Les Verts, pensez-y! Avant qu'ils ne disparaissent...

Un tram passe dans les Rues Basses. Mon œil capte à la dernière seconde un slogan: Les Verts, pensez-y, mon cerveau décode aussitôt: Les Verts, pensez tri. L'homophonie est trop évidente. Fortuit? Les Verts, comme le coucou, se servent-ils d'un slogan public pour prospérer dans l'air du temps? Finaud!

FAQ: cet air du temps est-il toujours favorable aux Verts. Associer son avenir même subliminalement à une politique de recyclage, désormais largement partagée par tous, sera-ce suffisant? Nucléaire, mobilité, bio, dans la plupart de leurs marques de fabrique, les écologistes doivent faire face à des concurrents qui ne sont pas tous politiques.

Cramer, l'antinucléaire, a atteint son objectif, aidé moins par la peur des catastrophes, qui s'évanouit avec le temps, que par l'intérêt économique que trouvent tous les partenaires de l'industrie du bâtiment, patrons et ouvriers unis dans ce même combat, dans l'isolation, le chauffage aux énergies nouvelles, le bâti intelligents, des travaux bien plus à leur portée et profitables que les grands machins atomiques. 

Le bio est désormais l'affaire des Coop Migros et autres commerçants plus vraiment un enjeu politique. La politique agricole est désormais sur les rails d'une production plus extensive, moins agressive. 

La mobilité privée et individuelle va se convertir à l'électricité, qui aura été produite par des panneaux solaires dans des unités décentralisées ou des cellules à hydrogène ou autres, et à l'automation, qui fera de chaque voiture un taxi Uber sans chauffeur.

Que reste-t-il dans l'escarcelle des écologistes? Le réchauffement climatique? Même pas. Selon une étude de l'Agence internationale de l'énergie, relayée par The Economist, pour là première fois, la quantité de CO2 produite par les activités humaines a diminué en 2014, alors que la croissance mondiale a progressé d'un bon 3,3%. Le magazine britannique veut y voir les premiers effets des politiques mises en place depuis dix ans et les retombées techniques, comme dans les voitures dont les émissions ont diminué de 28% depuis l'an 2000.

Comme le PDC, qui a aussi atteint ce pourquoi il a été créé (insérer les catholiques dans la démocratie sociale-libérale), les Verts ne servent donc plus à grand chose. Moins bien implantés et moins anciens que le PDC, qui demeure puissant dans quelques fiefs catholiques, les écologistes sont tout simplement menacés de disparaître de la scène politique. Ou de végéter à 10 %.

En Ville de Genève, ils représentent des forces jeunes et féminines et  leur programme pour les Municipales est bien bâti. J'aime en particulier l'idée de migrer la GIM dans une fondation du logement. Etonnamment le PLR n'a pas eu cette audace dans son programme.

Mais je déteste ce programme circonscrit à la seule Ville de Genève, une ville riche, bien peu solidaire avec les municipalités moins aisées comme Onex. Vu du Salève, leur liste de to do relève de l'idee contestable de l'Etat providence, maternaliste et prescripteur des comportements sociaux.

http://wyww.verts-ge.ch/images/stories/Verts_ville/Candidats_CM_2015/Programme%20Verts%20Ville%202015-2020%20def.pdf

http://plr-villedegeneve.ch

Commentaires

  • La seule personne politique que j'ai vu s'exprimer dans les médias sur la troisième révolution industrielle, le P2P, l'internet des objets et la venue des communs chers à Jeremy Rifkin et Michael Bauwens, c'est Mme Esther Alder.
    Je pensais aussi que les Verts n'avaient plus de raison d'être depuis que tout le monde a repris le discours écologique. Je pourrais bien m'être trompé car ils formeront un centre puissant en phase avec le temps et le prochain basculement économique selon les cycles longs de Kondratiev qui préfigure le nouveau paradigme vers 2020.

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