui le courage de dire ce soir sur la RTS que c'est la pauvreté qui alimente les troupes de Daech et des autres mouvements djihadistes. 

C'est une toute autre guerre qu'il faut mener. Une guerre de tous en effet. Mais qui ne se gagnera pas par des moyens militaires.

Bien sûr, il ne faut pas être naïf. 

Il faut muscler les services de renseignements temporairement et les unités contre-terroristes, les mafias, les trafiquants. Et les placer sous le contrôle des juges et de commissions parlementaires d'enquête permanentes. Il faut cultiver la résilience, lutter contre la peur, soutenir les victimes et leur famille. 

La tâche est immense. Elle peut être perdue si les démocrates paniquent, réclament vengeance, laissent éclater la colère, désignent des bouc-émissaires, s'en vont en guerre sans investir dans l'après guerre. 

Ce soir, Arte a diffusé un docu sur la fin de l'empire ottoman. Une histoire peu connue. UNe histoire qui détermine pourtant encore l'histoire moderne des Balkans et du Moyen-Orient et donc la nôtre. Tout comme le colonialisme, dont nous n'avons pas fini de supporter les conséquences. 

Je ne suis pas de ceux qui imputent tous les maux du monde aux Occidentaux, loin s'en faut. Mais notre histoire, notre richesse créent des responsabilités. Pas forcément des solutions.

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