Longchamp va-t-il mobiliser la caserne des Vernets?

no bunker.pngLes images des réfugiés repoussés par les policiers français à Vintimille, diffusées par le 19.30 ou le 20 heures à l'heure du souper, sont évidemment insupportables. Elles montrent soudain à nos portes le vécu quotidien des migrants chassés de chez eux ou qui, tels les barbares qui ont fait l'Europe entre le IVe et le Xe siècle et d'autres avant eux, ont cherché une terre fertile pour y vivre heureux.

A Genève, Solidarités et quelques associations surfent sur la vague, refusent qu'on loge provisoirement dans des abris des requérants déboutés qui sont donc sensés quitter la Suisse pour retourner dans le premier pays européen qui a enregistré leur arrivée ou à la case départ.

Que fait la police?

Elle est aux ordres des politiques qui dans cette affaire sont totalement désarmés et gèrent la crise au jour le jour, en attendant que les médias se focalisent sur un autre sujet. Malheureusement à part la fête de la musique, l'actualité est atone.

L'Ukraine ne fait plus parler d'elle. Le Proche-Orient intéresse moins les Américains depuis que le gaz de schistes les ont rendus indépendants du pétrole du Golfe. La sortie de la Grèce de l'euro n'est pas à l'ordre du jour. L'Espagne, le Portugal et l'Irlande sortent de la récession. Même la France, l'homme malade de l'Europe, anticipe le retour de la croissance et annonce une hausse de la rémunération des fonctionnaires pour 2017, année électorale comme chacun sait. Bref, seuls ces emmerdeurs de réfugiés occupent les écrans. Oh, pas longtemps, TF1 et consorts savent retenir l'attention des téléspectateurs en diffusant à l'heure des infos des nouvelles de gens heureux, selon un rythme bien rôdé: mer, montagne, campagne, mer, montagne, campagne.

Dans ce maelstrom glocal, que va faire notre président François Longchamp et son ministre de la solidarité? Il annonce pour 15 heures un "état des lieux de la politique genevoise en matière de solidarité internationale". L'Esprit de Genève est en ébullition. On n'épiloguera pas sur l'incommensurable défaut des autorités de la Ville dans cette affaire et des communes qui rechignent à accepter des bâtiments pour désengorger les Tattes et fermer les abris PC, que l'Hospice général est bien forcé d'ouvrir. Et l'on s'en tiendra à cette remarque désabusée:

La Suisse et son corps en cas de catastrophe sont capables d’envoyer dans l’heure des tentes et des maisons préfabriquées lors des catastrophes naturelles, mais se trouvent fort démunis lorsqu'il s'agit de bâtir mille logements dans des conteneurs.

Qu'attend-on pour ouvrir quelques casernes militaires et en faire des hébergements d’urgence. Les soldats actuellement sous les drapeaux pourraient dormir dans les abris, sous tente ou chez eux et s’occuper de l’accueil de ces migrants.

 Certes, cette solution n'en est pas une. Ce problème, comme quelques autres, n'en a pas.

Commentaires

  • A Jean-François, je l'envoie sur mon édition de Mediapart

  • Cher Jean-François,
    Je l'envoie sur mon édition de Mediapart

    http://blogs.mediapart.fr/edition/lheure-suisse/article/170615/geneve-au-secours-des-immigres-de-vintimille

  • Merci pour votre billet ! Vous offrez déjà une solution. Il y en a surement d'autres. C'est une question de volonté, volonté politique et volonté des gens ordinaires. Ce moment est sans égal dans l'histoire de l'Europe. Il faut de l'imagination. En 1987, lorsque nos foyers d'accueil des demandeurs d'asile débordaient, Jaques Vernet a appelé la population genevoise à héberger des réfugiés (article dans La Tribune de Genève!). Face aux hésitations de nos institutions et de nos politiques que vous décrivez si bien, les genevois d'aujourd'hui sont en train d'inventer des solutions. Il y a bon espoir que les églises prennent un rôle important. Rendez-vous sans ou avec solutions à 18h ce soir au Grütli pour la suite !

  • Grande manipulation de l’extrême gauche! Les abris ont été pensé pour accueillir des civils en cas de guerre ou de catastrophe! Des gens ayant perdu leur appartement suite à un incendie sont souvent placés dans ces abris... C'était le cas à Onex l'an passé. Ces gens se sont-ils plaint?... Non. Ils étaient contents, dans leur malheur, d'avoir un toit sur la tête et d'être aidé par la collectivité. Pour en revenir à ces abris, ils sont pensé pour accueillir des gens, avec des lits, espace de vie et sanitaires... Ce ne sont pas des 3 ou 2 étoiles, mais on peut y vivre.

    Concernant votre idée de placer ces gens en caserne. Elle est mauvais. Car les casernes contiennent du matériel militaire. Il ne serait pas bien intelligent de laisser des gens, dont on ne connait pas bien le passé, se balader dans des installations militaires. Certains plans d'urgences prennent en compte les casernes, comme des lieux, stratégiques pour l'accueil et la protection de population. Si on placerait des gens dans ces casernes ont mettre à mal ces dispositifs d'urgence.

    L’extrême gauche cherche le conflit. Lors de la dernière manifestation de déboutés aux Tattes, il y presque plus de militants de SolidaritéS que de migrants!

  • Excellente initiative, cher Jean-François. L'être humain devrait passer avant le matos militaire qui peut fort bien être disposé ailleurs dans la plupart des cas. Toutes les casernes ne sont pas garnies de matériel sophistiqué et hypersecret!

  • Et quand les casernes seront pleines, où mettrez-vous les suivants ?

  • Bonne question de Géo: quand les casernes seront pleines?

    Peut-on redire que l'on a tort de ne travailler qu'en aval: le symptôme, toujours plus de migrants, qu'en faire?

    En amont: pourquoi les migrants quittent-ils leurs pays?
    Réponse: à cause des régimes qui, dans leurs pays respectifs les persécutent!

    Si les régimes de ces pays persécutent, massacrent en réduisant à l'indigence les survivants faut-il agir sur place?

    Cela ne devrait-il pas aller de soi?

    En ce cas, à qui s'adresser?

    D'où le salut viendra-t-il?

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