PLR vaudois, PLR genevois: n'est pas Broulis qui veut!

bouton de vote.jpgPetit rappel, le ministre des Finances vaudois a réduit en deux législatures la dette cantonale de près de 9 milliards à moins de un milliard de francs, sans compter quelques fonds ici et là qui font de Vaud un pays sans dette (j'en parle ici graphique à l'appui). C'est évidemment exagéré. Un certain endettement est parfaitement normal lorsque la population et l'économie croissent, ce qui est le cas de toute la métropole lémanique.

Cela dit Broulis a conduit une politique anticyclique digne de Keynes, que la gauche genevoise adore citer quand ça va mal mais oublie aussitôt que ça va bien. Car, en réduisant la dette en période de vaches grasses - Vaud comme Genève ont engrangé des revenus fiscaux considérables et en forte augmentation depuis huit ans, mais aussi en transférant des charges sur les communes et en jouant le père la rigueur sur les autres dépenses - Broulis a donné les moyens aux finances vaudoises d'affronter une prochaine crise économique. Genève sera de ce point de vue fort dépourvue quand la bise se lèvera.

En Ville de Geneve, le PLR Fiumelli qui n'est pas ministre des Finances mais simple chef de groupe a bataillé à la commission des finances, un peu seul, pour imposer une coupe supplémentaire de 20 millions dans les dépenses. La droite étant majoritaire en commission, mais plus en plénum, il y a fort à parier que les économies supplémentaires vont fondre comme givre au soleil.

Ce qui étonne et inquiète, ce n'est pas tant la levée de bouclier de tout les quémandeurs, nombreux, qui ont inondé les rédactions et la République de leurs lettres outragées, de leurs pétitions véhémentes, c'est qu'aucun parti ni de gauche ni de droite n'ait sérieusement proposé d'autres solutions au défi posé par la dette publique. On trouve hélas la même apathie au plan cantonal, l'incapacité crasse des élus à voter un plan de désendettement sérieux finira par handicaper sérieusement les collectivités publiques.

A ce propos, je soumets à la sagacité des citoyens genevois (compris comme l'ensemble des personnes attachées à une région, j'y inclus donc les étrangers et les travailleurs qui pendulent) l'article de la constitution genevoise qui parle de la dette:


Art. 156 Frein à l’endettement
1 L’Etat maîtrise l’endettement et le maintient à un niveau qui ne menace pas les intérêts des générations futures.

La dette publique: 46'000 francs par Genevois

La Ville a une dette de 1,6 milliards de francs, soit 8650 francs par habitant. A quoi s'ajoute la dette du Canton: 25'000 francs par habitant. A quoi s'ajoute la dette de la Confédération: 12'500 francs par habitant. Total: 46'150 francs par habitant, soit encore 186'460 francs pour un couple et deux enfants.

Quel est donc le montant de la dette durable de la Ville de Genève qui ne menace pas les intérêts des générations futures? Qui est qualifié pour le dire ou donner au moins une référence, une échelle de risque?

Commentaires

  • l'article 156 de la constitution est une version qui a été fortement édulcorée sous la pression des Verts et de leur ministre en tête de convoi!

    C'est afin de pouvoir faire passer le reste des acquis du texte, y compris ceux obtenus en bonne intelligence avec l'alliance roses/verts, que la majorité technique de l'Assemblée a fait cette concession. D'ailleurs à l'ire des plus rigoureux cerbères des finances publiques.

    Il n'en demeure pas moins que la formulation qui a été retenue donne aux gardiens de finances publiques saines un levier considérable. Il faut espérer que notre nouvel grand argentier saura rappeler les communes les plus dispendieuses à l'ordre et surtout les contraindre à présenter des budgets à l'équilibre qui contiennent en outre une plan d'abaissement de leur dette.

    La ville de Genève ne doit pas échapper à cette règle et ses dirigeants doivent impérativement apprendre à faire autant, si ce n'est mieux avec moins. Cela s'appelle la créativité. Celle-la même qu'ils clament importante pour nos enfants confiés à leurs crèches. Et comme souvent certains d'entre eux se comportent comme des enfants, cela ne devrait pas leur poser de problème!

  • Il faudrait un vaudois au conseil d'état.
    Moins de paroles et plus d'action.

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