• Pris en grippe end

    Gripen ou pas Gripen? Le choix est sans doute grippé. La Suisse peut-elle se payer des avions de combat? Évidemment oui. La Suisse a-t-elle besoin d'avions de combat? La réponse est sans doute oui aussi. La Suisse doit-elle posséder ses propres avions de combat? La réponse... ne fait pas partie de la question posée le 18 mai prochain. Dommage.

    La Suisse se tourne de gré et de force vers des entreprises privées et/ou étrangères pour ses approvisionnements aussi bien alimentaires qu'énergétiques, pour envoyer des satellites dans l'air, pour la stabilité de sa monnaie, qu'elle a scotché à l'euro, pour l'Internet et la plupart de ses ordinateurs,... Pourquoi lui faut-il absolument posséder ses propres avions de combat?

    Sans doute parce que les libéraux ne le sont pas autant qu'ils le prétendent. Eux qui nous rebattent les oreilles des vertus du marché, ils restent étonnamment englués dans des conceptions archaïques. Ils sont pour la souveraineté nationale totale du ciel, mais contre la souveraineté alimentaire.

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  • Fooormidable!

    "Fooormidable!", chante Stromae. Tout le monde dit "Fooormidable!" Fooormidable la renaturation de l'Aire! 70 millions pour creuser une nouvelle rivière sur un peu plus de 4 kilomètres. Manque pas d'air les Genevois, 15 millions le kilomètre!Qui dit mieux! En  prime, on conserve le vieux canal du temps des passion en l'obstruant des deux tiers. A l'époque, rappelle l'ancien président du Conseil d'Etat, Jacques Vernet, 88 printemps le 17 mars dernier, l'Etat avait cassé sa tirelire pour ouvrir des chantiers populaires, histoire de ne pas laisser les chômeurs dans un complet dénuement.

    Autre temps, autre calcul, autres priorités!

    Au fait, combien de cycles d'orientation, on peut rénover avec 70 millions de francs? Les Verts et tous ceux qui votent avec eux n'ont-ils pas détourné de précieux investissements des écoles?

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  • Poggia doit rire sous cape

    Qui peut croire que les 21 mois de travaux supplémentaires qu'annoncent les CFF et l'Etat de Genève ne va pas coûter un sous de plus aux contribuables?

    Que le percement des 45 km du tunnel ferroviaire du Gothard ait réservé quelques surprises est chose naturelle, mais que le forage de la moraine de Champel, quelques dizaines de mètres sous la surface du plateau, rallonge de moitié le temps de réalisation de l'ouvrage laisse pantois.

    Combien a-t-on dépensé en études avant de donner le premier coup de pioche? N' y a-t-il donc aucun responsable de ce retard, aucun ingénieur, aucune entreprise, aucune administration? Seule la fatalité et la malchance? Si au moins on avait trouvé quelques paillettes d'or à l'avant de la promenade des orpailleurs ou quelques schistes bitumineux dont l'exploitation aurait couvert les frais du forage. Mais non, tout ça, c'est la faute à la molasse.

    Les opposants, Mauro Poggia en tête, avaient évalué le coût du chantier à près de deux milliards. Combien a-t-on déjà dépensé? L'Etat ferait bien d'afficher un peu plus de transparence, histoire de ne pas se trouver surpris dans quelques mois.

    Quant au retard initial du chantier, il faut rappeler qu'il est bien davantage dû à la mise en conformité du projet aux quelque 350 réserves qu'avaient soulevées les autorités fédérales qu'à la résistance de quelques Champelois.

  • Apocalypse: la première guerre mondiale

    Je regarde tétanisé les images colorisées de la première mondiale que France 2 diffuse ce soir. Quels horreurs! Quels malheurs! Quelle folie! Il y a un siècle. Des millions de jeunes soldats meurent dans des conditions effroyables. Tandis qu'à l'arrière, les profiteurs profitent... Les femmes font face.

    Nous ne sommes hélas pas vaccinés. En 14, les rois, les empereurs les généraux sont barbus. Les soldats moustachus... Le président américain Wilson est glabre. Ses soldats aussi.

    Aujourd'hui les dirigeants politiques sont rasés et élus, est-ce une garantie de paix?
    Aujourd'hui l'Amérique domine toujours le monde, mais d'autres puissances émergent.
    Aujourd'hui nous regardons le monde, un autre monde. Si différent, mais l'est-il tant?

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  • L'abbé marcheur fait temple plein. Une épreuve sans doute...

    Basé au bord de l'Aire, l'abbé catholique romain Philippe Matthey a fait temple comble à Plan-les-Ouates en ce 24 mars, fête de sainte Catherine. La pasteur Sommer n'en a pas été jaloux ni le curé vieux catholique Mockry qui a introduit la deuxième soirée des conférences d'avant Pâques des paroisses chrétiennes de Genève sud. Vos églises sont-elles assez proches, lui a-t-on demandé un jour? Oui, nos églises sont dos à dos, a-t-il répondu, déclenchant l'hilarité des quelque 80 retraités présents.

    Matthey a fait Compostelle. En trois mois. Pas comme Rufin "qui écrit très bien mais qui trie entre les bons et les mauvais pèlerins". Ce soir, le prêtre est venu partagé son carnet de route biblique et pédestre - "à vélo, on voit moins bien le paysage" - rassuré que, foi du théologien Margueraz, la parole dit vrai... Un témoignage pudique et pour tout dire rectiligne, où le doute paraît absent ou bien caché derrière l'échafaudage des saintes sentences.

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  • Un blogueur en tête à Saint-Julien

    Le centriste Antoine Vielliard est en passe de réussir son marathon politique. Avec 46,3% des suffrages, le conseiller général sort largement en tête du premier tour de l'élection municipale à Saint-Julien en Genevois, reléguant en troisième position le dauphin, Michel de Smedt, désigné par le maire socialiste sortant Jean-Michel Thénard. Il n'obtient que 26,7% des voix, juste derrière l'UMP Pierre Brunet 27%. Le deuxième tour sera serré. Vielliard a de sérieuses chances d'être le prochain maire. A noter que le Haut-Savoyard publie un blog* sur le forum de la Tribune de Genève où il reproche régulièrement à Genève de manquer à ses promesses.

    A Archamps, commune dont je suis le voisin immédiat, les jeux sont faits. Le maire sortant Bernard Jouvenoz a pris une veste. Sa liste, qu'il avait eu de la peine à constituer en raison de la règle chabadabada, du nom que les Français ont donné à l'obligation d'alterner une candidature féminine et masculine pour assurer l'élection des femmes dans les 36'000 municipalités de France, ne recueille que 29% des voix. Xavier Pin (UDI) emporte 15 des 19 sièges du Conseil municipal avec 55,76% des suffrages, ainsi le veut la loi électorale française qui donne une très grosse prime à la liste qui sort en tête et luis assure durant six ans de gérer sans grande opposition.

    A Saint-Julien comme à Archamps, c'est un coup de frein à la croissance débridée et au bétonnage que les électeurs ont voulu donner. Les maires sortants font les frais de l'incapacité du canton de Genève à bâtir les 2500 logements par an que ses autorités s'étaient engagées à sortir de terre en signant le projet d'agglo en 2007 et la convention du Grand Genève en 2012!

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  • Municipales 2014: mes voisins vont-ils changer de maire?

    La France est entrée dans le silence qui précède le rituel républicain de l'élection, en l'occurrence le premier tour des élections des conseils municipaux des quelque 36000 communes de France. La France, comme la Suisse, est un paquet de confettis politiques où la majeure partie des municipalités sont petites, voire minuscules. Il n'y a pas que la météo qui est soudain d'humeurs gibouleuses, bien des maires, des dauphins legitimes ou autoproclamés doivent se demander qu'elle bourrasque va, demain ou dans quinze jours, les installer dans le fauteuil du pouvoir municipal jusqu'en 2020 ou les emporter.

    Et mes voisins immédiats? Quel sort les électeurs, dans l'anonymat des urnes, vont ils leur réserver? Les maires voisins, ceux de Collonge sous Salève, d'Archamp, de Saint-Julien, de Bosset, de Beaumont, d'où mes aieux sont descendus au milieu du XIXe siècle en quête de travail, je les connais à peine. Je les ai rencontrés une fois ou deux. Comme la plupart de leurs collègues du Grand Genève, ils gèrent autant que faire se peu des communes que bouleverse la croissance échevelée de la région.

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  • Du lait genevois... Qui est le dindon?

    Buvez local! Les vignerons genevois ont transformé l'essai et donné du corps au slogan de l'autarcie et de l'authenticité, les deux mamelles de la bienpensance actuelle. Leur blanc qui était juste bon naguère, à quelques notables exceptions près, à couper le vin valaisan et le vaudois ou à être servi en décis sans étiquette, s'impose depuis un ou deux lustres sur la table des meilleurs restaurants du cru. 

    L'autre nectar de la nature, qui vous bâtit un Suisse aux bras noueux et aux tibias d'acier, va désormais afficher ses origines. Enfin les Genevois vont pouvoir boire du lait genevois. Rien de bien révolutionnaire. Depuis quelques années déjà, une brique familiale de 3 litres  est commercialisée dans les commerces spécialisés sous le label GRTA. Ira-t-on demain en pèlerinage sous le pis des vaches comme on va aujourd'hui s'abreuver au guillon des caves ouvertes? 

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  • La libre circulation. Et si on la rendait visible et transparente!

    Voilà un mois que les Suisses se sont, nous ressasse-t-on, mis au banc de l'Union européenne. J'étais alors en Inde quand le tremblement de terre démocratique est survenu. La secousse n'a pas fait vibrer le pays continent asiatique, que lézardent régulièrement des incidents communautaires. Un incident communautaire, c'est généralement trois ou quatre morts, une cinquantaine de masures incendiées et un lot de malheureux mal indemnisés dans ce pays où la coexistence entre les cultures prend parfois des allures de guerre de civilisation selon la formule de Huttington.

    Dans la campagne électorale pour conquérir le pouvoir à Dehli, qui est désormais officiellement ouverte et se terminera le 16 mai par le prononcé du résultats de l'élection du parlement, les deux grands partis se renvoient des massacres à la figure, celui de musulmans en 2002 dans lequel le futur premier ministre de l'Inde, chantre de l'hindouisme militant, aurait trempé et celui de la reprise manu militari et meurtrière du temple d'or à Amristar, en 1984, par Indira Gandhi, la grand-mère de Rahul, le dandy philosophe qui affiche depuis deux mois sa belle gueule en noir et blanc sur des panneaux électoraux XXXL.

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  • Ils manifestent. Combien ont voté?

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    Les étudiants défilent. L'imagination va-t-elle prendre le pouvoir, la plage va-t-elle surgir sous les pavés? Non, il s'agit de défendre ses subsides. Sans lesquels, veut-on nous faire croire, la mobilité serait entravée. Comme si les millions du budget distribués par Bruxelles étaient essentiels.

    Mais au fait, combien d'étudiants sont donc allés voter le 9 février dernier? Un petit tour sur le site internet de la Conférence universitaire des associations d'étudiants (CUAE) est édifiant. Une mobilisation contre le racisme le 14 février (qui a laissé pas mal de traces sur les murs de la ville), une assemblée générale extraordinaire le 26 février et une manifestation ce 5 mars. Et avant ce 9 février fatidique? Rien! Pas un mot, pas un communiqué pour dire combien le vote, cette action citoyenne, que l'on mène sans bruit, pouvait être déterminant.

    Les rêves de 14 ne sont décidément pas ceux de 68. Mao est mort. La Chine communiste s'est réveillée en oligarchie capitalistique. Pire, son modèle de gouvernement commence à séduire bien des pays de monde. Jusqu'à l'Inde que l'on donne en contre-exemple: 3400 kilomètres de TGV en Chine, pas un dans le voisin du sud!

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  • Le réchauffement climatique et le refoidissement démocratique

    democracy ' gone wrong economist.jpgQu'est-ce qui menace le plus l'avenir du monde, le réchauffement climatique ou le refroidissement démocratique? Le premier diront ceux qui craignent l'enfer. Le second expose cette semaine un long essai de The Economist.

    L'Inde, dont j'ai de la peine à me défaire, est, dit-on, la plus grande démocratie du monde. Elle est en campagne électorale et voit s'affronter un Blocher local, chantre de l'identité hindou, Narendra Modi, maître 2001 de l'Etat du Gujarat (un Etat, entre Mumbai et le Pakistan, presque aussi vaste et aussi peuplé que la Grande Bretagne), et le dernier rejeton de la dynastie Gandhi, Rahul, qui s'affiche en noir et blanc sur d'immenses placards dans la posture du penseur de Godin.

    Mais comment peut-on gouverner un pays si grand? On ne le gouverne pas, défend cette semaine The Economist (Une démocratie de carnaval). 

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