Quelle est la productivité de la fonction publique?

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"La baisse continuelle des investissements par les entreprises en Suisse, d’une part, et la faible productivité du travail, d’autre part, laissent supposer que la Suisse ne sera plus capable de remplir à l’avenir son cahier des charges et les promesses faites à ses citoyens." Sympa Catherine Mann. "Assise à ses côtés, la cheffe du SECO, Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch, semblait de plus en plus mal à l’aise sur sa chaise en écoutant ce bilan peu reluisant."

Je tire cette citation de l'édition de mercredi de mon journal préféré. Qui a lu cette prédiction pessimiste de l'OCDE relayée hier par le SECO. On se gargarise d'être les champions de l'innovation, mais ça ne suffit pas. Le club des riches ne donne pas un bon carnet à notre petit pays.

Qu'en pense les syndicats de la fonction publique?  Où se situe l'administration publique genevoise en termes de productivité du travail?

L'experte de l'OCDE remarque tout de même que s'agissant des dépenses publiques la Suisse est un très bon élève. 

Elle cible deux secteurs en marge des administrations mais très impacté par la puissance publique:

1) Il faut privatiser une des dernières entreprises d’Etat comme Swisscom, qui ne fonctionne pas de façon optimale à cause de sa trop grande taille.

2) Il faut rendre l’agriculture plus productive et employer une partie des paysans peu productifs à d’autres tâches.

L'OCDE compte sur les femmes, qui sont nombreuses à travailler en Suisse (et qui sont mieux formées que les hommes), et qui doivent augmenter leur taux d’occupation (bas en comparaison des membres de l’OCDE). Pour cela, il faut améliorer l’offre des jardins d’enfants et des structures d’accueil. La scolarisation des enfants doit aussi commencer plus tôt, afin d’améliorer l’apprentissage.

L'analyse est nationale. On ne connait donc pas la part de des travailleurs de Genève à la productivité suisse.

On se plait à rêver. Si en plus d'enfouir 1,5 milliard de francs dans la liaison Cornavin-Annemasse (ce qui exigera dès 2019 une dépenses courantes dont on ne connaît pas le montant), Genève investissait la même somme dans la formation. Qu'est-ce qu'on pourrait faire?

A quand un plan de transformation de l'enseignement, dès le jardin d'enfants, qui profitent des dernières performances de la PAO (pédagogie assistée par ordinateur-tablette-ordiphone), multiplient les offres de bains linguistiques en profitant du multiculturalisme ambiant genevois - une ressource si peu exploitée -, intègre la logique de l'(auto)apprentissage - si chère aux rénovateurs - mais aussi les outils d'(auto)évaluation à plusieurs dimensions (cantonale, suisse, européenne, mais aussi avec d'autres disciplines) ou encore les FLOT (MOOC en anglais) "formations en ligne ouvertes à tous".

Le problème c'est qu'à Genève, principe de précaution oblige, on multiplie les études et les contre-expertises avant de planter un clou.

Commentaires

  • Il y a plusieurs années quand j'ai évoqué devant un de nos ministre le fait que l'enseignement des langues étrangères devait se faire dès le plus jeune âge en immersion, il n'en a eu strictement rien à foutre. Tant que nous aurons de tels incompétents, rien ne changera, ou alors en pire.

  • Je n'ai jamais compris pourquoi on apportait autant d'importance aux rapports de ces organismes dogmatiques et non-élus (OCDE, FMI, Banque mondiale) dont la seule performance communes est de se tromper pratiquement systématiquement dans leurs prévisions économiques.

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