Divorce,... Diceptationis

Que Dieu existe ou pas n'a sans doute pas d'importance. Ce qui façonne le monde, c'est que des humains croient dur comme fer qu'il existe au singulier ou au pluriel et d'autres pas. Croyants ou non, nous sommes tous confrontés aux mêmes grandes injonctions: le respect de soi, d'autrui, de la nature, du cycle de la vie. D'où découle une brassée d'autres défis: ma liberté et celle des autres, mes moyens et ceux des autres, ma destinée et celle des autres. Que l'on retrouve par exemple dans le célèbre "liberté, fraternité, solidarité".

Trois mots simples. Suffisants pour vivre en bonne intelligence. Pourtant l'Etat et ses serviteurs n'ont de cesse, s'inspirant de ces trois principes et de quelques autres, de codifier la vie des gens. Les lois, les règlements, les ordonnances, les directives publiées ou occultes, les pratiques usuelles ou professionnelles, les normes publiques ou privées, consensuelles ou imposées, s'accroissent sans fin.

Les religions et leurs églises qui s'occupent des affaires de Dieu n'échappent pas à cette production normative compulsive.

L'une de ces religions, la catholique, s'interroge ces jours à son siège romain, des règles qui règles la vie de la famille. Son synode de sages, surtout des messieurs, vient d'émettre un rapport qui aussitôt suscite la controverses. Il détonne en effet avec la production classique de l'Eglise, en ce fait qu'il porte en lui l'explosion des codes. Ce n'est certes pas encore un texte officiel. On ne bouscule pas d'un coup des siècles de logistique et surtout les clercs attachés à ripoliner le droit canon. Et il y a même fort à parier que le document final ne soit qu'un pâle reflet de la Relatio post Diceptationem.

Ce texte dont je n'ai lu pour l'heure que le condensé après avoir découvert son existence grâce au Figaro ne contient pas le mot de péché. Il s'inscrit au contraire dans la véritable démarche du Christ qui fréquentait tous le monde et surtout les pauvres, les exclus, les condamnés et ne leur assenaient pas un cours de moral, mais les accueillaient tous avec le même accueil, le même amour, les délivrant de leurs tourments, en sachant bien qu'une rechute est toujours possible quand elle n'est pas fatale, surtout quand la société des braves et bonnes gens reste aveugle ou indifférentes, condamnant chacun à la prison de son individualisme.

La Relatio post Diceptationem (ici en version condensée ) ouvre le sommet de l'église catholique à des considérations et des pratiques d'accueil et de respect qu'heureusement des églises locales ont naturellement exercées.

On ne peut que prier pour que François tienne bon.

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