Discours de Saint-Pierre: Droin en dit plus que Longchamp

luth chinoise.jpgCe mardi 10 décembre, lors de la prestation de serment du nouveau gouvernement de Genève, en ce jour international des droits de l'homme, les choix musicaux exotiques du président du Grand Conseil ont plus innové et ont paru avoir plus de sens que le discours du président du Conseil d'Etat...

Non que ce discours était mauvais. Au contraire. Mais il a surtout confirmé que le programme hérité du gouvernement sortant est déjà tellement copieux qu'il s'est avéré difficile pour le nouveau Conseil d'Etat composés de cinq bleus d'ajouter quelque chose.

Plus que l'engagement sans surprise du nouveau gouvernement au renforcement la Genève internationale politique et économique, et l'affirmation à l'ouverture des frontières vers l'Europe et dans le cadres du Grand Genève, les rythmes africains des Cubains et la fougue d'une luthiste chinoise ont soudain donné des couleurs et des accents à cette Genève qui se complait volontiers dans le gris des ses manteaux, le gris des colonnes de sa cathédrale, le gris du brouillard qui tombait sur la ville, l'incertain discours d'un hymne anachronqiue dont on ne connait qu'a peine le premier couplet, le manque d'audace des décisions politiques qu'on craint de passer au laminoir de la démocratie...

Merci donc au socialiste Antoine Droin d'avoir fait exploser les murs de la cathédrale, en rappelant sans mot dire ou presque que l'avenir de Genève sera autant déterminé par sa capacité d'accueillir les Africains, du nord au sud, et d'en faire des citoyens à part entière et de traiter sans peur avec la Chine et ses marges de l'Extreme Orient que par la reproduction à l'identique ou presque de ce qui a fait la bonne fortune de la cité: la Genève des institutions internationales et des opportunités fiscales...

Commentaires

  • Cher Monsieur Mabut,

    J'apprécie souvent vos commentaires. Ils sont pertinents, riches d'une longue pratique du canton. Mais je dois dire que votre critique du "cé qué laino" me chagrine. Pourquoi ?

    D'abord parce que pour s'ouvrir aux autres, il s'agit de savoir d'où l'on vient. Notre culture régionale, son histoire, sa langue (le Francoprovençal) encore parlée dans les régions voisines et par quelques locuteurs à Genève même, doit garder sa place.

    Je suis Valaisan de par mon père, savoyard de par ma mère et genevois de par mes choix et je peux le dire mes amours , mais surtout membre d'une communauté qui ne souhaite pas voir sa "culture", son "histoire" être rangées dans des placards.

    Oui, je suis d'accord avec vous, les premiers couplets chantés ne sont souvent pas (bien) compris .. Comme d'ailleurs les chansons en anglais ou en allemand que mon fils de 8 ans apprend à l'école. Cela ne me pose pas de problème. Réjouissons nous que des "bribes" de la langue qui est celle de Genève soit encore "articulées" par les enfants et les conseillers d'états de ce canton.

    Quand je vois et j'entends le "Cé qué laino" chanté par des enfants de toutes les origines alors je me dis ... Genève a un avenir.

    Je pense même que le "francoprovençal" devrait être enseigner. Il y a Genève des enfants d'origine valaisannes, fribourgeoises, savoyardes qui ont encore dans leur famille des locuteurs francoprovençaux (Patois pour les intimes).. cet enseignement aurait tout son sens. Les couplets deviendraient alors compréhensibles..

    Meilleures salutations et bounâ tsalande (joyeux Noël)

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